Couillard a tu la visite des enquêteurs chez la responsable du financement

Philippe Couillard n’en a pas soufflé mot, mais la responsable du financement du Parti libéral du Québec, Violette Trépanier, a été interrogée par les enquêteurs de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) alors qu’elle était toujours en poste.

 

Le porte-parole libéral en matière de sécurité publique, Robert Poëti, a révélé vendredi au Devoir que des enquêteurs de l’UPAC avaient rencontré l’ancienne ministre libérale Violette Trépanier cet été dans la foulée des perquisitions policières effectuées en juillet à la permanence du parti. Or, Mme Trépanier n’a quitté ses fonctions que le 11 septembre, fonctions qu’elle occupait depuis 2001.

 

Une semaine plus tard, Philippe Couillard confirmait, après que les médias eurent ébruité l’affaire et trois mois après les faits, que la perquisition de l’UPAC avait eu lieu. Le lendemain, le chef libéral avait révélé qu’il avait reçu la visite d’enquêteurs de l’UPAC à son domicile de Québec quelques heures auparavant.

 

«Transparent »

 

À cette occasion, Philippe Couillard a pris l’engagement de se montrer « transparent » et d’informer les médias des rencontres que pourraient avoir des enquêteurs avec des élus et des permanents actuels du parti. Au moment où il a pris cet engagement, Violette Trépanier venait tout juste de prendre sa retraite.

 

Robert Poëti a indiqué au Devoir ne pas savoir si, parmi les 11 personnes visées par l’enquête de l’UPAC sur un système de financement occulte au PLQ, certaines d’entre elles provenaient des rangs du parti puisqu’il ne connaît pas leur identité. « On espère que l’enquête progresse, et s’il y a des gens qui ont contrevenu aux règles et règlements, qu’ils répondent de leurs actes. C’est tout. »

 

L’ancien policier a tenu à faire une distinction entre une rencontre et un interrogatoire. Les libéraux que l’UPAC a rencontrés, dont l’actuelle directrice générale Marie-Ève Ringuette, étaient des témoins et non pas des suspects, a-t-il insisté.

 

Marois laconique

 

Le gouvernement Marois s’est montré avare de commentaires vendredi. « Je souhaite tout simplement que la justice suive son cours », a déclaré la première ministre Pauline Marois.

 

Pour le député caquiste Stéphane Le Bouyonnec, Philippe Couillard « ne peut pas se dissocier de tout cela. Il est maintenant le chef. Il est responsable du bilan de son parti, autant l’actif que le passif. Parmi le passif, il y a cette espèce de nuage noir ».

 

De son côté, le député de Mercier, Amir Khadir, de Québec solidaire, a dénoncé le manque de transparence du chef libéral. « Ses cachotteries traduisent une culture qui est lourdement enracinée au sein du Parti libéral du Québec », a-t-il dit.

 

Selon lui, le chef libéral peut difficilement plaider l’ignorance. Du temps où Philippe Couillard était ministre, les ministres libéraux devaient amasser au moins 100 000 $ par an. « M. Couillard dit qu’il veut tout savoir. Et bien qu’il commence par nous dire ce qu’il sait. »M. Khadir voudrait bien savoir comment le chef libéral s’est acquitté de cet ambitieux défi. « Quelles étaient les firmes d’ingénieurs, d’avocats ou de construction qui participaient à ses soirées de financement ? » a-t-il demandé.

 

Khadir aurait souhaité que l’information sur la perquisition avortée de juin 2012 soit rendue publique durant la campagne électorale. « Je ne sais pas s’il y a eu une ingérence. Mais il y a de toute évidence un travail qui a été mal fait. Les citoyens du Québec avaient le droit de le savoir avant d’aller aux urnes. Le processus démocratique a été affaibli par le fait que la Sûreté du Québec n’a pas fait son travail en temps opportun.»

 

 

Avec Brian Myles et Marco Bélair-Cirino

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