La taxe santé est là pour de bon, dit Marois

Pauline Marois affirme qu’une taxe santé progressive est le mieux que son gouvernement puisse faire dans le contexte actuel.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Pauline Marois affirme qu’une taxe santé progressive est le mieux que son gouvernement puisse faire dans le contexte actuel.

Le gouvernement Marois veut aider les plus démunis, mais il n’est absolument pas question d’abolir la taxe santé, déjà rendue progressive. C’est ce qu’a affirmé la première ministre, Pauline Marois, qui présentait mercredi sa Politique sur la solidarité.

 

« Non », a répondu, sur un ton catégorique, la première ministre aux journalistes qui voulaient savoir si elle songeait à abolir la fameuse taxe santé dans le cadre de son plan d’action pour aider les plus démunis. « Nous avons rendu la taxe progressive, ce qui fait qu’elle est plus juste, c’est ce que nous pouvions faire avec les moyens que nous avions. »

 

Nulle trace non plus, dans ce plan d’action gouvernemental étalé sur trois ans, de la promesse de la ministre de la Solidarité sociale, Agnès Maltais, de s’attaquer à l’« injustice » que représente l’amputation des pensions alimentaires pour enfants dans les prestations d’aide sociale. « Nous ne l’avons pas retenue actuellement », a affirmé Pauline Marois, qui estime qu’il faudrait appliquer « des changements majeurs » sur le plan fiscal notamment, ce qui nécessite trop de travail à cette étape-ci. « Pour qu’il y ait de la cohérence, nous prendrons le temps qu’il faut, nous aurons du temps pour nous occuper de cette question. »

 

320 millions d’ici 2017

 

Au total, c’est une douzaine d’actions que le gouvernement compte entreprendre pour aider les plus démunis, ce qui nécessitera des investissements supplémentaires de 320 millions d’ici 2017.

 

Dès janvier 2014, les quelque 60 000 personnes vivant seules qui sont prestataires de l’aide sociale verront leur chèque mensuel augmenter de 20 $, passant de 604 à 624 $ dollars. Cette hausse sera encore bonifiée au fil du temps pour atteindre 50 $ par mois en janvier 2017. En point de presse, Pauline Marois a reconnu que c’était bien peu. Que peut-on faire avec 20 $ de plus par mois ? « On améliore un peu son sort. […] C’était ce que nous pouvions faire à ce moment-ci et c’est déjà mieux, évidemment, que ce qu’il y avait avant. »

 

Le gouvernement compte également aider les organismes communautaires avec un financement supplémentaire de 54 millions par année pour les trois prochaines années. « Jusqu’à maintenant, on procédait par des indexations ou par de l’aide à des programmes spécifiques, tandis que là, on reconnaît la mission globale des organisations communautaires », a précisé Mme Marois.

 

«Chiches » et « mesquines »

 

Cette dernière est bien consciente que l’image de son parti a été mise à mal au printemps dernier avec les compressions de 19 millions à l’aide sociale. « L’objectif n’est pas de redorer notre image. D’abord, c’est de refaire clairement la démonstration que nous avons le coeur à la bonne place et que nous voulons prendre soin de notre monde, et que nous n’avons pas attendu pour le faire. […] Nous faisons aujourd’hui la démonstration que nous sommes toujours le parti qui a fait le choix de la solidarité, un parti progressiste et social-démocrate. »

 

L’effort du gouvernement Marois a été salué par plusieurs groupes de gauche. La FTQ estime toutefois que ces mesures sont « insuffisantes » alors que le FRAPRU les qualifie de « chiches » et de « mesquines ».

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12 commentaires
  • André Chevalier - Abonné 31 octobre 2013 03 h 48

    Une autre promesse trahie

    Les libéraux avaient instauré cette taxe régressive au lieu d'augmenter les impôts pour que la population voient que la santé ça coûte de l'argent, prenant les gens pour des imbéciles. Le PQ trahit une autre promesse de son programme sans raison alors qu'il n'avait qu'à reporter les besoins en santé sur les taux d'impositions.

    Je suis tanné de ces mesures fiscales pointilleuses distribuant à chaque électeur son petit nananne et des taxes particulières saupoudrées ici et là pour aboutir au même résultat ce qui rend les déclarations de revenu tellement complexes que la plupart des gens ne sont pas capables de les faire eux-mêmes et doivent faire appel à des logiciels qu'ils doivent payer ou à des firmes de comptables.

    Il est injuste qu'on doive dépenser de l'argent pour savoir ce qu'on doit verser à une institution ou un créancier quelconque. Ce service devrait être fourni gratuitement par le gouvernement. Depuis des années, je boycotte le service internet pour faire mon rapport d'impôt parce que je refuse de payer le logiciel nécessaire. Ce n'est pas vrai que je vais aider le gouvernement à épargner des coûts de gestion de l'impôt sur mon dos.

  • Lise St-Laurent - Inscrite 31 octobre 2013 06 h 14

    Misère!

    Que faisait le PQ dans l'opposition? Décrier cette taxe et promettait de l'abolir une fois au pouvoir. Ils sont au pouvoir maintenant et ça fait bien leur affaire.

  • Pierre Samuel - Inscrit 31 octobre 2013 07 h 16

    Duplessis, Chrétien, Marois: cherchez l'erreur...

    Quelle différence y-a-t-il entre un Maurice Duplessis qui promettait jadis d'instaurer un impôt aux particuliers sur une base temporaire à titre de «contribution aux efforts de guerre», d'un Jean Chrétien qui fit la même promesse d'abolition d'une TPS mise en place par son prédécesseur Mulroney ou aujourd'hui d'une Pauline Marois qui jurait d'abolir une taxe-santé présumément infâme instaurée par les libéraux «ignobles» de Jean Charest?

  • Chantale Desjardins - Inscrite 31 octobre 2013 08 h 24

    Taxes santé. impôt déguisé

    On prélève la taxe santé avec mon impôt. Donc, c'est une augmentation d'impôt mais d'une manière frauduleuse. Charest connaissait bien le truc et le PQ a mordu à l'hameçon. Nous n'avons qu'à payer et nous taire comme des citoyens obéissants.

    Il reste Québec solidaire...à essayer la prochaine fois...

  • Huguette Durocher - Inscrite 31 octobre 2013 08 h 43

    Taxe santé, dernière ligne après impôts du rapport à produire.

    Les impôts sont retenus sur le salaire et retournés à nos Gouvernements par l'employeur. Les impôts sont retenus équitablement selon le salaire brut.

    Là ou le tout ce gâche c'est à la production des rapports d'impôts personnels.
    Deux hommes de 40-50 ans, deux salaires de 40 000,00 $ brut et les mêmes retenus d'impôts. L'un avec trois enfants à faire vivre pas de pension alimentaire et vivant en appartement. L'autre avec une conjointe qui travaille, Madame à un fils majeur qui travail et vi, une maison, deux autos... Bien en bout de ligne le père de famille doit son 200,00 $ de taxe santé et l'autre retire de l'impôt du Québec qui lui permet de payer la taxe santé de sa conjoint.

    Huguette Durocher