Indépendance: le débat sur la charte porte ombrage à la cause, dit ON

Québec — Le mouvement indépendantiste fait les frais de la décision du gouvernement péquiste d’imposer la laïcité comme le thème principal du débat politique, selon Option nationale.

 

Le Parti québécois pourra légitimement espérer se voir confier les rênes d’un gouvernement majoritaire si la prochaine campagne électorale prend les allures d’un référendum sur la charte des valeurs québécoises, mais il repoussera une nouvelle fois la concrétisation du projet d’indépendance du Québec, estime le chef d’Option nationale, Sol Zanetti.

 

Déplorant que le débat entourant la proposition de charte des valeurs québécoise du PQ « prenne tout l’espace médiatique », M. Zanetti appelle le gouvernement Marois à « centrer son discours sur l’indépendance ». Il invite les péquistes à « s’engager à faire l’indépendance dans un premier mandat », à défaut de quoi ils n’auront pas la « légitimité nécessaire » pour donner le coup d’envoi d’une nouvelle campagne référendaire.

 

En « repoussant constamment » un autre référendum sur l’avenir du Québec au sein de la fédération canadienne, le gouvernement péquiste « leurre » la population, selon lui. « Il parle d’indépendance, mais seulement quand il se retrouve devant ses membres », dénonce M. Zanetti.

 

De plus, la gouvernance péquiste, dans laquelle s’inscrit le débat entourant la charte des valeurs québécoises, nuit au mouvement indépendantiste, souligne M. Zanetti. « Les gens [notamment ceux appartenant à des communautés culturelles] associent toutes les décisions du PQ au mouvement souverainiste », fait-il remarquer.


Division

 

Le débat sur la charte a également semé la division dans les rangs d’Option nationale. En effet, les quelque 6000 membres ne s’entendent toujours pas sur la portée à donner à une éventuelle interdiction des signes religieux ostentatoires chez les employés de l’État. « Il n’y a pas d’unanimité. » La formation politique a échoué à dégager une « ligne de parti » sur cette question, admet M. Zanetti.

 

Par contre, les membres du parti demandent d’une seule voix au gouvernement de couper court au financement des écoles privées ayant une vocation religieuse, ainsi qu’aux exemptions et aux crédits d’impôt destinés aux organismes religieux, indique-t-il. Option nationale voit là une « atteinte plus grave à la laïcité ».