L'UPAC vise l'argentier du PLQ sous Charest

Selon des documents judiciaires obtenus par un consortium de médias dont fait partie <em>Le Devoir</em>, des perquisitions de l'UPAC ont permis aux policiers de mieux comprendre le rôle stratégique qu'aurait joué Marc Bibeau, le président de Schokbéton.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Selon des documents judiciaires obtenus par un consortium de médias dont fait partie Le Devoir, des perquisitions de l'UPAC ont permis aux policiers de mieux comprendre le rôle stratégique qu'aurait joué Marc Bibeau, le président de Schokbéton.
L’argentier du Parti libéral du Québec (PLQ) sous Jean Charest, Marc Bibeau, est ciblé dans une enquête sur un stratagème de financement illégal de la formation en échange de lucratifs contrats publics, le tout avec la collusion à la clé.

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) a poursuivi sur sa lancée à la suite d’une première série de perquisitions menées aux bureaux du Parti libéral à Montréal et à Québec, en juillet dernier.

Selon des documents judiciaires inédits obtenus par un consortium de médias dont fait partie Le Devoir, les perquisitions aux bureaux du PLQ ont permis aux policiers de mieux comprendre le rôle stratégique qu’aurait joué Marc Bibeau, président de Schokbéton et proche de Jean Charest.

Ces documents, lourdement caviardés, ont été utilisés pour obtenir de nouveaux mandats de perquisition. Ils font état d’allégations de « contrôle des soumissions, de compensations financières, de financement politique et de collusion entre entrepreneurs ». Ils décrivent Marc Bibeau comme « le stratège » du PLQ et le principal responsable du financement alors que Jean Charest était au pouvoir.

Des enveloppes « à remettre ou à recevoir » auraient été échangées chez Schokbéton, au profit du PLQ.

La nouvelle aura l’effet d’une bombe à la veille du lancement de la campagne électorale. Marc Bibeau, un homme d’affaires étroitement lié à l’ex-premier ministre Jean Charest, se retrouve au cœur d’une enquête qui porte sur des allégations de complot, fraude, abus de confiance, corruption de fonctionnaire, fraude envers le gouvernement et contribution d’entrepreneurs à une caisse électorale.

Du PLQ à Schokbéton

En juillet dernier, les enquêteurs ont notamment trouvé aux bureaux du PLQ des courriels faisant état d’activités de financement fort payantes (jusqu’à 428 000 $ à la fois).

Une liste recense une vingtaine d’activités de financement qui auraient permis au PLQ d’accumuler un pactole de plus de 700 615 $. Une de ces activités aurait rapporté à elle seule 428 000 $, une somme non comptabilisée dans les états financiers du PLQ. En effet, pour la période allant de 2004 à 2012, le parti n’a jamais déclaré au Directeur général des élections du Québec l’existence d’une quelconque activité aussi payante.

Galvanisés par cette première récolte fructueuse, les enquêteurs de l’UPAC ont réalisé de nouvelles perquisitions, l’automne dernier, dans plusieurs entreprises appartenant à Marc Bibeau et à sa famille. Ils ont notamment visité le centre commercial Beauward, une propriété de Marc Bibeau à Saint-Eustache, où se trouvent des serveurs et des ordinateurs de Schokbéton. Ils ont aussi visité Saramac, une filiale de Schokbéton, la résidence de la sœur de Marc Bibeau (Suzanne), le siège social de Schokbéton et celui de Garnier construction.

Une partie de l’enquête porte sur un détournement allégué de dalles de béton, dans le cadre d’un contrat de 30,5 millions octroyé à Garnier par l’Agence métropolitaine des transports, pour le train de l’est. Ces dalles, payées à même les fonds publics, auraient servi à construire une terrasse grande comme un terrain de tennis autour de la piscine de Suzanne Bibeau.

La partie la plus importante de l’enquête, sur laquelle bondiront les partis en campagne, porte sur le rôle occulte qu’aurait joué Marc Bibeau dans le financement illicite du PLQ et les stratagèmes de collusion.

Aucune accusation n’a été portée contre Marc Bibeau. Les informations utilisées par les policiers pour obtenir les mandats de perquisition ne constituent pas des preuves. Dans un communiqué publié lundi, M. Bibeau s’est défendu d’avoir commis des gestes illégaux. « Mon engagement politique tout comme mon implication dans des œuvres caritatives ou philanthropiques se sont toujours faits selon les règles », a-t-il déclaré.

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NDLR: Une correction a été apportée à cet article après la mise en ligne.
 
55 commentaires
  • Josette Allard - Inscrite 3 mars 2014 18 h 25

    Où est cet argent?

    Beau sujet de campagne électorale. De nombreux candidats du PLQ étaient députés et ministres de 2003 à 2012 , période visée par ces allégations. Questionnés à ce sujet, qu'auront-ils à dire?

    • Normand Carrier - Inscrit 4 mars 2014 06 h 42

      L'argent se trouve dans les goussets d'organisateurs libéraux pour payer comptant les travailleurs d'élections dans les comtés ou le PLQ a des chances ..... Il est de notoriété publique que les travailleurs d'élection clé dans les comtés prenables sont payés $1000. par semaine comptant .... Cela vient qu'a faire une bonne somme d'argent et de la l'importance de la caisse occulte car ces dépenses ne sont jamais déclarées dans les dépenses électorales car vous comprendrez que les travailleurs d'élection ne donnent pas de <recus> .....
      Cette caisse va s'amenuiser car son renouvellement est plus difficille sous les lumières de l'UPAC .....
      Se pourrait-il que justice se fasse et de l'avoir pendant l'élection serait un boni .....

    • Gerard Belec - Inscrit 4 mars 2014 08 h 55

      Charest reçoit, depuis 1998, un 2ime salaire de 75 000$ annuellement, somme puisée à même un fond secret du PLQ. sufit de metre 1+1= et tu trouve cet argent

    • Guy Desjardins - Inscrit 4 mars 2014 09 h 26

      M. Cossette. J'aimerairais savoir où est cet argent et j'aimerais savoir aussi qu'el est le "deal" avec la FTQ. Pourtant une motion a été présentée et votée à majorité. Le PQ à voté contre, pourquoi? Le PQ après avoir voté a à l'unanimité des élections à dâte fixe, se défend que c'est la faute aux autres si il y a déclenchement des élections. Si le Gouvernement Péquiste avait présenter un budjet complet et une gestion de nos taxes sans avoir un déficit énorme et régler le problème de la santé et voir de près l'économie de son peuple ce qu'ils avaient annoncés lors des dernières élections, par la suite avec promesses non tenues, il est fort possible que le budjet aurait été adopté. Et la cerise sur le "sunday" Mme Marois veut avoir seulement un seul débat télévisé. Il me semble que le peuple du Québec a le droit de savoir ce qui c'est réellement passé avec la FTQ et à qui l'on va donner notre confiance pour bien nous représenter et nous sortir du trou, que les deux vieux partis ont creusés et ont transférer sur la carte de crédit à nos enfants. Je voudrais être seulement un peu optimiste envers les deux vieux partis mais l'histoire confirme que c'est du pareil au même depuis plus de quarante ans.

    • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 4 mars 2014 10 h 36

      C'est bien dommage que la Commission Charbonneau n'ait pas encore abordé le dossier du Ministère des transports ..., dont le titulaire Sam Hamad a quitté le poste de façon curieuse.

    • Normand Carrier - Inscrit 4 mars 2014 13 h 48

      Monsieur Desjardins , caqueter les mêmes questions a satiété ne leurs donnent pas plus de crédibilité et on peut même alouter que le deal devient débilitant .....

    • Guy Desjardins - Inscrit 4 mars 2014 19 h 00

      Pour ma part je crois qu'un "deal. devient débilitant lorsque l'on veut ne pas en parler et qui moralement dérange. Il est certain que je vais répéter à satiété dans le seul but que nous voulons savoir ce qu'est le "deal" avec la FTQ. Si vous ne voulez savoir M. Carrier il y a d'autres individus(es) qui veulent savoir la vérité pour nous faire une idée si nous avons été floué. Si vous ne voulez savoir c'est votre choix le plus légitime mais de grâce il faut respecter ceux qui veulent savoir la vérité.

  • Cyril Dionne - Abonné 3 mars 2014 18 h 36

    Encore une fois...les libéraux

    Combien de fois faudra-t-il lire à propos de stratagèmes de financement illégaux en échange de lucratifs contrats publics qui émanent du Parti libéral du Québec ? Un petit "Porter" avec ça ?

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 5 mars 2014 06 h 23

      À M. Desjardins

      Et si ce deal n'avait jamais eu lieu?

      Ne trouvez-vous pas surprenant que ce "deal' aurait été fait, comme l'a mentionné ce corrupteur, pour que le P. q. et là je le dis dans mes mots, ne supporte pas l'idée d'une commission sur la cullusion et la corrupution? Or c'est tout le contraire qui s'est produit, le P. q. comme la CAQ a toujours réclamé à corps et à cri cette commission.

      Ne seriez vous pas un peu partisan? Ou bien vous ne suivez pas les actualités ni ce qui se passe à l'assemblée nationale, et alors...

      Un opinon ne peut être basée que sur du n'importe quoi, du blabla. Sans doute que Marois, et notez que je ne suis pas péquiste, a sûrement autre chose à faire que de répondre à des insigniriances: elle continurait de refuser, ou elle accepterait de témoigner, pour nier, que vous ne la croiriez pas. J'imagine qu'elle n'a pas de temps à perdre devant les faits.

  • Claude Champagne - Inscrit 3 mars 2014 18 h 44

    Est-ce qu'on y arrive?

    Des noms nous voulons des noms, que cela aboutisse.

  • Bernard Gervais - Inscrit 3 mars 2014 18 h 50

    L'UPAC et le slogan libéral

    Les médias nous ont révélé aujourd'hui le slogan choisi par le PLQ pour les élections : « Ensemble, on s'occupe des vraies affaires ».

    Avec ce que vient de découvrir l'UPAC au sujet de Marc Bibeau et du financement occulte de ce parti, on sait ce que signifie d'abord et avant tout « s'occuper des vraies affaires » pour les libéraux !

    • Pierre Langlois - Inscrit 3 mars 2014 20 h 21

      En plein dans le mille, M.Gervais. Il y a de quoi inspirer Garnotte ou Chapleau dans votre remarque...

    • Pierre Valois - Abonné 4 mars 2014 00 h 42

      On devrait plutôt lire "Ensemble, on s'occupe de nos affaires", avant pendant et après les élections.

    • Daniel Lemieux - Inscrit 4 mars 2014 06 h 18

      En effet, difficile d'imaginer que le PLQ s'intéresse à autre chose que ses propres intérêts et il ne précise pas de quelle sorte d'« affaires » il prétend pouvoir s'occcuper.

      On peut même imaginer Tony Accurso utiliser cette expression (« on s'occupe des vraies affaires »), en bonne compagnie avec ses différents invités sur le Touch, un verre à la main.

      Mais le concept de ce slogan de mauvais goût et trop familier en évoque aussi un autre, un peu de la même eau: « On veut vot'bien, pis on va l'avoir ! ».

    • Odette Bernier - Abonnée 4 mars 2014 07 h 17

      Ne vous inquiétez pas, M. Gervais. Les 3 grâces médicales savent très bien comment endormir les députés du PLQ. Espérons que la population saura résister à leur chlorophome.

    • Pierre Couture - Inscrit 4 mars 2014 08 h 27

      Exactement!
      Autrement dit, les Libéraux veulent notre bien et vont tout faire pour l'avoir...

    • Pierre Labelle - Inscrit 4 mars 2014 08 h 29

      Oh oui, "on s'occupe des vraies affaires", la démonstration de ce slogan, le PLQ nous l'a faite durant 9 trop longues années. Pendant que James avait ses deux mains sur le volant d'une bétonnière, son ami Bibeau lui récoltait des centaines de milliers de $ illégalement. Alors vos vraies affaires on peut s'en passé.

    • Rodrigue Guimont - Inscrit 4 mars 2014 08 h 41

      Les affairistes et «les vrais affaires»

      L’expression les «vrais affaires» au Québec est plutôt péjorative. On parle des «vraies affaires» seulement et quand ça fait notre affaire, c’est tout dire…

    • Danielle - Inscrit 4 mars 2014 09 h 13

      Et dire qu'il y aura encore des gens pour voter libéraux!!! L'horreur.

  • Pierre Bellefeuille - Inscrit 3 mars 2014 19 h 03

    Un joueur majeur d’arrière scène…

    Au Québec, je crois, on ne pouvait pas véritablement trouver plus près de Jean Charest que Marc Bibeau. Ils sont des amis. Le soir d’élection au Québec, on pouvait trouver Marc Bibeau dans le salon de Jean Charest, c’est tout dire la proximité.

    Il est connu depuis longtemps que Marc Bibeau a été le grand argentier du parti libéral du Québec. Monsieur Bibeau se trouve aussi sur le conseil d’administration de Power Financial, une filiale de Power Corporation. C’est un des hommes les plus influents au Québec et au Canada. Ce n’est pas pour rien qu’on le trouvait à Sagard au domaine des Desmarais lors d’une réception, en compagnie entre autres, des Georges Bush père et Jean Charest.

    Doit-on encore se surprendre que Jean Charest, avant la fin de son règne, a tout fait pendant deux ans pour tenter d’empêcher l’ouverture d’une commission d’enquête publique!

    En fin, le plus puissant réseau au Québec et au Canada se trouvait ici à cette partie de golf, la liste des invités est plus que révélatrice, il y a des amitiés qui ne s’inventent pas : http://www.canada.com/story_print.html?id=aabb9460

    • Marc Bergeron - Inscrit 4 mars 2014 01 h 24

      Bon lien Merci. Pas pire celle-là! Comme je disais ailleurs installons nous à la porte des grands resto ou loge sportive dans les XXX etc. On comprends vite qu'il y a des amitiés qui raportent et que ce sont des groupes de tout milieu qui s'entretiennent. J'ai rien contre en autant que ce n'est pas avec notre argent ou en échange de subvention ou autres. Lorsque nos avons vuent les photos d'une soirée bien arroser dans une loge du centre Bell c'était palpitant aussi de voir tout ce de gratin, même des ministres. Je n'envie aucunement ces gens endetter les uns enver les autres, vaut ma liberté! Merci encore!