Conseil général - La CAQ promet l’abolition de la taxe scolaire

Selon François Legault, la vaste majorité des militants de la CAQ estime que l’économie et le fardeau fiscal des familles sont les véritables enjeux qui importent, éludant ainsi la question de la Charte des valeurs ou la laïcité de l’État au Conseil général.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Selon François Legault, la vaste majorité des militants de la CAQ estime que l’économie et le fardeau fiscal des familles sont les véritables enjeux qui importent, éludant ainsi la question de la Charte des valeurs ou la laïcité de l’État au Conseil général.
Québec – Avant même que ne soit connue la situation financière de l’État, la Coalition avenir Québec (CAQ) abat ses cartes en promettant d’abolir la taxe scolaire dans un premier mandat d’un gouvernement dirigé par François Legault.

Il s’agit d’un engagement de 1,3 milliard qui s’ajoute à l’abolition de la taxe santé représentant 700 millions de plus, pour un total de 2 milliards en cinq ans. Point besoin de savoir si le gouvernement du Québec est en déficit, ni l’ampleur de celui-ci, le cas échéant, puisqu’un gouvernement caquiste nagerait dans les milliards en raison de la modernisation de l’État qu’entreprendrait la CAQ, comme François Legault et le député de Lévis, Christian Dubé, l’ont fait dans le secteur privé, a soutenu en substance le chef caquiste, samedi, à l’issue du conseil général spécial de son parti.

« Deux milliards, c’est un minimum et [selon] de ce qu’on verra à la mise à jour économique, on pourra peut-être aller même plus loin », a affirmé François Legault lors de la conférence de presse de clôture.

1000 $ par an d’économies

Ces milliards providentiels découlent d’une évaluation d’un groupe de travail partisan que préside Christian Dubé, comptable de formation comme son chef. Devant quelque 350 militants, le député de Lévis a présenté un rapport préliminaire de ce comité sur les moyens à prendre pour alléger le fardeau fiscal des familles de la classe moyenne.

Dans son discours de clôture, François Legault a présenté la CAQ comme « le parti de l’économie et des baisses de taxes ». Avec l’élimination de la taxe scolaire et de la taxe santé, une famille moyenne économisera environ 1000 $ par an, selon les calculs de la CAQ.

François Legault n’exige plus que le gouvernement Marois, dans le prochain budget, abolisse d’emblée la taxe santé, comme il l’affirmait mercredi dernier. Le gouvernement Marois pourra ne présenter qu’un plan, étalé dans le temps, pour l’éliminer.

Devant les militants, Christian Dubé a expliqué qu’un gouvernement caquiste réduirait la croissance des dépenses de l’État pour la limiter à 2,3 % par an en moyenne, au lieu de 2,7 % comme le prévoit le gouvernement péquiste.

Les commissions scolaires et les agences de santé et des services sociaux seraient abolies. Tout se ferait sans heurts, sans affrontement avec les syndicats, sans licenciement, essentiellement par attrition, a prédit Christian Dubé. C’est « facilement dans notre premier mandat » que la taxe santé sera éliminée, a-t-il dit aux militants.

Il s’agira également de moderniser un État devenu trop lourd, en faire « un État 2.0 », comme le veut le cliché repris par la CAQ. « On n’est pas juste là pour couper les coûts, mais aussi pour donner de meilleurs services aux citoyens », a avancé le député. Cette modernisation permettrait de réduire les délais d’attente dans le réseau de la santé, a-t-il fait miroiter.

Les vraies données à l’appui des promesses caquistes ne viendront qu’après la mise à jour économique et financière du ministre des Finances et de l’Économie, Nicolas Marceau, à la fin novembre ou au début de décembre. Le rapport final du comité Dubé est attendu au début 2014.

La charte, un sujet secondaire

Aucune proposition présentée au conseil général ne porte sur la charte de la laïcité de l’État. Selon François Legault, la vaste majorité des militants, bien qu’il reconnaisse que nombre d’entre eux appuient la charte du Parti québécois plutôt que la position mitoyenne de la CAQ, estime que l’économie et le fardeau fiscal des familles sont les véritables enjeux qui importent. « Je pense que Mme Marois, qui traîne ce dossier depuis trois mois, souhaite justement que le dossier devienne un sujet important. Sincèrement dans les autobus, ça ne se bat pas […] pour parler du tchador ou de la charte. Mais il y en a beaucoup qui sont tannés de payer des taxes », a-t-il affirmé dans un point de presse avant l’ouverture du conseil général.

François Legault, qui s’est montré ouvert, cette semaine, à la possibilité d’un compromis avec le gouvernement Marois sur la charte en matière d’éducation, n’a pas exprimé d’opposition de principe à ce que ce compromis vise l’interdiction du port de signes religieux pour le personnel des services de garde. « Mais le tango, ça se danse à deux », a dit le chef caquiste.
41 commentaires
  • Sylvain Auclair - Abonné 16 novembre 2013 14 h 04

    Donc, si je comprends bien

    ....on fait ces coupes en privant 40 000 personnes de leur salaire. À moins qu'on engagne 40 000 personnes via des contrats, en les payant moins cher (et on donnant une commission à une agence, ce qui finit par coûter plus cher).

    • Eloi Skelling - Inscrit 16 novembre 2013 17 h 27

      Genial, ce legault!

    • Benoît Landry - Inscrit 17 novembre 2013 10 h 28

      Ben oui tout le monde sait que des services ce sont des dépenses, on devrait tous arrêter de faire l'épicerie aussi......

      Réduire l'État semble être la pense magique à la mode ces temps-ci..... pourtant l'État peut être un moyen collectif de s'acheter des services collectifs en profitant d'une économie d'échelle, mais pour que ce soit efficace il faudrait avoir de dirigeants qui y croient surtout pas des opportinistes comme Legeault qui veulent détruire l'État afin de permettre à ses amis de contrôler l'économie

  • Josette Allard - Inscrite 16 novembre 2013 14 h 26

    Et les écoles elles

    Va -t'il les privatiser pour les financer ou compte-t'il sur les parents pour enseigner gratuitement? Vraiment. De quoi parle-t'il?

  • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 16 novembre 2013 14 h 47

    Enfin

    Le retour aux vraies affaires.

    • Denis Marseille - Inscrit 17 novembre 2013 07 h 35

      Oui, commence à être le temps...

    • Solange Bolduc - Inscrite 17 novembre 2013 09 h 04

      Les promesses d'un homme perdu d'avance! Applaudissons à quatre genoux !

      Ce que vous appelez "Le retour aux vraies affaires", moi j'appelle ça : du n'importe quoi pour se faire élire!

      Et comme il ui est impossible de concilier projet de société incluant la Charte et économie, quel beau slogan: Abolissons les taxes ! ...On le comprend, il ne sait ce qu'est une vue d'ensemble !

      Seulement l'économique pour le petit comic!

      "Mais il y en a beaucoup qui sont tannés de payer des taxes», a-t-il affirmé dans un point de presse avant l’ouverture du Conseil général."

      Je ne connais personne qui soit content de payer des taxes, et vous ?

      Pauvre Legault . Et il ne connaît même pas la situation financière actuele du Québec. En effet, il ne connaît que les vrais affaires : une sorte d'ignorance crasse concernant les besoins dans leur ensemble de la société québécois ...

      Sans compter qu'il a tellement peur de se mouiller au sujet de la Charte (mi-figue mi-raisin) qu'il préfère ne parler que d'économie et nous faire "accraire" n'importe quoi en espérant devenir premier ministre avec ses idées superficielles !

      Rien de fondamental pour l'hiumain, que le matériel !

      On comprend qu'il ne remonte pas très haut dans les sondages, malgré son autobus déjà en marche depuis des mois !

      Pitié pour le n'importe qui quoi qui !

    • Alexis Lamy-Théberge - Abonné 17 novembre 2013 21 h 33

      Je vois que vous saisissez mal l'ironie.

      Mon espoir : votre avant-dernière phrase démontre à tout le moins que l'ère de la bêtise est peut-être derrière nous.

  • Guy Desjardins - Inscrit 16 novembre 2013 14 h 53

    Voila un parti qui prend à coeur les moyens de payer.

    Les consommateurs seront les premier à bénificier de la taxe scolaire abolie. Tous est daccord "à part ceux qui bénificient des bien faits" pour abolir les commissions scolaire. Cela prend du courage pour abolir cette commission, cela va faire des mécontents mais des taxes à payer en moins pour les cochons de payeurs. Au cour du temps les directeurs et autres prenaient acqui que tout était normal que de prendre des vacances dans le Sud et se la couler douce aux dépends de la classe ouvrière. Mais un jour il faut se rendre compte que les plaisirs dépassent les bornes. Le parti de la CAQ a été le premier à faire valoir que les Commissions Scolaires ne remplissaient pas leur devoir envers la population. Il faut remettre en perspective ce qu'ils en ont déduit. Il faut avoir du courage pour la CAQ d'abolir tout simplement les Commissions Scolaires et les dépenses exagérées. Il va falloir aux commissaires de faire un examen de conscience et se rendent compte que la récréation est terminée et ce pour le bénifice detous les citoyens du Québec. Bravo la CAQ pour votre prise de position.

    • Gilles Théberge - Abonné 16 novembre 2013 20 h 19

      Mais il faut surtout être au pouvoir pour actualiser un programme politique.

      Bref il y a loin de la coupe aux lèvres. Et dans le cas de la CAQ, la distance est infranchissable . Ils le savent très bien. Et c'est pourquoi ils disent n'importe quoi.

    • Solange Bolduc - Inscrite 17 novembre 2013 09 h 07

      Abolir la taxe scolaire quand les Commissions scolaires sont dans les dettes par-dessus la tête ! Bel avenir !

      Et par quoi remplacera-t-il les Commissions scolaires ? Par un autre système aussi onéreux ? Ça fait un maudit beau show électoral, mais après ?

    • Guy Desjardins - Inscrit 17 novembre 2013 09 h 42

      M. Théberge, si vous voulez encore payer des taxes pour garder les Commissions Scolaires, plûtot que ça aillent aux étudiants c'est entièrement votre choix. Depuis plus de 40 ans les Péquistes et les Libéraux n'ont jamais trouvé la solution pour mettre fin au gaspillage inutiles des Commissions Scolaires. Ex; voyage dans le Sud, repas bien arrosés, prîmes aux rendements, congrès dans les luxueux Hotel etc. Durant ce temps les professeurs et élèves passaient en second. Maintenant vous semblez être contre la CAQ de prendre le pouvoir et mettre fin à ce gaspillage de nos taxes. J'en convient il faut être au pouvoir mais aussi il faut voter pour eux et non contre si vous voulez un grand changement.

    • Sylvain Auclair - Abonné 17 novembre 2013 15 h 14

      Monsieur Desjardins,

      On dirait que vous lisez le Journal de Montréal. Les commissions scolaires, ce sont aussi les conseillers pédagogiques (des ex-profs, d'ailleurs), le service de la paie, l'embauche, la répartition des spécialistes (orthopédagogues, orthophonistes etc).

      Selon vous, qui devrait embaucher les profs? Qui devrait nommer les directeurs.

  • Chris G. Eustace - Abonné 16 novembre 2013 15 h 06

    Bravo CAQ !

    16 novembre 2013



    .... Coalition avenir Québec (CAQ) abat ses cartes en promettant d’abolir la taxe scolaire dans un premier mandat d’un gouvernement dirigé par François Legault.....



    ....Les commissions scolaires et les agences de santé et des services sociaux seraient abolies, ce qui contribuerait à diminuer les dépenses....


    Bravo M. Legault


    Chris Eustace

    • Claude Lachance - Inscrite 16 novembre 2013 16 h 43

      Il est allé à l'école de Tachharper, la famille, l.économie, les couleurs des murs... le blanchiment de la pensée...