Élections complémentaires - Pascal Bérubé en furie contre l’ex-patron de la RIO

Pascal Bérubé
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Pascal Bérubé

Outré, le ministre Pascal Bérubé a prévenu mardi qu’il aura des « choses à dire » si jamais l’ex-patron de la Régie des installations olympiques (RIO), David Heurtel, se lance en politique sous les couleurs libérales.

 

M. Heurtel a quitté ses fonctions de président-directeur général de la RIO mardi et plusieurs observateurs s’attendent à ce qu’il annonce sa candidature pour le Parti libéral du Québec (PLQ) dans la circonscription montréalaise de Viau. Multiethnique et acquise aux libéraux, Viau est vacante depuis la démission du libéral Emmanuel Dubourg, parti tenter sa chance au fédéral. L’élection complémentaire aura lieu le 9 décembre, tout comme celle dans Outremont, où la candidature du chef libéral Philippe Couillard est présumée.

 

Par courriel

 

En point de presse, le ministre délégué au Tourisme - qui est responsable de la RIO - a reproché à l’ancien p.-d.g. de lui avoir signifié sa démission par courriel et de ne pas l’avoir informé de ses visées politiques. « Comme responsable de la RIO, j’aurais aimé pouvoir m’entretenir avec un président de société d’État qui est à ma charge pour échanger là-dessus. Il a choisi de ne pas nous expliquer ses raisons. Si d’aventure il le fait, dans les prochaines heures ou les prochains jours, j’aurai certainement des choses à dire à cet effet », a lâché, énigmatique, le député de Matane-Matapédia.

 

Le ministre péquiste a mis en doute la loyauté de M. Heurtel, un ancien conseiller du premier ministre Bernard Landry, nommé à la RIO sous la gouverne libérale. Il a raconté l’avoir « confronté » dès le mois d’août au sujet des rumeurs circulant à son endroit. M. Heurtel aurait alors nié vouloir se lancer en politique active sous l’égide du PLQ. Le ministre a dit avoir été incapable de joindre M. Heurtel durant la journée de lundi pour s’enquérir de la situation. Il juge « inacceptable » qu’un président de société d’État refuse de lui rendre des comptes sur son plan de carrière.

 

Lobbysime

 

Le candidat d’Option nationale dans Viau, Patrick Bourgeois, a rappelé que David Heurtel était au début des années 2000 directeur général de la Société des événements majeurs internationaux du Québec (SEMIQ). Cette société, qui gérait des subventions de 30 millions de dollars, avait fait l’objet d’un rapport du vérificateur général en 2002.

 

Comme l’avait établi Le Devoir à l’époque, les promoteurs d’événements qui obtenaient une subvention de la SEMIQ devaient verser une commission automatique de 1,5 % à la firme de lobbyisme Oxygène 9. L’ancienne ministre libérale Lisa Frulla avait dénoncé la situation, et les libéraux ont fait leurs choux gras d’Oxygène 9, dont les pratiques ont entraîné l’adoption de la Loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbyisme.

 

En marge d’une réunion du caucus libéral, le chef Philippe Couillard n’a pas voulu confirmer ni infirmer la candidature de M. Heurtel dans Viau.

7 commentaires
  • François Ricard - Inscrit 6 novembre 2013 06 h 48

    Un peu d'Oxygène 9 au PLQ

    Ce monsieur Heurtel manque pour le moins de classe.
    La rumeur de sa démission a paru dans certains médias lundi.
    Il a envoyé sa lettre de démission, par courriel, au ministre Bérubé hier matin.
    Pris les culottes baissées et pour tenter de sauver la face, il a eu recourt à ce geste pour le moins disgracieux. Et dire que des milliers d'électeurs vont lui faire confiance...parce qu'il se présente pour le PLQ, le parti le plus "net" en ville.

  • Charles Carlisle - Inscrit 6 novembre 2013 08 h 37

    Berube

    Mais, pour qui se prend-t-il? Avoir "des choses a dire" ca vient d'ou ca? On devrait apprendre a M. Berube que n'importe qui qui se lance en politique a le choix et ne manque pas de jugement parce qu''il choisit le PLQ.

    Reste tranquil M Berube; assume ta position ordinaire de celui qui ne fait que des grimaces sur les bancs d'arriere-plan.

    • Gilles Théberge - Abonné 6 novembre 2013 09 h 52

      Il se prend pour un ministre à qui un subalterne refuse de rendre ses comptes. C'est pas suffisant pour vous ça?

      Si la situation est telle que le ministre l'énonce, et je n'ai pas de raisons de croire que ce qu'il dit est inexact, le reproche que j'aurais à lui faire, c'est de ne pas avoir foutu à la porte cet énigmatique personnage qui s'appelle Heurtel!

      Comme disait feu Réal Couette «Exit canes sine medaillas»...

    • Patrick Lépine - Inscrit 6 novembre 2013 10 h 07

      Un "ministre" d'arrière plan!??

      Que doit-on dire des rouges menteurs ordinaires qui occupent les banquettes d'opposition?

    • Michel Deshaies - Inscrit 6 novembre 2013 11 h 29

      M. Carlisle vous comprenez mal la situation je crois!! Le problème n'est pas qu'il se présente pour le PLQ(tout le monde a droit à son allégeance aussi corrompu soit-elle), mais dans sa façcon de faire les choses et surtout d'annoncer sa démission par courriel, je ne connais personne qui envoie sa démission par courriel, encore moins des dirigeants d'organisme public. Le problème vient aussi du fait que M. Heurtel était èa la tête d'un organisme public et qu'il irait en politique sans période de retrait entre les 2. Comme dirigeant il détient des informations prévilégiées et ça ne fait que rajouter une autre couche de suspicion sur la façon de faire des Libéraux.

  • Charles Carlisle - Inscrit 6 novembre 2013 11 h 59

    En lisant tout ca, il me parait de plus en plus que ce n'est que du PQ-chiallage de M Berube, ayant perdu un candidat potentiel pour son parti; avouez-le, il a termine deuxieme dans une course a deux d'avoir cet avocat d'experience - et ca fait mal.

    Elevez-vous, Berube, au-dessus d'un autre cas de partisanerie deplacee...ou continuez a faire des grimaces a l'opposition derriere les vrais ministres.

    • Robert Raymond - Inscrit 6 novembre 2013 18 h 48

      C'est vrai, il n'a peut-être pas l'envergure d'une ministre Normandeau, paraissant plus d'un homme ordinaire du peuple, mais il semble honnête ce jeune homme.
      Les fédéralistes dérapent...

      Robert Raymond