Un test pour l’offensive de la santé publique sur la fluoration de l’eau

<em>« Si Trois-Rivières va de l’avant, ça va être la seule et première grosse ville qui va embarquer dans le programme national de fluoration»,</em> affirme le conseiller municipal François Bélisle.
Photo: Source Canal Z « Si Trois-Rivières va de l’avant, ça va être la seule et première grosse ville qui va embarquer dans le programme national de fluoration», affirme le conseiller municipal François Bélisle.

Souhaitant recommencer à fluorer l’eau municipale, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, demandera un vote le mois prochain pour lever le moratoire. Si le résultat est positif, la municipalité pourrait aller de l’avant « très rapidement » dans ce dossier extrêmement controversé. Et dans les deux clans, on suit de près ce vote qui aura une incidence déterminante sur la tournure que prendra l’offensive de la santé publique pour fluorer l’eau des Québécois.

 

« Si Trois-Rivières va de l’avant, ça va être la seule et première grosse ville qui va embarquer dans le programme national de fluoration, affirme le conseiller municipal François Bélisle. Symboliquement, ça va donner espoir à tous ceux qui souhaitent ramener la fluoration dans de grandes proportions, ça va envoyer le message que ça vaut encore la peine de continuer dans ce programme. Mais si Trois-Rivières décide, comme Gatineau, de ne pas aller de l’avant, ça va signer l’arrêt de mort de ce programme. »

 

François Bélisle ne s’en cache pas, il va voter contre, car il estime que c’est « une méthode un peu dépassée » pour combattre la carie dentaire. Il n’est pas le seul à être de cet avis au sein du conseil municipal, mais, selon ses calculs, le vote de février devrait être acquis au retour de la fluoration à Trois-Rivières.

 

Le nouveau conseil municipal a reçu les représentants des deux clans — les militants antifluor et la santé publique — en décembre dernier pour être en mesure de prendre une décision rapidement. La Ville, qui a fluoré son eau pendant près de quarante ans, avait arrêté le processus lors des travaux de réfection de l’usine de traitement de l’eau potable en 2008.

 

En 2012, malgré la fronde dirigée par les militants antifluor, le conseil municipal avait décidé de reprendre le processus, signant une entente avec le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) dans le cadre du programme national de fluoration. La Ville s’engageait à fluorer l’eau sur une période de vingt ans. Le ministère, en contrepartie, assumait tous les coûts.

 

Le dossier semblait clos, mais, coup de théâtre au printemps dernier, le conseil municipal a décidé d’imposer un moratoire sur la fluoration, le temps que Québec se penche sur le dossier. Une commission parlementaire était attendue et la Ville souhaitait voir les conclusions du rapport avant de s’engager davantage dans le processus. Lors de cet exercice devant les élus de Québec, le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, avait demandé à Québec de trancher une fois pour toutes et d’imposer sa décision aux villes qui, selon lui, n’ont pas les compétences pour prendre une telle décision. Dans son rapport, rendu public en avril dernier, la commission optait plutôt pour le statu quo.

 

« Comme élu, on peut bien dire que c’est à Québec de décider, mais il faut finalement trancher. Comme dans d’autres dossiers, je me fie à ce que j’ai entendu, affirme le maire en entrevue au Devoir. D’un côté, on avait deux messieurs — un ancien professeur de gymnastique et un naturopathe — qui nous disent que c’est poison. Et de l’autre côté, on a l’Agence de santé, l’Ordre des dentistes et celui des médecins, qui ont des codes de déontologie et qui sont redevables. Ma décision est facile à prendre. »

 

Il refuse de se prononcer sur le résultat attendu, disant vouloir laisser les conseillers voter. Mais si tout va comme prévu, il estime être en mesure de commencer rapidement, l’étape des plans et devis étant déjà bien entamée. Si la Ville décidait plutôt de revenir sur sa décision, elle devrait alors rembourser le ministère pour les frais déjà engagés, soit environ 50 000 $, estime le maire Lévesque.


Effet domino

 

Le vote de Trois-Rivières constitue un moment charnière dans l’offensive de la santé publique pour fluorer l’eau. Dans les années 1990, environ 15 % de la population avait accès à de l’eau fluorée. En 2005, le gouvernement lançait le programme québécois de fluoration de l’eau, espérant faire passer le taux de pénétration de 7 à 50 % pour 2012. Aujourd’hui, on est sous la barre des 3 %.

 

Ce programme fut un véritable « échec », de l’aveu même du directeur national de santé publique, Horacio Arruda, en avril dernier. C’est pourquoi ce dernier disait, en juillet dernier, vouloir intensifier l’offensive dans une ultime tentative de fluorer l’eau que boit la moitié de la population d’ici cinq ans.

 

« C’est un vote très important, cela est certain, affirme le président de l’Ordre des dentistes du Québec, Barry Dolman, qui milite pour la fluoration de l’eau pour le plus grand nombre. Ça prend l’initiative d’une grande ville du Québec pour avoir un effet domino, car chaque ville regarde l’autre pour voir ce qu’elle va faire […] Je ne sais pas si Trois-Rivières va être la clé, mais chaque acte a un effet. Et un vote pour remettre de l’avant la fluoration va être encourageant pour notre démarche, à titre de protecteur du public, pour pousser beaucoup plus fort dans les autres grandes villes. »

 

Même son de cloche du côté des écologistes qui, après avoir fait tant d’efforts ces dernières années, craignent aujourd’hui le pire. « On pensait qu’on avait une majorité en notre faveur lors de notre présentation au conseil, mais il semble que les conseillers ont été très impressionnés par la démagogie de la Direction de la santé publique », se désole Philippe Giroul, porte-parole de la Coalition trifluvienne pour une eau très saine (CTETS).

 

Un échec à Trois-Rivières serait un dur coup, convient-il. Mais la coalition n’a pas encore dit son dernier mot et étudie avec intérêt la possibilité de lancer un recours collectif contre la Ville sous prétexte que « les citoyens risquent de se faire intoxiquer par un produit illégal ». Ce serait, selon Philippe Giroul, l’ultime option. « Si on continue la bataille, ça va être dans ce sens-là. »

27 commentaires
  • François Laforest - Abonné 13 janvier 2014 03 h 27

    Les lobbys efficaces auprès de la ''santé publique''

    Après les commentaires médiatisés et prématurés du tandem des fonctionnaires de la santé publique, dont les drs Arruda et Poirier, sur l'impact d'un supposé décès attribuable au H1N1 et toute une mégacampagne; revoilà que c'est reparti cette fois avec le fluor !
    Le gouvernement ne couvre plus les visites chez les dentistes pour les enfants? De nouvelles études qui tiennent compte de l'impact sur une population vieillissante furent publiées ? Comment les usines de traitement des eaux usées peuvent éliminer cet élément qui retourne dans l'environnement ? Quel est impact réel sur l'environnement de cet élément ? Ce que dit la science et ce que dit la Santé publique va vraiment dans le même sens ?

    Heureusement , pour certains , la ministre de ''Hydreau-secours'' veille au grain et pour le reste disons que les légendes urbaines ont le dos large.

  • Guy Vanier - Inscrit 13 janvier 2014 06 h 23

    Continuons la bataille!

    L'eau est déjà assé poluée comme ça sans en rajouter! Sauvons les dents mais ajoutons une couche de poison pour multiplier les cancers....
    Très bonne reflection.
    Si les villes ont abandonnées la fluoration c'est que les gens n'en veulent pas. Mais comme toujours, ça peut d'importance, les compagnies ont toujours raison.

    • Simon Chamberland - Inscrit 13 janvier 2014 19 h 24

      Avez-vous une preuve formelle, soit un mécanisme biochimique reconnu et une étude épidémiologique sérieuse pour appuyer votre affirmation sur les liens entre cancer et fluoration ou ça sort de votre imagination ?

  • Yves Perron - Inscrit 13 janvier 2014 08 h 52

    Non non et non

    Le fluor est un poison produit par l'industrie (aluminium et engrais) dont ils ne savent comment se débarrasser alors ''pourquoi on le vendrait pas aux gouvernements pour qu'ils le rejettent dans l'eau potable, on fait d'une pierre deux coups''...

    Il me semble que le gros bon sens et la vieille idée que dans le doute , on s'abstient devraient prévaloir. On se demande qui pousse derrière et à qui le (crime) profite. De toutes façons la majorité des gens ne boivent plus l'eau du robinet et presque tous les dentifrices contiennent ce poison alors je ne voit pas du tout l'utilité d'ajouter un autre poison en plus du chlore et de je ne sait quoi d,autres dans l'eau des toilettes .

    • Francis Jeanson - Inscrit 13 janvier 2014 12 h 30

      "la majorité des gens ne boivent plus l'eau du robinet"
      c'est basé sur quelle statistique ça?

    • Joey Hardy - Inscrit 13 janvier 2014 14 h 40

      Mr Jeanson,

      La formulation est douteuse, mais le résultat en demeure inchangé.

      "la majorité des gens ne boivent plus l'eau du robinet"

      En fait, 99% (et plus) de l'eau consommée n'est pas pour se désaltérer. Elle sert à d'autres fins et c'est donc un pure gaspillage.

    • Philippe Legros - Inscrit 13 janvier 2014 15 h 02

      Le dentifrice n'est pas pour la consommation. En fait, le fluorure de sodium contenu dans les tubes sert principalement à prolonger la vie de la dent, car celui-ci protège le calcium (Constituant des os) contre l'acidité. L'ingestion de quelques ppm de fluorure ne constitue pas, à mon avis, un danger pour la santé humaine.

      Je dirais également que le sel de table que vous consommez contient du chlore. qu'il soit sous forme cristalline (sel de table : NaCl) ou sous forme aqueuse, le chlore reste le même élément. Je ne voit pas pourquoi vous utilisez cet exemple...

    • M Sils - Inscrit 14 janvier 2014 15 h 34

      Le rapport de Conseil national de la recherche scientifique des États-Unis (2006), l'autorité scientifique suprême de ce pays, a conclu que le fluorure présente effectivement des risques pour le cancer:

      ''FLUORURE ET CANCER:

      “Le fluorure semble avoir le potentiel d’initier ou d’exacerber les cancers, en particulier celui des os, mais la preuve est jusqu’à maintenant provisoire et contradictoire (Tables 10-4 and 10-5). Tel que mentionné ci-haut, l’ostéosarcome est au centre de ces préoccupations en raison de (1) l’accumulation du fluorure dans les os, (2) l’effet mitogénique du fluorure sur les cellules osseuses, (3) des études animales décrites plus haut et (4) des études épidémiologiques contradictoires antérieures à 1993 relativement aux lien possible entre le fluorure et le cancer des os.“ p. 286

      “ L’ostéosarcome représente potentiellement le plus grand risque, en raison de l’accumulation du fluorure dans les os, des résultats des études animales NTP (augmentation des ostéosarcomes limite chez les rats mâles), et des effets mitogéniques connus du fluorure sur les cellules osseuses en culture (voir chapitre 5). Les principes de la biologie cellulaire indiquent qu’un stimulus menant à une division cellulaire accélérée augmente le risque que certaines de ces cellules deviennent malignes, en induisant des événements aléatoires transformants ou en activant des cellules malignes qui étaient en état de non-division.” p. 275
      “Des recherches supplémentaires sur l’augmentation possible du risque de cancer de la vessie par le fluorure devraient être menées.” p. 288''

      Voir ce lien pour lire les conclusions étonantes de ce rapport scientifique:
      www.fluoraction.com/Articles/extraits-rapport-NRC-

      Notez que le fluorure artificiel injecté dans l'eau potable est non seulement biocumulatif, mais très toxique: www.fluoraction.com/toxicite.htm
      La loi interdit son déversement dans les lacs et rivieres, mais dans l'eau potable, là aucun problème pour les promo

  • Damien Tremblay - Inscrit 13 janvier 2014 10 h 10

    Encore un autre produit toxique cancérigène de charlatans…

    La fluoration des eaux de consommation passera à l’histoire comme le plus bel exemple de charlatanisme médical. Cette mesure prétendument efficace contre la carie dentaire, est parfaitement immorale sur le plan de la déontologie médicale, car elle impose l’ingestion d’une médication éminemment toxique à l’ensemble d’une population.


    Cette dernière présente un ensemble extrêmement varié de patients, depuis le bébé, dont le foie est incapable d’éliminer ce toxique, jusqu’aux vieillards et dialysés dont le système ne peut éliminer adéquatement cette substance toxique ARTIFICIELLE.


    Le fluorure de calcium n’est pas la même chose que le fluorure de sodium très dangereux. Ce dernier, utilisé pour fluorer, est un déchet toxique artificiel de l’industrie de l’aluminium et des fertilisants.

    De nombreux pays, dont l’Allemagne et le Japon n’utilisent pas l’eau fluorurée ou ont banni son utilisation. En fait, seulement 2% de la population européenne boit de l’eau fluorurée.

    Le syndicat de l’Agence américaine de protection de l’environnement déclare ce qui suit : « Nos membres ont révisé l’évidence scientifique des dernières années et ont conclu un lien entre la fluoruration de l’eau et le cancer, les dommages génétiques, la pathologie osseuse et les problèmes neurologiques. Nous avons été particulièrement inquiétés par les récentes études épidémiologiques reliant l'eau fluorurée à la baisse du quotient intellectuel chez les enfants. »

    Autre fait alarmant que l’industrie pharmaceutique américaine cache à la population : les médicaments sous ordonnance – même consommés tel que prescrits – sont la quatrième plus grande cause de décès aux État-Unis. Il est ironique que le gouvernement américain dépense des milliards afin de contrôler les drogues illégales alors que beaucoup plus de gens meurent des effets des drogues légales!

    • Simon Chamberland - Inscrit 13 janvier 2014 16 h 44

      Et naturellement, vous avez une série d'articles scientifiques révisés par des pairs et acceptés par des comités de lecture pour prouver tout ce que vous affirmez. N'est-ce pas ?

    • Guy Vanier - Inscrit 13 janvier 2014 18 h 11

      <Et naturellement, vous avez une série d'articles scientifiques révisés par des pairs et acceptés par des comités de lecture pour prouver tout ce que vous affirmez. N'est-ce pas ?>

      Je n'en ai pas besoin,J'ai assé d'avoir à avaler les produits chimiques qui sont dans notre nourriture sans avoir à prendre de l'eau poluée en plus.
      Le cancer vous pensez que ça viens de où?

    • Simon Chamberland - Inscrit 13 janvier 2014 19 h 22

      M. Vanier, il n'existe pas «un» cancer, mais «des» des cancers, beaucoup de causes (infection, altérations endogènes, exogènes) et de cibles, le tout influencé par l'âge de la personne atteinte, son bagage génétique, ses habitudes de vie, son sexe et son milieu de vie.

  • Stéphanie LeBlanc - Inscrite 13 janvier 2014 10 h 12

    Une mesure inutile, polluante et contraire à l'éthique

    Avaler du fluor est à peu près aussi utile pour prévenir la carie que boire de la crème solaire ne l'est pour prévenir le cancer de la peau. Sans un bon brossage de dents 2 ou 3 fois par jours, les caries sont inévitables et boire, cuisiner et laver sa vaisselle avec de l'eau fluorée n'y changera absolument rien.

    Contrairement à l'eau de l'on boit, le brosse à dent ne fait pas qu'effleurer la face interne des dents. De plus, il y a déjà du fluor dans le dentifrice et l'emballage indique qu'il ne faut pas l'avaler.

    Exposer toute une population contre son gré à un déchet industriel toxique pour prévenir la carie est aussi inacceptable que ne le serait le fait de lui ajouter des antibiotiques pour prévenir les infections ou des vitamines pour prévenir les carences. Cessons de déresponsabiliser les citoyens.

    • Paul Michaud - Abonné 13 janvier 2014 18 h 31

      ''Imposer à toute une population contre son gré''?
      D'où ça sort cette histoire? Ce n'est absolument pas contre mon gré en tous cas.
      Ça me fait penser au Micro-ondes à ses débuts, on était supposé finir par avoir le cerveau grillé, ou quelque chose comme ça.
      Ou encore, il y a cent et quelques années, l'invention du train à vapeur; au delà de 30 km\hre, l'être humain (l'homme à cette époque), ne pourrait le supporter (supposée pression de l'atmosphère supérieure à ce qui est supportable ou quelque chose d'aussi scientifiquement impressionnant).
      Et aujourd'hui, voilà l'ennemi: le chlore. Wow, je suis paniqué!