Élaine Zakaïb a été «rencontrée» par la Commission Charbonneau

Davos — Mise en cause dans une affaire de favoritisme, la ministre Élaine Zakaïb a été «rencontrée» par la Commission Charbonneau le 14 janvier dernier.

La ministre déléguée à la Politique industrielle a omis de révéler cette information, mercredi, lors de la conférence de presse qu'elle avait convoquée pour défendre son intégrité.

Mais la première ministre Pauline Marois a vendu la mèche, jeudi, lorsqu'elle est intervenue pour réitérer toute sa confiance envers la ministre.

De Davos, en Suisse, où elle prend part au Forum économique mondial, Mme Marois a relaté que Mme Zakaïb avait «témoigné auprès de la commission» et «répondu à toutes les questions».

Vérification faite, l'attaché de presse de la ministre, Pierre-Luc Desaulniers, a confirmé que Mme Zakaïb avait été rencontrée par la procureure Sonia Lebel le 14 janvier pour livrer sa version des faits.

Mme Zakaïb s'est retrouvée dans l'embarras mercredi après le dépôt en preuve d'écoutes électroniques devant la Commission Charbonneau pour des faits remontant à 2009.

Dans un extrait d'écoute électronique, Mme Zakaïb — alors à la tête des fonds régionaux du Fonds de solidarité de la FTQ — confie que des dossiers ont été bloqués au Fonds de solidarité parce qu'ils émanaient d'entreprises concurrentes de Tony Accurso.

Elle a reconnu mercredi qu'elle avait été témoin de malversations pour favoriser les entreprises de Tony Accurso mais s'est défendue d'avoir mal agi.

Au contraire, elle a affirmé avoir mis fin au stratagème. La première ministre s'est montrée satisfaite des explications de Mme Zakaïb.

«Elle s'est expliquée hier [mercredi] sur ses décisions comme présidente des fonds régionaux d'investissement et en ce sens, je crois qu'elle a répondu à toutes les questions utiles et pertinentes», a dit Mme Marois.

«Elle a, d'autre part, répondu à la demande de la commission, elle a témoigné auprès de la commission et elle a toute ma confiance», a ajouté la première ministre.

Avalanche de réactions

À Montréal, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, n'a pas exigé la démission de Mme Zakaïb, contrairement au Parti libéral du Québec, mais estime que le gouvernement Marois a des comptes à rendre.

De son côté, la députée libérale Lise Thériault a réitéré que Mme Zakaïb devait remettre sa démission en raison des gestes que la ministre péquiste a posés dans le passé.

«Ça, c'est de la collusion pour favoriser les entreprises de Tony Accurso, a martelé Mme Thériault. Ça, ça méritait un coup de téléphone auprès de la police. Elle a fermé les yeux et s'est fait complice par son silence.»

Insatisfaite des explications fournies par Mme Zakaïb jusqu'ici, la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, a fait la même suggestion que le chef de la CAQ.

«La première ministre devrait la suspendre de son rôle au sein du conseil des ministres, a dit Mme David. Elle reviendra si les choses sont bien claires.»

«Nous sommes en droit de se poser des questions sur le rôle de Mme Zakaïb au sein du Fonds de solaridé à un moment où il [le Fonds] ne cessait de privilégier les entreprises de Tony Accurso», a-t-elle ajouté.


Par Martin Ouellet et Julien Arsenault

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