Charte des valeurs - Le PQ durcit sa position

Signe de l’importance qu’elle accorde à cette charte, la première ministre Pauline Marois était aux côtés du ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, pour amorcer la conférence de presse qui a suivi le dépôt du projet de loi.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Signe de l’importance qu’elle accorde à cette charte, la première ministre Pauline Marois était aux côtés du ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, pour amorcer la conférence de presse qui a suivi le dépôt du projet de loi.

Le gouvernement a déposé jeudi le tant attendu projet de loi 60 instaurant la Charte des valeurs, un projet de loi qui va plus loin encore que le document d’orientation dévoilé en septembre.

Ainsi, le projet de loi 60, intitulé « Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodements », interdira, à compter de sa mise en vigueur, à tout nouvel employé des secteurs public et parapublic de porter des signes religieux ostensibles, y compris les recrues des municipalités, des hôpitaux, des cégeps et des universités.

 

Le droit de retrait d’une période de cinq ans renouvelable disparaît pour être remplacé par une période de cinq ans pour les employés actuels des municipalités, des cégeps et des universités qui devront, après cette période, rentrer dans le rang. Seuls les établissements du réseau de la santé pourront bénéficier d’une prolongation, encore qu’elle soit assortie de conditions strictes. En outre, certaines obligations de la Charte sont imposées aux services de garde en milieu familial qui étaient exclus de la première mouture.

 

Un «jalon de notre histoire»

 

Signe de l’importance qu’elle accorde à cette charte, la première ministre Pauline Marois était aux côtés du ministre des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne, Bernard Drainville, pour amorcer la conférence de presse qui a suivi le dépôt du projet de loi. « Je suis convaincue qu’avant longtemps, on citera cette charte comme exemple de ce qui aura contribué à rapprocher les Québécoises et Québécois […] de toutes les origines, comme l’a déjà fait, avant elle, la Charte de la langue française », a-t-elle déclaré.

 

Qualifiant la charte des valeurs de « jalon de notre histoire », Bernard Drainville estime que « ces valeurs, comme notre langue, sont notre ciment […]. Nous avons la conviction qu’une fois adoptée, cette charte sera source d’harmonie et de cohésion pour le Québec ». Le ministre a tenu à saluer « la contribution exceptionnelle » des Québécois. « Si le gouvernement a pu traverser la tempête des derniers mois et arriver aujourd’hui avec un projet de loi solide, non dilué, c’est grâce à l’appui des Québécois. »

 

Un vote de confiance?

 

Au moment du dépôt du projet de loi 60 à l’Assemblée nationale, le gouvernement n’entendait pas à rire. Devant des libéraux qui auraient voulu qu’un vote nominatif se tienne pour accepter le dépôt - c’est du moins l’intention qu’on leur prêtait -, le leader parlementaire du gouvernement, Stéphane Bédard, s’est levé pour en faire une question de confiance envers le gouvernement, ce qui aurait forcé la tenue d’élections s’il perdait le vote. Les députés ont acquiescé au dépôt sans réclamer de vote.

 

Le gouvernement a accepté que le projet de loi fasse l’objet d’une consultation générale en commission parlementaire, qui ne débutera vraisemblablement qu’au début de l’an prochain. Elle sera « longue », a prédit Bernard Drainville.

 

Tous les employés des secteurs public et parapublic, au moment de l’entrée en vigueur de la loi, auront un an pour enlever leurs signes religieux ostensibles. La sanction ultime étant le renvoi après un « dialogue », le ministre a tenté de minimiser cette conséquence. « On ne veut aucun départ », a-t-il dit.

 

Outre les enseignants des écoles publiques, le personnel des centres de la petite enfance (CPE) et des garderies privées subventionnées est visé. La nouveauté, c’est que la Charte contient des dispositions touchant les services de garde en milieu familial : le responsable et ses employés devront avoir le visage découvert.

 

En outre, la ministre de la Famille doit élaborer une politique abolissant les garderies ou services de garde à vocation religieuse. Ainsi, l’admission des enfants ne devra pas être liée à leur appartenance à une religion et l’apprentissage d’une religion sera interdit. De plus, l’alimentation dictée par un précepte religieux ne sera pas autorisée.

 

La prohibition du port des signes religieux pourrait s’étendre à des personnes ou des sociétés qui obtiennent des contrats de service ou des subventions du gouvernement. On pense d’emblée aux entreprises d’économie sociale qui fournissent des services aux personnes âgées.

 

Pour ce qui est de la présence du crucifix au Salon bleu ou du port de signes religieux ostensibles par les élus, ce sera aux parlementaires de trancher unanimement. Les employés de l’Assemblée nationale, par contre, devront laisser ces signes au vestiaire.

 

En matière d’accommodements religieux, le projet de loi édicte des critères qui permettront aux commissions scolaires de refuser de payer des congés supplémentaires à des employés de confession autre que chrétienne. En ce qui a trait aux accommodements religieux réclamés par les parents d’élèves, ils ne devront pas compromettre le projet éducatif de l’école et la mission de l’école qui est, entre autres, « d’instruire, de socialiser » les élèves.

 

De nombreux organismes, ordres professionnels et associations visés par l’application de certains pans de la Charte sont restés silencieux jeudi, notamment dans les réseaux de l’éducation et de la santé et des services sociaux (voir page A 2).

 

Une charge à fond de train

 

En réaction au dépôt du projet de loi 60, le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, a mené une charge à fond de train contre l’interdiction du port des signes religieux, « une attaque frontale contre les droits et libertés […], un geste qui nous divise, un geste qui fracture notre société ». S’inspirant des commentaires de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, le chef libéral a qualifié le projet de loi « d’impraticable, d’illégal et d’inconstitutionnel ».

 

De son côté, la députée Nathalie Roy, de la Coalition avenir Québec, dont la position se rapproche le plus de celle du gouvernement, a indiqué que le caucus caquiste lira le projet de loi et se prononcera la semaine prochaine.

 

Enfin, Françoise David, de Québec solidaire, s’est dite attristée comme souverainiste. « On est en train de dire à la population : notre projet de souveraineté, bien, ce n’est pas un projet inclusif ».

 

***

Une charte pour tous

La Charte s’appliquera à tous les organismes publics et parapublics. Une période de transition pouvant aller jusqu’à cinq ans peut s’appliquer. Les hôpitaux et CLSC qui ont une tradition religieuse (comme l’Hôpital juif de Montréal, par exemple) pourront demander une dérogation.
Tous les nouveaux employés de l’État seront soumis à la Charte dès leur embauche.
La Charte s’appliquera aussi aux médecins.
La Charte pourra s’appliquer à des organismes, des personnes ou des entreprises
qui ont un contrat ou une subvention de l’État.
Pas de nourriture cachère ou hallal dans les garderies subventionnées.
L’Assemblée nationale décidera si un élu peut porter un signe religieux.
La décision de retirer ou non le crucifix de l’Assemblée nationale est laissée aux élus.

LE COURRIER DE LA COLLINE

Nouvelle infolettre

Chaque jeudi, l'équipe du Devoir à Québec résume l'essentiel de la semaine parlementaire. Retrouvez aussi la note de Michel David, notre chroniqueur politique. Inscrivez-vous, c'est gratuit!


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel.

122 commentaires
  • Jean Lapierre - Inscrit 8 novembre 2013 01 h 12

    Y en a pas de problème

    Les musulmanes voilées n'auront aucune difficulté à se soustraire à la charte puisqu'elles pourront toujours invoquer le fait que le voile islamique n'a rien de religieux. En effet, c'est pour soustraire les femmes de Mahomet à la convoitise des autres hommes que dans le Coran il est dit: "Ô Prophète! Dis à tes épouses, à tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles: elles en seront plus vite reconnues et éviteront d'être offensées." Dans son livre Le voile démystifié, la sociologue des religions Leïla Babès soutient que la prescription du Coran avait pour seul et unique but de procurer aux femmes des "croyants" un signe distinctif indiquant leur appartenance au clan et les distinguant des prostituées et des esclaves lorsqu'elles allaient à l'extérieur de la maison. Les madames voilées pourront toujours invoquer le Coran pour démontrer que leur voile n'est pas un signe religieux ostentatoire.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 8 novembre 2013 06 h 13

      OPACITÉ

      Après des questions référendaires "opaques" par leur longueur et complexité, voici un titre qui pourrait avoir au plus cinq mots mais qui en a trente!!!! Qu'est-ce qui se cache derrière ce titre si ce n'est que d'embrouiller le commun des mortels??

      Des stratégies à la Lisée-Drainville...

    • Jean-Marc Simard - Abonné 8 novembre 2013 07 h 14

      Monsieur Lapierre, initialement le port du voile, fait autant par les hommes que par les femmes, n'étaient-ils pas réaliser pour se protéger des tempêtes de sable du désert ? Par la suite on en a fait un geste religieux...

    • Jean Richard - Abonné 8 novembre 2013 08 h 48

      « le port du voile, fait autant par les hommes que par les femmes, n'étaient-ils pas réaliser pour se protéger des tempêtes de sable du désert »

      La question est pertinente, sans compter qu'on pourrait y ajouter le soleil. Dit en des termes modernes, le voile servait peut-être de protection contre les UVB, les pharmaceutiques n'étant pas là avec la crème solaire dont on s'enduit aujourd'hui.

      Il n'est pas interdit de croire que ce qui ressemble à certaines pratiques religieuses aient pour origine des motifs sanitaires. Prenons le cas de l'interdiction de manger du porc : ici même en occident, le porc était vu comme porteur de parasites transmissibles à l'homme. Le porc qu'on servait sur nos tables il y a quelques années devait être très cuit et nul n'aurait osé servir des filets encore rosés.

      Idem pour les pratiques sexuelles : quand le curé du village interdisait les mariages entre cousins et cousines, ce n'était sûrement pas un geste de piété, mais il n'allait pas tout de même pas transformer l'homélie du dimanche en un cours de génétique.

    • Jean Lapierre - Inscrit 8 novembre 2013 09 h 25

      @ M. Richard
      Et tout le monde sait bien sûr que l'interdiction d'antan de manger de la viande le vendredi avait été prescrite pour favoriser la consommation de poisson. Les pratiques religieuses sont toutes fondées sur des coutumes pratico-pratiques. Dieu s'est probablement aperçu que ce n'était pas la peine d'en inventer des nouvelles.

    • Nicolas Bouchard - Abonné 8 novembre 2013 12 h 45

      M. Lapierre,

      Si le voile n'est plus religieux alors il devra être retiré également, selon le code vestimentaire en place, de la même façon qu'un chapeau ou une casquette se devrait de l'être.

      Nicolas B.

    • Sylvain Auclair - Abonné 8 novembre 2013 15 h 55

      Monsieur Wandelmaier,

      Je vous conseille d'aller lire le texte des questions référendaires italiennes. Vous les trouverez facilement. Elles sont la clarté d'une loi fiscale.

  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 8 novembre 2013 01 h 12

    Titre apocalyptique

    L'entête : "Le PQ durcit sa position" est quand à moi exagéré. On connaît tous la posisition et la progression de cette idée au PQ. Elle suit celle des personnes libres et éclairées. Plusieurs ne sont pas péquiste.

    • Louka Paradis - Inscrit 8 novembre 2013 07 h 24

      Tout à fait d'accord avec vous.

      Louka Paradis, Gatineau

    • Pierre-Alexandre Cardinal - Inscrit 8 novembre 2013 08 h 42

      Les gens qui ne suivent pas cette position ne sont donc pas libre et éclairés? Dans ce cas-ci votre proposition se contredit d'elle-même. Un groupe libre et éclairé véhiculerait ainsi une seule façon de penser, étant alors oppressive pour les autres qui en sont divergentes. C'est une belle façon "éclairée" et "libre" de voir les choses - la liberté existe, tant qu'elle va dans le même sens que je la conçois.

      Le PQ, c'est l'avant-garde révolutionnaire du Québécois. Beau "Jalon de notre histoire".

    • andre trudel - Inscrit 8 novembre 2013 11 h 27

      M. Francoeur, Mme Paradis, ou est l’offense dans ce titre tout simplement objectif? Si l'on se fie aux chiffres du PQ lui même, les 2/3 des courriels envoyés au Ministre Drainville réclamaient effectivement un durcissement. Votre Ministre et votre Première Ministre vous ont écoutés et durcit leur position. De quoi vous plaignez vous, vous avez gagné à plate couture et il faudrait écrire le contraire. Assumer au moins votre triomphe.

    • Johanne Bédard - Inscrite 8 novembre 2013 14 h 20

      Bravo M. Francoeur !

      En effet, le titre de l'article utilise un verbe pour le moins, à teneur pégorative. Où est la neutralité journalistique ?

    • Patrick Lépine - Inscrit 8 novembre 2013 15 h 04

      Et les personnes "libres et éclairées" dépendent de l'économie controlée par des mains étrangères... Parlez-moi de cette belle "liberté"...

      Je cherche encore où a faillit le Vatican dans sa distribution des titres de saints, je veut "croire" les scientifiques lorsqu'ils m'expliqueront les miracles, et les reproduiront, mais pour l'instant, je ne vois rien d'extraordinaire, sinon une négation d'un pan de notre histoire, pour les fins d'autocongratulation de quelques parvenus d'une époque lointaine.

      Ces mêmes personnes n'ont pas su révolutionner le simple mode de transport que représente l'automobile à essence ou à moteur thermique comme on dit maintenant...

  • Nancy Leblanc - Inscrite 8 novembre 2013 03 h 41

    Fière d'être Québécoise!

    Après la Révolution Tranquille et la Charte de la langue française, voilà de quoi sont capables les gens de chez-nous.

    Immigrants, venez, on vous embrasse. On a autant besoin de vous que vous avez besoin de nous.
    Mais si vous refusez de nous serrer la main, si vous avez d'autres projets pour ce beau pays d'accueil qui vous est offert comme un buffet gratuit, si vous refusez obstinément de nous rassurer, nous réagirons.
    Cette Charte vient baliser les conditions de notre vivre-ensemble.

    Les catholiques, à l'église et dans la rue, civilement. Les juifs à la synagogue et dans la rue, civilement. Les musulmans à la mosquée et dans la rue, civilement. Les services publics ne sont pas la rue.

    Merci encore madame Marois. Il y a encore du chemin à faire mais vous pouvez compter sur votre courage et sur notre soutien.

    • Guy Vanier - Inscrit 8 novembre 2013 06 h 20

      Je suis d'accord avec vous!
      Un jeune retraité de 73 ans.

    • Yves Perron - Inscrit 8 novembre 2013 08 h 16

      Je suis aussi d'accord avec la charte et je la supporterai. J'ai 6 enfants , des gendres et des brus de 3 différentes nationalités, une blonde immigrante et nous supportons tous cette charte.

    • Pierre-Alexandre Cardinal - Inscrit 8 novembre 2013 08 h 49

      Petite rectification; côté immigration, ce n'est pas un buffet gratuit - le processus de sélection est très long, couteux et exigent un paquet de preuves/documentations. Je conviens avec vous que le Québec est une destination prisée, mais on n'est pas une "corne d'abondance" non plus - l'idée générale sur ce point est très très mal renseignée.

      Et second point, concernant le "si vous refusez de nous serrer la main, si vous avez d'autres projets pour ce beau payx d'accueil", j'aimerais que vous m'éclairiez sur quels sont ces projets, parce que, personnellement je n'en ai jamais entendu parler... Peut-être ne suis-je pas assez à l'affut, mais tout ce que j'ai entendu sont des palâbres du genre "l'instauration d'un état islamique(iste-ique - on ne fait pas la différence à nul part, il ne doit pas y en avoir hein!!) au Québec", "l'instauration de la Shariah au Québec", "la conversion massive des québécois" (alors que les immigrants issus de milieux mulsulmans doivent compter, si je me souviens bien, pour moins de 35% des immigrants).

      Voilà, merci et bonne journée!

    • Richard Maltais Desjardins - Inscrit 8 novembre 2013 08 h 58

      Il se peut bien que «nous» soyez majoritairement en faveur du projet de charte, tout comme un autre «nous» était majoritairement plutôt faviorable à la hausse des frais de scolarité l'an dernier. Dans un cas comme dans l'autre, le poids du nombre et la ferveur avec laquelle on milite ensemble ne suffit pas. Elle peut même être d'un très mauvais effet quand ce qui est en cause, c'est ce qui est légitime et non simplement ce qui nous plaît, quand on a besoin d'un véritable consensus et non d'un forcing opéré par une majorité. Je n'en accuse ni le gouvernement ni les partisans, mais je pense que le projet de loi ne met pas vraiment la table pour la discussion sereine et respectueuse que le ministre appelle de ses voeux...

    • Mohamed Sow - Inscrit 8 novembre 2013 10 h 25

      Grand bien vous fasse!
      J'ai fréquenté l'Université à grands frais; je payais mon instruction $3000 la session de 4 mois pendant que mes camarades québécois payaient $500 en chialant. Non, Madame, vous ne connaissez rien du processus d'immigration. Et après m'être qualifié tel une marchandise d'un autre temps ou l'on jugeait les sujets sur la place publique, il y a un long processus durant lequel preuve doit être faite que j'ai de quoi subvenir à mes besoins. Paradoxalement, nous n'avions pas le droit de travailler ni de bénéficier de l'assurance-maladie. Alors, encore une fois, ce n'était pas l'Eldorado.
      Nous n'avons aucun agenda politique, ni de conquête sinon que de vivre en paix. Là d'ou je viens, je ne fuyais ni guerre ni persécution. Mais si après avoir accueilli du monde, vous institutionalisez une discrimination à leur égard, nous en prenons note et nous ferons nos bagages.

    • Christian Custeau - Inscrit 8 novembre 2013 10 h 58

      M Maltais Desjardins, le poids du nombre ne suffit pas... Démocratie = 50 + 1.
      Consensus à 7 millions = utopie et c'est normal.
      La sérénité des discussions n'appartient pas à un projet de loi.

      Vivement la Charte!
      Je t'aime mon Québec. Continu, debout!
      Religions, en tout respect, demeurez où vous devez!

    • Nancy Leblanc - Inscrite 8 novembre 2013 12 h 21

      Monsieur Sow,

      Pour une majorité de québécois nés ici, ça n'a pas été l'Eldorado non plus. Sa croûte, tout le monde la gagne. Je pourrais vous raconter des exemples bien pires que ça de problèmes que j'ai moi-même eus.

      Je continue à soutenir que le Québec est un buffet gratuit. On doit peut-être payer une première fois, question de prouver qu'on ne vient pas chiper pour s'enfuir par la suite sans s'investir (frais scolarité pour les étrangers).
      Mais quand vous vous êtes fait connaître et reconnaître, c'est "open bar" à vie.

      C'est charrier que de dire qu'on veut adopter une mesure discriminatoire. Avant que vous ne vous ameniez ici, les religieux de confession chrétienne se sont retirés de l'univers public. Ils ont accepté que l'État soit laïque, dans tous ses agirs, dans sa règlementation et dans son image . Si ça vous offusque parce qu'il vous est demandé d'en faire autant, vous pouvez mettre à exécution tous les projet de voyage dont vous parlez. D'autres seront immensément heureux de vous remplacer, mais ils ont peut-être moins de chance que vous, ils ne parlent pas français.

    • Christian Custeau - Inscrit 8 novembre 2013 13 h 03

      @ M. Sow. Si ici, au Québec vous vous sentez persécuté, j'avoue que je n'aimerais pas être à votre place mais j'en demeure perplexe et sceptique... Alors je vous souhaite de trouver un endroit non persécutant pour vous. Bon voyage!

    • Pierre-Alexandre Cardinal - Inscrit 8 novembre 2013 13 h 40

      Wow, si c'est avec des commentaires comme ce dernier que se fait le Québec moderne, je décroche.

  • Michel Lebel - Abonné 8 novembre 2013 03 h 52

    Grave erreur!

    Que dire de plus sinon que le gouvernement s'enfonce dans l'erreur et sciemment va contre les Chartes. Un choix qui instrumentalise la démocratie et qui est de fait antidémocratique, car faisant fi de la primauté du droit. Danger extrême!


    Michel Lebel

    • Pierre Poulin - Inscrit 8 novembre 2013 06 h 23

      Tout cela pour créer un wedge. Grave erreur en effet, dont nous paierons le prix longtemps.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 8 novembre 2013 06 h 28

      M.Lebel, « la primauté du droit».

      Reportons-nous à l'époque où l'esclavagisme était un droit. Aurions-nous eu droit à votre support le lendemain où Lincoln a promulgué que l'esclavagisme était maintenant illégal ?

      Et au cas où un jour cette charte devienne droit, dans le dernier droit, aurons-nous le droit à votre support ou aurons-nous droit au silence ?

      Plusieurs pays ont décidé de faire face au problème à leur façon. Ils ont décidé de faire évoluer le droit. Grand bien leur face. Alors, ici, pouvons-nous avoir le droit de trouver notre façon d'y faire face ?

      Le danger extrême «est» la primauté du droit car elle bloque l'évolution !

      Vous souvenez-vous du temps où «la démocratie» n'était pas un droit ?

      La société avance, le droit suit !

      Bonne journée, vous y avez droit. Mais attention à demain, y a rien de garanti.

      PL

    • François Ricard - Inscrit 8 novembre 2013 07 h 22

      Les chartes et les lois que nous nous donnons répondent à un besoin actuel. Elles peuvent et doivent être modifées selon la conjoncture qui est toujours mouvante. Sinon, nous en serions toujours au code d'Hammurabi et sa loi du talion.
      Il ne faut pas confondre sentiments religieux et l’expression des sentiments religieux. Avec cette charte, les sentiments religieux ne sont nullement touchés. Quant à l’expression des sentiments religieux, il est normal d’en vouloir limité le champ. Nous l’avons déjà fait quand nos cours de justice ont rappelé aux Mormons polygames de Colombie-Britannique que l’expression des sentiments religieux avait des limites et qu’au Canada la monogamie avait bien meilleur goût. De même pour les Doukhobors, dans cette même province, qui doivent se vêtir quand ils vont en ville.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 8 novembre 2013 07 h 25

      Le droit n'a pas toujours raison... Le droit n'est pas un absolu constitutionnel. Il a été penser par des politiciens et des juristes. Il peut être amendé. Vous êtes-vous demandé si la constitution canadienne de 1982 était juste et raisonnable ? Tout bloc de béton s'effrite avec le temps...Le multiculturalisme canadien est une erreur... Et la constitution le protégeant est aussi dans l'erreur...La peur d'avancer en faveur des droits des collectivités est aussi une erreur... Quant à moi la démocratie n'est pas la primauté du droit, mais celui de la majorité. Or la Constitution canadienne n'a jamais été voulu par la majorité. D'ailleurs le Québec ne l'a jamais signé...Alors...Vive la charte...

    • Roland Berger - Inscrit 8 novembre 2013 09 h 13

      La conception que M. Lebel a de la primauté du droit fait, depuis Trudeau, qu'un individu peut mettre une collectivité à genoux au nom de ses croyances religieuses. Ouf !

    • Tony Arsenault - Inscrit 8 novembre 2013 10 h 09

      "Un choix qui instrumentalise la démocratie et qui est de fait antidémocratique, car faisant fi de la primauté du droit."

      Avec égards, trouvez-vous qu'un "gouvernement des juges", qui ne sont pas élu, est démocratique?

    • Michel Vallée - Inscrit 8 novembre 2013 10 h 28

      « Tout cela pour créer un wedge »

      Monsieur Pierre Poulin,

      Pardonnez-moi mon ignorance, mais qu'est-ce donc qu'un « wedge » ?

      Est-ce une expression tirée de Wace ? On dirait de l'anglo-normand...

    • Diane Julien - Inscrite 8 novembre 2013 11 h 04

      Me Lebel,

      L'«affaire personne», ça vous dit quelque chose? C'est l'histoire d'une interprétation rigidifiée du droit qui a permis à la Cour suprême du Canada de refuser jusqu'à l'absurdité, le statut de «personnes» aux femmes. Non, le droit n'est pas infaillible, il doit évoluer. Et dans 20 ans, on se demandera comment la Cour suprême a pu faire du port du niqab ou du poignard sikh un droit.

    • Nicolas Bouchard - Abonné 8 novembre 2013 12 h 52

      Oui ce « droit » où la Cour suprême approuve la négation des droits des francophones en Colombie-Britannique (interdiction de toute autre langue que l'anglais dans les cours provinciales) alors qu'elle l'avait (ainsi que la cour supérieure du Québec et avec raison) interdit au Québec lors de la première mouture de la loi 101. Deux poids, deux mesures.

      Vous parlez de droit et de chartes mais vous semblez sélectionner les moments de votre indignation. Tel votre cour chérie, vous faites du « deux poids, deux mesures ».

      Nicolas B.

  • Yves Côté - Abonné 8 novembre 2013 04 h 14

    Quel désastre !

    Quel désastre ce sera pour les dix années qui viendront !
    Préparons nos calculettes pour mesurer ce que cette charte va nous coûter en frais de tribunaux divers et variés. Ceux-ci allant du plus inférieur municipal au plus supérieur canadien...
    Ce montant reporté sur le nombre de personne qui adopte un comportement vestimentaire irritant pour nombre de nous, parlera sans doute de lui-même ?
    Et encore, de penser à la campagne canadienne de dénigrement international contre les Québécois qui ne tardera certainement pas à suivre le vote en question me donne la nausée.
    Tout sera en place pour combattre partout politiquement et diplomatiquement l'idée qu'une éventuelle république indépendante du Québec aura à coeur de respecter les Droits de l'Homme les plus fondamentaux, ceux qui touchent la liberté de conscience ...
    Misère que ça fait mal de se tirer une balle dans le pied, quand on refuse la facilité de la foi aveugle en notre déesse-mère auto-proclamée de la nation !
    Avec cette charte intransigeante envers les individus, on est carrément en train de jeter le bébé avec l'eau de son bain. Et en plus, le gouvernement Marois fait croire qu'il nous méritera la fierté de le faire. Alors que l'intransigeance attendue en terme de laïcité est simplement celle d'empêcher tout groupe religieux ou sectaire, incluant si ce dernier prône l'athéisme, de mettre la main sur le pouvoir de notre Etat, on met de côté toute une frange de population qui aurait à coeur de défendre les valeurs réelles d'ouverture culturelle d'un Québec français.
    Je ne sais pas pourquoi, mais ça me rappelle curieusement un jeune très favorisé qui changeait de patins à chaque fois qu'il perdait une course sur glace? Alors qu'il ne réusssissait tout simplement pas à faire en sorte de patiner aussi vite que les autres...
    Mais bon, puisque la démocratie a des exigences collectives et des détours retardateurs, je ferai donc moi aussi avec l'électoralisme perdant du PQ.
    Vive le Québec libre (de trébucher)

    • Guy Vanier - Inscrit 8 novembre 2013 06 h 28

      Je suis en désaccord avec vous monsieur!
      Pour une fois q'un gouvernement, même minoritaire, à le courage de faire ce qu'il a promis de faire! BRAVO!
      Il peut le faire facilement le peuple est derrière lui.

    • Jean-Marc Simard - Abonné 8 novembre 2013 07 h 33

      Vous exagérez Monsieur. Aucun droit individuel de pratiquer sa religion n'est banni par cette charte. Cette charte ne fait que baliser le droit de porter des accoutrements religieux sur un lieu de travail public. Est-ce si difficile à comprendre ? Pensez-vous réellement qu'un Shick menuisier aurait le droit de porter son turban dans un chantier de construction ? Si c'est le cas vous vous trompez. Faut cesser cette généralisation outrancière...

    • Christian Custeau - Inscrit 8 novembre 2013 08 h 28

      Le statu quo, la peur du changement, ne vouloir blesser personne et s'arrêter à ce que les autres vont penser... Voilà un prix pas mal plus cher à payer qu'une erreur dans une volonté d'avancer.

    • Marc Lacroix - Abonné 8 novembre 2013 08 h 53

      M. Côté votre définition des droits de l'homme n'est pas la seule existante, la vision républicaine est plus réaliste et moins nombriliste; l’individu ne — vit pas seul —, il vit dans une communauté. Vous savez autant que moi que les religions ne sont pas porteuses uniquement de beauté, elles peuvent être source d'intolérance et de préjugés; l'État se doit de rester "neutre" par rapport à la multitude de croyances et par ricochet, il est normal que ses représentants le soient aussi pendant 7.5 h de leur journée de travail.

      Les Européens, incluant les Anglais, réalisent maintenant que le multiculturalisme est un échec retentissant, les multiculturalistes d'ici devraient s'ouvrir les yeux et sortir de leur bulle.

    • Albert Descôteaux - Inscrit 8 novembre 2013 09 h 00

      Mme Di Lalla-Besner, vous faites erreur: les québécois athées sont nombreux. En fait, la majorité des gens que je cotoie le sont.

      Ceci dit, le projet de loi en question n'interdit à personne de croire en quoique ce soit, ni de s'adonner aux rituels de son choix hors des lieux de travail qui relèvent du gouvernement.

    • Solange Bolduc - Inscrite 8 novembre 2013 09 h 31

      ÊTES-vous certaine d'avoir bien lui et compris le sens de la Charte ?

      Où se loge l'athéisme ?Qui interdit la pratique d'une religion ?

      Je connais bien des croyants qui acceptent la Charte !

      On peut ne pas être croyant et avoir une vie spirituelle, ce qui n'a rien à voir avec le dogmatisme religieux!

      La foi, une croyance, n'a rien à voir avec la raison, la science, oui ! Les croyants doutent rarement, la science remet toujours ses découvertes en question !

      L'intégrisme est chez ceux qui refusent de s'intégrer à la collectivité québécoise au nom d'une religion qu'ils croient supérieure aux autres, et surtout dirigée par un Dieu, derrière lequel se cachent des hommes de pouvoir qui dominent le plus souvent la femme que l'on cache derrière le voile, symbole de l'appartenance à l'homme. La femme ne s'appartenant pas en propre ! Elle est un bien pour l'homme de pouvoir qui la domine.

      C'est ce que j'appelle "se faire berner" par la religion ou l'intégrisme religieux !

      Lisez la Charte avec votre raison, et non avec votre émotion religieuse, et nous pourrons nous comprendre, et surtout nous apprécier avec nos différences !

    • Marc Lacroix - Abonné 8 novembre 2013 09 h 39

      @ Élisabeth Di Lalla-Besner

      La charte n'est pas athée, elle implique la neutralité de l'État, pas autre chose !

    • Tony Arsenault - Inscrit 8 novembre 2013 10 h 11

      Ce projet de loi n'est pas athée. Tant qu'à moi, il devrait l'être. Assez d'opium pour le peuple.

    • Michel Vallée - Inscrit 8 novembre 2013 10 h 32

      Madame Élisabeth Di Lalla-Besner,

      Nous pouvons être spirituel, et ne pas croire à l’existence d’une divinité qui veille à la destinée de l’humanité et qui pour ce faire exige des rituels ainsi que des mortifications…

    • Yves Côté - Abonné 8 novembre 2013 12 h 39

      D'abord, merci à celles et ceux qui ont lu mon commentaire.
      A mon tour j'ai bien sûr lu les vôtres. Rien de plus normal puisque de ceux-là, vous me faites l'honneur de les avoir rédigés.
      Pour répondre à vos textes de manière complète, sans pour autant croire que je vous ralierais à mon idée, il me faudrait bien plus que les quelques lignes qui suivent. Toutefois, si d'emblée un dialogue persiste à vous tenter, j'essaierai ici de vous donner les grandes lignes de mon raisonnement.
      D'abord, je ne me suis jamais senti menacé par le port d'aucun vêtement ne me plaisait pas. Pour que je me sente menacé, il faut plus que mon rejet culturel d'une tenue vestimentaire; il me faut voir une arme portée (comme un coûteau à la ceinture) ou bien moins encore, comme de constater l'impossibilité de reconnaître le visage de quelqu'un en public (sauf l'hiver à partir de moins vingt).
      Ensuite, jeune, ma famille en difficulté fut aidé par les patrons de mon père qui tous étaient juifs qui portaient kipa et ne travaillaient pas, jour de Shabat. Aussi, j'ai été élevé avec des amis portant des noms italiens, au moins pour moitié. Ceux-ci ayant pour mères des dames "voilées" pour assister à la messe et qui s'habillaient toujours de noir à partir du premier décès dans leur famille. Même celles, très peu nombreuses j'en conviens, qui réussirent à devenir fonctionnaires malgré les idées de leur mari, le peu d'instruction qu'elles avaient et le nombre d'enfants qu'elles élevaient.
      Finalement, le concept de laïcité n'a jamais été l'éradication de la pratique religieuse du domaine public. La laïcité, c'est la séparation de l'Eglise, et par extension de toutes les religions, du contrôle d'un Etat. Et cela ne justifie en rien d'éradiquer la pratique religieuse du domaine public, cela ne devenant ni-plus ni-moins alors qu'une dictature "moderniste" de l'athéisme.
      (suite ci-dessous)

    • Yves Côté - Abonné 8 novembre 2013 12 h 40

      (suite et fin)
      La laïcité, c'est l'assurance institutionnelle de l'égalité en droits qui est donnée à toutes les formes d'expression de la liberté de conscience. A condition, bien entendu, que cette liberté ne présente pas de danger pour l'intégrité et la liberté des autres. En quels cas, la dite-liberté doit être limitée clairement pour l'empêcher de le faire...
      Raisons pour lesquelles la laïcité ne peut non-seulement jamais être garantie en régime monarchique, comme celui du Canada où la royauté est de droit divin (ici d'ordre anglican), mais à cause desquelles toute déclaration de laïcité d'une de ses composantes, comme le Québec (qu'on veuille comme moi l'abolir ne change rien à cette réalité), ne pourra être que condamné à l'invalidité d'application.
      Ce qui me semble tout à fait se présenter comme une perte inutile d'énergie, de temps et d'argent des Québécois, alors même que d'un gouvernement indépendantiste, nous sommes en droit de nous attendre que la seule priorité qui vaille, c'est de travailler à unir le plus grand nombre autour d'un projet innovant, humaniste, avant-gardiste, motivant et porteur d'espoir concret.
      Quelle est cette idée de tuer une mouche en se servant d'un canon, comme le condamne l'expression populaire ?
      Si le gouvernement Marois craint qu'une règlementation sévère soit automatiquement annulée par Ottawa au sujet du voile, comment peut-il espérer qu'une charte de ce genre ne le soit pas tout autant ?
      Je ne vois pas la logique de la chose...

      Merci de votre lecture.