Les sages-femmes s’entendent avec Québec

L’entente conclue entre Québec et les quelque 150 sages-femmes représentées par le RSFQ sera échue le 31 mars 2015.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir L’entente conclue entre Québec et les quelque 150 sages-femmes représentées par le RSFQ sera échue le 31 mars 2015.

Après deux ans et demi de négociations et d’impasses, les sages-femmes ont conclu une entente de principe avec Québec.

C’est une victoire douce-amère, souligne la présidente du Regroupement Les Sages-Femmes du Québec (RSFQ). Les gains obtenus sont modestes, bien qu’ils constituent un pas dans la bonne direction, selon elle. « Ce n’est pas une bataille qui se termine dans de grandes festivités, dit Mme Faille. Mais nous avons pu améliorer certains points. Nous sommes extrêmement fières de la lutte que nous avons menée ».

 

La rémunération des heures de garde des sages-femmes constituait la pierre angulaire de cette négociation. Elles ont obtenu une bonification, faisant passer la compensation des heures de garde d’un à deux dollars l’heure environ. « Nous sommes toujours très loin de la parité avec les autres professionnels de la santé, notamment les médecins », dit Mme Faille. Les membres ont entériné l’entente de principe mardi soir, à 87 %. « Le comité de négociation a recommandé la signature, car on sentait qu’on ne pouvait pas aller chercher plus pour l’instant », indique la présidente.

 

Elles obtiennent aussi le droit de prendre un congé sans solde pour oeuvrer en région nordique, participer à un projet humanitaire en lien avec la pratique sage-femme ou développer de nouveaux services. Des libérations requises pour la formation continue s’ajoutent aussi.

 

« Il y a encore un problème avec la reconnaissance de notre pratique », estime Mme Faille. Selon elle, les résultats obtenus par les sages-femmes sont en grande partie attribuables aux heures de garde qu’elles assument. « C’est la même sage-femme qui assure les suivis et qui est présente à l’accouchement. Ça donne de meilleurs résultats pour la santé des mères et des bébés, et donc ça diminue les coûts. La valeur de notre modèle n’est pas encore reconnue ».

 

Par une mobilisation en ligne et lors de nombreuses manifestations, les femmes et les familles ont montré leur soutien aux sages-femmes. « Nous savons que nous allons pouvoir continuer à compter sur leur appui, dit Mme Faille. C’est une bataille pour toutes les femmes. Nous allons reprendre nos forces et nous préparer pour la prochaine négociation, en 2015. »

2 commentaires
  • Roxane Bertrand - Abonnée 10 janvier 2014 08 h 23

    Des femmes de cœur!

    Je salue votre engagement auprès des femmes.

    Je souhaite qu'un jour le Québec soutienne les sages-femmes comme c'est le cas dans certains pays d'Europe. Quand 30% des femmes accoucheront à domicile comme c'est la cas au Pays-Bas, la population sera d'avantage consciente des gros avantages de mettre de l'avant et d'encourager la pratique des sages-femmes.

    Bonne chance dans votre combat!

  • Donald Bordeleau - Abonné 10 janvier 2014 23 h 30

    Un petit pas pour les sages femmes.

    Un grand pas depuis 1999 pour la reconnaissance des S.F. Au Pays-Bas, 30% des naissances sont à la maison ou en maison de naissance, le Québec a du ratrappage à faire mais ne met que peu de moyen pour y parvenir. C'est désolent comme manque de vision pour notre gouvernement pour réduire les coûts. Imaginez

    bénéfices pour les mères, réduction des urgences, apport formidable au rétablissement post natal et les coûts-bénéfices du travail des Sages Femmes

    • Diminution des interventions
    • Augmentation des accouchements normaux
    • Diminution de la prématurité et des bébés de petits poids
    • Diminution des hospitalisations durant la grossesse
    • Diminution des recours à l’urgence durant la grossesse
    • Séjours hospitaliers plus courts (mère et nouveau-né)
    • Élimination des coûts d’hospitalisation reliés à l’accouchement en centre hospitalier
    (CH)
    • Efficience de l’organisation des soins complémentaires entre les lignes de services
    • Renforcement de la première ligne
    • Réduction des coûts de transfert et soutien à domicile
    • Réduction du stress ou de la dépression pré ou postpartum avec un suivi sagefemme

    Tiré de l'ordre
    des sages femmes du Québec