Legault rabroue Jean Allaire

«On ne peut pas faire le procès de l’islam et mettre tous les musulmans dans le même paquet», a dénoncé François Legault.
Photo: - Archives Le Devoir «On ne peut pas faire le procès de l’islam et mettre tous les musulmans dans le même paquet», a dénoncé François Legault.

Le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, est « totalement en désaccord » avec le fondateur de l’Action démocratique du Québec et militant caquiste, Jean Allaire, qui estime que l’islam est « une religion tout droit sortie du Moyen-Âge », et le Coran « un texte de conquête et de violence ».

 

« Il fait le procès d’une religion, a dénoncé François Legault. On ne peut pas faire le procès de l’islam et mettre tous les musulmans dans le même paquet. »

 

Dès qu’il a pris connaissance, mardi matin, des propos de Jean Allaire recueillis par La Presse, le chef caquiste a parlé avec celui-ci pour lui exprimer sa désapprobation. « Il faut faire la distinction entre combattre l’extrémisme religieux et s’attaquer à tous les partisans [sic] d’une religion », a fait valoir François Legault.

 

Les militants de la CAQ, qui seront réunis dans un conseil général samedi prochain, ne se sont jamais prononcés sur le projet de charte du gouvernement péquiste ou, plus généralement, sur la laïcité de l’État. Le conseil général portera sur des propositions axées sur les familles de la classe moyenne, et la charte n’est pas à l’ordre du jour. « Les députés ont été consultés. Il y a toujours une possibilité d’amener une proposition », a soutenu François Legault.

 

Le chef caquiste a affirmé qu’il était « ouvert » à des compromis dans la mesure où les péquistes en feront aussi. « Comment se fait-il qu’ils ne nous consultent pas ? a-t-il toutefois déploré. De toute évidence, c’est de l’électoralisme et ils n’en veulent pas, d’entente. »

 

Le PQ comparé au Tea Party

 

Le ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, a réagi à l’article d’opinion intitulé « Quebec’s Tea Party Moment », publié mardi dans le New York Times et signé par Martin Patriquin, le chef de bureau au Québec du magazine Maclean’s.

 

« Je trouve ça tendancieux et je ne crois pas que ça reflète les principes sur lesquels s’appuie notre projet », a dit le ministre. « M. Patriquin n’en est pas à ses premières frasques. Il a déjà dit que la corruption faisait partie de l’ADN des Québécois. » Martin Patriquin est l’auteur d’un dossier, paru dans le magazine torontois en 2011, sur « la province la plus corrompue du Canada », article qui lui a valu un blâme du Conseil de presse du Québec.

 

Consultation en janvier

 

Pour sa part, le chef de l’opposition officielle, Jean-Marc Fournier, a rejeté l’analogie avec le Tea Party pour reprendre à son compte le rapprochement qu’a fait Chantal Hébert entre les gouvernements Marois et Harper à l’émission Tout le monde en parle dimanche. « Il n’y a aucune donnée factuelle qui soutient l’affront à une loi quasi constitutionnelle [la Charte des droits et libertés], s’est-il insurgé. C’est exactement l’obscurantisme que l’on reproche à Stephen Harper. »

 

Par ailleurs, les consultations générales sur le projet de loi 60 instaurant la Charte de la laïcité débuteront le 14 janvier prochain. Les intéressés ont jusqu’au 20 décembre pour soumettre leur mémoire.

À voir en vidéo