Marchandage d'un poste de ministre - Fatima Houda-Pepin prête à témoigner

Mercredi, Fatima Houda-Pepin déposera son projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État et la lutte contre l’intégrisme religieux.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Mercredi, Fatima Houda-Pepin déposera son projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État et la lutte contre l’intégrisme religieux.

Québec — La députée de La Pinière, Fatima Houda- Pepin, est prête à répéter sous serment en commission parlementaire que Jean-Louis Dufresne, le directeur de cabinet de Philippe Couillard, lui a offert un poste de ministre dans un futur gouvernement libéral si elle se ralliait à la position du parti sur la charte de la laïcité.

 

« Je l’ai dit et je le redirais. Je sais ce que j’ai entendu », a indiqué Fatima Houda-Pepin à quelques journalistes à l’issue de la période de questions, mardi. Pour la convaincre de se conformer à la position du Parti libéral sur le port des signes religieux, Jean-Louis Dufresne l’aurait de surcroît tancée en criant contre elle, avait relaté la députée après son exclusion du caucus libéral à la fin de janvier.

 

Le leader parlementaire du gouvernement, Stéphane Bédard, a présenté, mardi à l’Assemblée nationale, une motion sans préavis pour que la Commission des institutions entende dans les plus brefs délais M. Dufresne et Mme Houda-Pepin afin de « faire toute la lumière » sur la visite du directeur de cabinet au bureau de la députée le 17 janvier et qu’elle « se penche sur les allégations de marchandage qu’aurait effectué M. Dufresne ». Sans surprise, les libéraux n’ont pas consenti à ce que la motion soit débattue.

 

Au cabinet du leader parlementaire, on a signalé que ce n’était que partie remise. « Un député, normalement, doit faire son travail en toute liberté. Il doit être à l’abri de toute pression indue », a fait valoir Stéphane Bédard, qui invoque la Loi sur l’Assemblée nationale.

 

Mercredi, Fatima Houda-Pepin déposera son projet de loi sur la neutralité religieuse de l’État et la lutte contre l’intégrisme religieux. Philippe Couillard avait refusé que ce projet de loi soit présenté au caucus libéral. Pour ce dépôt, la députée a reçu l’appui du PQ et de la Coalition avenir Québec, dont elle rencontrera les caucus. Elle souhaite également en discuter avec Pauline Marois.

10 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 12 février 2014 05 h 46

    PLQ= Héritier du duplessisme

    Le PLQ s'inspire de plus en plus des mesures utilisées en un autre temps que l'on croyait révolu:
    le "Toé, tais-toé"
    le crucifix à l'Assemblée nationale
    le maquignonnage

  • Pierre Labelle - Inscrit 12 février 2014 06 h 54

    La vérité!

    Je souhaite ardemment que toute la lumière soit faite sur ces magouilles de coulisse. Nous avons droit à connaître la vérité avant d'aller voter, d'ailleurs ces paroles ne sont pas de moi mais de ce bon docteur Couillard. Il me semble que c'est ce qu'il a dit à Mme Marois quand il lui a parlé d'un budget à déposer. Comme le passé est dans bien des cas garant du futur, et qu'en matière de magouille le PLQ n'a rien à envier à aucun autre parti, je pense que Philippe a le devoir de nous rassurer et venir nous dire la vérité, mais une seule vérité, pas une nouvelle chaque jour, comme il nous a habitués avec le tchador.

    • Guy Desjardins - Inscrit 12 février 2014 09 h 06

      Si c'est bon un, c'est bon pour l'autre. Ce bon docteur M. Couillard doit dire la vérité sur la magouille du PLQ. Pour être juste envers tous il faudrait que Mme Marois dise elle aussi la vérité pour enlever toute ambiguité sur le "deal" avec la FTQ. Tout ce que le peuple veut savoir c'est justement la vérité d'un bord comme de l'autre et être en connaissance de cause avant d'aller voter. "Il n'y a rien de plus absurque que de chercher sans cesse à se justifier"

  • Christian Montmarquette - Abonné 12 février 2014 08 h 09

    Harcèlement criminel?



    Je ne voudrais pas me retrouver dans la ligne de tir de Fatima Houda-Pepin.

    Jean-Louis Dufresne a crié après elle pour tenter de la forcer à accepter l'offre du Parti libéral, et de nos jours, cela constitue de l’intimidation et du harcèlement criminel si je ne me trompe..

    Christian Montmarquette

    • Sylvain Auclair - Abonné 12 février 2014 08 h 52

      Harcèlement criminel... Je n'irais pas si loin. Je ne pense pas que Mme Houda-Pépin ait vraiment craint pour sa sécurité physique.

      264. Il est interdit, sauf autorisation légitime, d’agir à l’égard d’une personne sachant qu’elle se sent harcelée ou sans se soucier de ce qu’elle se sente harcelée si l’acte en question a pour effet de lui faire raisonnablement craindre — compte tenu du contexte — pour sa sécurité ou celle d’une de ses connaissances.

      (2) Constitue un acte interdit aux termes du paragraphe (1), le fait, selon le cas, de :

      a) suivre cette personne ou une de ses connaissances de façon répétée;

      b) communiquer de façon répétée, même indirectement, avec cette personne ou une de ses connaissances;

      c) cerner ou surveiller sa maison d’habitation ou le lieu où cette personne ou une de ses connaissances réside, travaille, exerce son activité professionnelle ou se trouve;

      d) se comporter d’une manière menaçante à l’égard de cette personne ou d’un membre de sa famille.

    • Christian Montmarquette - Inscrit 12 février 2014 10 h 47


      Merci pour les information M. Auclair.

      J'aurais toutefois une réserve quant à savoir ce qui s'est passé dans la tête de Mme Houda-Pepin aux moments des viciférations de Jean-Louis Dufresne..

      L'autre point est à l'effet qu'il est interdit de faire des pressions indues auprès d'un député...

      «Selon l’article 55 de la Loi constitue une atteinte aux droits de l’Assemblée nationale le fait d’« essayer d’influencer le vote, l’opinion, le jugement ou l’action d’un député par fraude, menace ou par des pressions indues ».- Robert Dutrisac, Le Devoir

      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/399620/le

      .

    • Christian Montmarquette - Inscrit 12 février 2014 10 h 51

      Merci pour les infos M. Auclair.

      J'aurais une réserve quant à savoir ce qui s'est passé dans la tête de Mme Houda-Pepin au moment des vociférations de Jean-Louis Dufresne.

      L'autre point est à l'effet qu'il est interdit de faire des pressions indues sur un député..

      «Selon l’article 55 de la Loi constitue une atteinte aux droits de l’Assemblée nationale le fait d’« essayer d’influencer le vote, l’opinion, le jugement ou l’action d’un député par fraude, menace ou par des pressions indues »- Robert Dutrisac, Le Devoir

      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/399620/le

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    • Loraine King - Abonnée 12 février 2014 12 h 58

      Pareille affaire n'ayant aucune valeur devant les tribunaux, on envisage de se servir de la cour de l'opinion publique, l'Assemblée nationale. S'il y avait matière à poursuite le PQ serait le premier à refuser que l'Assemblée nationale soit saisit de cette affaire : on appelerait la police. Crier n'est pas un crime. Dire à une ancienne ministre qu'en n'appuyant pas la ligne du parti elle se retrouverait hors du cabinet n'est pas un crime non plus, au contraire, puisqu'un ministre qui n'est pas d'accord avec le reste du cabinet doit démissionner, selon la convention de solidarité et de responsabilité colective du gouvernement.

      Je serais beaucoup plus inquiète de pressions indues qu'on pourrait exercer sur les députés si l'Assemblée nationale se dotait d'une loi pour obliger les députés à démissionner s'ils veulent changer de parti. La liberté d'opinion et d'association du député est aussi réelle que celle du simple citoyen. Légalement nous ne votons pas pour un parti, nous votons pour un candidat. Je note d'ailleurs que le PQ ne semble pas pressé de mettre le projet sur la table.

  • François Dugal - Inscrit 12 février 2014 08 h 26

    Ma députée

    Résident du beau comté de La Pinière, je ne peux que féliciter madame Houda-Pépin pour ses convictions, sa franchise et son courage, valeurs qui ne semblent pas faire parti des "valeurs libérales".

  • Colette Pagé - Abonnée 12 février 2014 13 h 09

    Faire de la Politique autrement !

    À l'évidence le Parti libéral ne comprend pas ce que signifie les mots Faire de la Politique Autrement. À preuve l'offre faite à Madame Houda-Pépin pour acheter son silence et l'inciter à rentrer dans le rang mais surtout à se taire alors qu'aucun de ses collèges agissant comme des moutons de Panurge ne sont venus à sa rescousse.
    Adepte de la pensée unique, il n'est pas surprenant que sur une question portant sur notre identité le chef du Parti libéral refuse à ses députés de voter librement et ce sans égard à la ligne de Parti.