Des pro-charte proposent le retrait du voile des élèves

Des partisans de la charte de la laïcité pressent le gouvernement péquiste de chasser une fois pour toutes les signes religieux des écoles québécoises en soumettant les élèves aux mêmes règles que leurs enseignants.

 

Montrant du doigt des cas d’intimidation de jeunes filles « intimidées » ou « harcelées » parce qu’elles refusent de porter le voile islamique, l’Association humaniste du Québec (AHQ) a appelé mercredi le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, de proscrire le port de signes religieux pour les élèves des écoles primaires et secondaires québécoises.

 

Le porte-parole du regroupement, Daniel Baril, a relaté des cas de « jeunes filles voilées qui intimident des jeunes filles non voilées en les traitant de salopes et de putains » afin de justifier le bien-fondé de sa proposition. « Et ces qualificatifs-là ne s’adressent pas seulement aux jeunes musulmanes. Elles s’adressent à toutes les femmes non voilées », a précisé l’anthropologue.

 

Les Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre) ont aussi demandé au gouvernement péquiste d’évacuer les signes religieux des établissements d’enseignement. « En imposant le voile aux femmes et aux fillettes, les islamistes souhaitent donner un maximum de visibilité à l’islam et nous habituer ainsi à sa présence », a souligné la conseillère au club politique Louise Mailloux aux élus qui étudient le projet de loi 60. « C’est pourquoi il est essentiel pour eux de pouvoir introduire ce voile dans nos institutions publiques, particulièrement dans les garderies et les écoles, qui sont le lieu de passage obligé de chaque citoyen. »


Pas une banale affaire

 

La sexologue Jocelyne Robert a invité les députés à ne pas prendre à la légère l’impact d’une étroite relation entre une éducatrice et un enfant « sur la représentation que se fait [celui-ci] de l’être féminin et du corps féminin ». « Dans une société qui lutte contre les stéréotypes sexuels et sexistes, le port du voile n’est pas une banale affaire vestimentaire dont les enfants devraient s’accommoder », a-t-elle soutenu. Mme Robert est favorable à l’interdiction des signes religieux pour les employés de l’État exerçant des fonctions d’« autorité aidante » dans « des lieux où la neutralité est bien plus que souhaitable, mais absolument nécessaire au respect de l’être humain qui reçoit les services ».

 

Contrairement à l’AHQ et au SPQ Libre, l’ex-enseignante Carole Dionne a invité le gouvernement péquiste à interdire les signes religieux ostentatoires dans « tout le système éducatif », des centres de la petite enfance (CPE) aux universités à la fois pour les employés, les élèves et les étudiants. « Le voile n’arrive pas seul, c’est un forfait comprenant la charia, la ségrégation des sexes, la polygamie, les mariages arrangés, les mariages forcés… » a-t-elle plaidé.


Burqa et niqab, dehors

 

Elle a aussi pressé les élus d’interdire « sur tout le territoire québécois » le port de la burqa et du niqab. « Ce sont des prisons de tissu », a affirmé l’enseignante à la retraite.

 

Puisqu’il « signifie la mort sociale », le « voile intégral » devrait être banni de l’espace public, est également d’avis le SPQ Libre.

 

Si elle est adoptée dans sa forme actuelle par l’Assemblée nationale, la charte de la laïcité constituera néanmoins « une étape urgente et essentielle pour freiner l’intrusion du religieux à un moment de notre histoire où les flux migratoires, particulièrement ceux en provenance du Maghreb, nous ramènent un islam qui s’accommode mal de la laïcité », a affirmé Mme Mailloux.

 

De passage à l’Assemblée nationale, l’instigateur du « Code de vie » d’Hérouxville, André Drouin, s’est réjoui de voir le gouvernement péquiste partager le « même combat » que lui.

LE COURRIER DE LA COLLINE

Nouvelle infolettre

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.