CEIC – Ordonnance de non-publication levée sur le témoignage de Laurent Gaudreau

Le promoteur du projet Tipi, Laurent Gaudreau avait une peur bleue de Vincent et de ses acolytes, ce pour quoi il a demandé de témoigner de façon anonyme, le 14 novembre dernier, à la commission Charbonneau.
 
Photo: Archives Le Devoir Le promoteur du projet Tipi, Laurent Gaudreau avait une peur bleue de Vincent et de ses acolytes, ce pour quoi il a demandé de témoigner de façon anonyme, le 14 novembre dernier, à la commission Charbonneau.
 
Le promoteur du projet Tipi, Laurent Gaudreau avait une peur bleue de Vincent et de ses acolytes, ce pour quoi il a demandé de témoigner de façon anonyme, le 14 novembre dernier, à la commission Charbonneau.

L'ordonnance de non-publication qui pesait sur son témoignage a été levée lundi matin. De nombreux témoins, et l'écoute électronique du projet Foudre, une enquête criminelle sur le dossier de Tipi, ont corroboré sa version des faits.

M. Gaudreau a confirmé que Denis Vincent avait exigé un pot-de-vin de 250 000 $, au bénéfice de Jean Lavallée, afin de débloquer l'impasse sur le financement de Tipi. «Je ne pouvais pas l'imaginer. Denis Vincent a dit à deux reprises: ça prend 250 000 $ pour Johnny [Lavallée]», a relaté le témoin.

La SOLIM s'était engagée à verser 2,6 millions de dollars dans ce projet d'aménagement d'une salle de spectacle au pied des chutes Montmorency. Elle s'est retirée du projet après que M. Gaudreau eut refusé de payer le pot-de-vin à Denis Vincent.

Ce courtier fantôme lui aurait dit: «C'est moi qui “run” chez SOLIM. Inquiète-toi pas avec ça. C'est la vérité pure.»

La filière du fast track

Laurent Gaudreau et Denis Vincent, deux passionnés de l'aviation, ont fait connaissance au Lac à la Tortue, près de Shawinigan. L'ex-patron de Coscient a décrit Denis Vincent comme «une boîte à surprises». «On a l'impression qu'il connaît la province au complet», a-t-il dit.

Au fil des ans, M. Gaudreau s'est lié d'amitié avec Vincent et l'ex-patron de la FTQ-Construction, Jean Lavallée. Les trois hommes ont fait de nombreux voyages de chasse et de pêche dans le Nord du Québec, où M. Gaudreau possédait un chalet. Louis Bolduc, le directeur des TUAC au Québec, les a aussi accompagnés.

Laurent Gaudreau a réussi à intéresser Jean Lavallée, qui était aussi le président du conseil de la SOLIM, à son projet de salle de spectacle. Le p.-d.g. de la SOLIM, Guy Gionet, a manœuvré avec Denis Vincent pour mettre des obstacles sur la route de Laurent Gaudreau.

Au fur et à mesure que le projet avançait, Denis Vincent consolidait son emprise sur Laurent Gaudreau. À force d'insister, il a arraché 33 % des droits de Tipi, même s'il n'a aucunement contribué à la création et au montage financier du spectacle.

Le promoteur s'est plaint à Guy Gionet de l'influence exercée par Denis Vincent. «Comment se fait-il que Denis Vincent soit devenu une personne aussi importante dans votre organisation?», lui a-t-il demandé. Pour seule réponse, M. Gionet lui a dit d'accéder à toutes les demandes de Denis Vincent. «M. Gionet n'aimait pas que je questionne l'autorité de Denis Vincent», a dit M. Gaudreau.

Même s'il ne possédait aucun titre officiel au Fonds de solidarité ou à la SOLIM, Denis Vincent en menait très large à la SOLIM. Selon l'enquêteur de la commission, Michel Comeau, il se comportait comme l'égal des hauts gestionnaires.

Denis Vincent, Guy Gionet, Jean Lavallée et l'entrepreneur Tony Accurso appartenaient à la filière du fast track, a confirmé M. Comeau. Le quatuor exigeait des ristournes des promoteurs en échange d'un traitement préférentiel à la SOLIM. Denis Vincent a avoué à mots couverts l'existence du fast track lors d'un entretien avec l'enquêteur Comeau.

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