Houda-Pepin accuse Couillard de duplicité

La députée indépendante de La Pinière, Fatima Houda-Pepin, a présenté son propre projet de loi sur la neutralité religieuse mercredi. Au cours d’un point de presse émotif, elle a mené une charge contre son ancien parti, le Parti libéral du Québec.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot La députée indépendante de La Pinière, Fatima Houda-Pepin, a présenté son propre projet de loi sur la neutralité religieuse mercredi. Au cours d’un point de presse émotif, elle a mené une charge contre son ancien parti, le Parti libéral du Québec.

La députée indépendante Fatima Houda-Pepin a tiré à boulets rouges sur son ancien chef, Philippe Couillard, qu’elle accuse de duplicité.

 

« On m’a menti », a clamé la députée de La Pinière qui présentait mercredi son projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État et la lutte contre l’intégrisme. « Le problème avec M. Couillard, c’est qu’il vous dit blanc aujourd’hui et il vous dit noir demain. Et, pour lui, c’est normal. »

 

« J’ai vécu des moments assez difficiles », a affirmé dans son point de presse Fatima Houda-Pepin, la voix brisée par les larmes. « Je n’ai jamais pensé que je pourrais être traitée de la sorte au Parti libéral du Québec », a ajouté la députée qui a été exclue du caucus libéral le 20 janvier dernier.

 

La députée a relaté que Jean-Louis Dufresne, le directeur de cabinet de Philippe Couillard, lui avait enjoint « avec force et une voix extrêmement haute » de prêter main-forte au porte-parole libéral en matière de laïcité, Marc Tanguay, afin de donner la réplique au ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville. « Il me dit : “ Regarde, ton collègue Marc Tanguay n’est pas capable de lui faire face  », a-t-elle raconté. Et pourquoi ? « Parce que vous l’avez envoyé à la guerre sans les outils, sans les armes. Il n’a jamais été préparé, cet homme-là, pour faire face à toutes les demandes, à toutes les subtilités de ce débat parce qu’au Parti libéral, on a fait l’économie de ce débat. »

 

Quelques heures plus tôt, Fatima Houda-Pepin avait déposé à l’Assemblée nationale le projet de loi 491 « sur la neutralité religieuse de l’État et la lutte contre l’intégrisme religieux et modifiant la Charte des droits et libertés de la personne et la Loi sur le ministère du Conseil exécutif ». Le leader parlementaire du gouvernement, Stéphane Bédard, a voulu embarrasser les libéraux en demandant un vote nominal sur le dépôt du projet de loi, une formalité. Les élus libéraux, y compris leur chef qui avait refusé que le projet de loi soit présenté au caucus libéral, n’ont pu que voter pour ce dépôt. C’était d’ailleurs le premier vote auquel participait Philippe Couillard en tant que chef de parti.

 

Projet de loi

 

Fatima Houda-Pepin a plaidé pour que tous les partis s’unissent pour trouver un consensus sur la question, bien qu’elle considère que tant le Parti québécois que le Parti libéral du Québec « se sont barricadés dans des positions électoralistes à courte vue ». Elle a rencontré mercredi le caucus de la Coalition avenir Québec et fera de même avec Québec solidaire jeudi et avec le PQ la semaine prochaine.

 

Sur le port des signes religieux ostentatoires, le projet de loi reprend une position identique à celle de QS : une interdiction ne visant que les agents de l’État « en autorité contraignante », notamment les juges, les policiers et les agents correctionnels. Le port de tchador, du niqab ou de la burka serait interdit pour tous les employés de l’État.

 

Le projet de loi interdit à quiconque d’invoquer une conviction religieuse pour contester un programme scolaire ou pour retirer son enfant de l’école. Personne ne pourrait invoquer sa croyance religieuse pour recevoir d’une certaine manière un service de l’État, notamment quant au sexe de l’employé.

 

Le projet de loi modifie la Charte des droits et libertés de la personne pour affirmer que l’État est neutre et que toute personne a droit à la neutralité religieuse de l’État.

 

En matière d’intégrisme, le projet de loi réitère l’interdiction visant la polygamie, les mariages de mineures sans leur consentement ainsi que l’excision.

 

En outre, le projet de loi définit l’extrémisme comme une idéologie politique qui tend à imposer une interprétation radicale des religions. Il crée un centre de « recherche-action », placé sous la responsabilité du premier ministre, afin de documenter les manifestations concrètes d’intégrisme religieux.

43 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 13 février 2014 02 h 57

    Fatima et les intégristes...


    La lutte à l'intégrisme à pour objectif larvé de faire dévier le débat et ainsi protéger les acquis religieux.

    J'éprouve donc un certain problème, pour ne pas dire un problème certain avec Houda-Pepin, grande croyante respectueuse de toutes les religions..

    À mon avis, elle tente de faire dévier le débat et d'affaiblir la lutte pour la laïcité en pointant surtout «l'intégrisme».

    Conclusion implicite suggérée ?

    Ce ne sont pas les religions qui font problèmes, ce sont «les intégristes» et il faudrait donc laisser les autres, «les bons» religieux tranquilles, pour ne pas carrément dire, la situation dans sont état actuel.

    - Interdisons les signes religieux aux juges, aux policiers et aux gardiens de prisons.. Et le tour sera joué !

    Désolé.. Cette position typiquement libérale, canadienne, pro-religieuse, et multiculturaliste ne m'intéresse pas.

    Christian Montmarquette

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 13 février 2014 06 h 56

      "J'éprouve donc un certain problème, pour ne pas dire un problème certain avec Houda-Pepin, grande croyante respectueuse de toutes les religions.."

      On pourrait croire que vous parlez de Mme Marois... N'est-ce pas elle qui affirmait dans les pages du Devoir, avant son élection, que le sapin de Noël faisait partie de notre patrimoine et qui, indirectement, est à l'origine des ECR (éthique culture et religions) un programme qui est tout sauf critique envers les religions, mettant le Québec laïc à cran, alors qu'ellle était ministre de l'éducation?

      Maintenant, elle se prétend athée!!! Une vraie bouillabaisse politique.

    • Marc Provencher - Inscrit 13 février 2014 07 h 38

      @ C. Montmarquette

      Oui, je crois qu'elle se trompe dans sa manière d'amener la chose, même si elle a bien raison de dire que PQ et PLQ sont braqués sur des positions électoralistes (et grotesques, car l'une comme l'autre refusent la laïcité en gardant un crucifix en plein Parlement).

      Outre que son projet est muet sur l'enceinte parlementaire - où selon moi il ne saurait y avoir de signes religieux ni sur les murs ni sur les têtes - mme Houda-Pepin s'embarque sur un lit de Procuste avec la notion d'intégrisme, qui peut donner naissance à d'interminables casse-tête sémantiques.

      Il aurait mieux valu s'en tenir aux rapports entre les cultes et l'État - selon le principe "Des Églises libres dans un État libre" - un principe régulateur qui est par définition adverse aux intégrismes de tout acabit, chacun ayant à mettre de l'eau dans son vin.

      Cela dit, je crois que M. Montmaquette se fait lui aussi une conception un peu étrange de la laïcité, qu'il semble prendre pour un combat contre les religions:

      «Conclusion implicite suggérée? Ce ne sont pas les religions qui font problème, ce sont «les intégristes».»

      Cette position selon laquelle "les religions font problème" donne de l'eau au moulin à tous ceux qui veulent faire passer la laïcité pour antireligieuse. La laïcité ne sert pas à combattre les religions, seulement à bien démarquer la vie politique de la vie spirituelle. Le principe de Cavour "Une Église libre dans un État libre" protège autant les Églises que l'État. Il protège les cultes contre la politisation du religieux, qui dégrade la foi en militantisme identitaire; il protège l'État contre la spiritualisation du politique, qui l'exalte et l'exacerbe indûment.

      Seule la neutralité laïque dans la sphère restreinte de l'État peut à terme assurer la concorde entre les différentes formes que prend la vie spirituelle des citoyens dans la vaste sphère de la vie sociale.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 février 2014 08 h 48


      Merci pour vos interventions pertinentes.

      Mais reconnaissons que si Madame sait comment s'attirer l'attention des médias, nous venons d'être témoins de beaucoup de boucane pour peu de feu à mon avis, puisque Fatima Houda-Pepin tient d'abord et avant tout une position clairement et classiquement libérale qui protège les acquis religieux de sa base électorale.

      En effet.. Qui donc pourrait être en faveur de l'intégrisme religieux au Québec, mis à part les intégristes eux-mêmes?

      Houda-Pepin a peut-être ses allures de grande militante, mais en réalité, elle frappe dans le vide. Elle ne parait avoir du relief uniquement parce que Philippe Couillard est complètement nul.

      Christian Montmarquette

    • Danielle - Inscrit 13 février 2014 09 h 29

      Vous avez raison M. Montmarquette, la religion fait grandement partie du problème et l'intégrisme en est la représentation.

    • Gilles Théberge - Abonné 13 février 2014 09 h 47

      L'intégrisme religieux, c'est à travers le canal des religions qu'il circule, comme le sang dans les veines.

      C'est pourquoi je pense que ce sont les religions qu'il faut museler et ne pas leur donner un pouce de corde, elles en prendront un pied et ça finira comme partout, comme c'était ici.

      À force d'hésiter l'âne de Buridan en est mort, et de faim et de soif. La Charte doit s'appliquer parce que c'est elle qui trace les sillons de l'avenir.

    • Marc Provencher - Inscrit 13 février 2014 09 h 58

      @ C. Montmarquette: «Une position clairement et classiquement libérale.»

      Que voulez-vous, citoyen Montmarquette, la neutralité laïque de l'État est par excellence un fleuron de la pensée libérale.

      Car libéral était le grand Mazzini qui proclama le principe immortel «l'Égalité de Tous les Cultes»! Car libéral était le grand Cavour qui énonça le principe (immortel itou) «Une Église libre dans un État libre»! Car libéral était le légendaire Garibaldi - le Héros des Deux Mondes - qui à la tête de ses Mille, combattit (entre autres) les forces pontificales patibulaires!

      Grrrrrrrrrande fut la gloire du Risorgimento, nouvelle aurore de la liberté! L'Italie libérale, une monarchie constitutionnelle, instaura la laïcité de l'État en 1860, près d'un demi-siècle avant la France républicaine de 1905.

      Il est d'ailleurs à noter que des Québécois combattirent d'un côté et de l'autre des Guerres du Risorgimento. Certains s'enrôlèrent dans les Zouaves pontificaux pour défendre les territoires du Pape contre la démocratie et la liberté; en revanche, le fameux Arthur Buies se joignit aux Chemises rouges sous le commandement de Garibaldi, et prit part à l'Expédition des Mille.

      Le PLQ, en refusant d'opposer, au mur-à-mur intégral du PQ, autre chose qu'une position "bondieuserie über alles", mais tout en voulant, comme le PQ, maintenir le crucifix de 1936 en pleine enceinte parlementaire, ce qui est un refus flagrand du principe de laïcité - le PLQ, dis-je, a pris le parti des Zouaves contre celui d'Arthur Buies.

      Il est donc heureux que la députée ex-libérale Fatima Houda-Pepin "sauve l'honneur" en déposant un projet de loi, auquel je trouve à redire mais qui a le mérite de nous rappeler qu'entre le projet du PQ et le non-projet du PLQ, il y a place pour une véritable Charte de la laïcité - et non la soi-disant "Charte des valeurs", qui est une contrefaçon identitaire du principe de laïcité - neutralité et identité étant bien entendu des contraires.

    • Roland Berger - Inscrit 13 février 2014 10 h 27

      Oui, Madame Houda-Pépin laisse entendre qu'à l'exception des fanatiques, les religions ont du bon. Or, l'essence même de toute religion est le prosélytisme. Tout croyant a le devoir de convertir les infidèles, tous les infidèles, par tous les moyens possibles. Les musulmans qui obligent leurs épouses et leurs filles à porter des vêtements dits culturels mais fondamentalement religieux accomplissent leur devoir, mais ont la partie facile.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 février 2014 10 h 43

      À Marc Provencher,

      Quand je disais «clairement et classiquement libérale.»

      Je pensais au Parti libéral du Québec, et non à la pensée libérale dans l'histoire du monde.. Mais le «mur à mur» comme vous dites, a tout de même le mérite d'instituer un minimum d'équité et de cohérence dans tout le bordel des signes religieux.

      En quoi un policier ou un procureur de la couronne détient-il plus de pouvoir coercitif qu'un agent d'aide sociale ou un fonctionnaire du fisc?

      Tous sont dotés de pouvoirs fortement contraignants sur les citoyens qu'ils desservent.

      Christian Montmarquette

    • André Martin - Inscrit 13 février 2014 11 h 41

      Pourquoi faire simple lorsqu'on peut faire compliqué: de part son caractère arbitraire, rassembleur à la fois mais sources infinies d'éternels conflits, pourquoi ne pas confiner les religions, les pratiques et attributs promotionnels, aux lieux de culte et au domaine privé de la personne?

      Trop simple, sans doute (surtout pour les vendeurs du temple)...

    • Jean-Luc St-Pierre - Inscrit 13 février 2014 12 h 03

      L'intégrisme de M.Montmarquette et de ses disciples-lecteurs... Les religions c'est le mal, et aucune nuance possible! On prend soin de mettre les "bons" religieux entre guillemets, et évidemment on ridiculise leurs croyances primitives. Je suis moi-même athée, mais ceux qui veulent faire de l'athéisme la nouvelle doctrine absolue ne me plaisent pas plus que les prédicateurs religieux. Un fanatisme pour un autre, non merci!

      J'espère que d'ici quelques années, messieurs-dames les commentateurs-trices de ce journal auront l'occasion de relire toutes leurs énormités énoncées comme des vérités incontournables et de réaliser à quel point leur attitude est identique à ce qu'ils dénoncent avec autant de ferveur.

      De grâce, ayez au moins la décence de réaliser que votre vision des choses est une interprétation. Assumez votre incompréhension du sentiment religieux et forcez vous à côtoyer des croyants, musulmans ou autres, au lieu de nous abreuver de votre savoir qui n'en est pas un.

  • Carole Jean - Inscrite 13 février 2014 04 h 17

    Pas de demi principes et pas de demi-mesures


    C’est bien de définir l’intégrisme religieux « comme une idéologie politique qui tend à imposer une interprétation radicale des religions » et qui représente une menace à plusieurs de nos libertés. Ne pas voir là une menace relève de l’inconscience. Saluons aussi la lucidité et le courage d’une femme en politique qui fait honneur à la profession de député.

    Cependant, contrairement à ce que pense Madame la députée Fatima-Houda Pepin, et en tout respect, la charte de la laïcité du gouvernement Québécois ne va trop loin. Elle est juste à point et elle est à la mesure du problème.

    En effet, ce ne sont point seulement « les juges, les policiers et les agents correctionnels » qui représentent l’autorité de l’État face aux usagers des services publics. En effet, quand un citoyen fait face à une préposée à l’assistance sociale, ou à tout autre fonctionnaire en exercice, il est en position de vulnérabilité et est donc à la merci de cet employé public.

    Par conséquent, on ne peut pas se satisfaire d’un demi principe de laïcité et de neutralité de l’État sur le plan religieux et d’un demi principe de l’égalité entre les femmes et les hommes. Ou bien on les accepte et on les applique, ou bien on ne les accepte pas et on ne les applique pas.

    On ne peut pas non plus être en faveur d’un demi principe concernant l’intégrité des personnes et s’opposer à demi aux pratiques barbares de l’excision et des mutilations génitales féminines, de la polygamie, et des mariages forcés de jeunes filles en bas âge. On est pour, ou on est contre.

    En d’autres termes, on ne peut se placer entre deux chaises concernant les principes fondamentaux et se contenter de demi-mesures. Ou bien le Québec va s’accroupir ou bien il va se tenir debout. Il n’y a pas de demie position.

    Laissons aux Couillard et aux autres thuriféraires du statu quo et à ceux et celles qui ne comprennent pas « toutes les subtilités du débat » les acrobaties et les compromissions politiques.

    • Guy Vanier - Inscrit 13 février 2014 07 h 04

      Pas de demi mesures ça c'est certain. La laïcité dans l'état est non négociable. Les religions ont de tout les temps ont créés les pires conflits mondiaux.....

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 13 février 2014 07 h 53

      Vous écrivez "la charte de la laïcité du gouvernement Québécois ne va trop loin. Elle est juste à point et elle est à la mesure du problème."

      Mais de quel problème parlez vous? Mme Houda-Pépin parle de l'intégrisme, or dans la pseudo charte de la laïcité, précédamment nommée charte des valeurs québécoises, il n'y a absolument rien pour contrer l'intégrisme. En ce qui concerne l'égalité homme femme, celle ci, au Québec comme un peu partout, n'est acquise qu'en partie: le revenu des femmes au Canada est de 68% de celui des hommes, dans le domaine de la construction, elle sont pour la plus part écartées au départ, ou alors ridiculisées ou intimidées par la suite, et j'en passe, et j'en passe.

      Vous dites aussi que le citoyen qui se présente devant un employé de l'état est à la merci de celui ci parce que vulnérable. Ça veut dire quoi au juste? Le médecin qu porte la kipa, ou l'infirmière le foulard islamique, vont mettre sa vie en danger, ou le convertir? On n'a, dans l'histoire du monde aucun cas d'une personne convertie par un vêtement, ou assassiné par un fonctionnaire portant un vêtement supposément ostentatoire. D'ailleurs acune plainte n'auraient été faite à cet ègard. Mais ce débat est tout croche, à mon avis, parce que basé sur une pensée électoraliste et non de laïcité, ou faite dans le but d'améliorer en quoi que ce soit la société dans laquelle nous vivons.

      Cette partie de la charte n'est basée sur aucune étude, aucune recherche ou statisque, que du n'importe quoi.

    • Christophe De La Durantaye - Inscrit 13 février 2014 08 h 05

      Carole Jean: « En effet, ce ne sont point seulement «les juges, les policiers et les agents correctionnels» qui représentent l’autorité de l’État face aux usagers des services publics. En effet, quand un citoyen fait face à une préposée à l’assistance sociale, ou à tout autre fonctionnaire en exercice, il est en position de vulnérabilité et est donc à la merci de cet employé public. »

      Et que dire des enseignants qui notent devoirs, examens et conduite de nos enfants étudiants (pouvoir de réussite ou échec), et qui peuvent influencer de force leur comportement? SANS EXCEPTION AUCUNE (après une courte période tampon, pas de clause grand-père), aucun signe religieux dans tout endroit où se déroulent des activités d'enseignement/apprentissage, subventionnées en tout ou en partie à même les impôts et taxes, destinées à des personnes d'âge mineur. L'école est une affaire de savoir vérifiable, pas de croyances superstitieuces ('scusez le pléonasme). Comme le disait fermement un participant l'autre jour, chaque chose à sa place (et les poussins seront bien gardés).

      Quant à madame Houda-Pepin, elle a été prévenue mais elle n'a pas écouté. Son choix.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 13 février 2014 08 h 59

      M. Vanier,
      Je suis bien d'accord pour que la laïcité dans l'État soit non-négociable. C'est pour cela qu'en plus d'interdire les signes religieux à tous les fonctionnaires et employé-e-s de l'État, il faudrait aussi enlever le cruxifix et surtout abolir les écoles confessionnelles.

      Par contre, deux des pires conflits qu'a connu notre race et dont nous fêtons cette année le 100e anniversaire et le 75e aniversaire de leur déclenchement n'ont pas été causé par la religion. Mais par la compétition d'intérêts impérialistes européens dans le premier cas et dans le deuxième cas, par la folie du nazisme.

      Sans oublier la guerre froide et ses conflits par pays interposés (Corée, Vietnam, Amérique centrale et Afghanistan).

    • Marc Provencher - Inscrit 13 février 2014 10 h 11

      @ Jean-Sébastien Rozzi: «Par contre, deux des pires conflits qu'a connu notre race et dont nous fêtons cette année le 100e anniversaire et le 75e aniversaire de leur déclenchement n'ont pas été causé par la religion, mais par la compétition d'intérêts impérialistes européens dans le premier cas et dans le deuxième cas, par la folie du nazisme.»

      M. Rozzi, la "folie du nazisme", folie qui prend toutefois sa source dans le monde des idées plutôt que de la psyché, fut l'utlime conséquence de l'application à la diversiité des peuples (faits culturels, lanternes) de la notion zoologique et biologique de "race" (fait naturel, vessie). À cette notion de race appliquée aux peuples, même le cauchemardesque fascisme italien ne croyait pas: «La fierté nationale n'a aucun besoin du délire de la race!», déclare Mussolini en 1932. Alors si même le fasciste italien en chef pensait cela, imaginez les antifascistes italiens! Benedetto Croce: «En tant qu'historien, je constate à quel point fantastiques, arbitraires et improbables sont les théories de la race»

      Donc, quand vous écrivez: "deux des pires conflits qu'a connu notre race...", vous comprendrez que je sois un tantinet perplexe.

    • Guy Vanier - Inscrit 13 février 2014 10 h 30

      <Par contre, deux des pires conflits qu'a connu notre race et dont nous fêtons cette année le 100e anniversaire et le 75e aniversaire de leur déclenchement n'ont pas été causé par la religion. Mais par la compétition d'intérêts impérialistes européens dans le premier cas et dans le deuxième cas, par la folie du nazisme.>

      Vous avez parfaitement raison pour ces deux derniers conflits. Le système capitaliste à sont meilleur....15M de morts dans la première et 60-70M dans la deuxième.
      Comment allons nous nous en sortir cette fois-ci??

    • Carole Jean - Inscrite 13 février 2014 12 h 37


      @ Mme Massicotte

      Les mâles musulmans qui obligent leurs épouses et leurs filles à porter des vêtements dits culturels mais fondamentalement religieux, souvent sous la menace des pire sévices, accomplissent une prescription de prosélytisme religieux.

      L’État démocratique laïque et neutre face aux religions n’a pas à ouvrir ses portes à ce genre de prosélytisme oppressant pour les usagers qui paient pour les services publics.

      Déjà la loi défend aux fonctionnaires la possibilité de faire du prosélytisme politique sur les lieux de travail. Cela n’empêche nullement toute personne de faire de la politique comme l’interdiction des signes religieux ostentatoires n’empêchera aucune personne de pratiquer sa religion ou de point pratiquer de religions.

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 13 février 2014 04 h 48

    Eh ben !

    Alors, nous devons comprendre que derrière les portes close M. Couillard est pas mal plus incisif. Que certains de membres du caucus libéral ne font pas confiance à Marc Tanguay parce qu'il ne connait pas le sujet. Que ce sujet à été «économisé» (ça veux dire quoi économisé à part ne pas en parler ?) dans ce même caucus. Que M. Couillard peut changer son discours du blanc au noir plus souvent qu'il change de chemise (mais ça nous l'avions déjà remarqué). Et que M. Couillard demande à une personne de soutenir une position qu'elle ne partage pas.

    Avons-nous besoin d'ajouter quelque chose ?

    C'est ça la méthode libérale ? Et il veulent revenir au pouvoir ??? - «Over my dead body !»

    PL

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 13 février 2014 10 h 25

      Réponse à M. De La Durantaye

      Vous approuvez les propos de Mme Jean, qui évoque comme argument pour l'interdiction des signes [dits] ostentatoire la vulnérabilité des citoyens et je cite, À LA MERCI de ces fonctionnaires. De tels propos sont fallacieux, et on croirait, à les lire, qu'on vit dans une dictature intégriste.

      Et vous alllez encore plus loin. "Et que dire des enseignants qui notent devoirs, examens et conduite de nos enfants étudiants (pouvoir de réussite ou échec), et qui peuvent influencer de force leur comportement? SANS EXCEPTION AUCUNE. L'exception dont vous parlez est celle de clause grand-Père qui a été évoquée récemment dans ce débat.

      Mais Monsieur De La Durantaye, vous rendez-vous compte que le lien exclusif que vous faites entre des personnes qui portent des signes religieux identifiables et des comportements préjudicaibles qu'ils pourraient avoir relèvent de l'absurde et de la diffamation?

      Point n'est besoin de porter un tel signe ni d'étre croyant pour discriminer, d'ailleurs votre commentaire en est la preuve. On peut discriminer des étudiants (ou d'autres focntionnaires) pour leur comportement, leur apparence, les opinions qu'ils ont, et quoi encore.

      Quand je fréquentais l'école catholique, les deux pires éducatrices que j'ai eu n'étaient pas des religieuses, mais bien laïques, dont une qui m'a gifflé parce que j'avais parlé à une autre élève dans le vestaire: je ne retrouvais plus mon foulard (qui n'avait rien d'islamique, faut bien rire un peu).

      Les croyants qui s'affichent comme tel n'en reste pas moins des êtres humains qui ont les mêmes besoins que vous et moi, dont celui de gagner leur vie et celle de leur famille et à ce titre ne feraient pas de gaffes, comme tout le monde quoi. Prétendre le contraire relève d'une discrimination bien réelle et vicieuse, à mon avis.

  • François Dugal - Inscrit 13 février 2014 07 h 54

    Les valeurs libérales

    Madame Houda-Pépin est franche, courageuse et fidèle à ses principes: elle a quitté le PLQ. Y a-t- il quelqu'un parmi le distingué lectorat du Devoir qui pourrait décrire au citoyen ordinaire ce que sont "les valeurs libérales"?

  • Claude Lalonde - Inscrit 13 février 2014 08 h 07

    Un jour il dit blanc, un jour il dit noir

    Voilà le talon d'Achille de ce chef, il avait déjà été surnommé Philippe-flop par d'autres.
    Mais plus inquiétant encore, Couillard dit que les valeurs libérales sont celles des libertés, alors que la liberté de parole de son ex-députée a été bafouée. Une contradiction parmi d'autres.
    Sans compter qu'on arrive pas à deviner ce qu'il fait en politique, quels sont ces projets pour le peuple québécois...
    Il est surdoué ? Sûrement sur le plan académique, mais pour le reste, on dirait un cancre...