Breton désavoue Scott McKay

Dès le début du débat, M. Khadir s’en est pris à M. Breton en lui reprochant d’avoir changé sa position en ce qui concerne le dossier d’Anticosti et d’être maintenant « réduit au silence ».
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Dès le début du débat, M. Khadir s’en est pris à M. Breton en lui reprochant d’avoir changé sa position en ce qui concerne le dossier d’Anticosti et d’être maintenant « réduit au silence ».

Daniel Breton a refusé de se porter à la défense de son confrère du Parti québécois Scott McKay, mardi soir, lors d’un débat sur les enjeux énergétiques organisé à l’Université Concordia. Lorsqu’un étudiant lui a demandé comment il pouvait défendre son gouvernement alors que Scott McKay a ridiculisé le seul groupe citoyen invité à prendre la parole lors de la commission parlementaire sur l’inversion du flux du pipeline 9B d’Enbridge, M. Breton a lancé : « Je ne le ferai pas, Scott s’est comporté de façon lamentable. »

 

En décembre dernier, le député de Repentigny, Scott McKay, s’était longuement attaqué en commission parlementaire à la crédibilité du porte-parole de la Coalition vigilance oléoduc en prétendant qu’il était un porte-parole de Québec solidaire (QS). Le député de QS Amir Khadir, qui était présent au débat, a été étonné d’entendre la déclaration de M. Breton. Il a reconnu que c’était « courageux ».

 

Mais outre cette question, Daniel Breton et Amir Khadir se sont confrontés à plusieurs reprises lors de ce débat dont le thème était : « Pétrole ou électricité ? »En présence du député libéral David Heurtel et du chef du Parti vert, Alex Tyrrell, une ambiance de campagne électorale régnait déjà dans la salle.

 

Dès le début du débat, M. Khadir s’en est pris à M. Breton en lui reprochant d’avoir changé sa position en ce qui concerne le dossier d’Anticosti et d’être maintenant « réduit au silence ». Daniel Breton, qui critiquait dans le passé la dépendance des sociétés aux hydrocarbures, a soutenu, la semaine dernière, la décision du gouvernement Marois d’investir pour faire l’exploration du pétrole de schiste à Anticosti. M. Breton s’est défendu d’avoir perdu le droit de s’exprimer. Il a rétorqué : « Si on ne prend pas le pétrole d’Anticosti ou de l’Ouest canadien, où va-t-on le prendre ? [...] Le débat sur l’exploration d’Anticosti, c’est le débat sur l’avenir énergétique du Québec. »

 

Le chef du Parti vert, Alex Tyrrell, a aussitôt répliqué : « Je ne pense pas qu’on a besoin de fracturer Anticosti pour avoir un débat sur l’avenir énergétique du Québec. » Amir Khadir a acquiescé à sa réplique alors qu’il avait déclaré que « depuis la venue du gouvernement, il y a un fédéralisme pétrolier de la part de Mme Marois ».

13 commentaires
  • Gaetane Derome - Abonnée 5 mars 2014 01 h 03

    Je comprends la position de M.Breton.

    Je ne suis pas tellement pro-petrole.Cependant il faut avouer que celui-ci est la base de notre economie et que nous en avons encore besoin.
    Je pense que M.Breton prefere qu'on prenne le petrole chez nous plutot que le faire venir par cargo de pays etrangers.Car a bien y penser pour faire venir du petrole il faut aussi utiliser du petrole,les gros navires en utilisent beaucoup.
    Eventuellement,nous pourrons aussi plus miser sur nos energies renouvelables,tel l'hydrolectricite mais il faut une periode pour s'adapter et changer nos habitudes.

    • François Fontaine - Inscrit 6 mars 2014 14 h 24

      ce qui est ironique, c'est que le pétrole qui nous arrive arrive par bateaux de l'extérieur du bloc nord américain est plus """vert""" que celui optenue par fracturation ...

      NB: Oui, vert n'est pas le premier qualificatif qui m'est venue à l'esprit pour parler de l'industrie prétrolière, c'est pourquoi qu'il est entre guillements !

    • François Fontaine - Inscrit 6 mars 2014 17 h 08

      Avant qu'on dise que le baril de pétrole de l'ouest (100$) est moins cher que celui des mers du Nord (107$) n'oubliez pas que notre industrie est subventionner a même nos taxes et impôts pour maintenir un coût bas.

      ... je crois avoir lu 1.55B $ anuellement.
      Est-ce que ça en vos encore le peu de différence entre les prix du baril ?

  • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 5 mars 2014 06 h 53

    La réalité ....

    Le réalisme de Daniel Breton tranche avec l'idéalisme des autres, qui n'autont pas la chance de transformer leur idéalisme en acte.

    Le constat de M Breton : On consomme de plus en plus de pétrole, et il nous viendra de plus en plus de source non conventionnelle. Renverser cette tendance suppose une stratégie d'État d'envergure qui va mettre du temps à porter ses fruits: L'électrification des transports.

    Or le seul parti qui peut porter ce projet de réorientation de la stratégie énergétique du Québec, c'est le Parti Québécois. Et celui qui a la crédibilité et la carrure pour porter ce projet c'est Daniel Breton.

    À moins de vouloir le retour des libéraux au pouvoir...

    • PAUL RACICOT - Inscrit 5 mars 2014 10 h 48

      La réalité, mais une autre...

      Exploiter les réserves d'hydrocarbures de l'île d'Anticosti, en supposant qu'il y en ait et qu'elles soient commercialement exploitables (ce qui est encore loin d'être certain), ce serait ajouter notre part - très québécoise - aux émissions mondiales de GES, au réchauffement climatique (bouleversements et impacts inclus)... alors que les scientifiques nous demandent de les réduire drastiquement. Vraiment pas génial que de vouloir extraie encore plus d'hydrocarbures du sous-sol québécois.

      Ça coûte cher de les importer de l'étranger ? Hé bien, réduisons notre consommation de pétrole autant que faire se peut et... payons la facture ! Ne la refilons pas aux générations futures.

    • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 5 mars 2014 20 h 54

      @paul racicot Est-il préférable que nous salissions l'environnement de pays lointains où les populations trop souvent ne peuvent rien dire mais doivent néanmoins supporter les conséquences de l'exploitation de pétrole sale pour pouvoir remplir les réservoirs des 4 millions et demi de véhicules sur nos routes (évidement en nous fermant les yeux sur les dommages que nous exportons) ou est-il préférable d'assumer collectivement les coûts environnementaux de notre gargantuesque appétit énergivore? Poser la question, c'est y répondre. Pour ma part, je crois que la nécessaire transition énergétique ne se fera que lorsque le syndrome "Pas dans mon arrière-cour" aura été assumée et que nous aurons fait le débat sur les conséquences de nos choix de modes de vie. Ceci étant dit, je pense que l'exploration du potentiel pétrolier d'Anticosti ne donnera pas le feu vert pour son exploitation. Ce sont les gisements de Old Harry qui m'apparaissent plus susceptibles d'être éventuellement exploités. Mais le même débat se posera.

  • Martin Pelletier - Inscrit 5 mars 2014 08 h 20

    Concordia?

    Qu'est-ce qu'un député péquiste peut espérer gagner à l'Université Concordia?

  • jacques gelineau - Abonné 5 mars 2014 10 h 47

    Pas de pétrole

    Non monsieur Breton fait fausse route et a preuve, au parti Québéçois en 18 mois ont accepté l'inversion de l'oléoduc keystone, accepté que passe deux pipelines sur le sol québécois vers le nouveau brunswik, ce n'est qu'une question de temps avant qu'elle signe les accords, augmenté de façon faramineuse le transport du pétrole vers montréal par train,annoncé l'exploitation probable de l'ile Anticostie , le banc des anglais, hold harry, etc etc. leurs initiatives pour la réduction de la consommation pétrolière sont minimalistes et la première avenue pour ce libérer du pétrole importé est cette avenue. Au contraire madamme Marois a enclenché l'importation massive du pétrole de l'ouest en signant des accords avec l'Alberta et en envoyant monsieur Boisclair, porte parole de l'association pétrolière et gazière du Québec a l'ambassade du Québec a New york. Que dire de plus madamme Marois est en train de réaliser la souveraineté de l'ouest canadien voilà, le reste ce passe de commentaires.
    Jacques Gélineau

  • Bernard Duchaine - Inscrit 5 mars 2014 11 h 01

    Pétrole versus électricité

    L'électrification des transports (automobile et en commun) prendra environ 25 ans au bas mot. En attendant, il serait préférable pour le Québec de produire son propre pétrole, ou à défaut, de l'importer de l'ouest canadien, plutôt que de pays où les droits de l'Homme sont bafoués. Investir 115 M$ pour confirmer ou infirmer le potentiel d'Anticosti coûte moins cher que l'élection qui vient.

    • Gaetane Derome - Abonnée 5 mars 2014 13 h 47

      Vous avez bien raison Mme Marceau,le parti quebecois l'a compris aussi mais il semble que M.Couillard et QS preferent importer le petrole de pays comme l'Arabie Saoudite..C'est une des raisons pourquoi nous ne pouvons confier notre economie a ces deux partis.