Des militants appellent Option nationale et Québec solidaire à unir leurs forces

En entrevue au <em>Devoir</em>, des représentants de QS et d'ON ont exclu un rapprochement en vue des élections imminentes, mais n'ont pas fermé la porte à une collaboration accrue à moyen terme.
Photo: Pedro Ruiz - Archives Le Devoir En entrevue au Devoir, des représentants de QS et d'ON ont exclu un rapprochement en vue des élections imminentes, mais n'ont pas fermé la porte à une collaboration accrue à moyen terme.
À moins d’une semaine du déclenchement probable des élections, des membres d’Option nationale (ON) et de Québec solidaire (QS) relancent l’idée d’une éventuelle fusion des deux partis de gauche pour éviter de diviser les forces souverainistes.

Une trentaine de personnalités, parmi lesquelles figurent la comédienne Geneviève Rochette, la réalisatrice Anaïs Barbeau-Lavalette et l’humoriste Kim Lizotte, ont signé une lettre appelant les deux formations rivales à se rapprocher. Le parti d’Amir Khadir et de Françoise David (qui a remporté 6,03 % des voix au scrutin de 2012) et l’ancienne formation de Jean-Martin Aussant (1,89 % en 2012) ont intérêt à travailler ensemble plutôt que de se marginaliser, fait valoir la lettre mise en ligne vendredi soir.

« Les membres de QS invitent leur parti à s’affirmer de manière déterminée en faveur de l’indépendance et ceux d’ON affirment que si tel devenait le cas, une fusion avec Québec solidaire serait réaliste et nécessaire », a indiqué au Devoir la comédienne Catherine Dorion, militante d’ON, qui est une des initiatrices de cette tentative de créer des liens.

« Même si les conditions d’un rapprochement significatif ne sont pas encore réunies, nous risquons de rencontrer tôt ou tard une exigence morale ou politique de travailler ensemble », écrivent les signataires.

« Nous nuirions aux causes que nous défendons si nous creusions entre nous des fossés qui deviendraient, à force, infranchissables. Cette lettre a pour but de déconstruire les préjugés entre nos deux formations et de susciter une ouverture entre des membres que la joute électorale a parfois dressés les uns contre les autres », explique le document.

« Il faut mettre de côté les batailles de clochers. Les différences ne sont pas si grandes entre nos partis », a précisé Catherine Dorion.

Aussitôt lancé, cet appel au rapprochement a été rejeté par la direction des deux formations rivales, en vue de la campagne électorale imminente. Les deux partis se montrent cependant ouverts à la discussion après les élections.

« Ça nous semble une initiative louable. Nous sommes toujours ouverts à une collaboration ponctuelle sur des dossiers », a réagi Andrés Fontecilla, le président de QS.

«Il faut être ouvert à ces propositions-là», a indiqué pour sa part Amir Khadir, le premier député solidaire à l’Assemblée nationale.

Après les élections

À leur dernier congrès, les membres de QS ont fermé la porte à une union en bonne et due forme avec Option nationale. Mais rien n’empêche de relancer les discussions à ce sujet après les élections si les membres le réclament, explique le représentant de QS.

Amir Khadir et Jean-Martin Aussant ont déjà pris la parole ensemble pour présenter l’idée de créer Pharma-Québec, une société publique qui serait chargée de gérer l’achat de médicaments par l’État québécois, rappelle Andrés Fontecilla. « Il y a beaucoup de similitudes entre les programmes des deux partis », dit-il.

Peut-être, mais Option nationale trouve Québec solidaire trop timide sur la promotion de la souveraineté, rappelle Sol Zanetti, élu chef d’ON en octobre dernier, quatre mois après la démission de Jean-Martin Aussant, fondateur du parti. « Je suis content que des militants solidaires reconnaissent l’absence d’engagement indépendantiste concret dans la démarche proposée par leur parti. De notre côté, on a une base solide et on espère faire des gains aux prochaines élections », a dit M. Zanetti, qui s’adressera aux membres d’ON ce samedi.


Avec Philippe Orfali

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51 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 28 février 2014 18 h 19

    Deux partis en quête de direction

    QS n'arrive pas à trancher le noeud gordien: l'indépendance d'abord, le socialisme après ou le socialisme d'abord et l'indépendance après.
    ON, en perdant Jean-Martin Aussant, a perdu son âme.
    Les véritables indépendantistes n'ont plus qu'un choix: joindre les rangs du PQ et y prendre une part active pour s'assurer que le PQ continuera sur sa lancée vers l'indépendance.
    Surtout que le temps presse de plus en plus.

    • Charbel Hanna - Inscrit 28 février 2014 23 h 56

      D'abord, le temps ne presse pas, bien au contraire. Ensuite, au sujet du noeud gordier, il est tout à fait tranché : c'est l'indépendance non pas comme finalité, mais comme stratégie pour une société plus égalitaire.

      Ensuite, on peut débattre sur le sens du mot socialisme.

      Finalement, la fin de votre commentaire est assez amateure. Les vrai-e-s indépendantistes ont choisi leur camp, et ils et elles ne changeront pas, pour nombre de raisons idéologiques. Vous auriez pu proposer plus concret.

    • Benoît Landry - Inscrit 1 mars 2014 07 h 01

      Ce serait intéressant que vous lisiez les programmes de ces partis avant d'avancer n'importe quoi.

      Si le PQ était ouvert aux idées divergentes au lieu de demander aux militants de différentes allégeances de se taire et de se mettre en rang derrière la cheuf, on finirait peut-être par avancer sur cette question. Mais non.

      Vous rigolez des efforts d'entente de Qs et de ON pendant que le PQ continue d'affirmer sa fermeture à toutes formes d'entente ouverte.

      Le PQ prétend être une option non partisane vers la souveraineté, vous avez l'air d'y croire, moi je n'y crois pas. Il nous démontre beaucoup trop ces temps-ci qu'ils sont prêt à n'importe quoi pour assujettir l'économie du Québec aux intérêts financiers privés souvent étrangers, pendant que la population paye de plus en plus chers des services qui se détériorent . C'est ça la position neutre de la souveraienté péquiste ?

      Oui Qs et ON ont leur place et si le PQ était réellement démocrate, il favoriserait l'installation de la proportionnelle pour mieux respecter le niveau d'éducation de 2014 au lieu de se satisfaire d'un modèle datant du 19e siècle

    • François Ricard - Inscrit 1 mars 2014 08 h 07

      @ M. Landry
      Je connais le programme d'ON.
      J'étais présent lors de sa fondation. J'ai participé à l'élaboration de ses statuts.
      Il est inscrit dans son adn qu'ON se ralliera à tout autre parti qui prône l'indépendance. De plus, bien que retenant certaines mesures social-démocrates, ON a carrément tourné le dos au socialisme.
      D'ailleurs un grand nombre des fondateurs provenaient du PQ. Leur intention était d'amener le PQ à rejeter la gouvernance souverainiste et à mettre le cap sur l'indépendance. On peut dire mission accomplie. Et pour être sûr que le PQ continue sans cette direction, ces gens devraient rallier les rangs du PQ et y jouer un rôle actif.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 1 mars 2014 08 h 28

      "ON, en perdant Jean-Martin Aussant, a perdu son âme."

      Faux! L'âme de ce parti c'est son option, l'indépendance.

      Aussant aura été son fondateur, et en ce sens celui qui d'une part a été capable d'intéresser une certaine jeunesse à la politique, et en même temps de ramener des plus vieux qui avait perdu la foi, dont je faisais presque parti. Il a été le premier chef indépendantiste à tenir un discours fondé sur l'économie, même Parizeau n'avait su le faire, bien qu'économiste comme Aussant, laissant ce créneau aux fédéralistes, qui ne s'en privaient pas! Mais Aussant avait aussi des défauts, comme tout le monde.

      Principalement celui de détester être contredit... même dans ces idées les plus farfelues. Lors d'une activité en région dans un resto très local, nous discutions aux tables, et il s'est mis à faire le tour. Arrivé à la nôtre il affirme, croyez le ou non, que ça serait une bonne chose pour l'indépendance que le Parti libéral soit réélu! J'ai répliqué qu'à mon avis si cela se produisait le Québec tomberait en dépression. Deux personnes se sont vivement ralliés à mon opinion, et il s'est donc ravisé. Plus tard, je lui ai écrit, nous étions invités à le faire: je n'étais pas d'accord avec son idée de porter le carré rouge à l'assemblée nationale: premièrement, les deux autres partis le portaient déjà, ça n'avait rien d'original, secundo, Aussant était déjà le seul à faire clairement la promotion de la gratuité scolaire, affichant la liste des pays l'ayant adoptée, et tertio, quelqu'un qui aspire à être chef d'état ne doit pas, selon moi, prendre parti pour les uns ou les autres, mais défendre ses politiques. Les jeunes suivaient déjà Aussant, et il aurait oluttôt dû chercher à conquérir les plus âgés (entre autres l'électorat majoritaire du P. q.) que cet épisode un peu violent de la compagne dérangeait.

      C'est ainsi que nos intentions de vote on chuté.

      À suivre...

    • Danielle Caron - Inscrite 1 mars 2014 10 h 25

      C'est ça, l'indépendance à n'importe quel prix. Au prix de la préservation de l'environnement, entre autres. Madame Marois a fièrement démontré, au cours des derniers mois, qu'elle ne tiendra compte d'aucune conclusion de rapports sur le sujet (aussi claires soient-elles) qui mette des bois dans les roues à son projet d'indépendance.
      Je trouve très inquiétant l'idée que le Québec devienne un pays à l'image du Canada actuel.

    • Richard Lépine - Abonné 1 mars 2014 14 h 51

      C'est cela... et se faire passer à la moulinette Marois comme le dit SPQ libre. Autres temps même moeurs: autre fois on disait "hors de l'Église point de salut". L'Église est partie mais les réflexes excommunicatoires sont restés, au PQ.

  • Pierre-Alain Cotnoir - Abonné 28 février 2014 18 h 22

    La somme est toujours nulle...

    0 + 0 = 0

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 28 février 2014 18 h 54

    30,000 voix?

    Avec le Parti québécois en plus, les 30,000 voix seront certainement là! Combien coûteront les timbres?(!)

  • Cyril Dionne - Abonné 28 février 2014 19 h 09

    Ridicule

    Ces deux parties divisent déjà le vote souverainiste. J'ai l'impression qu'ils sentent la fin approchée pour leur rêve chimérique de former le "parti souverainiste".

    • Michel Thériault - Abonné 1 mars 2014 08 h 12

      Vous dites : "Ces deux parties divisent déjà le vote souverainiste". M. Dionne, je comprends très bien ce que vous voulez dire, mais pour moi, la division des votes n'existe tout simplement pas dans un système démocratique. Finalement, et si c'était plutôt le PQ qui divisait le vote souverainiste ?

    • Mario K Lepage - Inscrit 1 mars 2014 09 h 53

      Ironiquement c'est le PQ qui a divisé le vote souverainiste en agissant depuis des années comme les Libéraux.... Ce parti n'est plus l'ombre de lui-même et a lamentablement échoué lors du dernier référendum! Mieux vaut mourir debout, qu'à genoux.

  • Colette Pagé - Inscrite 28 février 2014 19 h 07

    Le fractionnement des votes : attention, danger !

    Le fractionnement des votes souverainistes pourrait avoir comme conséquence d'empêcher le Psrti québécois de former un gouvernement majoritaire voire à se retrouver dans l'Opposition. Et tout celà le plus souvent qu'autrement pour des batailles d'ego incapables de placer la nation au-dessus des intérêts partisans.

    Option nationale n'aurait-il pas intérêts à faire la promotion de l'Indépendance à l'intérieur du PQ au lieu de ne jamais faire le plein d'électeurs. Une capacité de nuisance orientée dans la mauvaise direction favorisant à terme le Parti libéral.

    • Roland Berger - Inscrit 28 février 2014 22 h 31

      L'affinité d'ON avec QS est plus grande qu'avec PQ.

    • Raymond Turgeon - Inscrit 1 mars 2014 08 h 48

      La bataille d'ego a eu lieu aux dernières élections alors que l'impératrice du PQ a clairement fait voir à QS et ON qu'elle préférait ne pas bénéficier de leur capital qui aurait enrichi ce parti au verni abimé.
      De plus elle a invité certains dissidants de grande valeur à se rallier au PQ, mais seulement s'il abandonnaient les principes qui auraient justement redoré la parure de ce parti.
      Je préfère subir la conséquence de la division des votes. Je n'ai que faire d'un gouvernement fermé et suffisant qui ressemble de plus en plus au libéraux. Belle vision pour le Québec!

      Raymond Turgeon

    • Jacques Moreau - Inscrit 1 mars 2014 10 h 50

      Je me souviens que le fractionnement des votes ait bien servie le Parti Québecois de René Levesque. Le partie Libéral et l'Union Nationale en 1976 avaient fractionné le vote fédéraliste. René Levesque l'avait bien vue, quand il rappellait à ses adjoint, <<quand j'attent en ligne, un autobus, 3 sur 5 dans cette ligne d'attente ont voté pour notre opposition>>. Les gens qui font parti de Québec solidaire ou Option nationale pourraient aussi causer les départ de certain vote du PQ vers un autre parti.