La MMA poursuit le propriétaire du pétrole

La Montreal, Maine and Atlantic (MMA) prétend que la responsabilité de la tragédie de Lac-Mégantic doit reposer sur les épaules de la compagnie propriétaire du pétrole que contenaient ses wagons le soir du déraillement, pas les siennes.

 

Dans une poursuite déposée jeudi aux États-Unis, dont La Presse a obtenu copie, le syndic qui administre la MMA pendant sa mise en faillite accuse la multinationale du pétrole, World Fuel Services, de l’avoir mal informée sur la nature du pétrole qu’elle transportait le soir du drame.

 

En septembre dernier, le Bureau de la sécurité des transports a révélé que la température à laquelle ce pétrole pouvait s’enflammer était inférieure à ce qui était inscrit sur les wagons. « Le point d’éclair inférieur du pétrole brut explique en partie pourquoi il s’est enflammé aussi rapidement après la rupture des wagons-citernes de classe 111 », a noté le BST dans un avis publié à la suite de la tragédie qui a fait 47 victimes le 6 juillet 2013.

 

Mesures de sécurité

 

Dans la requête, la MMA avance qu’elle n’aurait pas laissé son convoi sans surveillance dans une voie principale plutôt qu’une voie d’évitement bloquée si elle avait été informée de la volatilité du pétrole contenu dans ses wagons. Elle soutient qu’elle aurait pris des précautions supplémentaires qui auraient carrément prévenu le déraillement.

 

Rappelons que le train immobilisé à Nantes a dévalé la pente menant à Lac-Mégantic dans la nuit, après qu’un incendie se fut déclaré. Le dépôt dans les prochains mois du rapport final du BST devrait établir précisément les causes de l’incident.

 

La World Fuel Services est l’une des compagnies visées par le recours collectif intenté l’automne dernier par les victimes de la tragédie de Lac-Mégantic.

 

Pour sa part, la MMA s’est placée sous la protection des tribunaux après le déraillement du 6 juillet. Mardi, la quasi-totalité de ses actifs a trouvé preneur aux enchères.