50 000 logements sociaux réclamés

Le FRAPRU examinera de près le budget du gouvernement fédéral qui sera dévoilé mardi.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Le FRAPRU examinera de près le budget du gouvernement fédéral qui sera dévoilé mardi.
Si le gouvernement du Québec imposait une taxe sur le capital aux banques et aux institutions financières, il pourrait financer la construction de 50 000 nouveaux logements sociaux en cinq ans. Voilà ce qu’a suggéré le FRAPRU dimanche lors d’une manifestation dans les rues du centre-ville de Montréal. 

Alors que circulent des rumeurs d’élections et d’un imminent dépôt du budget provincial, le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) est descendu dans la rue pour rappeler ses priorités. «Le dernier budget [du gouvernement Marois] annonçait 3000 logements sociaux en 2013-2014, avec aucune assurance que ça allait se poursuivre», a soutenu François Saillant, coordonnateur du FRAPRU. «Mais au-delà de ça, 3000 logements, c’est très clairement insuffisant.» 

Selon le FRAPRU, 480 000 ménages au Québec consacrent plus de 30 % de leurs revenus au logement et de ce nombre, 228 000 ménages dépensent plus de la moitié de leurs revenus pour se loger. «Il faut ajouter à ça tout le problème de l’itinérance. On nous parle d’une politique de l’itinérance, mais pour qu’elle ait un sens, il va falloir qu’il y ait des logements sociaux qui soient réalisés», souligne M. Saillant. 

Taxer davantage les banques 

Pour financer tous ces logements, le FRAPRU suggère que Québec rétablisse la taxe sur le capital qui avait été abolie en 2011. Selon M. Saillant, si on applique cette mesure aux banques et qu’on hausse «légèrement» leur impôt, Québec pourrait récolter les 600 millions qui manquent pour construire 50 000 logements au cours des cinq prochaines années. «On n’arrête pas de nous dire qu’on n’a pas d’argent et qu’on est en difficulté financière. Mais ce n’est pas vrai qu’il n’y a pas d’argent. Il faut avoir la volonté d’aller chercher cet argent», croit François Saillant. 

Le FRAPRU évoque la taxe sur le capital, mais d’autres moyens sont à la portée du gouvernement comme imposer davantage les contribuables à plus hauts revenus ou les gains de capitaux, poursuit-il. «Les six plus grandes banques canadiennes ont fait des profits totalisant 30 milliards de dollars au cours de la dernière année, c’est évident que pour nous, il y a quelque chose là.» 

Le FRAPRU a rallié des militants de plusieurs régions du Québec pour sa manifestation de dimanche. Bruce Gervais, coordonnateur de l’Association des locataires de l’Abitibi-Témiscamingue, a témoigné des difficultés de logement dans sa région. «Chez nous, le taux de vacance des appartements se situe entre 0 et 1 %. Dans une ville comme Rouyn-Noranda par exemple, il y a 3500 logements à peu près. Donc, quand le taux est à 0,4 %, ça veut dire qu’il y a cinq logements de disponibles et ce ne sont pas les plus beaux ni les mieux chauffés», a-t-il expliqué. 

Les manifestants, qui étaient plus de 300, ont déambulé dans les rues du centre-ville de Montréal, s’arrêtant devant les trois banques ayant réalisé les plus importants profits l’an dernier pour y apposer, de manière symbolique, des «avis de cotisation». Les marcheurs se sont ensuite rendus devant les bureaux de la première ministre Pauline Marois, à l’angle des rues Sherbrooke et McGill.

Le FRAPRU examinera de près le budget du gouvernement fédéral qui sera dévoilé mardi. L’organisme espère qu’Ottawa fera davantage d’efforts pour épauler le gouvernement du Québec en matière d’habitation et qu’il assurera la sauvegarde du parc de logements sociaux actuel.

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19 commentaires
  • Leclerc Éric - Inscrit 9 février 2014 19 h 50

    Plus d'engagements sociaux formels dans un premier gouvernement péquiste majoritaire?

    L'aide aux familles les plus démunies existe depuis le début de la révolution tranquille, créée avec le ministère des Affaires sociales et aucun gouvernement n'a pu mettre de côté ce «contrat social» avec le peuple, parce qu'éthiquement parlant il faut aider mimalement les plus mal pris et les moins scolarisés.

    Mais, si une fois élue avec un mandat majoritaire, Pauline Marois (qui représente la sociale-démocratie) devait devoir composer avec un "deal" secret avec les milieux d'affaires (dont les administrateurs sont aussi des électeurs) qui consiste à faire semblant de promettre des actions concrètes, (logements sociaux, pleine indexation de la sécurité du revenu, possible amélioration de la loi sur les normes du travail, aide médicale à mourir, protection de la jeunesse, etc...), pourra-t-elle, compte tenu du redressement des finances publiques et de la création de la richesse, qui sont parmi les points les plus importants à son possible retour confirmé au pouvoir; prendre tous les dossiers «catégorisés» économie sociale et les mettre à jour, ou consacrecra-t-elle davantage de temps à promouvoir la souveraineté de par le monde?

  • Albert Labranche - Inscrit 10 février 2014 05 h 23

    Proteger sa créance

    La personne qui vous vend des chaudrons a plus de moyen a sa disposition pour proteger sa créance que celle qui vous loue un valeur de 100 000$ et plus.
    -
    Qui propose de créer de la richesse sans se faire rabrouer par un groupe ou organisation de bien pensants?
    -
    Cerains qui croient faire parti de la solution font parti du probleme. C'est plus facile d'etre bloqueur que novateur.

    • Jean Richard - Abonné 10 février 2014 09 h 21

      Quand une proportion de plus en plus élevée de la richesse se concentre dans les poches d'un groupe de plus en plus restreint, il est normal qu'on ne soit pas convaincu de l'urgence de créer cette richesse.

      Le Québec n'échappe pas à cette tendance occidentale des dernières années : l'écart entre les plus riches et les plus pauvres ne cesse de se creuser. En d'autres mots, les riches sont de plus en plus riches tout en étant de moins en moins nombreux et les pauvres sont de plus en plus pauvres tout en étant de plus en plus nombreux.

      Quand on risque de détruire environnement et communautés pour remplir les poches d'une minorité, il est normal qu'on rencontre sur son chemin un peu d'opposition. L'histoire n'a pas commencé ce matin.

    • Jean-Sébastien Rozzi - Inscrit 10 février 2014 09 h 57

      Soyons novateurs : socialisons le parc locatif !

    • Hélène Paulette - Abonnée 10 février 2014 11 h 24

      M.Labranche,quand on parle de logements sociaux, on parle de coopératives d'habitation.... Les propriétaires peuvent donc dormir tranquilles,avec plus de logements sociaux il y aura moins de ces "pauvres pas fiables" susceptibles d'endommager leur propriété.

    • Simon Chamberland - Inscrit 10 février 2014 16 h 09

      M. Labranche, cette fois-ci vous visez dans le mille.

      Pour une famille, c'est très risqué d'acheter un duplex ou un triplex. Une seule mauvaise location et on peut se retrouver en faillite. C'est pourquoi plus personne ne veut construire de logements locatif.

  • Marc-Antoine Deschênes - Inscrit 10 février 2014 06 h 03

    Le fond du problème ...

    Je suis entièrement d'accord sur la construction de nouveaux logements sociaux. Cela permet à ceux qui en arrachent de mieux vivre. D'avoir un revenu disponible plus important. C'est plus facile de se ressaisir lorsqu'une personne consacre moins de 50% de son revenu pour se loger.

    Le fond du problème est la pauvreté. Les logements sociaux n'augmentent que le revenu disponible des personnes vivant dans une situation financière précaire. C'est déjà très bon, mais on ne règlera pas la pauvreté ainsi. Cela panse les effets de la pauvreté. Ça ne règle absolument rien.

  • Albert Labranche - Inscrit 10 février 2014 10 h 06

    Tres inquietant

    Si nous n'avons plus de riches et seulement des pauvres, ca va tres mal.
    Ce n'est pas le patron qui est sur la plateforme de forage,ce n'est pas le patron sur le camion, operateur de machinerie lourde. menuisier, charpentier, soudeur, chimiste, mecanicien, opérateur de train, restaurateur. quincaillerie, et tutti quanti.
    Mais et c'est un gros mai, c'est le patron qui risque son fric. qui embauche tout ce monde et signe les cheques pour que vous puissiez avoir une vie agréable.
    Protester, et demander c'est bien mais suggerer des solutions viables c'est bien mieux.

    • Michel Vallée - Inscrit 10 février 2014 18 h 32

      @Albert Labranche

      <<Protester, et demander c'est bien mais suggérer des solutions viables c'est bien mieux>>

      Comme solution <<viables>>, le FRAPRU suggère que Québec rétablisse la taxe sur le capital des banques et qu’on hausse «légèrement» leur impôt, afin que Québec récolte quelque 600 millions...

  • Michel Deshaies - Inscrit 10 février 2014 10 h 25

    Logement soaciaux?? Oui, mais...

    Il faudrait aussi voir une réelle volonté de ces gens de retourner au travail ou aux études afin de justement obtenir un meilleur emploi. C'est bien noble de vouloir payer pour des logements à prix modique, mais ça devrait être une mesure temproraire pour les gens qui y habitent. Malheureusement, il y a encore trop de gens qui habitent ces logements à long terme qui si ça leur était dû et c'est bien dommage. Je sais que c'est dur à lire, mais s'ils n'ont pas les moyens d'habiter Montréal, ils peuvent aussi aller à l'extérieur de l'île, les loyers coûtent moins chers. Et on pourrait garder les logement sociaux existants pour ceux qui désirent vraiement se sortir de leur position précaire.

    C'est pas normal qu'un couple de travailleurs avec 2 enfants et qui gagnent ensemble 100 000+$ ait de la difficulté à s'acheter une maison dans Rosemont alors qu'un B.S peut se payer un loyer sur le Plateau. Le problème avec cet organisme, c'est qu'il réclame toujours la-même chose à chaque élection et à chaque 1er juillet: "On veut plus de logements sociaux et on ne veut pas de hausse du prix des loyers". Mais ils n'apportent jamais d'autres solutions, ils trouvent des moyens de financer la construction des bâtisses, mais ne trouvent jamais de moyen de sortir ces gens de ces habitations modiques, pour ne pas dire médiocres. C'est le fun Montréal, c'est aussi le fun Québec, mais dans la vie si tu n'as pas les moyens de tes ambitions, tu changes d'ambition.


    Quand je pense qu'il y a des programmes d'aide qui sont à moitié vide et qui disparaissent après quelques années parce que trop peu de ces gens s'y inscrivent et on entend encore le FRAPRU essayer de nous faire pleurer. Des programmes d'aide aux études, de formation professionnelle, d'aide financière le temps des études, de subvention-salaire aux employeurs, de stages payés par l'État, de travail-études.... Des solutions pour les sortir de là, il y en a; faut juste un peu de volonté, pas facile de se lever le matin!!!!

    • Jérémie Poupart Montpetit - Abonné 10 février 2014 13 h 50

      Mr. Deshaies:

      Manque de respect, préjugés et clichés sont votre marque de commerce on dirait... La majorité des emplois sont concentrés à Montréal, résultat de l'urbanisation des secteurs industriels.

      Où vont nos travailleurs moins qualifiés ? Dans les industries de Montréal, seuls à les employer, puisque le marché en région est saturé. Autrement dit: Pauvre à Montréal ou "BS" en région (puisqu'on voit le dégoulinant mépris dans lequel vous pataugez face à ces "parasites"). Vous disiez que FRAPPRU n'amène aucune solution, mais quelle est la vôtre ? délocaliser les pauvres en région pour saturer des centres de services et des pôles emplois déjà saturés ? Quelle inconsidération crasse... Allez, cher Ponce Pilate moderne, lavez vous en les mains...

      De plus, ces travailleurs de "bas d'échelle" ont déjà la situation d'emploi la plus précaire, particulièrement dans la conjecture de renforcicement du fossé entre riches et pauvres. Ce n'est pas une question d'avoir "les moyens de leurs ambitions" ("SUR"vivre est une ambition hors d'atteinte selon vous ?): une famille de 4 dont les 2 parents travailleurs sont au salaire minimum se trouvent déjà sous le seuil de la pauvreté, autrement dit, en état de survie.

      À vous lire, Montréal serait un club sélect pour les riches et ces seuls "pauvres aux nobles intentions" venus améliorer leur condition. Cependant, la réalité est tout autre: habiter à Montréal et "étudier pour se trouver un meilleur emploi" ne sont pas des gages de succès. Que dire de diplômés fraichement sortis de l'université, mais travaillant dans des emplois sous-payés, faute de disponibilité d'emploi ?

      Si votre solution est de déplacer ces "pauvres indésirables" en région, alors vous êtes encore plus aveugle que notre gouvernement. Cessez donc de vous borner à vos frustrations "petit bourgeois" face à votre petite maison de rêve dans Rosement et apprenez à respecter ceux dans le besoin...

      Jérémie Poupart Montpetit

    • Michel Vallée - Inscrit 10 février 2014 18 h 57

      @Michel Deshaies

      La seule démonstration que vous faites, c’est celle de l’étendu de vos préjugés.

      Dans la réalité, les programmes sociaux sont faméliques, tant et si bien qu’ils maintiennent les enfants dans la disette et les adultes dans la précarité, ce qui a pour conséquence d’induire chez ces derniers une composante anxieuse, laquelle devient chronique et pathologique lorsqu’elle perdure. Or, la société n’a rien à gagner à engendrer des problèmes de santé mentale.

      Quant au manque de formation que vous supposez chez les pauvres et que vous décriez, c’est qu’il est quasiment impossible de poursuivre des études supérieures sans contribution parentale, et qu’il est quasiment impossible d’étudier en étant aux prises avec une anxiété pathologique qu’engendre la précarité matérielle.

      Par ailleurs, en ce qui concerne la formation professionnelle, les prestations allouées sont faméliques et confinent à l’indigence, ce qui a pour conséquence de favoriser les défections en cours de formation et de décourager bien des postulants.

    • Michel Vallée - Inscrit 10 février 2014 19 h 04

      @Michel Deshaies

      C’est cocasse, que vous puissiez envier le sort des pauvres gens.

      Toutefois, votre sens de l’équité n’épargne pas les enfants… Par exemple, ma mère –une ex-infirmière-auxiliaire- a reçu de l’Aide sociale, ce qui fait que durant nom enfance le réfrigérateur était vide, ce qui a fini par induire en moi une composante anxieuse chronique.

      Par ailleurs, si vous compter vous sustenter à même les banques alimentaires, sachez qu'elles ne distribuent quasiment plus que des déchets -quand elles ont des trucs à distribuer.

      Pour le reste, je connais des gens qui travaillent depuis aussi longtemps que vous, et qui en raison des délocalisations et des changements de bannière gagnent aujourd'hui leurs croûtes à la sueur de leur front au salaire minimum, et ils vivent précairement dans la disette alimentaire et dans l’angoisse du lendemain.

      Par ailleurs, pour votre gouverne sachez que les programmes d'aide-sociale n'offrent que des soins dentaires minimalistes (notamment, une couverture uniquement pour des prothèses temporaires une fois par dix ans), il en va de même en ce qui a trait à l'achat de lunettes (un maximum de 125$ est alloué en tout pour la monture et les verres, une fois par cinq ans).