Rencontres avec Arsenault - Marois dit n'avoir rien à se reprocher

Pauline Marois
Photo: Illustration Philippe Girard Pauline Marois
Québec — Pauline Marois se défend d’avoir aidé son mari lors d’une rencontre privée avec Michel Arsenault. Mais la proximité entre Pauline Marois et le président de la FTQ trouble le député caquiste Christian Dubé, qui est à l’origine de la commission parlementaire sur le Fonds de solidarité FTQ qui se tient ce mardi à Québec.

« Jamais, je ne parle jamais des affaires de mon mari avec qui que ce soit, il est assez grand pour défendre ses affaires lui-même », a répondu Pauline Marois. Selon Radio-Canada, cette dernière a eu deux rencontres privées en quelques mois avec le président de la FTQ et du Fonds de solidarité, Michel Arsenault, alors que le Fonds de solidarité FTQ venait d’investir près de 3 millions dans Capital BLF, une entreprise dirigée par Claude Blanchet, le mari de Pauline Marois.

« Nous avons discuté de choses qui concernaient les réalités politiques du Québec et je crois que c’était raisonnable, a déclaré la première ministre en marge d’une allocution sur la performance scolaire au Palais des congrès de Montréal. Je rencontre des gens des milieux économiques, des milieux syndicaux et des milieux communautaires, et je vais continuer de le faire. »

Pour Christian Dubé, député de Lévis pour la CAQ, cette proximité est problématique. Il est d’autant plus perplexe qu’il a reçu un appel de Michel Arsenault à la suite du refus du gouvernement de mandater la commission des finances publiques pour questionner le Fonds de solidarité sur sa gouvernance en lien avec les révélations de la commission Charbonneau. « Il m’a appelé et il m’a dit : “j’en veux une commission parlementaire […]” Il a dit : “Inquiétez-vous pas, moi, avec mes contacts, je peux aller où je veux.” Et le lendemain, quand François Legault a reposé la question sur la commission parlementaire, Pauline Marois a dit : “Oui, mais il faudrait restreindre le mandat”. » Christian Dubé dit ne pas vouloir faire de « procès d’intention », mais trouve que « la coïncidence est forte ».

Lorsqu’elle a donné son accord pour qu’il y ait une commission parlementaire, Mme Marois avait insisté sur le fait qu’il devait y avoir des balises afin d’éviter tout dérapage. En conférence de presse lundi, Michel Arsenault semblait penser que tout se déroulerait à l’avantage du Fonds. « Pour une fois, on va être capable d’aller expliquer nos processus de bonne gouvernance qui ont été améliorés en 2009 […] On va avoir l’occasion d’expliquer ce qu’on fait de correct. »

Des questions pour Arsenault

La commission Charbonneau tente présentement de démontrer l’existence d’un système de ristournes et d’un traitement préférentiel (fast track) pour obtenir du financement au Fonds de solidarité de la FTQ. Dans cet esprit, certaines questions s’imposent afin de savoir ce que Michel Arsenault savait :
— M. Arsenault a admis, à reculons, qu’il avait séjourné sur le bateau de Tony Accurso, mais il refuse d’y voir une forme de contrepartie. Son épouse ou lui ont-ils reçu d’autres cadeaux de l’entrepreneur ?
— Est-il vrai que les entreprises de Tony Accurso étaient systématiquement avantagées au Fonds de solidarité ? Comment expliquer qu’il a reçu du financement même lorsqu’il ne répondait plus aux critères du Fonds ?
— La phase 2 de Diligence, traitant de l’infiltration du crime organisé à la FTQ, a été interrompue en raison de fuites. M. Arsenault a-t-il été prévenu qu’il faisait l’objet d’une enquête au printemps 2009 ? Par qui ?
— Dans quelles circonstances Guy Gionet (l’ex-p.-d.g. du bras immobilier du Fonds) a-t-il été amené à quitter son poste à la SOLIM ? Comment M. Arsenault justifie-t-il la prime qui lui a été accordée ?
— M. Arsenault a-t-il exercé son influence pour « faire passer » des dossiers au Fonds, comme le laissent penser les écoutes entendues à la commission Charbonneau ?

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