Soins de fin de vie: les libéraux refusent de donner priorité au projet de loi

Québec — Le Parti libéral du Québec s’est refusé mardi à renvoyer à plus tard un débat sur le plan stratégique de Télé-Québec, ce qui aurait permis aux élus de se pencher plus tôt sur le projet de loi sur les soins de fin de vie.

 

« Cette façon de faire n’est pas à la hauteur de leurs responsabilités », n’a pas manqué de dénoncer le leader du gouvernement, Stéphane Bédard, à sa sortie du Salon bleu en milieu d’après-midi.

 

L’opposition officielle a brandi « le règlement » afin de justifier son refus de consentir à la demande du gouvernement. « Ce rapport sur Télé-Québec devait être traité en vertu du règlement. Nous, on respecte le règlement », a indiqué l’attaché de presse de l’aile parlementaire libérale Charles Robert.

 

La proposition du gouvernement de reporter le débat sur Télé-Québec s’inscrivait dans un « ensemble de demandes » consistant à « réduire le temps d’intervention des députés » sur le projet de loi 52, a fait valoir le chef du PLQ, Philippe Couillard. « Le gouvernement, malheureusement, est en train d’essayer de passer à la vapeur le projet de loi 52 », a-t-il déploré.

 

Prolongation refusée

 

S’affairant à « trouver toutes les occasions » afin de gagner du temps, le leader du gouvernement a aussi suggéré la prolongation des travaux parlementaires mardi et mercredi soir. Mais le vice-président de l’Assemblée nationale, François Ouimet, a mis fin aux travaux à 21 h 30 précises, comme prévu, après que trois députés libéraux aient eu le temps de partager leurs réflexions sur le projet de loi 52 — sur les 38 désirant le faire.

 

Après plus de quatre ans de débat sur l’aide médicale à mourir, M. Bédard, « ne peu[t] pas croire que quelqu’un n’a pas eu l’occasion de dire ce qu’il avait à dire là-dessus ». Il a dit souhaiter que les députés libéraux « reviennent à de bons sentiments » en permettant l’adoption du projet de loi sur les soins de fin de vie avant le dépôt du budget, jeudi à 16 h.

 

Le député de Chicoutimi a proposé à « deux ou quatre » députés du PLQ de prendre la parole à l’occasion de la prise en considération du rapport de la commission parlementaire — qui a étudié pendant plus de 60 heures le projet de loi —, puis « 20 ou 25 » autres tout juste avant l’adoption finale. « Puis, on va être corrects », a dit M. Bédard, plongé dans une course contre la montre. « On nous annonce entre 30 et 40 intervenants. Je pense qu’il y a là une façon malheureusement de vouloir retarder l’adoption du projet de loi. »

 

Mais M. Couillard se refusait mardi à l’idée d’empêcher un député libéral d’exprimer les raisons de son approbation ou de sa désapprobation au projet de loi 52. « D’ailleurs, je vais probablement le faire moi-même », a-t-il dit.

 

Le gouvernement pourra en revanche compter sur l’appui de la Coalition avenir Québec afin d’adopter le projet de législation d’ici à la relâche parlementaire. « Nous allons nous assurer qu’il soit voté le plus rapidement possible », a dit le chef du deuxième groupe d’opposition, François Legault.

 

À l’instar de quelques caquistes, quelques péquistes prendront la parole avant le vote final, a fait remarquer Stéphane Bédard. « Il va y en avoir, mais de façon à éviter que le débat se prolonge. »

 

Le refus du PLQ d’accélérer le pas traduit un « malaise interne » au caucus libéral, selon M. Bédard. Libérés de la discipline de parti, plusieurs libéraux seraient embêtés de trancher sur l’ajout de l’aide médicale à mourir dans l’offre de soins de fin de vie, alors que la rumeur de campagne électorale enfle.

 

La ministre déléguée aux Services sociaux, Véronique Hivon, s’est dite « très confiante » de voir le projet de loi adopté au cours de la semaine, dans l’esprit de non-partisanerie prévalant depuis plus quatre ans. « On a toujours eu une magnifique collaboration […] à chaque étape malgré le climat difficile au Salon bleu. […] On va être à la hauteur des espoirs mis en nous par la population. »

***


Le v.g. déposera son rapport

Les contribuables auront un meilleur aperçu de la situation des finances publiques du Québec ce mercredi. Le vérificateur général (v.g.) par intérim, Michel Samson, a accepté de se rendre à la demande de la première ministre Pauline Marois, qui l’exhortait lundi à devancer la publication de son rapport, pour éviter qu’il soit divulgué jeudi, soit en même temps que le budget 2014-2015 du ministre des Finances, Nicolas Marceau. Dans son rapport, qui portera sur l’année budgétaire 2013-2014, le vérificateur général se prononcera sur la justesse des données fournies par le ministre des Finances, en novembre dernier, dans sa mise à jour financière et économique.


La Presse canadienne

2 commentaires
  • Pierre Lefebvre - Inscrit 19 février 2014 06 h 19

    Deuxième

    Ils ont une deuxième chance aujourd'hui, ça a l'air que le ministre ouvre la porte encore une fois pour en parler. Vont-ils y aller, vont-ils refuser ? Le suspense me gruge.

    Vont-ils accepter que Mme Marois retarde les élections afin de boucler les dossiers ?

    Vont-ils sauter à pieds joints sur le budget qu'ils ne prendront même pas le temps de lire avant d'y répondre ?

    Les journalistes vont-ils couvrir à plusieurs les réponses libérales divergentes ?

    Legault va-t'il répondre aux journalistes assis dans son autobus ?

    Et le clou de la soirée serait que Mme Marois réponde : «Quelles élections ?»

    Savez-vous... ça commence à être aussi excitant qu'une partie de hockey éliminatoire !

    Je pense que je vais enregistrer les Olympiques et ne regarder que les nouvelles. C'est le fun la politique !

    PL

    • Louka Paradis - Inscrit 19 février 2014 21 h 39

      Vraiment honteux ! Le PLQ se discrédite encore plus aux yeux de tous ceux qui ont de la compassion pour les personnes qui souffrent et pour leur famille.

      Les libéraux et les caquistes se cachent derrière le paravent des règlements, oubliant que c'est l'esprit des lois qui est important, et non la lettre.
      Décidément, un séjour prolongé dans l'opposition leur fera le plus grand bien : et aux Québécois aussi.