Des élections générales au Québec le 7 avril prochain

La première ministre du Québec, Pauline Marois, a accueilli le photographe du Devoir à son bureau de Montréal mardi.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir La première ministre du Québec, Pauline Marois, a accueilli le photographe du Devoir à son bureau de Montréal mardi.
«Déterminée», la première ministre du Québec, Pauline Marois, a déclenché les élections générales au Québec. Après 18 mois de pouvoir, elle a mis fin à ce qui n'était plus un grand suspense, mercredi matin, en se rendant chez le lieutenant-gouverneur.

Après une brève et dernière séance du conseil des ministres visant à adopter les décrets nécessaires, elle a fait une déclaration publique avant de se diriger vers les bureaux du lieutenant-gouverneur Pierre Duchesne de dissoudre l'Assemblée nationale, plongeant aussitôt le Québec en campagne électorale, la cinquième en 11 ans.

«Nous prenons tous les moyens pour bâtir un Québec où on sera maîtres et prospères chez nous», a-t-elle dit.

Après avoir fait un bilan partiel de son mandat, Mme Marois s'est rapidement attaquée à ses adversaires: «Nous avons un plan et l'équipe pour réaliser ce plan», a-t-elle martelé devant ses ministres disposés en rang serré derrière elle. «Malheureusement, les libéraux et les caquistes n'ont plus qu'un but: bloquer ce plan.»

«Si nous voulons que le Québec prenne son élan, il faut mettre fin à ce blocage de l'opposition. C'est pourquoi j'ai pris la décision de dissoudre l'Assemblée nationale et de déclencher les élections à partir de maintenant», s'est-elle justifiée.

Quelque six millions d'électeurs devront donc choisir les 125 députés qui les représenteront et formeront la prochaine assemblée.

Au moment de la dissolution de la Chambre, le Parti québécois (PQ) détenait 54 sièges, le Parti libéral du Québec (PLQ), 49, la Coalition avenir Québec (CAQ), 18, et Québec solidaire (QS), deux, tandis que deux députés étaient indépendants, Daniel Ratthé et Fatima Houda-Pepin.

Au cours des 33 prochains jours, les chefs des trois principaux partis joueront leur avenir politique. La chef péquiste, Mme Marois, le chef libéral, Philippe Couillard, et le chef de la CAQ, François Legault, vont jouer du coude pour gagner suffisamment de votes pour former le prochain gouvernement, idéalement majoritaire. Le chiffre magique pour y arriver: soixante-trois. Il s'agit du nombre minimal de sièges pour former la majorité en Chambre et ainsi offrir aux Québécois un gouvernement stable pendant quatre ans.

En termes d'expérience, Mme Marois est de loin la plus aguerrie des trois chefs. Elle a vécu sa première campagne électorale à titre de candidate du PQ en 1981, dans La Peltrie, près de Québec. Ce sera aussi sa troisième campagne électorale dans les habits de chef de parti. Elle connaît donc la musique, contrairement à Philippe Couillard, pour qui ce sera une première expérience.

D'autres détails suivront.
24 commentaires
  • Simon Chamberland - Inscrit 5 mars 2014 10 h 34

    Élections à date fixe

    Je croyais nous devions avoir des élections à date fixe pour contrer le cynisme ambiant et redonner confiance en le processus électoral. Quand j'ai voté pour le PQ en 2012, comme lors de toutes les élections précédentes, j'avais confiance que pour une fois, nous allions nous élever au-dessus de la partisannerie et que le processus électoral ne soit plus l'objet de bête calculs politiques.

    Avec ce déclenchement, le PQ fait exactement le contraire.

    Qu'on ne vienne pas dire que les partis d'opposition auraient votés contre le budget. On n'en a aucune preuve. À la limite, c'est eux, les partis d'opposition, qui auraient eu à s'expliquer pourquoi on doit dépenser 80 millions.

    Depuis le 4 septembre 2012, je vais de déception en déception avec mon vote. Écologiste et souverainiste, il me reste à faire le choix entre ON et le parti Vert. Lequel aura la priorité ? L'environnement ou la souveraineté ?

    • Sylvain Auclair - Abonné 5 mars 2014 11 h 23

      Personnellement, je suis contre les élections à date fixe, mais, comme vous, je me demande bien pourquoi le PQ a fait adopter une loi qu'il ne respecte pas.

    • Loraine King - Abonnée 5 mars 2014 11 h 42

      Puisque vous posez la question, selon moi vous devriez voter pour la personne qui vous semble la mieux placée pour prendre les décisions les plus sages, quelle que soit son affiliation à un parti politique.

    • Claude Champagne - Inscrit 5 mars 2014 15 h 16

      Je retourne la question, est-ce que l'opposition n'a pas la responsabilité de travailler de bonne foi avec le gouvernement? Elle menaçait de faire tomber le gouvernement sur le budget, la charte, mourir dans la dignité, etc... Un prochain gouvernement majoritaire doit trouver une clause qui prévoit une situation de minorité.

    • Simon Chamberland - Inscrit 5 mars 2014 16 h 44

      M. Champagne, c'est une excellente question.

      Les menaces de l'opposition étaient, jusqu'à preuve du contraire, des menaces, rien de plus. L'opposition n'a pas encore eu la chance de mettre à exécution ses menaces. Un véritable respect de la démocratie et de la loi aurait exigé qu'on tente sa chance en chambre.

      Drainville savait fort bien, au moment de présenter son projet de loi 3, qu'il était dans un gouvernement minoritaire.

    • Guillaume Houle - Inscrit 5 mars 2014 18 h 16

      M. Chamberland,


      Je vous invite à lire cet article du Devoir : http://www.ledevoir.com/politique/quebec/380928/el

      On y lit entre autres que :

      « En vertu de la loi, les élections se dérouleront dorénavant le premier lundi du mois d’octobre, quatre ans après le scrutin précédent.

      En principe, la prochaine élection est prévue le 3 octobre 2016, mais à cause du statut minoritaire du gouvernement actuel, l’échéancier sera assurément devancé.

      Du reste, le premier ministre disposera encore du pouvoir discrétionnaire de demander au lieutenant-gouverneur de déclencher des élections avant la date prévue. »

      Enfin, je soulignerais le ton émotif et irrationnel de votre approche. Faire reposer votre choix sur votre interprétation subjective d'un projet de loi n'a rien de rationnel. Un parti, c'est un programme qui touche plusieurs sujets.

      Accorder son vote en fonction d'un seul projet de loi est un coup de dés risqué.

      Je vous invite à lire les programmes de chaque parti et à peser les pour et les contre.

      Pour ma part, je suis satisfait du travail réalisé par le Parti Québécois. De nombreux éléments du programme ont été réalisés, d'autres non.

      On aura beau dire, mais c'est le cas au quotidien de nombreux citoyens et travailleurs : on atteint une partie des objectifs que l'on se fixe et on se réajuste année après année, avec de nouveaux objectifs.

    • Simon Chamberland - Inscrit 5 mars 2014 22 h 17

      M. Houle

      Qu'est qui est irrationnel et émotif ? Donner son appui à un parti qui n'a fait que me décevoir ( le non-respect de la loi est seulement la dernière d'une longue série de déceptions) en espérant qu'ils (les dirigeants du parti) respecten leurs promesses ou encore réévaluer à qui je vais donner mon appui en fonction de mes valeurs, soit le respect de l'environnement et l'indépendance du Québec ?

      À la limite, mon vote permettra de mieux financer un de ces 2 partis, donnant ainsi plus de notoriété aux écologistes ou aux souverainiste.

      Finalement, si on analyse froidement ma démarche, me fier au bilan du gouvernement et à mes valeurs, et la votre, qui est de croire aux paroles des politiciens, on voit immédiatement que vous êtes très partisan, émotif et irrationnel.

  • Pierre Couture - Inscrit 5 mars 2014 10 h 44

    Souvenons-nous...

    Souvenons-nous, devant l'urne, que le gouvernement Marois sabre dans les soins de santé et l'éducation afin de financer la folie éolienne.

    Des milliards de dollars sont engloutis inutilement dans les goussets de multinationales étrangères pour acheter à 3 fois le prix du marché, de l'électricité de mauvaise qualité et invendable.

    Des milliards jetés carrément à la poubelle. Il faudra s'en souvenir au moment du vote.

    • Guillaume Houle - Inscrit 5 mars 2014 18 h 18

      Souvenons-nous des milliards pillés par les minières et pétrolières sous le régime libéral. Souvenons-nous que le Parti Québécois a corrigé cette erreur libérale avec de nouvelles lois qui favorisent la collaboration entre l'État et les entreprises créatrices de richesse.

    • Pierre Couture - Inscrit 5 mars 2014 20 h 26

      @ M. Houle
      Souvenons-nous que le régime Marois s'entend lui-même fort bien avec les minières et les pétrolières.

    • Claude Champagne - Inscrit 6 mars 2014 09 h 55

      M. Couture, pour reprendre ce que les libéraux ont donné, à une cenne la tonne.

  • michel lebel - Inscrit 5 mars 2014 10 h 54

    Le bien commun?

    Pauline Marois n'a pas exprimé vraiment pourquoi elle déclenchait des élections. Elle énumère toutes ses réalisations comme gouvernement minioritaire. Si elle a pu faire tout cela dans ces conditions, alors pourquoi faire présentement des élections? La démocratie serait-elle simplement instrumentalisée pour obtenir une majorité en Chambre? Et le bien commun, où loge-t-il?


    Michel Lebel

    • Guillaume Houle - Inscrit 5 mars 2014 18 h 22

      Vous connaissez la réponse à votre question : parce que le Parti Libéral et la Coalition Avenir Québec allaient défaire le gouvernement sur le budget de toute façon, afin de préserver leur image de gestionnaires.

      Or, dans le cas de la CAQ, cette image de gestionnaires ne colle pas, puisque la CAQ n'a jamais gouverné. Pour les Libéraux, nous savons que les dépenses et la dette de l'État ont explosé, alors que les revenus n'ont pas suivi.

      Rappelons-nous le scandale des minières et des pétrolières qui empochent tout sans verser un sou aux québécois.

      Rappelons-nous l'augmentation galopante du revenu des médecins contre une diminution du nombre de services rendus.

      Rappelons-nous de l'héritage libéral.

      Non merci. Plus jamais.

  • Yvon Bureau - Abonné 5 mars 2014 11 h 02

    Déterminée

    «Équipe déterminée.
    Première ministre déterminée.
    Femme déterminée.»

    Énergique et cohérent slogan !

  • Gilles Lachance - Abonné 5 mars 2014 11 h 04

    Voter avec conscience de son pouvoir

    Et c'est reparti! En espérant cette fois que les électeurs souvrainistes dans laurier-dorion uniront leurs forces pour éviter d'échapper la circonscription aux libéraux encore une fois.

    Le PQ y avait l'avance de près d'un millier de voix sur QS lors du dernier exercice mais, pas suffisamment pour battre le PLQ. Si la tendance est la même ( à suivre sur le site Too close to call ), rangeons nous derrière le PQ au lieu de permettre un siège libéral de plus!

    • Louka Paradis - Inscrit 5 mars 2014 12 h 01

      Exactement : c'est sur cette division que compte le PLQ pour se faufiler au pouvoir. Ce serait inconscient de donner cette possibilité à M. Couillard, un conservateur déguisé en libéral, tout comme l'était JJCharest ; cela signifierait : retour de l'endettement, bradage de nos ressoureces naturelles, signature de la Constitution sans conditions minimales, privatisation tout azimut du système de santé, poursuite de l'anglicisation et de la déculturation, ambiguïté sur la laïcité de l'État et sur l'égalité des hommes et des femmes, etc. Bref, un Québec sclérosé, emprisonné dans une camisole de force...

      Scénario gagnant pour le Québec : le PQ majoritaire !

    • Bernard Gervais - Inscrit 5 mars 2014 14 h 11

      @ Louka Paradis

      Entièrement d'accord avec vous : oui à un gouvernement majoritaire du PQ. Les libéraux ? on les eus durant 9 ans et on sait ce que cela a donné !