Un événement du PLQ «au bénéfice» de Normandeau est visé par l'UPAC

L'UPAC considère que l'événement a été tenu «au bénéfice» de Nathalie Normandeau, selon des documents judiciaires obtenus par un consortium de médias dont fait partie Le Devoir.
Photo: Archives Le Devoir L'UPAC considère que l'événement a été tenu «au bénéfice» de Nathalie Normandeau, selon des documents judiciaires obtenus par un consortium de médias dont fait partie Le Devoir.

Une activité de financement du Parti libéral du Québec (PLQ) impliquant Nathalie Normandeau aurait été entachée d'actes criminels.

L'Unité permanente anticorruption (UPAC) enquête sur ce cocktail de financement tenu au restaurant Louis-Hébert, à Québec, le 9 octobre 2008. Mme Normandeau y était l'invitée d'honneur.

C'est le même événement pour lequel le Directeur général des élections a déposé récemment huit constats d'infraction contre cinq personnes, qui ont utilisé un stratagème de prête-noms pour faire des dons.

L'UPAC considère que l'événement a été tenu «au bénéfice» de Nathalie Normandeau, selon des documents judiciaires obtenus par un consortium de médias dont fait partie Le Devoir. Trois types d'infractions auraient été commises: contribution par des entrepreneurs à une caisse électorale, fabrication de faux documents et fraude. Les peines maximales pour chacun de ces crimes sont de 5 ans, 10 ans et 14 ans de pénitencier.

Le consortium des médias a obtenu une version caviardée des mandats de perquisition aux bureaux du PLQ à Montréal. Ces documents donnent un aperçu des stratagèmes utilisés.

Des hommes d'affaires auraient contribué illégalement à la caisse électorale du PLQ pour soigner leurs bonnes relations avec le parti.

Les cibles de l'UPAC ne sont pas identifiées pour protéger l'enquête en cours. Tout indique qu'elles savaient exactement ce qu'elles faisaient. Les acteurs impliqués entretenaient des liens privilégiés. Il est question de destruction de documents dans leurs échanges par courriel. Les enquêteurs n'ont d'ailleurs pas été en mesure de retrouver certains documents.

La perquisition au PLQ, menée en juillet dernier, visait à retrouver la facturation, les preuves de paiement, la liste des invités, les rapports d'activités et les fiches de contribution du PLQ pour le cocktail du Louis-Hébert.

L'enquête découle du témoignage de l'entrepreneur Lino Zambito à la commission Charbonneau. À l'automne 2012, l'ex-patron d'Infrabec a révélé qu'il avait déniché des prête-noms à Nathalie Normandeau dans le cadre de cinq activités distinctes. C'était le prix à payer pour obtenir des contrats publics, a-t-il expliqué. M. Zambito a même envoyé des billets de spectacles et des roses à l'ex vice-première ministre.

L'entrepreneur était présent lors du cocktail d'octobre 2008, mais il n'en était pas l'organisateur. Selon nos sources, l'événement aurait pu rapporter jusqu'à 140 000 $. Or, le PLQ a déclaré des recettes de 35 500 $ pour cet événement, dans ses états financiers de 2008. Cela revient à dire que 104 500 $ auraient été dissimulés dans une caisse occulte ou carrément détournés.

En raison du caviardage, il est impossible de déterminer à qui aurait profité cette fraude présumée.

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