Un gel des employés de l’État pour atteindre l’équilibre

Le chef caquiste François Legault 
Photo: - Le Devoir Le chef caquiste François Legault 
Gel du nombre des employés de l’État, ménage dans les crédits d’impôt, baisse de taxes de 1000 $ par famille : François Legault a donné jeudi les grandes lignes du « remède de cheval » qu’il préconise pour remettre le Québec en bonne santé économique. Son cadre financier prévoit un retour à l’équilibre dès cette année… mais les détails expliquant la recette sont à venir.

Le chef de la Coalition avenir Québec entend « profiter de l’occasion unique » que représente le départ à la retraite de milliers de baby-boomers dans les prochaines années pour stopper la croissance du nombre d’employés de l’État. Ceux-ci sont environ 570 000 à l’heure actuelle.

Le nombre inclut la fonction publique traditionnelle (les ministères), les sociétés d’État, le réseau de la santé, celui de l’éducation ainsi que les policiers et les juges. Or la CAQ calcule que, si la tendance des dix dernières années se maintient, quelque 35 000 employés s’ajouteront à cette masse en quatre ans.

Ce sont ces 35 000 emplois que la CAQ cible. « Il n’y aura pas de mises à pied, nous allons profiter des retraites des baby-boomers, a indiqué François Legault en conférence de presse à Québec. C’est une occasion unique que nous avons : dans cinq ans, il sera trop tard. »

Réaménagement

Outre le gel des effectifs, la CAQ propose aussi un réaménagement interne pour diminuer le nombre d’emplois administratifs et augmenter en contrepartie ceux où l’on donne des services — notamment en santé et en éducation. Les emplois visés ont été sélectionnés, mais la CAQ les dévoilera plus tard. « Si on rentre dans le détail aujourd’hui, on va faire peur à des gens parce qu’il faut expliquer la façon de faire la transition », a indiqué Christian Dubé, député sortant de Lévis et auteur du cadre financier, qui couvre les quatre prochaines années.

François Legault a indiqué que son parti « procède à l’envers » en dévoilant tout de suite le cadre financier, mais en retenant les détails expliquant l’application des mesures. Ceux-ci seront dévoilés au fil de la campagne.

Selon le plan Dubé, la réduction de la croissance de la main-d’œuvre permettrait au gouvernement d’économiser 521 millions dès 2014-2015. Plusieurs autres mesures contribueraient à l’atteinte du déficit zéro : notamment une révision des crédits d’impôt « trop généreux », la lutte contre la corruption et la révision des dépenses en informatique.

La CAQ s’engage à éliminer la taxe santé et la taxe scolaire (une « taxe injuste », selon François Legault), à annuler la hausse des tarifs des services de garde (on indexerait) et celle des tarifs d’Hydro-Québec.

Les taxes scolaire et santé vont « remettre 1000 $ dans le portefeuille des familles », a illustré M. Legault. « Beaucoup de Québécois pensent que c’est impossible de baisser les taxes parce que les libéraux et les péquistes n’ont pas livré ce qu’ils promettaient. Nous, notre cadre est chiffré, documenté et responsable. »

Le PQ doute

Le plan financier de la CAQ — et sa plateforme électorale en général — vise ouvertement les familles de la classe moyenne, qui « étouffent » sous le poids des taxes. « On vous a entendus », a lancé M. Legault jeudi, avant d’aller rencontrer une jeune famille de Lévis vivant le problème qu’il dénonce.

La présentation du cadre financier de la CAQ n’a pas convaincu ses adversaires. « Sur quelle base ils s’appuient, quelle est la solidité de leurs arguments ? », a demandé le chef libéral, Philippe Couillard.

Pour le ministre des Finances sortant, Nicolas Marceau, la CAQ évoque « 35 000 emplois imaginaires, qui ne sont pas prévus par le gouvernement. L’essentiel de la marge de manœuvre que prétend avoir François Legault n’existe pas ».

Selon M. Marceau, il y a eu une « augmentation de 1000 emplois pour l’ensemble du secteur public » dans les trois dernières années. François Legault a rappelé qu’il cible la grande fonction publique, pas seulement les ministères, et s’est étonné que M. Marceau ne sache pas combien de « fonctionnaires sont payés avec nos taxes ».


Daniel Ratthé se retire et critique Legault

Daniel Ratthé a annoncé jeudi son retrait de la vie politique et s’en est pris à François Legault dans la foulée. Le député de Blainville avait été expulsé du caucus caquiste à cause d’allégations de financement illégal datant de l’époque où il était maire de Blainville. Une expulsion qui a « eu pour effet d’accorder une crédibilité démesurée » à l’affaire, écrit-il. Le chef caquiste a répliqué que Daniel Ratthé n’a jamais été capable de prouver que les allégations étaient fausses.

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Les promesses du jour

PQ Engagement d’intégrité avec l’annonce de la candidature de Daniel Lebel, l’ancien 
président de l’OIQ.

PLQ Flanqué de son trio de candidats issus du milieu économique, Philippe Couillard vise la création de 
250 000 emplois en cinq ans.

CAQ Abolition de la taxe santé et de la taxe scolaire, puis gel des effectifs de la fonction publique québécoise.

QS Construction de 50 000 logements sociaux en cinq ans.

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