Sans concessions de la part des médecins, Réjean Hébert évoque une réduction des services en santé

Québec — Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Réjean Hébert, a reconnu mercredi que, sans l’étalement de la hausse de la rémunération des médecins, les services dans le réseau de la santé devront être réduits.

 

Dans le dernier budget Marceau, la croissance des dépenses en santé a été limitée à 3 %, ou 976 millions, alors que 540 millions de cette somme seront consacrés à l’augmentation de la rémunération des médecins en vertu d’ententes signées par le gouvernement précédent. « Si on est capable d’étaler cette augmentation, ça va donner l’oxygène nécessaire pour qu’on puisse maintenir les services », a affirmé Réjean Hébert avant le Conseil des ministres. Sinon, le gouvernement aura à prendre des « décisions difficiles », a-t-il évoqué.

 

Bon espoir

 

En prévision du budget de novembre 2012, Réjean Hébert avait tenté sans succès de négocier avec les fédérations de médecins l’étalement des hausses promises — soit un peu plus de 1 milliard pour les deux prochaines années. « J’ai bon espoir qu’on va réussir à s’entendre avec les médecins. C’est dans l’intérêt des médecins qu’on ait un système [de santé] qui continue à être productif et efficace », a-t-il fait valoir.

 

Le porte-parole libéral en matière de santé, Yves Bolduc, a prédit une « crise » dans le réseau de la santé sans une croissance de 5 % des dépenses, un écart de 600 millions par rapport à la croissance annoncée de 3 %. L’ancien ministre libéral de la Santé s’attend à une augmentation des délais d’attente, à une réduction du personnel et à un rationnement des médicaments.

 

Yves Bolduc a défendu l’augmentation de la rémunération accordée depuis 2008 aux médecins, émoluments qui ont fait un bond de 67 %. « Au Québec, les médecins étaient les moins payés de tout le Canada, ce qui nous amenait des problèmes de pénurie », a-t-il soutenu. Le député a ajouté que le nombre de médecins avait augmenté, ce qui explique une partie de la hausse.

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Infirmières: la pénurie dure malgré la hausse d’effectifs

Le nombre d’infirmières en exercice au Québec augmente de manière constante, mais la pénurie demeure bien réelle.

Les données rendues publiques mercredi par l’Ordre des infirmiers et infirmières du Québec (OIIQ) démontrent que le nombre d’infirmières a augmenté de 8,3 % au cours des dix dernières années, passant de près de 62 800 à près de 68 000. Cependant, le nombre de celles qui exercent dans le réseau public de la santé et des services sociaux s’est maintenu autour de 55 000 durant la même période, avec une légère augmentation, soit 56 000, durant les deux dernières années, alors que l’utilisation des services de santé était en hausse constante. Conséquemment, le nombre d’heures supplémentaires effectuées par les infirmières, le baromètre de la pénurie en quelque sorte, a augmenté, passant de 3,9 % du total des heures travaillées à 5,5 %. Selon l’OIIQ, il faudrait entre 3000 et 4000 infirmières additionnelles pour combler la pénurie dans le réseau public.


La Presse canadienne

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2 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 27 février 2014 06 h 20

    Infirmières

    La question devient : Où sont-elles et que font-elles ces belles infirmières formées dans nos écoles à nos frais ? Travaillent-elles pour ces généreux médecins qui se transforment en compagnies pour payer moins d'impôts ?

    Ah, le support des choyés de la société m'impressionnera toujours !

    Continuez à donner des droits sans responsabilité, c'est très édifiant !

    PL

  • Jocelyne Dumont - Inscrite 28 février 2014 05 h 18

    le P.Q. et la santé des citoyens

    de tous les temps,le P.Q. a toujours coupé dans les dépenses essentielles du réseau de la santé, un service essentiel àla population. dans quoi couperont-ils donc? le réseau de la santé craque déjà de partout etles mauvais traitements s'accuulent. le seul endroit où il y a de quoi coper, car cela ne met lavie de personne en danger et les coûts reliés , faramineux et exponentiels, c'est das la fécondation in vitro. ce servce ne devrait pas être gratuit. les coûts sont exponentiels et explosent chaque année. on ne coupera quand même pas dans les chirurgies...et éjà, il manqe de spécialistes pour soigne nos maladies. tous les ministres de la santé Péquises ont saccagé nte réseau de la santé. rappelez-vous M. Rochon. puis, on ne peut absolment pas couper dans les services essentiels... puis, nos infrastuctures menacent de s'écrouler. dns l budget Péquist, il n'y a pas unsou pour les infrastructures , tels ponts et viaducs qui craquent et menacent la vie des citoyens et citoyennes. adame Marois n'en a que pour ses promesse électorales et est en rain de tout dilapider l'argent publicàlacause péquiste.