Pauline Marois se félicite de ne pas avoir envoyé les Québécois aux urnes

Pauline Marois à la clôture de la dernière séance avant les Fêtes
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Pauline Marois à la clôture de la dernière séance avant les Fêtes

Pauline Marois estime avoir pris « une sage décision » en ne déclenchant pas d’élections cet automne.

 

À l’heure des traditionnels bilans de fin de session, la première ministre se dit persuadée d’avoir fait le bon choix, lors du caucus extraordinaire du lac Taureau à la fin octobre, en n’envoyant pas les électeurs aux urnes le 9 décembre.

 

« Je crois qu’on a pris la bonne décision pour continuer à faire avancer le Québec, avec tous les projets que nous avions mis de l’avant, et les résultats sont au rendez-vous, a soutenu la première ministre en point de presse vendredi. Honnêtement, je n’ai pas de regrets. »

 

Pauline Marois a également rejeté du revers de la main le scénario d’élections en février, avant le dépôt du budget. « Actuellement, le seul scénario sur lequel nous travaillons, c’est de continuer à servir les Québécois. On a beaucoup de plats au feu, en particulier sur la stratégie économique et celle de l’emploi, le commerce extérieur, l’électrification des transports et la politique industrielle, de même que toutes les mesures de solidarité qui vont se mettre en oeuvre. »

 

Après avoir avoué, l’an dernier, que son gouvernement avait fait preuve d’un peu trop de précipitation, elle dit avoir enfin atteint « un niveau de cohésion et de cohérence ».

 

Aux yeux de la première ministre, même le report de l’équilibre budgétaire n’aura pas réussi à ternir son bilan. « On regarde les économies autour de nous et je crois qu’on a fait les meilleurs choix dans les circonstances. Cependant, je vous dis, on va être encore plus actifs sur le front des investissements, du soutien à l’économie québécoise. »

 

« Philippe-flop »

 

S’attaquant au bilan financier du gouvernement Marois, le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, s’est fait un plaisir de rappeler à maintes reprises les propos du ministre des Finances, Nicolas Marceau, qui avouait dans une entrevue récente que « cette fois-ci, on n’a pas été bon ». Pour une rare fois, et de façon tout à fait ironique, il se disait d’accord avec lui. « La session qui s’achève se résume assez clairement : une économie en panne, des finances publiques qui s’enfoncent dans le rouge et un gouvernement qui a voulu faire de la diversion. »

 

Philippe Couillard refuse de relever les erreurs de son parti au cours de la dernière session, disant laisser cela aux analystes politiques. Quant à l’épithète « Philippe-flop », qui lui a collé à la peau depuis quelques semaines au sujet de l’équilibre budgétaire, il dit ne pas s’en formaliser. « C’est le genre d’enfantillage qui ne m’affecte pas particulièrement. Et sur le plan des retournements d’opinion, je pense que le championnat olympique du triple salto arrière revient à la première ministre. »


Les « cheerleaders » d’Enbridge

 

De son côté, Québec solidaire estime être le seul parti à avoir « défendu l’intérêt des gens ordinaires en restant totalement indépendant des lobbys d’affaires ». Pour Françoise David, le gouvernement Marois a « démontré son manque de courage pour affronter certains lobbys ». Elle accuse notamment les ministres péquistes — à l’exception de Sylvain Gaudreault — d’avoir « paradé en commission parlementaire comme s’ils étaient les cheerleaders du pipeline d’Enbridge ».

 

La Coalition avenir Québec n’a pas encore fait son bilan de session.

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