Pauline Marois démarre la campagne à l’abri des questions

Pauline Marois n’a accordé que trois entrevues à des journaux locaux mercredi.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois n’a accordé que trois entrevues à des journaux locaux mercredi.

 

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, s’est isolée mercredi dans une bulle hermétique. Elle a esquivé les questions des journalistes affectés à la couverture de la campagne électorale.

 

Mme Marois a acquiescé à trois demandes d’entrevue de journaux régionaux, c’est-à-dire celles du Nouvelliste, de L’Écho de Maskinongé et de L’Écho de Trois-Rivières.

 

La première ministre sortante a ainsi fait la sourde d’oreille aux cris des chefs libéral Philippe Couillard et caquiste François Legault, dont les journalistes tentaient de se faire l’écho.

 

Après s’être entretenue quelques minutes avec son attachée de presse, Marie Barrette, la chef péquiste s’est arrêtée en milieu d’après-midi devant une mêlée de journalistes. « Mon attachée de presse a dit : “ Avez-vous dit que vous alliez leur parler ? ” Je ne leur parle plus ! », a-t-elle blagué. « Ce n’est pas vrai. Dans les jours qui viennent, on va avoir l’occasion de se parler longuement. »

 

Sa garde rapprochée a prévu une première période de questions jeudi de 10 h 25 à 10 h 35. Dix minutes chrono.

 

La première ministre a pourtant multiplié les apparitions publiques mercredi à l’occasion de sa première journée de campagne.

 

La caravane péquiste s’est dirigée tout droit vers l’aluminerie de Deschambault où Mme Marois a salué un groupe d’employés massés à l’extérieur des installations du groupe Alcoa. « Quand je vous vois, je sais pourquoi je fais de la politique. [C’est] pour faire en sorte qu’on ait de meilleurs emplois », a-t-elle déclaré d’une voix étouffée par un mur de journalistes, photographes, caméramans, preneurs de son. Le gouvernement péquiste a dissipé il y a 10 jours les craintes de fermeture des trois alumineries Alcoa au Québec en concluant une nouvelle entente d’approvisionnement en électricité entre la multinationale américaine et Hydro-Québec, a-t-elle rappelé, au côté de son « maudit bon candidat » dans la circonscription de Portneuf, Hugues Genois.

 

Le Parti québécois a marqué des points auprès des travailleurs des alumineries en danger et de leurs proches, est persuadé un travailleur contractuel à l’usine de Deschambault depuis huit ans. « Il y en a plein qui n’ont pas voté pour Pauline. Je le sais. Mais là, d’après moi, ça va virer de bord », a-t-il fait valoir dans un échange avec Le Devoir.

 

Briguant les suffrages sous la bannière du Parti québécois, M. Genois a salué la conclusion d’un accord entre le gouvernement du Québec et Alcoa avant le coup d’envoi de la campagne électorale. « [Cette] entente gagnant-gagnant […] est bien tombée avant la campagne électorale », a-t-il confié.

 

M. Genois compte aussi miser sur la charte de la laïcité afin de déloger le député sortant, le caquiste Jacques Marcotte.

 

Pauline Marois a ensuite mis le cap — la charte de la laïcité sous le bras — sur la région de la Mauricie où l’élection de nouveaux députés ouvrirait la porte à un gouvernement majoritaire du Parti québécois. « L’opposition qui est devant nous bloque le gouvernement sur des projets fondamentaux. […] La charte [propose] un État qui respecte des valeurs fondamentales, l’égalité entre les hommes et les femmes et la neutralité de l’État : c’est ça, notre projet de charte. Oui, nous allons la faire adopter le jour où nous serons majoritaires », a déclaré Mme Marois, juchée sur une chaise de bois dans le Pub O’Centro situé dans le centre-ville de Trois-Rivières.

 

En plus des journalistes, les faits et gestes de Mme Marois étaient épiés par le metteur en scène Yves Desgagnés appelé en renfort afin de « travailler sur la communication publique » de la chef péquiste. « Elle va faire des points de presse à partir de [jeudi]. Cette première journée, elle avait un emploi du temps tellement incroyable ! »

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En temps et lieu

Le Parti québécois est formé de « souverainistes pressés » et de « souverainistes pas pressés ». Le candidat dans la circonscription de Portneuf, Hugues Genois, se décrit lui comme « un souverainiste en temps et lieu ». Le président de la Chambre de commerce régionale de Saint-Raymond ne voit pas à l’horizon un référendum sur l’indépendance du Québec. « Je ne pense pas dans le premier [mandat après l’élection d’un gouvernement majoritaire]. On pourra peut-être attendre », a-t-il dit. « Les gens peuvent avoir confiance que je ne me lancerai pas dans un projet à l’aveuglette. » Pour rassurer les « gens [qui ont] peur de l’incertitude », le Parti québécois « va travailler fort pour rassembler toutes les conditions ».

13 commentaires
  • Donald Tremblay - Inscrit 6 mars 2014 07 h 55

    Pas surpris

    Elle n'a rien à dire... que de la frime

    • Gaetane Derome - Abonnée 6 mars 2014 18 h 00

      La parole est d'argent,dit-on,mais le silence est d'or.Surtout lorsqu'on compare aux paroles de haine prononcees par M.Couillard..

  • Guy Desjardins - Inscrit 6 mars 2014 09 h 53

    Du papier collé.

    Mme Marois était la première à critiquer les manières de M. Harper. En plus de copier ses façons de faire. Au Provincial elle copie les idées des autres partis. Pourtant elle était très volubile pour garrocher des cadeaux à la Duplessi et voir les journalistes à ses pieds pour la "bonne nouvelle". Pourtant après avoir demander la dissolution du Parlement, surtout en reniant sa propre la loi des élections à date fixe, elle fait un pied- de- nez aux journalistes qui auraient aimés lui poser des questions. Les journalistes qui couvrent sa campagne ont raison d'être en beau "maudit". Les journalistes devraient eux aussi lui faire un pied- de- nez mais... ils sont trop compétent pour embarquer dans ce petit jeu, pour la bonne raison qu'ils sont payés pour rapporter ce qui se passe sur le terrain et non cacher les enterloupettes.

  • Yvon Bureau - Abonné 6 mars 2014 10 h 08

    Les médias

    sont au service des chefs politiques. Non l'inverse.

    Une saine distance permet davantage à ces chefs de dire l'essentiel, d'être en contrôle de leurs discours, de développer leur pensée, de présenter leurs positions et de mieux faire connaitre leurs programmes.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 6 mars 2014 15 h 21

      Non! L'éthique officielle d'un journaliste est qu'il est au service de la vérité et du publique...

      Jamais au service des chefs politiques..D'oû sortez-vous cette idée bizarre pour le moins?

    • Guy Desjardins - Inscrit 6 mars 2014 16 h 27

      M. Bureau. Vous n'êtes pas à juste pour rire. Je suis certain que les tiroirs de votre bureau sont vides de sens. Mme Sol, a raison et est à une bonne distance de votre raisonnement, autant que moi je puis l'être.

  • Claude Gélinas - Abonné 6 mars 2014 10 h 37

    Commentaires sévères pour la 1ère journée de campagne !

    Commentaires bien sévères pour la première journée de campagne. Madame Marois aura bien d'autres occasions de s'adresser aux journalistes sans oublier le débat télévisé. En s'inspirant de l'adage " qui trop embrasse mal étreint", la Première ministre a choisi une voie évolutive. Les journalistes ne perdent rien pour attendre. Bientôt, à force de points de presse de la Première ministre et de sa fréquentation dans l'autobus du Parti, les journalistes auront beaucoup de pain à se mettre sous la dent. Ils ne perdrent rien pour attendre.

  • Roger Gobeil - Inscrit 6 mars 2014 11 h 12

    Marois... l'Harperienne !

    Pauline Marois refuse de répondre aux questions des journalistes... quel manque total de jugement! Si elle se retrouvait à la tête d'un gouvernement majoritaire, ce serait pour le moins inquiétant!