Point chaud - Charte de la laïcité - Duceppe rejoint Parizeau et Bouchard

Gilles Duceppe affirme ne pas lancer d’attaque frontale contre le PQ et revendique le droit de s’exprimer.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Gilles Duceppe affirme ne pas lancer d’attaque frontale contre le PQ et revendique le droit de s’exprimer.

Inutilement restrictives : après Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry, c’est au tour de Gilles Duceppe de trouver trop sévères les dispositions de la charte de la laïcité qui concernent le port des signes religieux. L’ancien chef du Bloc québécois plaide notamment pour une plus grande cohérence dans l’approche de la laïcité.

Dans une longue entrevue accordée vendredi au Devoir — la première qu’il donne au sujet de la charte —, Gilles Duceppe s’est montré critique du projet du Parti québécois, qui est aussi appuyé par son ancien parti. Il a soutenu que l’interdiction de porter des signes religieux ostentatoires ne devrait concerner que les employés qui représentent à la fois l’État et l’autorité (en plus des cas où il y a un enjeu de sécurité). Il s’agirait par exemple des juges et des policiers.

 

En ce sens, M. Duceppe réitère la position défendue par le Bloc québécois dans le mémoire que le parti avait présenté à la commission Bouchard-Taylor, en 2007. C’est cette position que le nouveau chef du parti, Daniel Paillé, a mise de côté en donnant « son plein appui à la proposition » du Parti québécois dans la foulée de l’expulsion de la députée Maria Mourani.

 

Vendredi matin, le document de 2007 trônait bien en évidence sur le bureau de M. Duceppe (à côté du livre de Jean Dorion, Inclure), au 25e étage de la Tour de la Bourse, vue tournée sur le pont Jacques-Cartier. Pour le reste, le bureau était pratiquement vide : quelques heures plus tard, Gilles Duceppe devait quitter les lieux, son mandat de coprésident de la Commission nationale d’examen sur l’assurance-emploi étant maintenant terminé. M. Duceppe s’était imposé un devoir de réserve pendant la durée de ce mandat.


Être objectif

 

Libéré de cette contrainte, Gilles Duceppe réitère son soutien à un État laïque où « aucune prescription religieuse ne vient transgresser les règles de la cité ». « C’est le premier principe », dit-il. Autre élément incontournable : le visage découvert. Ces règles, M. Duceppe soutient qu’on doit les appliquer avec une « grande cohérence ».

 

C’est cette même cohérence qu’il évoque pour expliquer son opposition à ce qu’on interdise le port de signes religieux ostentatoires pour les enseignants, le personnel des commissions scolaires, du réseau de la santé et des services de garde subventionnés, comme le prévoit le projet de loi 60.

 

En 2007, le Bloc écrivait dans son mémoire que « l’obligation de neutralité de l’État vise le respect des libertés fondamentales de conscience et de religion de tous les citoyens » et qu’on ne peut cibler « sans restriction l’ensemble des personnes à l’emploi de l’État sans tenir compte de la nature de leur travail ». « J’y crois toujours », ajoute aujourd’hui l’ex-leader.

 

Le Bloc demandait aussi « sur quoi on pourrait se baser pour affirmer que le port du foulard ou de la kippa par un médecin contrevient au principe de neutralité de l’État. Une éducatrice de garderie qui porte un foulard islamique serait-elle moins respectueuse des droits des enfants ? ».

 

Six ans plus tard, Gilles Duceppe demeure convaincu que ces questions sont bonnes. Pour les enseignants et les éducateurs en garderie, « il y a une absolue nécessité pour qu’il n’y ait aucun prosélytisme dans tout ce qui est enseigné », dit-il avec emphase. Mais dès lors, nul besoin de les empêcher de porter un signe religieux. « Les professeurs ne représentent pas l’État », rappelle M. Duceppe.


Cohérence

 

Le Parti québécois va-t-il trop loin avec le projet de loi 60 ? À cela, l’ancien chef du Bloc québécois répond que la question « n’est pas d’aller trop loin ou pas assez loin. C’est d’avoir une cohérence et de développer le plus large consensus possible sans affecter cette cohérence et certains principes ».

 

Il décline. Si interdire le port de signes religieux ostentatoires aux employés représentant l’État et l’autorité contrevient à la Charte canadienne des droits et libertés, « il faudra utiliser le “nonobstant” » sans craindre les réactions.

 

Ensuite : pour bien affirmer son caractère laïque, l’État devrait probablement revoir d’autres règles, estime Gilles Duceppe. « Il faut tenir compte de l’ensemble des privilèges que l’État accorde aux institutions. Selon moi, par exemple, les permis de garderies, même celles privées non subventionnées, devraient être accordés seulement si on garantit que les services vont être donnés à visage découvert. »

 

Autres exemples ? « Comment peut-on concevoir un État laïque qui subventionne des écoles identifiées à un culte ? », demande-t-il en évoquant la vingtaine d’écoles privées (notamment juives et musulmanes) qui profitent d’un financement de l’État. « Et comment peut-on avoir une fiscalité privilégiée pour les différents cultes ? On devrait avoir un débat sur ça », dit-il.


Droit de parler

 

Gilles Duceppe redira à plusieurs reprises durant l’entrevue qu’il ne lance pas d’attaque frontale au PQ. Il « félicite le gouvernement d’avoir eu le courage de lancer le débat », il souligne que « 80-90 % du projet de loi fait consensus, ce qui est très rare », il mentionne qu’il va « voter PQ aux prochaines élections, parce que c’est mon parti et qu’on peut ne pas être d’accord sur tout ».

 

Mais il revendique aussi le « droit de s’exprimer ». « On nous appelle les belles-mères. Mais nous sommes des citoyens ! Aux États-Unis, Jimmy Carter et Bill Clinton ont continué à parler après leur départ. Ce serait bien le bout si ceux qui ont consacré leur vie à la chose publique n’avaient plus le droit de se prononcer sur les affaires publiques importantes. »

94 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 2 décembre 2013 01 h 36

    Errare humanum est

    Monsieur Duceppe erre .

    "C’est cette même cohérence qu’il évoque pour expliquer son opposition à ce qu’on interdise le port de signes religieux ostentatoires pour les enseignants, le personnel des commissions scolaires, du réseau de la santé et des services de garde subventionnés, comme le prévoit le projet de loi 60".

    Monsieur Duceppe semble être inconscient de ce qui attend la société québécoise. Le ménage que nous avons fait dans notre société quant à
    la religion traditionelle ne doit pas ouvrir la porte aux sectes de tout acabit.
    Un enfant confronté aux foulards et autres symboles est influencé indûement. Un malade à l'hôpital est plus que vulnérable.
    Je l'ai vu et vécu.
    Nous avons bataillé pour la séparation de l'état et de la religion.

    Monsieur Duceppe se trompe.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 2 décembre 2013 08 h 15

      Je souhaite que les enfants et petits enfants québécois soient exempts de prosélytismes sous toutes leurs formes dans les écoles publiques et privées du primaire et du secondaire, dans les CPE subventionnés et les garderies privées.

      C'est pas compliqué. C'est logique. C'est en continuité avec l'évolution de la société québécoise. C'est respectueux de toulmonde qui veut vivre dans une société laïque.

    • Chantale Desjardins - Inscrite 2 décembre 2013 08 h 43

      M. Duceppe avec Parizeau et Bouchard ont droit à leur opinion mais ils ne comprennent pas les dangers qui nous guettent en tolérant ce signe chez les employés de l'état car il s'agit seulement des EMPLOYÉS DE L'ÉTAT.
      Les femmes peuvent se couvrir la tête mais ce n'est qu'une mode qui ne veut rien dire sauf attirer l'attention. Rose Anna dans le Temps d'une paix mettait son chapeau et ses gants pour aller au magasin général...
      Maintenant c'est du passé et on s'est libéré de cette mode imposée par la religion qui continue à considérer les femmes comme inférieure à l'homme.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 2 décembre 2013 08 h 56

      Je suis d'accord avec vous M. Francoeur. Un enfant confronté à des symboles religieux est influencé. Et plusieurs sont d'avis que le port de signes religieux s'accompagne toujours d'autres exigences de la part des employé-es.

      Une proposition de loi en France "visant à étendre l'obligation de neutralité aux structures privées en charge de la petite enfance et à assurer le respect du principe de laïcité" a été présentée en octobre 2011 par les membres du groupe
      du Rassemblement Démocratique et Social européen. S'appuyant sur la loi n° 2004-228 du 15 mars 2004 qui encadre le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics, les membres de ce groupe affirme que "la République a ainsi réaffirmé son attachement à la liberté de conscience et au principe de laïcité [... et] elle a explicité le principal objectif recherché par cette loi : préserver l'école afin d'y assurer l'égalité des chances, l'égalité devant l'acquisition des valeurs et des connaissances, l'égalité entre les filles et les garçons.

      Les membres de ce groupe soulignent donc que : "Ce qui apparaît nécessaire, à l'école, pour l'apprentissage des enfants à partir de six ans, l'est tout autant pour les plus jeunes."

      Je crois que comme Ms Parizeau et Bouchard, M. Duceppe occulte certains points particulièrement importants dans le domaine de l'éducation et de la petite enfance. Très désolant!

    • Sylvain Auclair - Abonné 2 décembre 2013 09 h 31

      Ménage de la religion traditionnelle? Combien d'écoles privées sont encore officiellement catholiques? La Charte interdirait-elle à M. Tremblay, maire de Saguenay, de réciter sa prière et d'orner la salle du conseil d'une statue de la Vierge? Comment se fait-il qu'un mariage religieux a encore valeur d'un mariage civil?

    • Gilles Charbonneau - Inscrit 2 décembre 2013 10 h 39

      Je ne crois pas que monsieur Duceppe se trompe, car on ne peut prétendre défendre les droits de certains tout en ne respectant pes ceux des autres, c'est un principe de base en droit de lapersonne.

      Ce que le Québec a besoin, c'est d'une loi intelligente, et non une loi marteau qui sera telement défaite dans les tribunaux qu'elle donnera des armes aux intégristes religieux!

    • Léandre Nadeau - Inscrit 2 décembre 2013 11 h 29

      En 2007, le Bloc écrivait dans son mémoire que « l’obligation de neutralité de l’État vise le respect des libertés fondamentales de conscience et de religion de tous les citoyens »

      Duceppe est incohérent à plusieurs égards. La liberté de conscience de l'enfant est beaucoup plus fondamentale que la limitation raisonnable au port de signes religieux qui serait imposée aux éducateurs durant leurs heures de travail. On s'est donné une école publique neutre dans les années 60. Le rapport Parent la recommandait justement car les minorités religieuses et les non croyants la réclamaient. Quel était le sens de neutre ? Cela signifiait neutre dans son enseignement, mais aussi interdiction des signes religieux dans la classe. Que signifie neutre aujourd’hui ? Même chose évidemment. Donc, Duceppe est incohérent par rapport à notre histoire récente, par rapport au sens des mots et par rapport aux droits fondamentaux de l’enfant.

      La société québécoise a décidé dans les années soixante que l’éducation devait être prise en charge par l’État. Elle est ainsi devenue l'une des fonctions les plus importantes de l’État québécois. Ceux qui accomplissent ces fonctions, les éducateurs, en font partie. De plus, ils sont en autorité évidente. Autre incohérence ici aussi.

      Les belles-mères sont alignées sur les multiculturalistes Bouchard-Taylor. Or, l’interdiction des signes religieux pour les personnes ayant un pouvoir de coercition, eux qui représentent bien l’État policier, n’a pas beaucoup de sens dans un État moderne. Pourquoi ces gens représenteraient-ils l’État moderne et pas les autres ? Autre incohérence. De plus, cet interdit est inconstitutionnel car il ne s’appuie sur aucun motif mentionné dans les chartes. Ainsi, une cause portant sur les droits de l’enfant aurait plus de chance de l’emporter que la proposition de Bouchard-Taylor.

      L'argumentaire des belles-mères est faible. Elles aideront la cause de Couillard, mais les pro-chartes ne changeront pas d'opinion.

    • Denis Gaumond - Abonné 2 décembre 2013 11 h 44

      Désolé M. Auclair, un mariage à l'église n'est pas religieux, il est civil, mais accompagné d'une cérémonie religieuse. Sa valeur légale est civile même si cette partie a été confiée à l'Église en terme administratif.

    • Yannick Montreal - Inscrit 2 décembre 2013 13 h 33

      Mais quelle genre de sotisses êtes-vous en train de répendre sur cette tribune? J'ai grandi à Ville saint-laurent, quartier le plus multi-ethnique au Canada. J'ai eu des éducatrices voilées, des profs boudhistes, des amis de toutes les origines. Malgré nos différences, on s'entendait non seulement à merveille mais je ne connait personne qui se soit convertit à l'islam à cause des nombreuses femmes voilées dans le quartier ?? D'où ça sort ??

      Les gens sont attirés par les interdits, chers amis. Bannissez le voile, mettez tous les musulmans dans le même panier et comme en France, vous assisterez à une montez de l'islam radicale chez les jeunes de souche.

      Votre position est irrationnel et teinté par un certain dédain pour la spiritualité d'autrui. En tant que fier québécois de 2ème génération, en tant que souverainiste de centre droit lire de tels commentaires m'attriste au plus haut niveau.

      Yannick B. Prince, 26 ans, Montréal

  • Denise Lauzon - Inscrite 2 décembre 2013 02 h 24

    Se concentrer sur les intégristes

    Même si j'ai une réaction négative à chaque fois que je vois des femmes voilées, je suis bien consciente que je ne peux pas les forcer à l'enlever. Elles ont été programmées à penser que leur religion exige qu'elles le portent comme nous les catholiques pensions, il y 40 - 50 ans, qu'il fallait aller à la confesse tous les mois et que nous devions aller à la messe tous les dimanches, sans quoi, nous serions excommuniés. On a été trop longtemps pris sous le joug de cette religion et notre plus grand désir serait que les musulmans(nes) se libèrent de ces dictats qui sont, en réalité, contre nature. Il est impensable que Dieu ou Allah exige des femmes qu'elles se cachent sous un tchador ou une burka ou un nikab ou même un foulard. Qui véhicule ces règles si restrictives pour les femmes musulmanes? Elles reçoivent leur programmation à la maison certes mais la mosquée demeure le lieu de prédilection pour enfoncer le plus solidement possible les enseignements à caractère restrictif des Imans.

    Malgré mon souhait de voir les femmes musulmanes se libérer, je pense qu'il est avant tout primordial de s'attaquer au problème des intégristes qui souvent se retrouvent dans les mosquées. C'est souvent là que certains Iman, souvent formés dans des pays arabes, prononcent des discours incitant à la haine et la méfiance envers les non-musulmans. Mme Fatima Houda-Pépin a récemment bien expliqué ce point. Elle dit d'ailleurs clairement qu'il est urgent de s'attaquer à ce problème d'intégristes religieux.

    La question qui tue: Y a-t-il des gens qui font la tournée des mosquées pour écouter les discours qui y sont prononcés? Sinon, il serait temps d'y voir.

    • Nicole Bernier - Inscrite 2 décembre 2013 08 h 30

      Quand je lis ce genre de commentaire, ce que j'entends, nous ne pouvons pas faire confiance à l'ensemble des musulmans et nous devrions avoir une police, non-musulmane, faisant le tour des mosquées pour écouter le discours des musulmans intégristes...

      Cibler une communauté, comme ce discours le laisse entendre, n'a pas de sens, il faudrait rester cohérent, si on craint le radicalisme de notre société, il faut avoir une politique contre toutes les formes de radicalisme. Au moins aux États-Unis, ils poursuivent les radicaux pure laines pas seulement les communautés arabes ou musulmanes. Je suis d'accord qu'il faut se méfier des radicaux comme toutes les formes de radicalisme conduisant à la violence contre les individus et les institutions, mais il ne faut pas oublier que la violence est aussi interne aux institutions que nous respectons.... Certains politiciens utilisent leur statut et pouvoir pour éliminer leurs adversaires et l'élimination va jusqu'à tuer .... Il nous faut des moyens pour contrôler la violence interne de nos systèmes politiques... On le voit bien avec les nouveaux moyens technologiques (dromes et surveillance électronique, meurtre des supposés terroristes sans preuve, empoisonnement de leaders politique qui dérange, emprisonnement sans procès et sans preuves, etc.), il y a une augmentation des abus et de la corruption car les lois n'arrivent pas à suivre pour protéger la société de ces abuseurs... de ces radicaux... lesquels appartiennent à toutes les communautés

    • Christian Fleitz - Inscrit 2 décembre 2013 09 h 19

      Le port d'un foulard n'est absolument pas une obligation religieuse mais relève d'une tradition sociale et d'une utilisation pratique qui sont bien plus anciennes que la création de l'Islam, du Christianisme et du Judaïsme.
      Par ailleurs, le port d'un foulard peut ne relever que d'une mode et tomber dans la banalité. En revanche, les intégristes musulmans utilisent cet argument comme vecteur de leurs exigences, faisant du port du foulard par les musulmanes un symbole, avec la complicité passive d'ignorantes de leur propre religion qu'elles prétendent défendre en rabâchant qu'il s'agit de leur seul choix moral. La population québécoise s'est débarrassée des diktats catholiques et a réussi à imposer la laïcité comme un principe sociopolitique fondamental de la nouvelle société qui s'organisait. Est-il raisonnable de laisser des comportements sectaires s'imposaient à celle-ci, en entérinant une régression ? Est-il digne de mépriser les luttes de ceux qui ont réussi à établir ce progrès ? N'est-il pas le temps de sortir de la tiédeur québécoise trop souvent habituelle, ''... ma non troppo'' dans les décisions à imposer. La laïcité obtenue de haute lutte n'est pas un progrès qui peut se découper en rondelles : elle est ou elle n'est pas et on doit la défendre contre toute tentative de brèche dans ses exigences.
      Quant aux avis des ''has been'' politiques, ils relèvent d'une trahison démagogique qui n'est plus de mise pour la défense d'une avancée essentielle. L'esprit religieux n'a pas besoin de babioles et de colifichets pour s'exprimer, la foi est une conviction personnelle et individuelle qui n'a rien à gagner en s'exposant dans le domaine public et en s'exhibant aux autres. La foi relève du domaine privé et c'est bien ainsi.

    • Sylvain Auclair - Abonné 2 décembre 2013 09 h 32

      Monsieur Fleitz,

      Selon les musulmans eux-mêmes, le port du foulard est une obligation religieuse. Ce qui ne les empêche pas de dire, quand c'est pertinent, que c'est un choix personnel ou que c'est simplement culturel.

    • Gilberte Boivin - Abonnée 2 décembre 2013 09 h 36

      Le fait de ne pas s'occuper des intégristes et de reconnaître le penchant fortement inégalitaire des religions démontre bien à quel point nous sommes dans une société sexiste. Et de voir tous ces "vieux sages" nous dicter le droit chemin alors qu'ils ne subissent aucune conséquence de cette présence - la présence de tchadors dans les garderies est bien loin de leur quotidien - le prouve également. Et c'est épeurant de lire que monsieur Duceppe s'inquiète des signes ostentatoires pour des questions de sécurité mais pas d'éducation.

    • Noureddine Maouda - Inscrit 2 décembre 2013 09 h 45

      Respectez vous! Si vous insultez tous ce qui sont contre la charte, même s'ils sont les pionniers dans la défense du QC, alors on ne s'attend pas qu'on aura une meilleur société. Si Mesieurs Parizeau, Bouchard, Landry, Duceppe, et les autres vous disent que le QC fait fausse route, pourquoi on continue dans la voie du suicide pour l'idée souverainiste. Croyez vous qu'après tout ca il y a une chance que la souveraineté aura lieu. Reveillez vous et sortez de votre cauchemar!

    • Johanne St-Amour - Inscrite 2 décembre 2013 10 h 44

      Il n'y a pas d'insultes M. Maouda. Et vouloir imposer une société, libre, démocratique et laïque est tout à fait justifié. Il est légitime de dénoncer l'intégrisme : c'est le combat démocrates vs intégristes de toutes religions. Et cela met la table à un beau projet de pays... que les opposants sur le projet de loi 60 n'ont pas le pouvoir de briser!

      L'interdiction de port de signes religieux dans la Fonction publique et même dans le privé où on s'occupe d'enfants est tout à fait raisonnable et légitime: il invite à la neutralité et des institutions et des personnes qui alors n'auront pas le privilège de l'étendard de leurs doctrines sexuellement discriminatoires et rétrogrades!

    • Christian Fleitz - Inscrit 2 décembre 2013 10 h 45

      @Sylvain Auclair- ''Selon les musulmans eux-mêmes, le port du foulard est une obligation religieuse.'' Oui, pour les intégristes musulmans qui veulent passer en force et imposer un diktat politique qui fait partie de leur stratégie de grignotage de la laïcité et de la démocratie. Mais si vous vous informiez sérieusement, vous vous constateriez compte que cette exigence ne repose sur aucun texte religieux légitime et que la majeur partie des ''docteurs de la loi'' sérieux ne reconnaisse pas cette coutume régionale qui relève d'une tradition pratique bien antérieure aux religions monothéistes. Ceux qui vous affirment qu'il y a là obligation religieuse se payent de votre tête et vous mentent effrontément, à moins que leur sincérité ne découle que de leur ignorance de la réalité de leur religion. Quoiqu'il en soit, la foi religieuse relève d'une conviction individuelle et n'a pas à s'afficher à travers des colifichets. Par conte, la laïcité, pour le respect de tous, ne tolère pas les expressions sectaires de religions ou idéologies.

    • F. Georges Gilbert - Inscrit 2 décembre 2013 10 h 47

      Christian Fleitz a raison,notre foi relève du domaine privé.Et nous avons le devoir de préserver et respecter nos acquis âprement défendus.N.Maouda, le 'manque des respect ou la stigmatisation des pro-chartistes, font-ils partis du pénible rêve...

    • Sylvain Auclair - Abonné 2 décembre 2013 10 h 55

      Monsier Fleitz,
      L'ancienne interdiction de faire gras le vendredi, voire même l'obligation de chômer les dimanches, reposent-elles sur les textes sacrés? Non. Il n'empêche que c'étaient des obligations religieuses.

      La religion n'est jamais individuelle, mais toujours collective et organisée. Sinon, ça s'appelle uniquement de la spiritualité! Et même la spiritualité est-elle le plus souvent fortement influencée par notre culture.

  • Yves Côté - Abonné 2 décembre 2013 04 h 44

    Voilà...

    Voilà un language cohérent et rassembleur de ce qui me paraît être nos points de vue et nos forces vives !
    Application de la même justice pour tous, la liberté de conscience et de son expression permise à chacun, cela protégeant vraiment la société de tout Bonhomme Sept Heures communautariste.
    Une laïcité équilibré et sans ostracisme, à visage découvert pour un peuple libre et ouvert...

    Vive le Québec libre et généreux envers tous, pratiquants d'une religion ou athés, confondus et unis sur les véritables valeurs québécoises !

  • Jean-François Joubert - Inscrit 2 décembre 2013 05 h 10

    Bravo!

    Très content d'entendre son point de vue. Éclairant et sincère comme toujours.

  • André Chevalier - Abonné 2 décembre 2013 05 h 31

    Pas de tataouinage!

    En vertu de quel principe les croyances telles que les religions auraient-elles plus droit de cité que les convictions politiques, philosophiques, idéologiques ou syndicales.

    D'une part, les opposants à la charte disent que tous les droits sont égaux et s'opposent à ce qu'on interdise l'étalage des convictions religieuses. D'autre part, ils ne se formalisent aucunement du fait que l'étalage de toute autre conviction soit proscrite dans la fonction publique. Quelle incohérence!

    C'est faire preuve d'une grande naïveté que de croire que celui qui fait étalage ostensiblement de ses croyances religieuses ne favorisera pas celles-ci à chaque fois qu'elles seront en conflit avec ses devoirs d'employé de l'état.

    Accepter le port de ces signes dans la fonction publique, ça risque de la ghettoïser comme c'est en train d'arriver dans l'espace public.

    Couper les cheveux en quatre comme le propose monsieur Duceppe, c'est du tataouinage.

    • Max Windisch - Inscrit 2 décembre 2013 10 h 11

      @M. Chevalier,

      Le principe de séparation, c'est que les religions cèdent à l'État tout le terrain du pouvoir politique (n'y mettent pas leur nez), et qu'en revanche l'État cède tout le terrain religieux (ne se mêle pas de religion, et en protège les droits).

      Ce principe ne s'applique manifestement pas à des convictions politiques, ou encore à des convictions idéologiques ou syndicales, qui touchent au domaine politique (puisqu'elles sont toutes du même côté de la barrière - celui de l'État justement). Aucune incohérence ici. Cet argument est utilisé sans arrêt, pourtant il est manifestement invalide.

    • Anne Arseneau - Abonné 2 décembre 2013 12 h 14

      @ M. Windisch

      L'idée est qu'il est possible de limiter ou d'encadrer un droit fondamental, tel la liberté d'expression, pour des considérations supérieures.

      La considération supérieure, dans le cas qui nous occupe, est l'égalité homme-femme.

      L'article premier de la déclaration universelle des droits de l'homme débute ainsi:

      «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.»

      Y-a-t-il un symbole religieux qui exprime cette égalité en dignité et en droits des hommes et des femmes ? Il me semble que non.

    • André Chevalier - Abonné 2 décembre 2013 12 h 20

      @Max Windisch

      Le principe de séparation est valide dans la mesure où il est reconnu autant par l'état que les adeptes des religions. S'il n'y a pas réciprocité, il tombe.
      C'est le cas avec la plupart des religions, surtout la musulmane, qui, dans un tel cas, doivent être confinées à la sphère privée avec des lois contraignantes, si nécessaires.

    • Benoît Gagnon - Inscrit 2 décembre 2013 12 h 29

      Pourquoi l'État aurait-il à protéger le "droit" des religions? Les religions ont suffisamment d'argent pour se protéger elles-mêmes.

      En tant que non-religieux, je n'ai pas à cautionner, via l'État, toutes ces croyances qui ne font que mettre du plomb dans l'aile de la Logique et de la Raison.

      Je n'ai rien contre la croyance de chacun. C'est contre la croyance institutinonalisée (la religion) que j'en ai.

      Que ceux qui veulent croire aux saintes-fées et aux saintes-licornes y croient. Et qu'ils laissent l'État et ceux qui n'y croient pas en dehors de ça.

    • Max Windisch - Inscrit 2 décembre 2013 13 h 30

      @M. Gagnon,

      Ayant cédé tout pouvoir politique, les religions cèdent à l'État la gestion des affaires courantes (droit, sécurité publique etc.). Il revient donc à l'État de les protéger. Sinon, on retournerait à la case de départ (i.e. aucune séparation, les religions étant forcées de s'occuper de politique).

      Là où cette question pourrait peut-être devenir utile à mon sens, c'est en faisant la part des choses entre signe purement religieux, et signe religieux instrumentalisé à des fins politiques. Mais le test, à savoir s'il y a réellement interférence politique, aurait besoin d'être très concret. Pour l'instant, on n'a rien vu de tel dans le projet de loi.