La «mafia» syndicale fait la loi sur la Côte-Nord

Les grutiers gagnent en moyenne de 82 000 $ à 92 000 $ par année au Québec. Le laxisme d'Hydro-Québec aurait donc coûté plus de deux millions de dollars aux contribuables.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Les grutiers gagnent en moyenne de 82 000 $ à 92 000 $ par année au Québec. Le laxisme d'Hydro-Québec aurait donc coûté plus de deux millions de dollars aux contribuables.
Sur les chantiers de la Côte-Nord, un contremaître dîne dans son camion pour ne pas se faire « écoeurer ». Il doit vouvoyer les syndiqués, ne pas leur donner d’ordres, et encore moins les congédier sous peine de violentes représailles. Tout passe par les délégués syndicaux tels que Bernard « Rambo » Gauthier.

Les syndicats de la construction sont aux commandes des grands chantiers d’Hydro-Québec sur la Romaine, a relaté l’enquêteur Michel Comeau, lundi à la commission Charbonneau. La société d’État « ferme les yeux » sur des pratiques coûteuses, ont déploré des entrepreneurs qu’il a interrogés sous le couvert de l’anonymat.

M. Comeau a éprouvé de sérieuses difficultés à recruter des témoins pour parler de discrimination syndicale. Il s’est heurté à un climat « d’omertà » semblable à celui qui prévaut au sein du crime organisé.

Collaboration forcée

Les témoins qui se sont confiés à l’enquêteur de la Commission ont décrit un climat de terreur. Les chantiers de la Côte-Nord obéissent à leurs propres règles : intimidation, placement forcé, menaces, pots-de-vin au profit des délégués syndiqués. Tous les moyens sont bons pour prendre le contrôle du chantier et traîner les pieds le plus longtemps possible pour préserver les emplois locaux.

« Souvent, les entrepreneurs n’ont pas le choix de se plier aux exigences des syndicats », a dit M. Comeau. Les firmes les plus expérimentées adaptent leurs soumissions à la triste réalité de la Côte-Nord. Les travaux y coûtent de 20 à 30 % plus cher qu’ailleurs.

Les travailleurs de la Côte-Nord sont hostiles à la présence de travailleurs externes. L’esprit de corps leur a valu d’accaparer près de la moitié des heures totales travaillées sur le chantier de la Romaine, pour une masse salariale de 66 millions de dollars.

Sous la gouverne de Bernard « Rambo » Gauthier, la section locale 791 de la FTQ-Construction (opérateurs de machinerie lourde) a fait la vie dure à un entrepreneur du Saguenay, Fernand Gilbert. Un de ses contremaîtres a été battu pour avoir osé limoger cinq travailleurs jugés incompétents. « Tu “slaqueras” pas nos gars. On va te casser les deux jambes », lui a-t-on signifié.

M. Gilbert craignait tant pour la sécurité de ses hommes qu’il a rappelé son personnel.

Bernard Gauthier est considéré « comme un Dieu » sur la Côte-Nord. Même la police hésite à intervenir lorsque des entrepreneurs se plaignent de sa conduite.

Le Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (CPQMC International) n’est pas en reste. Son ancien président, Gérard Cyr, a été décrit comme « un roi » qui était aussi capable de perturber un chantier, en imposant l’embauche de travailleurs moins productifs. La section locale 144 de l’International (tuyauteurs et soudeurs) était considérée comme « une mafia » par les entrepreneurs.

Jules « Matou » Bernier, un délégué de l’International, était lié à Denis Vincent (une relation des Hells Angels) et au fils de Tony Accurso (Jimmy). Ce syndicaliste exploitait en parallèle une entreprise de fabrication de roulottes de chantier, Conex, qu’il a imposée sur le chantier de l’Aluminerie Alouette.

Grutiers payés à ne rien faire

Les pratiques discriminatoires ont aussi miné le chantier hydroélectrique de la rivière Péribonka, au Saguenay. Un sous-traitant d’Hydro-Québec, Bauer, avait l’intention d’employer une centaine de travailleurs allemands. Les travailleurs de la FTQ-C se sont ligués contre ces « voleurs de jobs ».

Le directeur général de la FTQ-C, Jocelyn Dupuis et le président, Jean Lavallée, ont mis leur nez sur le chantier pour convaincre Bauer et Hydro-Québec de renvoyer les Allemands de l’autre côté de l’Atlantique. Seuls les grutiers de Bauer sont restés.

Deux chaperons de la section locale 791-G (grutiers) ont accompagné chaque grutier allemand. Accompagner est un bien grand mot. Sept des douze grutiers de la FTQ-C ont été « payés à rien faire » pendant deux ans, a expliqué M. Comeau. Ils restaient dans les roulottes à dormir ou à jouer aux cartes, pour un salaire de 82 000 à 92 000 $ par année. Certains d’entre eux ont même poussé l’audace jusqu’à rester à la maison, les fins de semaine, ce qui ne les a pas empêchés d’encaisser une paie à temps double. « Quand on nous parle d’aberration, c’en était une. C’était toléré, et tout le monde le savait », a dit M. Comeau.

L’exception d’Alouette

Un chantier en particulier a échappé à la dictature syndicale, celui de la phase 2 d’Alouette, à Sept-Îles.

M. Comeau soupçonne le président de la compagnie, Joe Lombard, d’avoir « acheté la paix ».

Des entrepreneurs ont relaté que des délégués syndicaux avaient touché des commissions secrètes de 15 000 $ à 50 000 $ pour ne pas nuire aux travaux.

Jocelyn Dupuis aurait fait des pressions pour que le contrat soit accordé à Simard Beaudry, propriété de Tony Accurso, en menaçant Alouette d’organiser un boycottage du chantier. « La FTQ-Construction ne pouvait pas faire perdre d’argent à Simard Beaudry », a dit M. Comeau.

Le chantier s’est déroulé « anormalement bien », en avance de trois mois sur l’échéancier initial. Joe Lombard, Tony Accurso, Jean Lavallée et Jocelyn Dupuis ont fait un voyage ensemble sur le Touch pour souligner cette réussite.

La FTQ-Construction exerçait un plein contrôle sur le chantier de la Romaine.
81 commentaires
  • Daniel Cyr - Abonné 10 février 2014 11 h 26

    Est-ce réellement nouveau?

    Je pose la question : est-ce réellement nouveau? Nous n'avions pas les détails croustillants mais on s'en doutait depuis belle lurette. Le problème est que l'on semble peu ou pas avoir retenu les leçons des enquêtes des chantiers du parc olympique... entre autres. Cette fois-ci sera t'elle différente?

    Dire que l'on demande à la classe moyenne de se serrer la ceinture... est-ce pour remplir celle d'une autre?

    • Donald Tremblay - Inscrit 10 février 2014 12 h 42

      Quand c'est l'argent des contribuables (l'argent des autres) tout est permis..... Si Hydro était au privé, pensez-vous qu'on parlerait de ceci aujourd'hui.... C'est pareil à Mégantique présentement...

    • Pierre Labelle - Inscrit 11 février 2014 03 h 45

      Malheureusement NON ce n'est pas nouveau! Qui ne se souvient pas des Dédé Desjardins, Mentha et autres petites crapules qui ont fait la pluie et le beau temps dans les années 70. Le saccage de la Baie James, le chantier des jeux olympiques de 76 et combien d'autres, la FTQ construction a depuis longtemps une réputation peu enviable. Mais si j'étais à la place des Dupuis, Rambo et autres, j'essaierais de ne pas oublier comment a fini un certain Dédé Desjardins...., déchu de son poste à la FTQ, devenu prêteur usuraire, ses jours se sont terminer avec quelques balles dans le corps....

    • Maurice Gauvreau - Inscrit 11 février 2014 11 h 48

      Les plus vieux se rappellent l'aventure olympique

  • Lucien Cimon - Inscrit 10 février 2014 11 h 28

    Un grand ménage, dans cette immense maison qu'est l'Hydro, est urgent et nécessaire; toutes ces magouilles sont de lourds handicaps à la productivité que les contribuables doivent compenser par des augmentations de tarifs et d'impôts.
    Lucien Cimon

    • Louka Paradis - Inscrit 10 février 2014 14 h 57

      Ça s'est passé de 2005 à 2007 : heureusement que le PLQ n'est plus au pouvoir, sinon, on ne l'aurait jamais su...

      Louka Paradis, Gatineau

    • Mario Leroux - Inscrit 11 février 2014 02 h 12

      Mme Paradis vous vous trompez d°article avec votre commentaire;ce dernier n°a rien à voir avec le PLQ....les syndicats sont acoquinés au PQ.

    • Guillaume Cloutier - Inscrit 11 février 2014 03 h 08

      Un ménage chez Hydro direz-vous? Et que dire de la FTQ-Construction??? Je pense que bien que les fameux syndicats ont permis d'accroître les avantages pour les travailleurs et apporté de meilleurs conditions de travail jusque dans les années 70... Maintenant ce n'est que corruption, controle et abus de pouvoir; les syndicats ont toujours été corrompus et associées au crime organisé, mais maintenant ce n'est que ça.

      Moi je vous le dis, tant que les syndicats seront financer par les travailleurs et que leurs comptes seront géré par eux-même il y aura toujours des bandits sans scrupules!

      Et le pire dans tout ça c'est que l'on sait tout ça depuis des dizaines d'années et les gens regardent la commission comme si c'était du nouveau! Les choses resteront aussi ce qu'eles sont tant qu'il n'y aura pas une vrai révolution de faite et que les bandits à cravates, ou cap d'aciers ne recevront pas des sentences dignes des grands meurtriers!

    • Guy Vanier - Inscrit 11 février 2014 07 h 31

      M. Mario Leroux,

      <Mme Paradis vous vous trompez d°article avec votre commentaire;ce dernier n°a rien à voir avec le PLQ....les syndicats sont acoquinés au PQ.>

      Pas au PLQ ou au PQ mais à la mafia et c'est le PLQ qui ne voulait pas que ça sorte....

    • F. Georges Gilbert - Inscrit 11 février 2014 08 h 15

      Mons.Leroux,avez-vous entendu les écoutes et échanges téléphoniques...Il me semble que, c'était plutôt Charest et sa suite qui étaient en excellent terme et reconnaissants envers Michel Arseneault - la FTQ,pour la majorité obtenue lors des élections, entre autres..

    • Mario Leroux - Inscrit 11 février 2014 08 h 47

      M.Vanier,
      Pourquoi le PLQ ne voulait pas que ça sorte?Rien n°a changé sur la Côte-Nord en 2013;ce sont toujours les gros bras qui dictent les façons de faire au chantier de la Romaine.Et la Côte-nord est représentée par le PQ depuis longtemps à l°Assemblée Nationale;pourquoi alors le silence de ce représentant si ça avait à voir avec le PLQ?Non vous oubliez encore que les syndicats ont toujours sympathisé avec le PQ.C°est encore vrai en 2014!

    • Mario Leroux - Inscrit 11 février 2014 09 h 37

      M.Gilbert,
      Il vous semble mais vous errez;la FTQ n°a jamais appuyé et encore moins permis une majorité au PLQ.D°où tenez-vous ça?Et Arseneault et le Fonds FTQ c°est avec le mari de Mme Marois que se complotait un deal.....eh oui.Relisez de bons bouquins sur l°histoire syndicale au Québec.....vous ne verrez pas beaucoup de lien avec le PLQ!

    • RONALD LESAGE - Inscrit 11 février 2014 09 h 41

      Je crois qu'Hydro aurait mieux fait de ne pas se plier aux demandes de la société allemande d'utiliser des grutiers allemands . Ces manigances de la part d'Hydro comme dans tout chantier même de société privé est inacceptable . Aussi inacceptable l'intervention de la FTQ et ses membres , qu'ils soient intervenants directs ou indirects devraient être poursuivis au criminel et dans la sentence ne devraient plus être autorisés à faire parti d'union . Tant qu'aux inconditionnels libéraux , mon défunt père disait '' Peinture un cochon en rouge et il sera élu '' , je crois que pour certain aujourd'hui c'est encore vrai .

    • Hélène Paulette - Abonnée 11 février 2014 10 h 10

      @Leroux: pour la petite histoire: la FTQ n'a pas soutenu le PQ, contrairement à son habitude, ce qui a permis au PLQ d'avoir un gouvernement majoritaire. Relisez encore M.Leroux....

    • Mario Leroux - Inscrit 11 février 2014 10 h 21

      M.Lesage
      Qui a mis Laberge,Charbonneau et Pépin en prison en 1972....le PLQ.
      Vous croyez que les syndicats ont oublié et sont amis avec les libéraux...non mais relisez votre histoire contemporaine!

    • Mario Leroux - Inscrit 11 février 2014 12 h 36

      Mme Paulette,
      Ils ont voté pour qui les syndiqués de la FTQ?Et parce que les dirigeants ne se prononcent pas ça donne une majorité au PLQ?Vous appelez ça de l°histoire?Mais ou les syndiqués sont débousselés si on ne les oriente pas aux élections alors ce sont des idiots ou vous faites une déduction non scientifique,sans statistiques à l°appui et là votre partisanerie vous aveugle!Mon propos n°a rien à voir avec mon allégeance politique;je dis et répète que les syndicats et leurs membres ne sont pas historiquement PLQ!Ceci est du domaine connu et reconnu!

    • F. Georges Gilbert - Inscrit 11 février 2014 14 h 07

      Mons.Leroux.Le dernier appui de la FTQ au PQ remonte à 2007. Le syndicat s'était abstenu en 2003 et 2008 .En 2012 la FTQ a refusé d'appuyer le Parti Québécois.

    • Donald Bordeleau - Abonné 11 février 2014 16 h 27

      Mario Leroux

      Monsieur Jean Charest a obtenu un gouvernement majoritaire en 2008 grâce à la FTQ, il avait promis par la suite de donner un siège la FTQ à la CDPQ.

      Mais avec l'ensemble des dossiers d'enquêtes qui concernaient beaucoup d'allégations sur des ministres du PLQ comme Tomassi, Normandeau, Dupuis, Beauchamp et sa rencontre avec un membre de la mafia comme Eddy Bradone.

      Monsieur n'a pas tenu sa promesse envers Michel Arseneault.

  • Benoît Gagnon - Inscrit 10 février 2014 12 h 34

    Payer dans le beurre

    Quelle honte, face à des travailleurs étrangers en plus! Avoir travaillé sur ce chantier, je ne pense pas que j'aurai été capable de tolérer cette situation aussi longtemps. On a tous des collègues dans notre entourage qui travaillent moins que les autres et qui pourtant sont payés autant que nous (et il y a aussi des gens qui travaillent plus...). Il est toujours tout de même possible de travailler avec eux (et espérer à mieux). Mais de là à en voir ne rien faire du tout, payés expréssément pour ne rien faire, il y a une marge morale qu'il doit être très difficile de supporter.

    • Hélène Paulette - Abonnée 10 février 2014 15 h 02

      ''Quelle honte, face à des travailleurs étrangers en plus''...je suis bouche-bée...D'après vous, quelle serait l'attitude de ces travailleurs étrangers s'ils étaient dans une situation similaire? Dans ce contexte de mondialisation et de libre-marché, les entreprises ne se contentent plus d'obtenir de lucratifs contrats mais importent des travailleurs aux nez et à la barbes de trtavailleurs syndiqués compétents. D'ailleurs la preuve en est qu'Hydro a dû payer des travailleurs à ne rien faire....

    • Diane Veilleux - Inscrite 10 février 2014 19 h 00

      Quand on sait qu'un mexicain doit payer un visa de $200,00 pour venir planter des choux et que l'agriculteur qui l'embauche doit obtenir un permis sous réserve d'impossibilité de combler le poste par un citoyen canadien, comment ont ils pu travailler ici ces allemands? Vous pensez que vous pourriez vous obtenir un permis légal de travail pour l'Allemagne, les États-Unis? Et les permis de conduire de la machinerie lourde, qui leur a délivré? Et les cartes de compétences, en avaient ils, pourtant il y a bien de ontariens qui aimeraient pouvenir travailler ici mais qui ne peuvent pas faute de carte de compétence. Il y a anguille sous roche, bon nombre de ces permis ne relêvent pas des syndicats.

      Ce serait quand même bien que les journalistes fassent preuve de rigueur et posent des questions, pourtant c'est le fondement même de leur profession, non?

    • Christian Fleitz - Inscrit 11 février 2014 10 h 41

      @Diane Veilleux - L'intéressant serait de savoir pourquoi cette entreprise allemande voulait employer ses propres techniciens. Méfiance envers les pratiques syndicales mafieuses qui sont constatées par la ''Commission Charbonneau'' ? Manque de compétences, de discipline ou de sérieux de la main d'œuvre québécoise pour un tel chantier, les citations de sabotages de matériels par des ''syndicalistes'' seraient un argument pour un tel choix ? Il y a sans doute de très bonnes raisons pour laquelle l'entreprise allemande a fait ce choix, les solutions les plus fiables et les moins couteuses ont sans doute entrainé ce choix. Il est vrai que les ''usages'' syndicaux mis en vigueur au Québec, et en particulier par la FTQ, ont un caractère pour le moins ''exotique'' dans le monde hyper performant de l'industrie allemande.

    • Hélène Paulette - Abonnée 11 février 2014 11 h 02

      @Fleitz: vous avez tout faux. Bauer voulait tout simplement garder sa technologie secrète et grâce aux accords internationaux qui contreviennent au droit du travail, Hydro se devait d'accepter. Je pense qu'en toute justice c'est Bauer qui aurait dû payer mais sans doute qu'hydro s'exposait, en refusant, à de juteuses amendes...

    • Christian Fleitz - Inscrit 11 février 2014 13 h 13

      @Hélène Paulette- Non, je n'ai pas tout faux : effectivement si Bauer disposait d'une technologie secrète, elle ne souhaitait certainement pas perdre cette exceptionnelle compétence qui constitue un atout commercial, droit du travail ou non, et c'est légitime. En revanche, cette condition doit faire l'objet d'une clause du contrat sanctionnant l'attribution du marché et peut être négociée. Un projet de transfert de technologie peut alors être éventuellement envisagé, une telle négociation s'avérant certainement délicate, compte tenu de la protection des procédés industriels et des technologies particulières.
      Si le savoir faire et la capacité technique de la société Bauer est sans concurrence et exceptionnel et que le besoin de cette compétence est incontournable, il sera difficile de dépasser ses exigences, mais ce n'est pas une raison suffisante pour exiger le versement de salaires à des travailleurs inactifs, mais de même définition professionnelle que les techniciens ''importés''. De même, les sabotages de matériel et les retards volontaires suscités sur les chantiers sont inacceptables.

    • Hélène Paulette - Abonnée 11 février 2014 15 h 14

      Mais tout ça, M.Fleitz, reste à tirer au clair et ce n'est pas en mettant le blâme sur la FTQ que ça va arriver. Je suis toujours pantoise devant cette belle acceptation du libre-marché qui brade nos droits fondamentaux dans l'indifférence la plus totale en faveur d'une économie de plus en plus vacillante...Bauer, pour préserver s'a technologie peut rester en Allemagne....Je trouve immoral que des multinationales fassent la loi.

  • Hélène Paulette - Abonnée 10 février 2014 13 h 12

    M'Enfin...

    Y'a pas qu'Hydro... Pourquoi Bauer avait-il la permission d'importer des travailleurs spécialisés quand nous en avions au Québec?

    • Serge Bouchard - Abonné 10 février 2014 19 h 59

      Ah oui, des travailleurs spécialisés qui vont, si tu ne marches pas comme ils veulent, scrapper ton équipement.

    • Hélène Paulette - Abonnée 10 février 2014 22 h 23

      Monsieur Bouchard, je crois que votre anti-syndicalisme vous aveugle...

    • Real Melancon - Inscrit 11 février 2014 09 h 37

      Donc si nos travailleurs Québécois ont des contrats à l'étranger (SNC Lavalin, etc...) c'est correct. Mais si ce sont des étrangers qui débarquent ici c'est inacceptable ??

      Cette logique de protection d'emploi ne fait qu'empirer le problème. Surtout pour la durée d'un chantier de construction. Les jobs durent seulement le temps de la construction. Ce qu'il faut ce sont des emplois à long terme, bien rémunérés et qui apportent de l'argent de l'étranger vers le Québec.

    • Christian Fleitz - Inscrit 11 février 2014 10 h 44

      @Hélène Paulette- ''anti-syndicalisme, non ! anti-sabotage et mafia, oui!''

    • Hélène Paulette - Abonnée 11 février 2014 10 h 50

      @Melancon: Je suis contre le dumping en tous genre, comme le riz soi-disant humanitaire américain qui tue l'agriculture locale. La logique serait d'envoyer des travailleurs quand ils ne sont pas disponibles sur place, ce qui n'était pas le cas pour les grutiers qui, en plus, auraient bénéficié d'une nouvelle technologie. Vous trouvez normal, vous, qu'une compagnie obtienne un contrat lucratif et nous dicte, en plus, ses façons de faire?Et bien pas moi. C'est pourquoi je m'élève depuis de nombreuses années (souvenez-vous de SALAMI) contre les pratiques de libre-marché et des règles de l'OMC qui contreviennent aux règles les plus élémentaires de protection environnementale, sociale et syndicale sans qu'on y puisse rien et avec de lourdes amendes à la clé.C'est tout simplement du néo-colonialisme, ce qui nous sied bien car nous n'en sommes jamais véritablement sortis... Bien sûr, ici, on se sert de l'anti-syndicalisme ambiant, sur fond de corruption gouvernementale (PLQ), pour nous aveugler... Nous n'y voyons qu'une fraude de plus alors qu'il s'agit de règles internationales qu'on nous impose discrètement dans des forums auxquels nous nous intéressons bien peu. Le laxisme est de notre côté...

  • Leclerc Éric - Inscrit 10 février 2014 13 h 19

    De quoi faire réfléchir les commissaires de la régie de l'énergie...

    Au moment où la haute direction d'Hydro-Québec insiste (encore une fois!) pour que la régie lui donne son accord pour hausser les tarifs de 5,7%, voilà un argument de poids pour qu'Hydro-Québec ouvre «ses livres» pour justifier que ses abonnés doivent subir une augmentation de loin bien supérieure au coût de la vie.

    Les consommateurs qui sont "prisonniers" d'un monopole d'état pour des besoins essentiels, doivent-ils subir des hausses parce que des «gros bras» fiers de leur appartenace syndicale contrôlent les activités sur les chantiers, avec les taxes directes imposées par une société d'état? Diane Lemieux, Thierry Vandal et la ministre des ressources naturelles ont-ils peur d'agir?

    • Djosef Bouteu - Inscrit 10 février 2014 14 h 58

      Les Québécois ne sont pas «prisonniers» de ce «monopole», ils en sont propriétaires et paient un prix très bas pour l'électricité.

      Entendons nous bien : ce n'est en rien une excuse ou une banalisation de la fraude, simplement une critique des insinuations selon lesquelles on paierait moins cher si hydro-Québec était privatisé.

      Il faut que la Commission Charbonneau continue son travail de mise en lumière des systèmes de malversation qui nuisent à nos institutions publiques.

      J'espère que nos lois contre la corruption auront de meilleures dents grâce à ça.

    • Hélène Paulette - Abonnée 10 février 2014 15 h 10

      Ce n'est pas ce que je comprends.... Je ne crois pas que Bauer aurait dû être autorisé à ''importer'' ses travailleurs lorsque nous avons un bassin d'ouvriers compétents. C'est celà qui cause la hausse des coûts, pas les gros bras.... Tant qu'à moi, les grutiers allemands auraient dû être renvoyés chez eux.

    • Hélène Paulette - Abonnée 10 février 2014 16 h 06

      M.Bouteu, il ne s'agit pas de fraude mais d'une entente entre Hydro, Bauer et la FTQ, dont le mandat est de préserver les emplois de ses membres. Bauer ne voulait pas que des québécois travaillent sur ses équipements pour garder sa technologie secrète... Et bien qu'ils payent eux-mêmes les grutiers de la FTQ . Ou qu'ils restent en Allemagne. On voit bien içi que nous avons toujours cette mentalité de colonisés, nous aplatissants devant les grosses corporations qui nous font la ''faveur'' de soumissionner sur nos juteux contrats tout en nous intimidant.

    • Pierre Labelle - Inscrit 11 février 2014 04 h 08

      À Leclerc Éric!
      Vous n'avez probablement pas connu le "pouvoir électrique" (ou manque de pouvoir devrais-je dire) des années 50 au Québec, ce supposé pouvoir était controlé par des compagnies privées, majoritairements américaines, et qui s'en mettaient plein les poches. Le soir vers l'heure du souper, les lumières perdaient de leur luminosité "because"; trop de demande en même temps de la part des abonnés. Les cies propriétaires des barrages fournissaient le minimum que ce qu'elles étaient tenues de fournir selon leur contrat. Pendant ce temps là, les profits de ces petits bandits sortaient du Québec à pleine poche. Le problème est bien en amont d'Hydro. Je ne prétend pas que cette dernière a les mains complètement blanche, loin de là, mais quand on veut s'attaquer à un problème, il faut le prendre dans son ensemble, pas à la pièce.