Le gouvernement est prêt à négocier un pacte avec les villes

La Société de transport (STM) doit réduire le service d’autobus à cause d’un manque à gagner de 20 millions cette année.
Photo: Michaël Monnier - Le Devoir La Société de transport (STM) doit réduire le service d’autobus à cause d’un manque à gagner de 20 millions cette année.

Les villes du Québec, assoiffées de revenus pour faire rouler leurs autobus et payer leurs employés, doivent s’armer de patience. Loin de livrer la petite révolution fiscale attendue, le gouvernement Marois renouvelle son intention de négocier une entente de financement avec les municipalités.

 

Le budget du ministre Nicolas Marceau reporte aussi les grandes décisions relatives au financement des transports en commun, notamment à Montréal, où la Société de transport (STM) doit réduire le service d’autobus à cause d’un manque à gagner de 20 millions cette année.

 

À la veille du déclenchement probable des élections, le budget ouvre tout de même la porte à un financement accru de la voirie municipale et des transports collectifs. La diversification des sources de revenus est aussi au menu des discussions entre le gouvernement et les municipalités.

 

« Il reste des choses à attacher pour parvenir à une entente, mais on signale clairement notre positionnement », a indiqué au Devoir Sylvain Gaudreault, le ministre des Affaires municipales, en marge du budget déposé jeudi. Pour lui, le gouvernement affiche une volonté évidente de signer un accord avec les municipalités, malgré l’absence d’engagements financiers dans le budget.

 

Pour le moment, la pile de documents déposée par le ministre Marceau ne comporte pas une ligne sur la Stratégie nationale de mobilité durable, annoncée il y a deux semaines. Cette initiative vise à injecter dans les transports en commun des sommes qui avaient été prévues pour l’aménagement de routes. Le financement de cette stratégie reste à établir, reconnaît le ministre Gaudreault, responsable du projet.

 

Le budget accorde 25 millions de façon récurrente à la Ville de Montréal « afin de contribuer à la livraison des services spécifiques découlant de son rôle de métropole », et un autre 25 millions pour le projet d’expansion du musée de Pointe-à-Callière. La Ville de Québec obtient, de son côté, un engagement de 63,5 millions pour réaménager le site Dalhousie, le long du fleuve, et pour construire un anneau de glace couvert.

 

Coderre satisfait

 

Le maire Denis Coderre s’est montré plutôt satisfait du budget de Nicolas Marceau. S’il admet que le budget ne règle pas le financement des transports en commun, il estime que « c’est un budget qui met la table » : « c’est un cadre financier en vue d’une prochaine campagne électorale. »

 

D’emblée, il a salué le fait que Montréal ait pu récupérer la totalité des 25 millions accordés à la Ville depuis 2008 pour son statut de métropole. L’an dernier, a-t-il rappelé, 7,2 millions avaient été retranchés de cette enveloppe.

 

La part de 37 % des fonds 90 milliards destinés aux infrastructures pour les 10 prochaines années est une bonne nouvelle, selon Deniss Coderre. « On ne se contentera pas de ça, mais c’est une bonne base de négociations, a-t-il soutenu. Mais je dirais qu’il y a une tendance vers le respect du poids réel de la métropole. »

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