La défense du crucifix aidera à gagner des voix, selon des députés

Pour le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, la question de la charte est <em>«classée»</em>. Il dit vouloir maintenant parler de <em>«choses réelles»</em>, comme l'économie, et non de <em>«choses théoriques»,</em> comme la charte, <em>«une fiction» </em>qui nécessitera 250 heures de travaux parlementaires, a-t-il déploré.
Photo: Michaël Monnier - Archives Le Devoir Pour le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, la question de la charte est «classée». Il dit vouloir maintenant parler de «choses réelles», comme l'économie, et non de «choses théoriques», comme la charte, «une fiction» qui nécessitera 250 heures de travaux parlementaires, a-t-il déploré.
Saint-Félicien — Plusieurs députés libéraux jugent que la défense du crucifix manifestée par leur chef, Philippe Couillard, se traduira par des votes en faveur de leur parti à la prochaine élection générale. 

À l’entrée du caucus libéral, le député de Maskinongé, Jean-Paul Diamond, croit que «les gens veulent garder le symbole», particulièrement dans les circonscriptions rurales comme celle qu’il représente. «Je suis dans un comté rural, c’est excellent», a-t-il indiqué en parlant de la position du Parti libéral du Québec qui vient de trancher: le crucifix, accroché au Salon Bleu par Maurice Duplessis en 1936, y restera.

Dans le débat sur la Charte des valeurs, s’engager à conserver le crucifix au Salon bleu, «ça fait une différence» dans sa circonscription, estime le député chevronné, dans un contexte où une majorité de ses électeurs sont en faveur de la Charte. «Il y en a qui sont pour, il y en a qui sont contre, mais la plupart sont pour la Charte», a-t-il affirmé. 

Pour le député de Mégantic, Ghislain Bolduc, cette défense du crucifix aura «un effet positif» pour les libéraux même s’il avance que la Charte des valeurs ne suscite pas d’intérêt «dans nos régions».

Le chef libéral, Philippe Couillard, croit que la Charte, «c’est un dossier classé dans le sens que notre position est claire». 

«On va parler maintenant de choses réelles», c’est-à-dire d’économie, d’emplois et de finances publiques, a-t-il soutenu, déplorant «qu’on consacre 250 heures de travaux de l’Assemblée nationale à un enjeu largement théorique et une fiction du Parti québécois. Il n’y a aucun policier qui porte de signes religieux alors qu’il y a 350 000 chômeurs au Québec», a martelé le chef libéral. 

Tarif d'électricité

Philippe Couillard se fait le messager d'Alcoa: si le gouvernement Marois est prêt à favoriser des investisseurs étrangers avec un tarif d'électricité préférentiel, il doit aussi discuter avec le géant de l'aluminium pour revoir sa facture à la baisse.

Le chef libéral a pressé, mercredi, le gouvernement péquiste d'entamer une «conversation» avec le géant américain de l'aluminium, qui a envoyé un «signal d'alarme» en menaçant de fermer ses trois usines au Québec, qui emploient plus de 3000 travailleurs.

M. Couillard a ainsi réagi à l'annonce récente de l'implantation d'une usine de silicium d'une entreprise espagnole, qui bénéficiera d'un tarif de 20 % inférieur au tarif industriel L d'Hydro-Québec, qui est de 4,4 ¢ le kilowattheure.

Réuni avec ses députés pour un caucus de deux jours à Saint-Félicien, il a dit se réjouir de cet investissement, mais selon lui, c'est comme acheter des meubles neufs alors que la maison brûle. Il réclame des négociations avec deux grands secteurs énergivores, les alumineries et la filière des pâtes et papiers, pour discuter tarifs afin de garder les emplois au Québec.

Il se défend toutefois de vouloir faire un chèque en blanc.

La première ministre Pauline Marois a déjà indiqué en octobre que des discussions avaient lieu avec Alcoa au plus haut niveau, avec son chef de cabinet adjoint, Dominique Lebel, et le secrétaire général du Conseil exécutif, Jean St-Gelais.