Pour Bernard Drainville, les libéraux ne savent pas défendre les valeurs québécoises

Selon Bernard Drainville, les libéraux de Philippe Couillard <em>«ne sont génétiquement pas capables de défendre et d'affirmer les valeurs québécoises»</em>.<br />
 
Photo: Jacques Nadeau -Le Devoir Selon Bernard Drainville, les libéraux de Philippe Couillard «ne sont génétiquement pas capables de défendre et d'affirmer les valeurs québécoises».
 

Québec — «En expulsant» Fatima Houda-Pepin du caucus libéral, le chef de l'opposition officielle, Philippe Couillard, et les élus du PLQ ont fait la démonstration que la population québécoise «ne peut pas leur faire confiance pour défendre les valeurs québécoises», a fait valoir le ministre Bernard Drainville.

La députée de La Pinière «a essayé de faire évoluer le Parti libéral» en tentant de le convaincre du bien-fondé d'une interdiction des signes religieux pour les individus incarnant l'autorité de l'État: les juges, les procureurs de la couronne, les policiers, les agents correctionnels, etc.. «Et le Parti libéral et M. Couillard lui ont dit non: “On n'évoluera pas”», a souligné le ministre responsable des Institutions démocratiques à l'occasion d'un point de presse mardi matin. «C'est très dommage.»

Le gouvernement péquiste prône l'interdiction des signes religieux facilement visibles pour le personnel de l'État. De son côté, l'opposition officielle «ne veu[t] pas interdire quoi que ce soit». «Si le Parti libéral et M. Couillard refusent d'interdire les signes religieux pour les policiers, les juges, les agents de détention, je pense qu'ils sont totalement déconnectés», a déclaré M. Drainville, rappelant que la charte des valeurs québécoises est un «moyen indispensable» afin de faire barrage à l'intégrisme religieux.

«[Les libéraux] ne sont génétiquement pas capables de défendre et d'affirmer les valeurs québécoises», a affirmé M. Drainville, avant de filer à la commission parlementaire chargée d'étudier le projet de loi 60.

«M. Drainville a pris le monopole des valeurs québécoises», a rétorqué le député libéral Marc Tanguay. À son tour, l'élu s'est dit déçu du départ de sa collègue. Lundi soir, «Fatima a fait son choix». «[Elle] a décidé de s'exclure du caucus [au terme d'une] très bonne discussion.»

Selon la députée caquiste Nathalie Roy ce «triste» épisode dans la vie du PLQ illustre que la formation politique dirigée par Philippe Couillard «a des problèmes». «Ça fait cinq mois qu'on en parle [de la proposition de charte de laïcité du gouvernement péquiste]. On ne sait toujours pas où se situe le Parti libéral du Québec», a-t-elle indiqué.