Québec veut aider les jeunes à s'insérer sur le marché du travail

La première ministre Pauline Marois a dévoilé le livre blanc qui doit guider sa prochaine Politique jeunesse en compagnie du député Léo Bureau-Blouin.
Photo: - Le Devoir La première ministre Pauline Marois a dévoilé le livre blanc qui doit guider sa prochaine Politique jeunesse en compagnie du député Léo Bureau-Blouin.
Les jeunes Québécois qui ne sont ni au travail ni aux études sont ciblés par la pièce maîtresse du livre blanc sur la jeunesse dévoilé mardi par le gouvernement Marois : la création d’un « service citoyen ».

Cette mesure, inspirée de modèles similaires aux États-Unis et en Europe, permettrait à environ 200 000 jeunes parmi les 15-29 ans d’effectuer une expérience de travail et d’obtenir une indemnisation pour le faire.

« On vit dans un monde où il y a tellement d’opportunités et il y a une grande angoisse qui accompagne ce choix de carrière, a observé le député Léo Bureau-Blouin. Je crois que cette initiative pourrait aider ces jeunes à faire leur choix. »

Après l’expérience de travail, les jeunes seraient obligés de s’engager dans une démarche d’orientation professionnelle, de scolarisation ou d’insertion à l’emploi.

Un livre blanc comme guide

« Pour la première fois depuis longtemps, nos jeunes peuvent compter sur un gouvernement qui désire les écouter, a affirmé la première ministre Pauline Marois, à Montréal pour le dévoilement. Vous savez que d’autres avant nous ont refusé de les écouter. »

Le gouvernement Marois estime que son livre blanc lui permettra d’adapter sa prochaine Politique jeunesse à la nouvelle réalité démographique québécoise où la population se fait de plus en plus vieillissante.

La représentativité des 15-29 ans au sein de la population active n’a cessé de reculer depuis 1970, passant de 28 à 19 %, d’après les estimations gouvernementales. « Les générations précédentes pouvaient être portées par le nombre, tandis qu’aujourd’hui, il faut davantage porter attention aux individus », a souligné le député Léo Bureau-Blouin, mandaté par Mme Marois pour mener les consultations dans ce dossier.

L’initiative, intitulée Une génération aux multiples aspirations, propose une série de mesures visant à déterminer comment sera dépensé le budget de quelque 480 millions de dollars de la prochaine Politique jeunesse du gouvernement.

Celle-ci, qui doit entrer en vigueur en 2015 ou 2016, et est ambitieuse : elle vise un taux de diplomation d’au moins 80 % d’ici 2020. En plus du service citoyen, le livre blanc propose d’autres mesures visant à contrer le décrochage scolaire ainsi qu’à favoriser la participation citoyenne et la conciliation travail-famille, comme la création de projets pilotes de services de garde atypiques dans les universités.

« L’ère de l’étudiant qui fait son cégep en deux ans, son université en trois ans et qui entre sur le marché du travail est révolue, a souligné M. Bureau-Blouin. Les étudiants ont des parcours multiples et les enfants en font partie. »

Commission parlementaire

Les mesures proposées feront prochainement l’objet de consultations en commission parlementaire, ce qui ouvre la porte à des modifications. Cela pourrait avoir un effet sur le budget de la future Politique jeunesse.

« Avec les points de vue, on regardera les programmes, a indiqué Mme Marois. On va avoir le temps de préparer les budgets. Nous avons certaines hypothèses qui feront monter les budgets. »

Mme Marois espère également que ce livre blanc va inciter les jeunes à voter davantage si le Québec devait être plongé prochainement dans une élection. « Il faut redonner confiance en la politique aux jeunes, a-t-elle dit. Si cette politique peut les aider à refaire confiance à cette institution et les amener à voter à la prochaine campagne, c’est [ce qui est] important pour moi. »

Le Regroupement des jeunes chambres de commerce du Québec, qui représente plus de 8000 travailleurs, cadres et entrepreneurs âgés de 18 à 40 ans, a salué les initiatives du livre blanc visant à stimuler l’emploi. « On ne peut pas se permettre d’échapper des jeunes », a commenté son président, Christian Bélair.

De son côté, la Confédération des syndicats nationaux (CSN) s’attendait à davantage de mesures liées à la conciliation travail-famille. « Il y a de petites avancées dans le milieu universitaire [services de garde], mais il n’y a pas de propositions pour les jeunes travailleurs sur le marché du travail », a déploré le porte-parole du comité national des jeunes de la CSN, Alexandre Roy.


Avec Le Devoir

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Pyrrhotite: Québec rajoute 15 millions

La vague d’annonces préélectorales du gouvernement Marois profitera aux victimes de la pyrrhotite : Québec a ajouté mardi 15 millions au fonds d’aide créé en juin 2011. L’investissement porte donc à 30 millions l’aide financière accordée par Québec — Ottawa ne participe pas à l’effort, estimant que le dossier relève de Québec. Jusqu’ici, près de 300 ménages ont profité de l’aide de Québec. Mais selon la Coalition Proprio-Béton, 1500 maisons sont touchées par le problème, et le total pourrait grimper à 4000. L’aide de Québec couvre 75 % du coût des travaux admissibles, avec des maximums allant de 15 000 $ à 75 000 $ selon les cas. La pyrrhotite est un sulfure de fer qui gonfle lorsqu’il s’oxyde. Si le minéral se retrouve dans le granulat qui compose le béton des fondations des maisons, il peut provoquer des fissures qui nécessitent généralement une réfection complète des fondations. À Trois-Rivières, on évalue à 211 000 $ les dommages moyens par maison touchée.


Guillaume Bourgault-Côté

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