Une candidate fait le saut chez QS en dénonçant le «néo-conservatisme» du PQ

L’ex-candidat à la présidence de la FTQ Claude Généreux (à droite) sera aussi candidat pour QS.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir L’ex-candidat à la présidence de la FTQ Claude Généreux (à droite) sera aussi candidat pour QS.

Québec — La candidate de Québec solidaire Rosa Pires appelle les électeurs progressistes à se méfier du Parti québécois, où une « clique néo-conservatrice » en mène large.

 

Des néo-conservateurs noyautent désormais la garde rapprochée de la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a déploré Mme Pires lundi matin aux côtés de cinq autres candidats solidaires au prochain scrutin, dont Françoise David (Gouin) et Andrés Fontecilla (Laurier-Dorion).

 

Montrant du doigt « des gens très proches de Mme Marois », celle qui a par le passé été attachée politique de ministres péquistes soutient que « le PQ n’est plus du tout un parti social-démocrate ».

 

Mme Pires, l’une des instigatrices du mouvement des Indépendantistes pour une laïcité inclusive, n’a pas digéré la charte de la laïcité dévoilée par le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville. Le gouvernement péquiste mène un « jeu identitaire très dangereux ». « Les gens issus de l’immigration — pas seulement arabophones — sont blessés », a indiqué la candidate solidaire dans la circonscription de Verdun.

 

À l’approche de la campagne électorale, les deux porte-parole de Québec solidaire, Françoise David et Andrés Fontecilla, ont dévoilé trois nouveaux candidats — Jean Trudelle (Rosemont), Annick Desjardins (Notre-Dame-de-Grâce) et Claude Généreux (Bourassa-Sauvé) — en plus de Rosa Pires (Verdun).

 

Partis pris

 

M. Généreux, ancien secrétaire-trésorier national du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), a quant à lui profité de la tribune offerte lundi par Québec solidaire pour accuser à demi-mot la commission Charbonneau d’afficher un parti pris à l’encontre du mouvement syndical. « Le jupon commence à dépasser », a-t-il fait valoir.

 

M. Généreux s’est dit désolé de voir la Commission multiplier les « questions qui n’en sont pas une » au cours des dernières semaines. À l’occasion du témoignage du représentant de la FTQ-Construction sur la Côte-Nord, Bernard « Rambo » Gauthier, la semaine dernière, un « commissaire [a dit] : “Pratiquez-vous du syndicalisme à outrance ?”», a rappelé M. Généreux. « C’est une commission d’enquête. Qu’elle enquête plutôt que [de faire] du spectacle. »

 

Les commissaires France Charbonneau et Renaud Lachance ont vu défiler bon nombre d’acteurs de l’industrie de la constructionqui ont « questionné le syndicalisme », a-t-il fait remarquer. « Nous n’avons pas entendu parler ni par les syndicalistes ni par les entrepreneurs des problèmes que les entrepreneurs [créent]. J’espère que la phase qui s’amorce à la commission Charbonneau va parler de cela. »

 

M. Généreux, qui a été candidat à la présidence de la FTQ, craint de voir la commission Charbonneau ouvrir la voie à un affaiblissement du mouvement syndical au Québec. « Il faut régler les pommes pourries plutôt que de tout changer. »

 

Québec solidaire se rangera derrière les syndicats tant et aussi longtemps que ceux-ci relaieront les « préoccupations réelles des travailleurs », a précisé la députée de Gouin, Françoise David.

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