La «francophobie» dénoncée

Une page Facebook a même caricaturé la première ministre Pauline Marois sous les traits d’une nazie.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Une page Facebook a même caricaturé la première ministre Pauline Marois sous les traits d’une nazie.

Une centaine de personnalités, menées par la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) de Montréal, dénoncent ce qu’elles appellent la «francophobie» croissante issue notamment des débats sur la Charte de la laïcité et sur le renforcement de la loi 101.

La SSJB a dévoilé jeudi une lettre ouverte qui recense des chroniques publiées dans des journaux anglophones et dans les réseaux sociaux, au cours des derniers mois. Ces écrits «discriminatoires» dépeignent les Québécois comme des racistes, a dénoncé Mario Beaulieu, président de la SSJB de Montréal. Une page Facebook a même caricaturé la première ministre Pauline Marois sous les traits d’une nazie.

L’ancien premier ministre Bernard Landry, l’ex-député péquiste Pierre Curzi et une centaine d’artistes, professeurs, animateurs et militants de tous les horizons ont signé le manifeste. L’animatrice Julie Snyder, le conteur Fred Pellerin et les comédiens Emmanuel Bilodeau, Guylaine Tremblay et Lucie Laurier figurent parmi les signataires.

«Les injures ont atteint une rare intensité dans le cadre du débat sur la laïcité au Québec», a dit Pierre Curzi.

Éric Bouchard, de la SSJB, a raconté que l’organisation d’un simple événement en faveur de la loi 101, en septembre, avait déclenché un déferlement de propos haineux sur les réseaux sociaux. Il a convié 400 personnes qui ont formé les chiffres «101» en portant une chandelle, sur la Place des spectacles. Il dit avoir eu la surprise de sa vie en prenant connaissance d’une série de commentaires «violents» formulés sur la page Facebook de l’événement. «Ça m’a pris quatre heures pour enlever les propos francophobes de la page. Je suis sorti démoli de ça.»

En réponse à des questions des journalistes, les organisateurs de cette initiative contre la francophobie se sont défendus de mener une campagne contre les anglophones du Québec et du reste du Canada.