​Commission Charbonneau - Le p.-d.g de la SOLIM congédié par Lavallée devant Accurso est mal à l'aise

Richard Marion a été président-directeur général de la SOLIM de 1995 à 2004.
Photo: - Le Devoir Richard Marion a été président-directeur général de la SOLIM de 1995 à 2004.

Richard Marion, qui a été p.-d.g. de la SOLIM, le bras immobilier du Fonds, de 1995 à 2004, s'est fait annoncer son congédiement par Jean Lavallée, président du conseil de la SOLIM, devant l'entrepreneur Tony Accurso, à son restaurant L'Onyx à Laval.
 

 Open  Nov 13 13:17 - SF_NOUT -

Par Lia Lévesque

LA PRESSE CANADIENNE
Devant la commission Charbonneau, mercredi, l'ancien p.-d.g. de la division immobilière a décrit l'importance de l'entrepreneur Tony Accurso auprès du Fonds de solidarité de la FTQ, plus particulièrement de la SOLIM.

À la SOLIM, Tony Accurso «avait son mot à dire», même s'il était un entrepreneur qui sollicitait des fonds à la SOLIM, a admis le PDG.

Il a déjà été mis en preuve par la commission que M. Accurso était un grand ami de Jean Lavallée, qui était à la fois président du conseil de la SOLIM, qui siégeait au Fonds de solidarité et qui était président de la FTQ-Construction jusqu'en novembre 2008.

«Les gens de l'industrie trouvaient qu'Accurso en menait large», a rapporté M. Marion.

C'est d'ailleurs devant M. Accurso que M. Marion a été congédié par Jean Lavallée.

«Tu n'as jamais rien fait pour moi», lui a lancé Jean Lavallée, avant de le «lapider d'injures et de gros mots pendant dix minutes» devant l'entrepreneur Accurso. Celui-ci était «très mal à l'aise, il regardait à terre», a rapporté le témoin.

En fait, M. Lavallée lui reprochait surtout d'avoir refusé certains projets qu'il lui avait présentés, en plus d'avoir mis fin au contrat de son neveu, Stéphane Lavallée, qu'il lui avait dit d'embaucher.

Il a cité un troisième facteur à son renvoi: son adjoint Guy Gionet voulait son poste et coulait de l'information à Jean Lavallée sur les dossiers qui étaient présentés à la SOLIM.

M. Marion a évoqué trois dossiers soumis par Jean Lavallée dans lesquels il a refusé que la SOLIM investisse: la marina Brousseau, un projet d'édifice d'appartements en copropriété à Saint-Léonard et la pourvoirie Joncas dans le parc de La Vérendrye.

Dans tous les cas, M. Marion croyait qu'il ne s'agissait «pas d'un deal d'affaires» en immobilier — son mandat à la SOLIM.

Dans le cas du projet d'édifice d'appartements en copropriété, en plus, il voyait trop de proximité avec des représentants de la FTQ-Construction, qui envisageaient d'y acheter une unité.

«Ce sont des gens qui sont très près de Johnny Lavallée et le groupe est très près de la FTQ. Et je ne crois pas que la SOLIM a été créée, ou que le Fonds a été créé, pour faire plaisir aux gens de la FTQ en particulier», a répondu M. Marion à la juge France Charbonneau, qui lui demandait ce qui l'avait indisposé au juste dans ce dossier.

Mais de crainte que le puissant Jean Lavallée lui fasse perdre son emploi s'il refusait des projets qu'il lui présentait, M. Marion ne refusait pas d'emblée. «Un refus catégorique et je serais parti plus tôt de la SOLIM», a avancé M. Marion.

Deux de ces projets ont plutôt été référés à la FIPOE (Fraternité interprovinciale des ouvriers en électricité, le plus gros syndicat de la FTQ-Construction que présidait aussi Jean Lavallée). Un autre a fait l'objet d'un investissement, mais après le départ de M. Marion.



 

À voir en vidéo