Infrastructures - Les compétences et non la partisanerie dicteront les embauches au CA, assure Gaudreault

Sylvain Gaudreault
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Sylvain Gaudreault

Le ministre des Transports, Sylvain Gaudreault, a donné l’assurance que la nouvelle Agence des infrastructures des transports du Québec (AITQ), qui fait l’objet du projet de loi 68 déposé mercredi, sera dirigée par un conseil d’administration dont tous les membres seront nommés pour leur stricte compétence.

 

Or, tel que rédigé, le projet de loi 68 permettrait au gouvernement Marois de nommer président du conseil ou p.-d.g. de l’AITQ des personnes sans compétence avérée en transport ou dans la gestion d’organisation, comme ce fut le cas pour l’ex-député Nicolas Girard, nommé p.-d.g. de l’Agence métropolitaine des transports (AMT) en septembre 2012, trois semaines après sa défaite dans Gouin.

 

Pourtant, en conférence de presse, Sylvain Gaudreault a soutenu le contraire. « Le président ou la présidente [du CA], [le] directeur général [la] directrice générale et les vice-présidents seront nommés sur la base de profils de compétence très stricts qui proviendront du conseil d’administration », a-t-il affirmé.

 

L’article 23 du projet de loi stipule cependant que « le gouvernement nomme les membres du conseil, autres que le président de celui-ci et le président-directeur général, en tenant compte notamment des profils de compétence et d’expérience approuvés par le conseil ».

 

Lutte pour l’intégrité

 

Ce sont les vice-présidents et les membres du conseil, autres que son président, qui seront nommés en tenant compte de ces profils de compétence. Collectivement, les membres du conseil, au nombre de neuf au minimum et de 13 au maximum, doivent posséder la compétence et l’expérience dans les domaines suivants : la gouvernance et la gestion de projets, la gestion d’actifs, la gestion financière, la gestion des ressources humaines ainsi que l’éthique et la gouvernance. L’expérience politique ne fait pas partie des compétences recherchées.

 

Sylvain Gaudreault a présenté la création de cette agence indépendante comme un élément de la stratégie du gouvernement « de lutte pour l’intégrité ». Un des quatre objectifs visés, c’est d’« éloigner l’influence politique de la réalisation des travaux ». Comptent aussi un contrôle plus efficace des coûts des projets, le renforcement de l’expertise de l’État et la décentralisation.

 

Les déboires du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), tout comme l’enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) sur l’AMT du temps du gouvernement libéral — le CHUM et l’AMT étant dirigés par des CA indépendants — ne démontent pas le ministre. « Je souhaite évidemment qu’on puisse s’enrichir, je dirais, de ces mauvais exemples pour ne pas répéter les erreurs », a-t-il déclaré, optimiste.

 

L’AITQ reprendra 90 % des 6500 fonctionnaires du ministère des Transports, ministère qui jouera un rôle dans la définition des grandes orientations, la planification et la sélection des projets.

 

La Coalition avenir Québec a exprimé mercredi son opposition à la création de cette agence indépendante et votera contre le principe du projet de loi. Le chef libéral, Philippe Couillard, tout en exprimant des réserves quant à l’imputabilité de l’organisme, s’est montré plus nuancé.

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