Caucus: le gouvernement Marois multipliera les annonces en région

À Montréal lundi, Pauline Marois a annoncé un premier investissement pour l’agrandissement du Musée d’art contemporain. Des élus du Parti québécois profiteront du caucus en région pour faire des tournées « exceptionnelles » et annoncer divers investissements.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir À Montréal lundi, Pauline Marois a annoncé un premier investissement pour l’agrandissement du Musée d’art contemporain. Des élus du Parti québécois profiteront du caucus en région pour faire des tournées « exceptionnelles » et annoncer divers investissements.

Québec — Contexte préélectoral ou non, le gouvernement Marois entend associer la tenue de caucus en région à des tournées « exceptionnelles », une occasion de multiplier les annonces et, ainsi, de doper la visibilité gouvernementale dans un court laps de temps.

 

« C’est une recette qui fonctionne », a indiqué Sébastien Marcil, l’attaché de presse du whip en chef du gouvernement, Marjolain Dufour.

 

Le Parti québécois tiendra le caucus présessionnel de ses députés mercredi et jeudi prochains à Shawinigan. En quatre jours cette semaine en Mauricie et dans le Centre-du-Québec, ministres et députés feront plus de 80 annonces, allant de la minuscule subvention de 20 000 $ pour un parc de planches à roulettes à une somme de 3,5 millions destinée à la rénovation des écoles de la Commission scolaire de l’Énergie. « On m’a dit qu’on n’a jamais vu autant d’annonces dans la région en si peu de temps », a signalé l’attaché de presse.

 

Les élus péquistes pourront ainsi rencontrer des maires et des acteurs des milieux socioéconomiques dans neuf circonscriptions : Arthabaska. Champlain, Drummond–Bois-Francs, Johnson, Laviolette, Maskinongé, Nicolet-Bécancour, Saint-Maurice et Trois-Rivières. Trois des circonscriptions sont acquises aux péquistes tandis que le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec se partagent les six autres à parts égales.

 

Formule éprouvée

 

Au caucus présessionnel de la fin août à Carleton-sur-Mer, en Gaspésie, le gouvernement Marois avait testé cette formule de tournées « exceptionnelles », mais la présente offensive est deux fois plus importante.

 

Mardi, le ministre des Affaires municipales, des Régions et de l’Occupation du territoire, Sylvain Gaudreault, annoncera une aide financière pour les propriétaires de maisons aux prises avec des problèmes liés à la pyrolite en Mauricie. Exceptionnellement, il s’agit d’une nouveauté. Toutes les autres annonces font partie de mesures générales qui étaient déjà prévues dans le dernier budget, mais qui trouvent maintenant leurs applications concrètes.

 

Ainsi, la ministre déléguée à la Politique industrielle, Élaine Zakaïb, annoncera plusieurs investissements tirés du fonds de diversification économique créé dans la foulée de la fermeture de la centrale Gentilly-2. D’autres annonces découlent de la Politique nationale de la ruralité ou encore du programme de rénovation des infrastructures scolaires.

 

Ne voulant pas être en reste, le chef libéral, Philippe Couillard, s’est déplacé, lundi, à Grand-Mère, dans la circonscription de Laviolette, pour rencontrer, avec la députée Julie Boulet, des acteurs locaux.


***

Des méthodes à la Maurice Duplessis?
 

Comme le faisait jadis Maurice Duplessis, Pauline Marois a tenté la semaine dernière d’acheter des votes avec une usine, dénonce le Parti libéral. Lors de l’annonce de l’implantation de la cimenterie McInnis, vendredi dernier en Gaspésie, Mme Marois a affirmé que la circonscription de Bonaventure avait fait « un très bon choix » aux dernières élections et que l’on pouvait constater « les résultats aujourd’hui de ce choix ». Considérée comme un bastion libéral, Bonaventure a basculé dans le camp péquiste au scrutin du 4 septembre 2012. Pour le député libéral Jean-Marc Fournier, la première ministre a laissé entendre auprès des Gaspésiens qu’il n’y aurait pas eu d’investissement dans la région sans l’élection d’un député du Parti québécois. M. Fournier exige de Mme Marois qu’elle présente des excuses pour avoir fait un lien entre les choix politiques d’une région et les projets destinés à son développement économique.


La Presse canadienne

33 commentaires
  • Mario Leroux - Inscrit 4 février 2014 01 h 51

    Budget

    Je souhaite simplement que Mme Marois dépose le budget AVANT les prochaines élections pour que nous allions aux urnes en citoyens bien informés.Les promesses électorales on connait ça,par exemple celle devant abolir la taxe santé non tenue.C°était pourtant,un des piliers de la dernière campagne en 2012.....alors!

    • Victoria - Inscrite 4 février 2014 08 h 16

      Autre temps, autres mœurs…
      Duplessis clamait à qui veut l’entendre : « Le ciel est bleu et l’enfer est rouge ».

      Avec la laïcité d’actualité, le slogan serait de quelle nature ?

      En ce qui concerne le budget… Ben voyons, M. Leroux, comme il arrive souvent au fil de l’histoire politique, le parti va nous le servir en campagne électorale.

    • Jessika Julien - Inscrit 4 février 2014 08 h 22

      Le PQ n'a pas complètement rien fait sur la taxe santé! Ils l'ont modulé pour éviter au plus pauvre de la payer! Bref, leur intention était bel et bien là avant de voir le troue béant que les libéraux leur léguaient!

    • Mario Leroux - Inscrit 4 février 2014 09 h 58

      Mme Julien,
      Ca aussi c°est une tradition électorale depuis la nuit des temps;on trouve toujours des trous béants.Pourtant,au dépôt du budget,tous en reçoivent une copie,même les journalistes.Pour cette raison,je souhaite voir le budget AVANT d°aller voter.Oui,un petit accommodement pour les plus pauvres à propos de la taxe santé!

    • Mario Leroux - Inscrit 4 février 2014 10 h 10

      M.Lefebre,
      Impossible d°avoir un budget voté en campagne électorale puisque le Parlement ne siège pas!Des promesses,ça oui!

    • Victoria - Inscrite 5 février 2014 08 h 10

      M. Leroux...
      en effectuant des petites recherches sur l’histoire politique d’ici, la constatation est que, par le passé, certains décrets ministériels ont fait leur apparition au cours d’une campagne électorale. Souvent passés sous silence ou presque et appliqués.

      Et dans la plupart des cas, le décret devient force de loi et favorise les uns (les minorités riches) par rapport à la masse.

      Lorsque qu'il s’en rend compte, le citoyen brimé n’a pas la possibilité financière de se défendre et faire valoir ses droits, souvent le fameux délai prescrit est écoulé. Il se croit seul dans cette galère législative et il perd ses droits fondamentaux.

      C’est ça que je voulais dire par « va nous le servir en campagne électorale ».

  • Albert Labranche - Inscrit 4 février 2014 06 h 42

    Ad Nauseam

    Ils vont bientôt annoncer les cédules d'autobus.

  • Pierrette Renaud - Inscrit 4 février 2014 07 h 02

    Les économistes disent que le Québec est dans le rouge sang vif??

    Il est évident que le PQ dépense pour acheter des votes, il va faire plus de 80 annonces à travers la province, les autres partis politiques feraient exactement la même chose, mais juste deux p'tites questions comme ça là.... Y croyez-vous sincèrement?? Le PQ ne veut pas couper dans les dépenses superflues, est-ce que le Québec a tout cet argent que Mme Marois promet?? Selon les économistes qui ont plus de connaissances dans ce domaine que ces cher politiciens attendez-vous à vous faire vider de tout ce qui vous reste.

    • Nicole Bernier - Inscrite 4 février 2014 08 h 59

      Mme Renaud (est-ce une erreur que vous soyez inscrit en tant qu'homme?)

      La semaine passé, Mme Marois annonçait bloqué 250 millions pour mettre sur pied une nouvelle cimenterie en Gaspésie, lequel investissement soutient deux grandes familles québécoises: les Beaudoin et les Bombardiers (lesquels viennent de congédier 1,700 travailleurs sans préavis pour entretenir leurs profits). Leur promesse étant que les Québécois vont participer aux profits et que cela crée 400 emplois. Pourtant les travailleurs des cimenteries du Québec ne voient pas les choses de la même manière. Ils considèrent que l'investissement du gouvernement dans une compagnie concurrente dans un marché instable (les cimenteries actuelles ne produisent qu'à 60% de leur capacité) va provoquer des congédiements et des fermetures temporaires dans les autres cimenteries. Alors pourquoi Marois finance la cimenterie? Est-ce une façon de soutenir ses amis et s'offrir une meilleure porte de sortie lorsqu'elle abandonnera sa carrière politique ou bien est-ce une façon de soutenir les amis de son mari? Je ne vois aucune autre justification d'ouvrir une cimenterie quand la demande est au ralenti.

      N'est-ce pas justement la même mentalité que Duplessis: utiliser l'argent des contribuables pour soutenir l'enrichissement de ses petits amis et gagner des votes dans un secteur en particulier?

    • Micheline Gagnon - Abonnée 4 février 2014 11 h 27

      Madame Bernier, Michel Arsenault a dit à la Commission Charbonneau qu'il rêvait d'ouvrir une cimenterie en Gaspésie (d'où il est originaire). Le lendemain ou le surlendemain de ce dernier jour de témoignage Madame Marois annonce la construction d'une cimenterie en Gaspésie en y investissant 350 millions pour, à la fin, 200 emplois directs et 200 emplois indirects. Étrange coïncidence à tout le moins.

  • Robert Breton - Inscrit 4 février 2014 07 h 06

    Régions...

    C'est le temps de saupoudrer les cadeaux dans les régions pro-chartes, soit les régions qui n'ont jamais vu, ou presque, une ethnie autre (si on exclu les autochtones dans mon coin de pays, comme le font la plupart des québécois). Quand à Montréal, où vivent la plupart des québécois (quelque soit leur ethnie), le PQ fera comme d'habitude, soit l'ignorer sans chercher à comprendre.
    Je sais, je suis venu de Montréal il y a 35 ans et vit en région isolée depuis.

    • Jean Richard - Abonné 4 février 2014 09 h 03

      Si on peut gagner des votes en misant sur le racisme, on le fera.

      Si on peut gagner des votes en misant sur le féminisme d'une autre époque, on le fera.

      Si on peut gagner des votes en misant sur la marginalisation de Montréal face aux régions, on le fera.

      Dès 2014, Montréal fera face à une diminution de l'offre de service en transports en commun. Ça laissera le PQ de glace. Il n'y a pas de votes à gagner et de toute façon, le PQ n'est pas le parti de la vision urbaine.

      En 2015, on peut prévoir que Montréal quittera le « club » des 600 à 700 villes modernes et progressistes qui ont mis à la disposition des citadins, un moyen d'améliorer la qualité de vie en milieu urbain, le vélo en libre service. Ça laissera le PQ de glace. Une ville moderne et progressiste, ça ne vote pas PQ.

      Non, pas de cadeaux pour Montréal : ce n'est pas un bon investissement électoral.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 5 février 2014 06 h 26

      Ce qui m'étonne le plus, c'est que Couillard n'a pas encore promis de parkings en bel asphalte neuf pour Montréal comme son ancien cheuf.

      Ce n'est peut-être qu'une question de temps ! Ils doivent commencer à avoir faim les poseurs d'asphalte dans le coin avec toutes les coupes qu'ils se font faire par la ville.

      Un beau parking tout neuf, ça vous dit rien ??? Attendez qu'il revienne de la campagne le beau docteur, il va toute vous arranger ça. Sa gang en arrière des photos, ils connaissent du monde !

      PL

  • François Dugal - Inscrit 4 février 2014 08 h 02

    Un reproche

    Le PLQ reproche au PQ "d'acheter des votes".
    Ben coudonc ...

    • Guy Desjardins - Inscrit 4 février 2014 08 h 34

      Vous avez la réponse M. François Dugal. Il faut changer ces deux vieux partis qui ne veulent que nos biens et non notre bien. À moins que les gens se plaisent dans ce système.