Vers une commission parlementaire sur la gouvernance du Fonds FTQ?

La première ministre Pauline Marois a exprimé jeudi des craintes de voir la commission parlementaire se transformer en tribunal d’inquisition.
Photo: - Archives Le Devoir La première ministre Pauline Marois a exprimé jeudi des craintes de voir la commission parlementaire se transformer en tribunal d’inquisition.

Québec — Après avoir ridiculisé la proposition de la CAQ d’entendre les dirigeants du Fonds de solidarité FTQ en commission parlementaire pour rassurer les épargnants québécois, le gouvernement Marois fait volte-face et se dit prêt à en discuter, dans la mesure où des balises strictes seront établies afin d’éviter toute forme de dérapage.

 

« Nous sommes prêts à envisager cette possibilité, a répondu la première ministre Pauline Marois aux questions du chef de la CAQ François Legault jeudi matin. Cependant, je crois qu’il est nécessaire que nous ayons un échange préalable pour nous permettre de baliser les travaux de cette commission. Toute espèce de forme de dérapage pourrait avoir des conséquences considérables sur des actifs forts importants pour notre société québécoise. » Pauline Marois a notamment exprimé des craintes de voir la commission parlementaire se transformer en tribunal d’inquisition.

 

Évolution libérale

 

Considérant les fortes rumeurs d’élections automnales qui courent dans les couloirs de l’Assemblée nationale, François Legault a demandé à la première ministre de s’engager à tenir cette commission avant les élections. « Comme on a beaucoup de temps devant nous, c’est sûr qu’on pourra les accueillir lorsque nous aurons procédé à une entente », a répondu, sourire en coin, la première ministre, précisant qu’il fallait déterminer à la fois le format et les balises.

 

Du côté du Parti libéral, la position a également évolué. Alors que le chef Philippe Couillard affirmait mercredi qu’il fallait laisser la commission Charbonneau faire son travail, on se disait ouvert jeudi à un tel exercice dans la mesure où les représentants du Fonds de solidarité y sont eux-mêmes favorables.

 

Au Fonds de solidarité de la FTQ, le désir de voir les dirigeants s’exprimer sur les changements apportés à la gouvernance ces dernières années est si fort que l’organisme a pris la peine de téléphoner aux trois partis politiques mercredi soir pour les informer de leur appui à cette proposition de la CAQ.

 

« Essentiellement, nous les avons simplement avisés de notre communiqué de presse,répond Patrick McQuilken, responsable des communications au Fonds de solidarité. Il n’y a pas de discussions en tant que telles, la balle est maintenant dans le camp des parlementaires, qui doivent décider quand et comment la Commission des finances publiques tiendra des audiences sur la gouvernance du Fonds de solidarité. »

 

Il confirme que les actionnaires sont inquiets à la suite des révélations de la commission Charbonneau et qu’il est nécessaire de les rassurer, mais nie vouloir utiliser cette future commission pour redorer l’image du Fonds. « C’est normal dans les circonstances que les actionnaires se posent des questions et c’est normal que nous fassions tout pour leur faire état des mesures [de gouvernance] qui ont été adoptées. »

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