Commission Charbonneau - Une armée de bénévoles de la FTQ-C ont prêté main-forte au PQ en 2007

Jocelyn Dupuis
Photo: La Presse canadienne (photo) Commission Charbonneau Jocelyn Dupuis
Le Parti québécois (PQ) a pu compter sur une armée de bénévoles au sein de la FTQ-Construction (FTQ-C) lors des élections de mars 2007.

Pour conclure son témoignage à la commission Charbonneau, Jocelyn Dupuis a parlé de ses liens avec l’ancien chef péquiste André Boisclair. L’ex-directeur général de la FTQ-C a essentiellement confirmé des informations parues dans Syndicalistes ou voyous ?, un essai cosigné avec son comparse Richard Goyette.

En 2007, de 200 à 300 membres de la FTQ-C ont donné un coup de main aux péquistes lors de la campagne électorale. Ils ont posé des affiches électorales, ils ont fait des appels téléphoniques aux électeurs et ils ont servi de chauffeurs pour le PQ.

Jocelyn Dupuis a assuré que ces syndiqués avaient tous agi à titre bénévole. S’ils ont utilisé les lignes téléphoniques de la centrale, c’était en dehors des heures de travail, a-t-il dit.

M. Boisclair n’avait promis aucune contrepartie à la centrale. Il avait cependant dit à M. Dupuis qu’il prêterait une oreille attentive aux revendications syndicales.

Sur la défensive

Jocelyn Dupuis était sur la défensive pour conclure son témoignage. Des avocats des parties intéressées lui ont reproché d’avoir trahi les intérêts des travailleurs de la construction. M. Dupuis s’est dit honnête et intègre en dépit de ses mauvaises fréquentations au sein des Hells Angels et de la mafia.

Interrogé par l’avocat de l’Association des constructeurs de routes et grands travaux du Québec (ACRGTQ), Denis Houle, il a été incapable de nommer un seul entrepreneur honnête parmi ceux qu’il a envoyés au Fonds de solidarité de la FTQ pour du financement.

Me Houle s’est montré très dur avec le syndicaliste. Jocelyn Dupuis a vanté ses talents de négociateur lors de son témoignage. « Je retiens plutôt que vous êtes un grand manipulateur », a lancé l’avocat.

Preuves abondantes

En dépit de preuves abondantes, y compris ses propres conversations d’écoute électronique, l’ex-directeur général de la FTQ-C a nié toute tentative d’influence indue sur le Fonds de solidarité.

Jocelyn Dupuis a aussi nié l’existence de toute entente pour forcer son départ de la FTQ-C. Il est parti avec une prime de 159 000 $, malgré le scandale sur ses notes de frais.
Le syndicaliste a enfin qualifié de « démocratiques » les élections de 2008, même si les résultats du scrutin ont été influencés par une intervention d’un membre des Hells Angels, Jacques Émond (une connaissance de Jocelyn Dupuis).

M. Dupuis a été suivi à la barre par Yannick Payette, un ex-partenaire d’affaires de Louis-Pierre Lafortune. Son témoignage est frappé d’une ordonnance de non-publication pour ne pas nuire au procès pour gangstérisme et blanchiment d’argent de Lafortune.

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Des intérêts dans les toilettes portatives?

Jocelyn Dupuis a joué sur les mots en contre-interrogatoire. Il a nié avoir des intérêts dans le développement de toilettes chimiques sur les chantiers de construction, lors de son contre-interrogatoire par Denis Houle. À la suite de la parution de Syndicalistes ou voyous ?, M. Dupuis avait pourtant confirmé au Devoir qu’il travaillait au développement de toilettes portatives avec eau courante sur les chantiers. M. Dupuis a même ouvert une société à numéro, comme conseiller en gestion d’entreprise, pour cette nouvelle aventure. La FTQ-C  demande depuis quelques années d’obtenir des toilettes hygiéniques sur les chantiers.

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