«Une attaque frontale» d’Ottawa

Le ministre des Affaires intergouvernementales, Alexandre Cloutier, a condamné dimanche à Québec la « décision politique » d’Ottawa à l’encontre du Québec.
Photo: La Presse canadienne (photo) Jacques Boissinot Le ministre des Affaires intergouvernementales, Alexandre Cloutier, a condamné dimanche à Québec la « décision politique » d’Ottawa à l’encontre du Québec.

Une « attaque frontale et sournoise » pour le Parti québécois, une intervention qui va de soi selon Ottawa et un geste inutile aux yeux du Parti libéral et de la CAQ. La décision du gouvernement fédéral de se prononcer sur la vieille contestation de la loi 99, qui affirme la règle d’une majorité absolue pour trancher un référendum, suscite des réactions vives et, jure le PQ, ouvre la porte à une motion commune à l’Assemblée nationale.

Selon le ministre québécois des Affaires intergouvernementales, Alexandre Cloutier, le geste d’Ottawa participe d’une « décision politique », car « ça fait douze ans que la cause est devant les tribunaux » et « c’est la première fois que le gouvernement fédéral fait connaître ses arguments pour contester la loi ».

 

Adoptée en 2000 par le gouvernement de Lucien Bouchard, la Loi sur l’exercice des droits fondamentaux et des prérogatives du peuple québécois stipule que celui-ci « peut, en fait et en droit, disposer de lui-même » et que, lors des consultations populaires, « l’option gagnante est celle qui obtient la majorité des votes déclarés valides, soit 50 % de ces votes plus un vote ».

 

Ce geste, à l’époque, réplique directement à la Loi sur la clarté référendaire que le Parlement a adoptée à l’initiative du Parti libéral du Canada. Cette loi, à laquelle Stéphane Dion a été lié intimement, stipule essentiellement qu’une séparation doit être précédée d’une question claire à laquelle répond une majorité claire.

 

Depuis une douzaine d’années, toutefois, cette loi est contestée devant la Cour supérieure par Keith Henderson, chef du Parti Égalité de 1993 à 2003. Mercredi, le gouvernement fédéral a déposé une déclaration d’intervention dans laquelle il demande à la Cour d’« atténuer » l’interprétation de certains articles ou, à défaut de pouvoir le faire, de les déclarer « inopérants ».

 

« Le gouvernement a décidé de contester une des lois les plus importantes de l’histoire du Québec », a dit le ministre Cloutier. « Les gens doivent comprendre que le gouvernement fédéral souhaite rendre invalides les dispositions qui portent sur le 50 % + 1, et invalider la capacité qu’a l’Assemblée nationale de déterminer de la question référendaire. »

 

M. Cloutier a émis l’hypothèse que le geste vise à plaire à la base électorale à la veille d’un congrès conservateur. Il croit par ailleurs que tous les partis de l’Assemblée nationale vont s’entendre rapidement sur le texte d’une motion commune.

 

« Les propos tenus par le gouvernement Marois plus tôt aujourd’hui sont faux. Nous n’avons aucune intention de rouvrir ce débat constitutionnel. La position traditionnelle du gouvernement fédéral demeure la même », a répondu dans un communiqué le ministre des Transports, Denis Lebel, lieutenant conservateur au Québec. « L’avis de la Cour suprême du Canada dans le Renvoi relatif à la sécession du Québec [1998] énonce clairement que le départ d’une province du Canada aboutirait à une modification à la Constitution. Ce n’est rien de nouveau. »

 

Sur les ondes de RDI, M. Lebel a ajouté qu’Ottawa ne faisait que répondre à une demande de l’avocat de M. Henderson. « Il a demandé au Canada “Voulez-vous défendre les lois canadiennes ?” Demandez à un bleuet s’il aime les bleuets. On ne pouvait pas dire non. »

 

Pas constructif, dit Couillard

 

Le chef du Parti libéral, Philippe Couillard, a refusé de condamner l’initiative du gouvernement fédéral. Tout au plus la trouve-t-il inutile. « Ça n’ajoute rien de particulièrement utile ou constructif à cette question, qui, de toute façon, n’est pas d’actualité. Les Québécois sont ailleurs depuis bien longtemps », a-t-il déclaré avant le début d’un caucus spécial de ses députés.

 

À l’époque, les députés libéraux avaient voté contre la loi 99. Le Parti libéral avait prédit que cette loi conduirait à des contestations judiciaires, a rappelé Philippe Couillard.

 

Cette contestation de la loi 99 par Ottawa ne change rien « à la réalité objective et fondamentale que la majorité des Québécois s’estiment très heureux dans le Canada, sont attachés au Canada », a-t-il soutenu.

 

Philippe Couillard appuie le consensus québécois qui veut que « l’avenir du Québec se décide au Québec par des Québécoises et des Québécois ». Il est en faveur de la règle du « 50 % +1 des voix pour sceller l’issue d’un référendum sur la souveraineté. Dans la mesure seulement où la question est claire, a-t-il prévenu, comme celle qui a été présentée au peuple écossais : “L’Écosse doit-elle être un pays indépendant ? Oui ou non”.»

 

De son côté, la CAQ estime que le débat constitutionnel « n’est pas la priorité des Québécois », mais que l’intervention fédérale est « inacceptable ».

 

Aux yeux d’Henri Brun, un expert en droit constitutionnel qui a offert un avis sur le projet de loi 99 au tournant des années 2000 et un autre sur la première contestation, le geste fédéral est « étonnant ». « Il est un peu bizarre. On se demande ce qu’il y a au juste derrière ça », a-t-il dit au Devoir.

 

Pas de fondement juridique

 

Dans sa déclaration, le gouvernement fédéral écrit notamment que « la Cour devrait prononcer une conclusion déclaratoire selon laquelle, en vertu de la Constitution du Canada, le Québec est une province du Canada et la loi contestée ne peut en aucun cas constituer le fondement juridique d’une déclaration unilatérale d’indépendance par le gouvernement du Québec, l’Assemblée nationale ou la législature du Québec ou d’une sécession unilatérale de “l’État du Québec” de la fédération canadienne ».

 

Le père de la Loi sur la clarté, Stéphane Dion, croit que le gouvernement fédéral s’acquitte de sa tâche. « C’est le devoir du gouvernement du Canada de nous protéger, nous les Québécois qui avons le droit d’être des Canadiens, à moins que nous décidions clairement de ne plus l’être et que cette séparation ait été dûment négociée », a-t-il dit sur les ondes de TVA.

 

« Le gouvernement québécois essaie par cette loi de s’arroger le droit de nous enlever le Canada unilatéralement. Il n’a pas ce droit, et le gouvernement fédéral est fondé d’appuyer la démarche en cour », a poursuivi M. Dion.

 

Le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, a estimé de son côté que le « gouvernement conservateur ne cesse de renier ses promesses d’ouverture envers le Québec et poursuit sa politique de fédéralisme prédateur en niant une fois de plus le droit à l’autodétermination de la nation québécoise ». Le NPD, pour sa part, a pour position que le Parti conservateur a délaissé le Québec.

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Ce texte a été modifié après publication.

79 commentaires
  • Louis Lemire - Inscrit 21 octobre 2013 02 h 02

    Ce qui se cache derrière ça : des élections ... en 2015!

    On ne peut voir dans cette attaque juridique de la Loi 99 qu'une stratégie électorale des Conservateurs. Stratège redoutable et calculateur minutieux, Stephen Harper voit venir l’échéance électorale de 2015 et c’est dans ce contexte qu’il faut analyser cette manœuvre tout comme son discours du Trône: Ils préparent le terrain.

    Cette mesure va plaire à sa base électorale conservatrice ; s’attaquer aux visées sécessionnistes du Québec trouve toujours un terreau fertile dans le "Rest of Canada". Plus encore dans l’Ouest du Reform Party. Ce n’est pas à dédaigner pour Stephen Harper qui fera face d’ici peu au congrès de son parti à la fin du mois à Calgary alors que les sondages lui sont peu favorables.

    Cet "affront" donne à la fois des munitions électorales au Parti Québécois, et de quoi enflammer ses troupes. Qu'importe! Misant sur la fragilité de l’appui au PQ tout comme sur le soutien plutôt "mou" à l’option indépendantiste, les Conservateurs prennent un risque calculé en allumant les nationalistes québécois. Ils attisent du même coup la flamme fédéraliste canadienne au pays, et nommément au Québec. Quoi de mieux qu'une crise Québec-Ottawa pour requinquer la fierté canadienne et ragaillardir l'attachement à l'unifolié... et aux Rocheuses?

    En se faisant "Grand défenseur du Canada", Stephen Harper cherche à rallier le vote fédéraliste, celui des libéraux surtout, et en particulier celui des libéraux du Québec. Les Conservateurs en ont absolument besoin pour gagner des sièges qui lui font cruellement défaut dans la province. Du même coup, ils ont trouvé matière à court-circuiter Justin Trudeau sur le terrain de la défense des intérêts du Canada.

    Stephen Harper ne laisse rien au hasard. S’il autorise le gouvernement canadien à se mêler de cette contestation, c’est qu’il y a, en bout de ligne, des avantages à tirer pour le Parti Conservateur. Lui et ses ouailles sont déjà en campagne électorale.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 21 octobre 2013 08 h 37

      Bonne analyse! Mr Lemieux...

      Mais, comme je l'ai mentionné dèjà à propos de la stratégie péquiste à propos de la Charte de valeurs québécoise, il y a toujours un risque à jouer sur les émotions du peuple...À un moment donné, les gouvernements perdent le contrôle de la situation...C'est va pour Harper et pour Marois!

    • leroux michel - Inscrit 21 octobre 2013 09 h 08

      En posant ce geste M Harper oblige aussi le NPD à exprimer sa position terriblement inconfortable sur la question. Si un débat public le moindrement soutenu et prolongé doit s'ensuivre, il est fort probable que le NPD y perdra sa chemise.

    • Louis Lemire - Inscrit 21 octobre 2013 10 h 16

      Effectivement, monsieur Leroux, j'avais omis cet élément de l'équation mais elle n'a certainement pas échappé à l'obsessif stratège qui trône à Ottawa et qui tient à s'y maintenir car il n'a pas fini de redessiner le Canada à sa manière.

    • Real Melancon - Inscrit 21 octobre 2013 10 h 40

      Très bonne analyse M.Lemire. Je suis d'accord avec vous. Cette intervention est plus pour fouetter les troupes du PC, montrer que les indépendantisses sont tenu en lesse, et raviver la fois des fédéralistes québécois.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 21 octobre 2013 13 h 35

      @ Mr Leroux...

      Le NPD de Mr Mulcair avait déjà perdu beaucoup de vapeur en jouant la carte du ROC et de QC en même temps..Mulroney l'a fait avec succés mais il avait une personnalité plus charismatique que Mr Mulcair...Ce dernier n'est plus dans le jeu depuis longtemps...

  • pierre devet - Inscrit 21 octobre 2013 05 h 22

    Paradoxal!

    Comment une attaque frontale(donc, de face) peut-elle être sournoise (donc, contournée ou détournée)?

    • Michel Blondin - Abonné 21 octobre 2013 06 h 31

      Je comprend que c'est une formule courte pour dire

      «une attaque politique frontale et un procédé sournois».

      Il me semble que la logique n'existe pas en formule choc, juste l'effet domine, pas la lettre; ce que vous mettez en évidence.

    • Jean-Marc Simard - Inscrit 21 octobre 2013 07 h 31

      Frontale: un bouledozer arrive devant votre maison un certain matin pour la démolir. Sournois: on ne vous a pas averti de son arrivé ni de l' intention du conducteur. J'espère que cela répond M.Devet.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 21 octobre 2013 08 h 24

      Cela fait partie du théâtre de victimisation que le PQ et souverainistes aiment jouer...entre autres!

    • Pierre Couture - Inscrit 21 octobre 2013 08 h 41

      @Sol Wandelmaier
      Auriez-vous l'obligeance de nous rappeler quelle majorité il a fallu pour forcer le Québec à entrer dans le canada?

    • François Robitaille - Inscrit 21 octobre 2013 12 h 57

      @Pierre Couture: Le territoire du Québec et l'Ontario c'était le Canada, nous sommes à l'orgine de cette fédération. C'est comme dire qu'on a été forcé ....d'être dans notre propre club....qu'on a fondé.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 21 octobre 2013 13 h 42

      Mr Couture..C'est madame Wandelmaier, merci!

      Une chose c'est de construire et une autre de déconstruire!

      Apparemment, il n'y aurait pas eu de référendum pour l'enrée du QC au Canada..Vous pouvez m'instruire à ce sujet..Probablement un simple vote à la législature de L'époque...

      Personne n'est venu mettre une carabine sous le nez des québécois pour joindre la Fédération...De plus, le Qc a reçu un gros cadeau de mariage: tout le nord du QC..soit deux tiers de son territoire actuel!

    • Patrick Lépine - Inscrit 21 octobre 2013 14 h 09

      @Mme Wandelmeier, les fusils nous les avons eut, la dernière fois c'était en 1970, les fois précédentes, ça remonte à la conscription 1er avril 1918 ou il y a eut morts de "canadiens-français", mais pas n'importe ou, pas au front en europe, ici même au "Canada", le canada que les peas-soups anglophones ne pouvaient défendre eux-même, il fallait qu'ils comptent sur la chaire à canon canadienne-française...

      Mme Wandelmeier, votre "théatre" n'est pas drôle...

    • François Robitaille - Inscrit 21 octobre 2013 16 h 03

      @Patrick Lepine, les fusils c'était contre des criminels, le FLQ, pas contre le peuple Québécois.

    • François Robitaille - Inscrit 21 octobre 2013 16 h 08

      ...Mais en même temps, vous êtes hors d'ordre, mme Wandelmaier parle de la création du Canada pas de son histoire.

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 22 octobre 2013 09 h 13

      Merci! Mr Robitaille pour remettre les montres à l'heure....

      Je n'ai aucune sympathie pour Mr Harper mais, dans ce dossier, personne ne met en cause le droit à l'auto-détermination du Qc..( Les trompettes du PQ). Il n'est question que d'une question de gros bon sens: "50% + 1" versus "50% - 1"...

      Les "50% moins 1" se verraient priver d'un pays et d'une nationalité par deux voix, sachant que les marges de rejet de votes peuvent s'élever à plusieurs milliers de ballots pour raison technique...(Plus de 80 000 en 95).

      Et, encore une fois, la construction et la dé-construction sont deux choses différentes. Que ferait-on après un référendum marginalement positif avec des manifestations monstres dans les rues des "50% moins un" qui bloqueraient le fonctionnement de l'État?

      Est-ce que Harper ou quelqu'un d'autre se sentirait en droit d'intervenir avec l'armée pour défendre le droit des 4 millions de québécois qui se sentent lésés?

  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 21 octobre 2013 05 h 25

    … son intégrité !

    « Il est un peu bizarre. On se demande ce qu’il y a au juste derrière ça » (Henri Brun, expert droit constitutionnel)

    Si, par ce « geste étonnant », Ottawa veut comme apporter une confusion au sein de la communauté canadienne et québécoise et l’alimenter de « chicane inutile » ;

    Si, de cette « attaque frontale », Ottawa désire souhaiter un quelconque réaménagement de la démocratie et ;

    Si, par cette « gaffe monumentale », Ottawa risque sa réputation constitutionnelle,

    Québec est en droit de se défendre et protéger son existence, sa dignité …

    … son intégrité ! - 21 oct 2013 -

  • Caroline Moreno - Inscrit 21 octobre 2013 05 h 39

    Une déclaration d'indépendance

    Le Québec, n'ayant pas même signé la Constitution canadienne, n'a qu'à déclarer son indépendance. Il déposera par la suite une demande d'adhésion à l'ONU. Il obtiendra de nombreux appuis car, en réalité, le Québec est un pays.

    • Jean-Marc Simard - Inscrit 21 octobre 2013 07 h 34

      surtout que le Gouv.Harper s'est mis l'ONU à dos ces dernières années...

    • alain maronani - Inscrit 21 octobre 2013 07 h 34

      Aucun gouvernement ne reconnaitra le Québec tant et aussi longtemps qu'une négociation, à l'issue d'un référendum gagnant n'aura pas eu lieu entre les 2 parties...personne ni la France, ni la GB, ni sourtout les USA, oubliez le Kosovo, qui est un état croupion sans aucune reconnaissance internationale, la Serbie avec l'aide de la Russie ayant refusé toute sécession..

      Qu'attends-on le PQ pour appeler un référendum avec une question comme l'Ecosse ?

      Desirez vous que le Québec devienne un pays. Oui ou Non.

      S'il s'agit, ici, d'une agression insoutenable contre le peuple Québécois, loi 99 ou pas, le résultat ne fait aucun doute, n'est-ce pas ?

    • Yves Côté - Abonné 21 octobre 2013 13 h 04

      Cela ne pourrait se faire, à mon avis, que par un gouvernement élu démocratiquement comme majoritaire et en ayant préalablement annoncé son intention de le faire si le besoin se présentait au peuple du Québec. Lui qui ainsi, proclamerait sa souveraineté politique exclusive sur son territoire en représentant une majorité de Québécois...
      Autrement, le Canada plaiderait devant les instances internationales l'illégitimité politique du geste en question et une reconnaissance d'un Québec libre et républicain par d'autres pays en serait grandement fragilisée. En commençant pour une France qui ne trouverait certainement pas assise officielle suffisante dans un tel geste "d'impulsivité" pour s'opposer aux nombreux pays britanniques qui ne se feraient pas prier pour crier à la dictature d'un gouvernement élu mais non représentatif du plus grand nombre...

      Vive le Québec libre !

    • Patrick Lépine - Inscrit 21 octobre 2013 14 h 12

      Ou bien on change de monarque...

      Je pense que Denis 1er de l'anse doit être libre en ce moment...

  • Patrice Giroux - Inscrit 21 octobre 2013 06 h 24

    Vive le 50% - 0.58!

    Ottawa souille et détourne la démocratie québécoise depuis les débuts du mouvement souverainiste, par tous les moyens qui justifient les fins, à tel point que c'est la légitimité politique même du pouvoir central qui n'a plus sa raison d'être : le parti fédéral est le seul juge ! Renouveler le fédéralisme et réaffirmer le mythe des deux nations fondatrices ? You bet ! Le fond de supériorité colonialiste et oligarchique wasp, sous toutes les couches de vernis qu'auront données les Pères de la Confédération, est si au-devant de la scène qu'on ne le voit plus. Dans ce contexte où les règles politiques du jeu sont pipées et repipées jusqu'au burlesque, 50 % -0.58, c'était nettement suffisant.

    • Nicole Bernier - Inscrite 21 octobre 2013 07 h 21

      Curieusement, au Québec, plusieurs trouvent, comme vous M. Giroux, que c'est normal de refuser de se faire assimiler par les colons d'ascendance anglo-saxonne, lesquels ont gagné contre les colons d'ascendance française au XVlll siècle. Les Québécois refusent de se soumettre. Pourtant, les Québécois ont conservé plusieurs de leur droit à l'autodétermination, c'est eux qui peuvent décider qui va exploiter leurs ressources naturelles.

      Par contre, quand les autochtones revendiquent leur autonomie sur leur territoire, chaque province, à tour de rôle, encore ces dernières années, a imposé une ligne dure pour affirmer que les vieux contrats signés avec eux et les colons envahisseurs n'avaient aucune valeur. Par exemple, cette semaine, "Le ministre de l'Énergie, Craig Leonard, [du Nouveau Brunswick] rappelle que SWN Resources est autorisée à effectuer des tests sismiques dans la province" pour développer les gaz de schistes. Et encore une fois, on va utiliser la même stratégie qu'au moment de la conquête, ceux qui contestent la prise de contrôle de leur territoire par des envahisseurs, les gagnants les transforment en criminels (comme Louis Riel pour les Métis, et comme Louis Philippe Papineau et Robert Wilson, pour les défenseurs du Bas Canada indépendant). Ces derniers furent poursuivis pour haute trahison et résistance à leur arrestation, d'autres, comme au Nouveau-Brunswick, sont considérés comme des menaces contre le pays puisqu'ils ont du poivre à ours, des couteaux de chasse et des fusils de chasse sur eux ou dans leur voiture (ce qui est une réalité coutumière pour presque tous les gens du nord et des territoires où la chasse est omniprésente).

      Alors, pourquoi les Québécois ont-ils deux poids deux mesures? Quand vient le temps de défendre l'indépendance du Québec, on se base sur l'histoire et on condamne les tours de passe passe du Fédéral, mais quand faudrait reconnaître les Nations autochtones, on nie leurs droits et on reproduit la même attitude qu'Ottawa.

    • Jean-Marc Simard - Inscrit 21 octobre 2013 07 h 38

      Et le plus choquant dans cette affaire, c'est que les plus virulents sont les Fédéralistes Québecois à la Stéphane Dion qui font le plus reculer le Québec, pour ne pas leur enlever le Canada. Le Canada n'a jamais été à eux. Le savent-ils ? Honte à eux...

    • Patrice Giroux - Inscrit 21 octobre 2013 07 h 54

      Mme Bernier, comme plusieurs souverainistes, je suis pour le droit à l'autodétermination autochtone. Vous me faites un procès d'intention que je n'ai pas?

    • Jean Claude Pomerleau - Inscrit 21 octobre 2013 08 h 07

      Mme Bernier,

      Le seul État qui reconnait les autochtones comme nation c'est le Québec. Pour le fédéral ce sont des non entité réduit au vocable de "bande indienne"

      Notre relation avec les autochtones sur la base de nation à nation remonte à 1602, et fut scellée en France par des autochtones et Henry iV.

      Cette relation a perdu de sa consistance avec l'annexion de 1763 et repris de la vigueur avec la nationalisation de l'hydroélectricité et le développement d' Hydro Québec.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 21 octobre 2013 08 h 29

      Et si ça continue ainsi, les autochtones l'obtiendront avant nous l'autodétermination !

      PL

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 21 octobre 2013 08 h 31

      @ Mr Giroux

      Dans ce cas, laisseriez vous partir les autochtones (et une partie du Nord québécois) qui désirent rester avec le ROC...avec 50 + 1 voix? Personne ne peut nier qu'ils forment une Nation...

      Une arme à double tranchant!

    • Solange Bolduc - Inscrite 21 octobre 2013 09 h 00

      @ MM.Giroux et Pommerleau, je suis en accord avec vous, et sans oublier "La paix des Braves" au temps de Réné Lévesque.

      Mm Bernier se sert d'un certain pan d'histoire pour servir (ou projeter) ses idées, non pour défendre honnêtement un point de vue, hélas !

      Très lourd !

    • Pierre Couture - Inscrit 21 octobre 2013 09 h 24

      @Sol Wandelmaier

      Je suppose que le canada anglais laissera partir les autres nations amérindiennes en même temps que celles du Québec...

    • Nicole Bernier - Inscrite 21 octobre 2013 12 h 12

      En réponse à plusieurs des commentaires de certains d'entre vous

      D'abord, comment le Québec a reconnu les autochtones en donnant le statut de municipalité à quelques villages cris... en ayant créée une région administrative dont 60% de la population est autochtone... deux modes politiques qui ne permet en aucun cas aux Cris ou Inuits de la région de se définir la politique différemment.

      Alors que le Canada a accordé aux Inuits un territoire qu'ils peuvent gérer à partir de système politique qui respecte leurs visions du monde... un territoire où ils ont un budget et un gouvernement ayant un statut similaire aux autres provinces et territoires...

      D'autre part, en Colombie Britannique, les institutions éducatives ont développés des programmes qui intègrent l'histoire des Premières Nations à un niveau inimaginable au Québec... Le recteur de l'Université de la Colombie Britannique rend toujours hommage au peuple détenteur de la terre où l'Université s'est développée et chaque institution post-secondaire a un espace, un édifice inscrit dans leur architecture et consacré à la vie autochtone sur le campus.

      En Ontario et en Saskatchewan, on forme tous les jeunes aux cultures et à l'histoire des autochtones autrement qu'en racontant comment les autochtones étaient des sauvages (programme "Natives studies" pour les jeunes du primaire et du secondaire)

      Les recherches de la jeune qui habite chez moi ne sont pas terminés et ne me permettent pas de dire laquelle province sert mieux les intérêts des autochtones, mais j'en connais suffisament pour savoir que nous n'avons rien pour nous "petter les brettelles de satisfaction".

      Par contre, j'en connais suffisament pour savoir que la situation des autochtones, comme nations, est encore plus difficile que la situation des Québécois...

      Et, oui, je défends un système politique qui va prendre en compte la diversité des citoyens... Et, j'aime bien ce que les leaders de Nunavut expériment comme nouvelle forme de gouver

    • Yves Côté - Abonné 21 octobre 2013 13 h 19

      Madame Bernier, vous avez tort lorsque vous écrivez "Alors, pourquoi les Québécois ont-ils deux poids deux mesures? Quand vient le temps de défendre l'indépendance du Québec, on se base sur l'histoire et on condamne les tours de passe passe du Fédéral, mais quand faudrait reconnaître les Nations autochtones, on nie leurs droits et on reproduit la même attitude qu'Ottawa."
      Celles et ceux d'eux qui luttent pour l'indépendance politique de leur peuple comprennennt l'importance de reconnaître les pleins droits humains aux autochtones. Les avancées sur la reconnaissance égalitaire des autochtones des gouvernements indépendantistes successifs du Québec le prouvent mieux que tous les discours qu'on peut en faire.
      A l'opposé, les opposants québécois à l'indépendance savent si bien souffler ensemble dans le sens du vent fédéraliste qu'ils ne se gènent jamais pour remettre en question cette quête d'égalité et de justice en oubliant de dire que c'est leur position à eux qui entretient le statut de "mineur en droit" qui a cours au Canada; en particulier sur ces territoires que ce pays persiste à appeler "réserves".
      J'espère que vos propos de ce jour ne sont pas de cet objectif colonialiste canadien durable ?

      Vive le Québec libre !

    • Patrice Giroux - Inscrit 21 octobre 2013 13 h 23

      @ Mr Wandelmaier, le problème avec la compréhension de la souveraineté de l'approche partitionniste, c'est qu'elle pense qu'elle est affaire de territoire exclusif, pas une structure politique. Le fédéralisme est une structure politique, et mon fantasme n'est pas de conquérir le territoire québécois, mais de sortir du carcan fédéral. C'est d'ailleurs pourquoi il y a toujours eu, dans les trop fameuses questions référendaires que n'aime pas Ottawa, un trait d'union vers l'association ou le partenariat. Nous sommes moins sectaires et amateurs d'ethnostate que vous le pensez, ou nous dépeignez. Je suis certain qu’une cogestion du territoire avec les autochtones serait plus faisable étant donné nos traits postcolonialistes communs.

    • Patrice Giroux - Inscrit 21 octobre 2013 15 h 16

      Mme Wandelmaier (désolé pour la faute de genre, j'avais en tête Sol LeWitt), voudriez-vous suggérer que les qualificatifs « sécession » et « partition » du docte Dion étaient clairs, la base de la terminologie d'une question référendaire digne de ce nom ? Sans grelot démagogue, suggestif et guerroyant, sans épouvantail à moineaux ? Ou comme le disait le nouveau vieux libéral, Daniel Johnson, avant d'être supplanté par Jean Charest, que les souverainistes voulaient « détruire » le Canada ? Le trait d'union dans la question, c'est pour marquer une nouvelle interdépendance, entre pays souverains, pour empêcher les bonshommes sept heures fédéralistes d'accoler les étiquettes précitées, car ce sont elles qui piègent et sont totalement loin de la réalité démocratique. Ce n'est pas le beurre et l'argent du beurre, c'est la normalité internationale en Occident. Cette offre d'union économique n'est plus une union politique, c'est aussi simple que ça. Le Canada aura le loisir de la refuser ou non, mais le projet de pays n'est pas une séparation isolationiste. N'est-ce pas un accord de libre-échange qui vient d'être signé avec l'Union européenne ? Encore une fois, les souverainistes, et même les indépendantistes, ne sont pas sectaires. Ceux qui n'admettent pas qu'un autre ordre politique est possible et nécessaire le sont beaucoup plus. Mais c'est vrai qu'il y a le « royal baby » qui est si mignon et qu'envisager de s'en séparer nous brise le coeur... (pffff!)

    • Solange Bolduc - Inscrite 21 octobre 2013 16 h 08

      Mme Bernier, après tous vos arguments contre tout ce que ne fait pas le Québec, vous ajoutez :

      "Les recherches de la jeune qui habite chez moi ne sont pas terminés et ne me permettent pas de dire laquelle province sert mieux les intérêts des autochtones, mais j'en connais suffisament pour savoir que nous n'avons rien pour nous "petter les brettelles de satisfaction"."

      Mais cela ne vous empêche pas de varger comme toujours sur ce que fait le Québec, en tant que fédéraliste que vous êtes, et de chercher à critiquer même les bonnes actions du PQ ou des Québécois, et, semble-il, vous vous servez d'une amérindiennes qui habitent chez vous pour la soulever contre nous ! C'est ce qu'on appelle diviser pour mieux régner ou de la mégalomanie !

      À vos yeux, les souverainistes auront t

    • Sol Wandelmaier - Inscrite 22 octobre 2013 09 h 43

      @ Mr Giroux...Vous amenez beaucoup trop de points en même temps pour ouvoir vous répondre parfaitement..Des livres entiers ont été écrits sur les multiples sénarios possibles à la suite d'une déclaration d'indépendance par le Qc...

      Ces sénarios impliquant aussi bien le Qc que le ROC sont trés compliqués et imprévisibles..Un des sénarios possible serait qu'il y ait un morcellement total du ROC et les morceaux se joindrait aux E.U....

      Un autre sénario serait que les provinces canadiennes ne reconnaitraient plus ex: Harper comme négociateur en leur nom et le QC se retrouverait dans un limbo juridique sur le plan international pendant des années...

      Aucun des contrats de libre-échange avec les E.U. le Mexique ou l'Europe ne seraient plus valables pour le QC qui devrait les renégocier..Les partenaires économiques les plus importants du QC, les morceaux du Canada, seraient aussi dans un limbo total...

      Je ne vous montre que le côté ROC..Les sénarios possibles concernant le QC sont tout aussi compliqués et effrayants...

      Les mécanismes d'un rouage politiques, juridiques et constitutionnels sont tellement compliqués pour le commun des mortels que nous sommes vous et moi que je dois sourire à l'aspect simplistes de beaucoup de commentaires dans ces pages..