Couillard veut 250 000 emplois dans 5 ans

Carlos Leitao, économiste en chef de la Banque Laurentienne, sera candidat dans Robert-Baldwin pour le Parti libéral du Québec.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Carlos Leitao, économiste en chef de la Banque Laurentienne, sera candidat dans Robert-Baldwin pour le Parti libéral du Québec.
Le chef libéral Philippe Couillard marche dans les traces de Jean Charest et s'engage à créer 250 000 emplois au cours des cinq prochaines années s'il est élu.

En effet, l'ancien premier ministre libéral s'était aussi engagé à créer 250 000 emplois en cinq ans, au tout début de la campagne de 2012.

M. Couillard a pris cet engagement jeudi matin, à la Tour de la Bourse, à Montréal, au moment où il annonçait un trio de candidats économiques, qui ont dépeint de façon très sombre le bilan économique du gouvernement Marois.

La majorité des emplois que le PLQ s'engage à créer seront des emplois à plein temps, a indiqué M. Couillard.

Il compte arriver à ces résultats en rétablissant les investissements du Plan québécois des infrastructures (PQI), dans les 100 premiers jours de son mandat. Il introduirait aussi un crédit d'impôt pour la rénovation domiciliaire et présentera un budget qui procurerait au Québec la stabilité recherchée par les investisseurs.

Plan Nord et secteur manufacturier

Au cours du reste de son mandat, un gouvernement libéral relancerait le Plan Nord et déploierait aussi une stratégie maritime. Également, il compterait mettre en oeuvre une stratégie d'exportation agressive.

Il s'engagerait également à adopter des mesures pour stimuler l'investissement et l'innovation pour la relance du secteur manufacturier. Enfin, il favoriserait la croissance de la population active et la formation technique.

« Ce chiffre-là a été validé par nos collègues, par notre équipe économique, a assuré le chef libéral en conférence de presse. Il est réaliste, il va être atteint de plusieurs façons. Effectivement, il s'agit d'un plan tout à fait réaliste. »

Il en tient pour preuve le bilan économique du précédent gouvernement libéral, qui se targuait d'avoir créé en moyenne 40 000 nouveaux emplois de 2003 à 2012.

Nouvelles candidatures

M. Couillard a par ailleurs annoncé les candidatures de trois personnalités économiques: Jacques Daoust, Martin Coiteux et Carlos Leitao.

M. Daoust était patron d'Investissement Québec jusqu'à récemment. Il est candidat dans Verdun. M. Coiteux est économiste à la Banque du Canada et se présente dans Nelligan. Enfin, M. Leitao, économiste en chef de la Banque Laurentienne, est candidat dans Robert-Baldwin.

Ils ont été implacables dans leurs commentaires sur le bilan économique du gouvernement péquiste. Les premiers mois de son règne à l'automne 2012 ont été « carrément catastrophiques pour les investissements privés au Québec », a déclaré M. Leitao.

M. Daoust s'est quant à lui dit interpellé par les erreurs de calcul du ministre des Finances, Nicolas Marceau, qui prévoyait un retour à l'équilibre budgétaire pendant six mois, en 2013-2014, puis finalement a affiché un déficit de 2,5 milliards.

« Il s'est trompé tous les jours de 14 millions par jour pendant six mois », a résumé M. Daoust.

De son côté, M. Coiteux reproche au gouvernement Marois d'avoir haussé le fardeau fiscal et d'avoir menacé les contribuables avec des impôts rétroactifs de s'être lancé en guerre contre le développement du Nord du Québec et d'avoir mis un frein aux investissements en infrastructures.

« Depuis l'arrivée de Mme Marois au pouvoir, les moteurs de l'économie du Québec se sont éteints les uns après les autres », a-t-il soutenu.

Réactions péquistes

La chef péquiste Pauline Marois n'a pas mis de temps à réagir à ces attaques vigoureuses. En conférence de presse, elle a accusé son adversaire libéral de manquer d'imagination en singeant les objectifs d'emploi de ses prédécesseurs.

« C'est le même objectif que M. Charest à la dernière élection. Il copie le programme de M. Charest. Il l'importe dans son plan d'action », a dit la chef péquiste.

Elle a rappelé qu'elle s'était pour sa part engagée à créer 115 000 emplois d'ici à trois ans, ce qui est déjà « très exigeant », a-t-elle dit.

En après-midi, Philippe Couillard a fait un arrêt de campagne en Mauricie, dans la circonscription de Maskinongé, qui sera vraisemblablement chaudement disputée. Le député libéral Jean-Paul Diamond l'avait emporté par à peine 800 voix au scrutin de 2012 et il ne se représente pas. Le libéral Marc H. Plante tentera de conserver la circonscription convoitée par le péquiste Patrick Lahaie.

M. Couillard a longuement visité une entreprise manufacturière de clous, Duchesne, à Yamachiche. Il s'est dit ouvert à réviser les crédits d'impôt à l'innovation pour les rendre plus facilement accessibles aux entreprises qui veulent améliorer leurs procédés.


Par Patrice Bergeron