Sol Zanetti est le nouveau chef d'Option nationale

Sol Zanetti
Photo: Pedro Ruiz -Le Devoir Sol Zanetti

L'enseignant en philosophie Sol Zanetti est devenu le premier chef élu du parti souverainiste Option nationale (ON), samedi soir à Montréal. Il a recueilli plus de 67 % des voix, et il compte se présenter dans la circonscription de Jean-Lesage, dans la région de Québec.

Environ 150 militants étaient réunis à la Tohu, à Montréal, afin de connaitre les résultats du vote. « L'adversaire nous sous-estime », a déclaré M. Zanetti, dans un tout premier discours, très combatif. « N’allons jamais grossir les rangs de ceux qui ont capitulé », a déclaré M. Zanetti. Il a décrit les militants comme étant des « gens lumineux » et des indépendantistes « décomplexés ». « Je m’engage à prendre une partie des coups à votre place », a dit M. Zanetti, en précisant qu’il faudra rester « fort » lorsque le parti sera « ébranlé ».
 
En entrevue avec Le Devoir, M. Zanetti a précisé ses intentions aux prochaines élections. « Je vais probablement me présenter dans la circonscription de Jean-Lesage dans la région de Québec », a-t-il précisé. Dans cette circonscription, le libéral André Drolet l'avait emporté par 651 voix d'avance sur le candidat péquiste Pierre Châteauvert. Le candidat d'ON Christian St-Pierre était arrivé en quatrième position (après Québec solidaire) avec 3,96 % des voies. ON avait recueilli 1,89 % des voix, dans tout le Québec.

Le parti compte présenter des candidats dans toutes les circonscriptions en cas d’élection, selon M. Zanetti, mais ce dernier indique qu’il ne vise pas un nombre de sièges en particulier, pour le moment. « Notre objectif aux prochaines élections, c’est l’objectif davantage d’aller chercher des bons points de pourcentage pour avoir un financement solide pour faire l’organisation dans les quatre prochaines années », a-t-il expliqué.

Pas mort

M. Zanetti a 31 ans et réside au centre-ville de Québec. Il est entré dans l'action politique militante en 2012, après avoir invité Jean-Martin Aussant au collège où il enseignait afin qu'il y parle de ses idées indépendantistes, selon sa biographie fournie par ON. Il enseigne depuis 2007 la philosophie au campus Notre-Dame-de-Foy. Toujours selon sa biographie officielle, sa famille était « majoritairement défavorable » au projet souverainiste. C'est au contact de la pensée de Pierre Falardeau qu'il est devenu indépendantiste.

Lors de son allocution aux militants avant l’annonce des résultats, il a indiqué que la campagne avait été « civilisée ». Il en a profité pour remercier M. Aussant, qui était absent samedi soir. M. Zanetti a reconnu que son parti a traversé des moments difficiles. « Les gens ont dit: on est mort, on est mort: ils ont tort », a-t-il indiqué toutefois.

Les militants avaient le choix entre Sol Zanetti, et le commentateur politique et musicien Nic Payne. M. Payne s’est dit peu surpris de sa défaite. « Le pointage » effectué par son équipe ces derniers jours lui avait déjà donné une très bonne idée du résultat du vote, a-t-il expliqué au Devoir. Il estime que la campagne de M. Zanetti a duré un mois de plus que la sienne, ce qui l’a aidé à remporter l’élection. « Il a su rallier les jeunes d’Option nationale, c’est une bonne chose », a aussi dit M. Payne au sujet du chef fraichement élu.

M. Payne est un des membres fondateurs du parti. Lors de son discours aux militants avant l'annonce des résultats, il a indiqué qu'ON ne devait pas tomber dans le « piège » et devenir un « parti de clientèle », avec des projets idéalistes. M. Payne a été candidat dans la circonscription de Mercier en 2012 pour ON.

Option nationale après Jean-Martin Aussant

M. Zanetti indique que son parti va survivre au départ de M. Aussant, qui avait quitté ses fonctions il y a quatre mois. « On va essayer, nous, de multiplier les porte-paroles pour montrer qu’on est pas seulement le parti d’un seul homme, mais qu’il y a plusieurs personnes de grande qualité », a-t-il expliqué au Devoir. 

M. Zanetti, qui se veut laïque, a aussi critiqué certains aspects du projet de Charte des valeurs du Parti québécois. « Ce qui est proposé par le PQ actuellement ne se justifie pas rationnellement du point de vue de la laïcité. Une infirmière par exemple, qui porte un signe religieux, je ne vois pas en quoi ça porte atteinte à la neutralité du service donné par l’État », a expliqué le nouveau chef d’ON.

Les membres d’ON avaient eu l'occasion de voter par la poste afin de choisir leur nouveau chef. Plus de 2000 d'entre eux se sont inscrits afin de pouvoir voter, selon ON. Parmi les inscrits, 1300 environ se sont prévalus de leur droit de vote. Le parti compte entre 7000 et 8000 membres. M. Zanetti s’est dit satisfait de la participation. Le décompte des votes samedi soir a été laborieux, selon un responsable d'ON, qui a pris le micro peu avant l’annonce du résultat final. Un recomptage a été effectué. 

Un parti en santé, dit la chef intérimaire

Nathaly Dufour était la chef par intérim du parti depuis le départ de M. Aussant. « On a voulu livrer au nouveau chef un parti en santé », a-t-elle indiqué lors de son discours aux militants. Visiblement émue, elle a expliqué que le parti se portait bien, notamment sur le plan financier. Aux dernières élections provinciales québécoises, ON avait recueilli 82 539 votes et présenté 120 candidats. Le parti ne compte actuellement aucun député à l'Assemblée nationale.

Cette soirée de couronnement est venue conclure une course à la direction qui a pris son envol le 14 août et qui a été marquée de quatre débats, dont l’un a été pimenté par le retrait de l’un des trois candidats, Jean-Claude St-André. Ancien député péquiste de l’Assomption, M. St-André avait surpris MM. Zanetti et Payne, le 28 septembre à Sherbrooke, en annonçant qu’il quittait la course à la direction afin de se consacrer entièrement au prochain scrutin provincial qui lui apparaissait alors probable, le 9 décembre.

M. St-André avait affirmé qu’il voulait être cohérent avec la proposition en ce sens qu’il avait lancée trois jours plus tôt. Convaincu que des élections générales auraient lieu avant Noël, il avait proposé à ses deux rivaux de suspendre la course à la direction ou encore d’élire un leader par acclamation.