La «charte des valeurs» change de nom

Le ministre Bernard Drainville n'a pas pris ombrage du nombre de mots jugés nécessaires pour résumer le contenu du projet consistant à affirmer la laïcité de l'État.
Photo: Jacques Nadeau - Archives Le Devoir Le ministre Bernard Drainville n'a pas pris ombrage du nombre de mots jugés nécessaires pour résumer le contenu du projet consistant à affirmer la laïcité de l'État.
Québec – Le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, a dû défendre, mercredi, le titre longuet choisi pour coiffer le projet de loi donnant suite au projet de charte des valeurs du gouvernement Marois.

Après des mois de spéculations, le projet de « Charte affirmant les valeurs de laïcité et de neutralité religieuse de l’État ainsi que d’égalité entre les femmes et les hommes et encadrant les demandes d’accommodement » controversé sera déposé ce jeudi à l’Assemblée nationale.

En point de presse, le ministre Drainville n’a pas pris ombrage du nombre de mots jugés nécessaires pour résumer le contenu du projet consistant à affirmer la laïcité de l’État. Il a expliqué que c’étaient les juristes du conseil exécutif ayant rédigé le projet de loi qui ont proposé de le nommer ainsi. Il ne faut pas chercher un sens caché au long titre du projet de loi, a-t-il commenté.

« Pourquoi faire simple ? », s’est interrogé en point de presse le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault.

Sitôt déposé, le projet de charte fera l’objet d’une consultation cet automne. Au terme du processus, après le dépôt d’éventuels amendements et l’étude article par article, les parlementaires seront finalement appelés à voter pour ou contre le projet de loi.

Compromis

M. Legault n’a pas voulu dire s’il était disposé à faire des compromis et faire en sorte que le projet de loi soit adopté. Il a plutôt lancé la balle au gouvernement, en faisant valoir qu’un gouvernement minoritaire devait négocier avec un des partis d’opposition pour arriver à ses fins.

La vraie question à surveiller, celle qui fera en sorte que le projet de loi passera ou ne passera pas, est sans contredit celle qui touche le port des signes religieux ostentatoires, a-t-il commenté. Sur les autres questions, le consensus existe déjà entre les différents partis. « À qui interdit-on les signes religieux chez les employés de l’État, c’est ça la vraie question, et c’est là qu’il faut un compromis », a dit M. Legault.

Le chef libéral, Philippe Couillard, a pour sa part réitéré la position de son parti, qui consiste entre autres à exiger que les services publics soient offerts à visage découvert. « Nous avons déposé notre position écrite sur la question ; on aura enfin, demain, un texte devant nous », a-t-il dit.