Intimidation : un combat de chaque instant, dit Malavoy

La cyberintimidation est un phénomène mondial qui gagne en importance avec la popularité grandissante des réseaux sociaux.
Photo: Agence France-Presse (photo) Lionel Bonaventure La cyberintimidation est un phénomène mondial qui gagne en importance avec la popularité grandissante des réseaux sociaux.

Québec – Le travail ne fait que commencer pour ceux qui luttent contre un problème susceptible de miner l’atmosphère dans n’importe quel établissement scolaire.

 

La Semaine contre l’intimidation et la violence à l’école, qui était chapeautée par le gouvernement du Québec, s’est déroulée du 30 septembre au 4 octobre sur le thème Branché sur le positif.

 

Même si ces quelques journées de sensibilisation axées sur le harcèlement dans les médias sociaux sont désormais terminées, les élèves et le personnel enseignant ne doivent pas baisser leur garde, affirme la ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport,Marie Malavoy. Dans un communiqué, elle a écrit qu’il faut qu’ils « continuent pendant le reste de l’année de se mobiliser pour faire du cyberespace un lieu agréable et sécuritaire où il fait bon apprendre et s’amuser ».

 

Far West

 

La présidente et directrice générale de l’organisation Ensemble pour le respect de la diversité, Anne Lagacé Dowson, abonde dans le sens de Mme Malavoy. En entrevue à La Presse canadienne, elle a expliqué que les réseaux sociaux sont devenus des lieux de rendez-vous incontournables pour les enfants et les adolescents. Selon elle, « il faut insister davantage sur le civisme, sur les conséquences de ce qu’on dit et fait sur ces plateformes-là ».

 

Mme Lagacé Dowson a comparé le climat qui y règne à celui du Far West du temps des pionniers.

 

Deux types

 

En se basant sur la littérature sur le sujet, elle a précisé que les utilisateurs des réseaux sociaux se divisent en deux catégories. D’un côté, il y a les « natifs du cyberespace » (c’est-à-dire les moins de 30 ans qui naviguent sur Internet depuis leur plus jeune âge) et de l’autre, on retrouve les « immigrants du cyberespace » (les internautes qui ont franchi le cap de la trentaine et qui ont commencé à se rendre sur la toile plus tard dans leur vie).

 

Anne Lagacé Dowson soutient que ces groupes sont confrontés à des enjeux différents. D’après elle, les plus jeunes ne se « rendent pas compte des dommages des dérapages, des commentaires négatifset de la transmission de photos intimes » sur la toile. Quant à leurs aînés, ils sont, selon elle, « un peu en désarroi devant ce phénomène grandissant qu’est l’usage des médias sociaux par les jeunes ».

 

Pour « limiter les dommages » dans chacun des deux camps, il importe de miser sur le « réalisme », la « prévention » et la « prise de conscience », affirme Mme Lagacé Dowson.

 

Elle invite notamment les enseignants et les élèves à s’inspirer d’outils pédagogiques disponibles en ligne comme le site branchepositif.gouv.qc.ca où il est possible de trouver des recommandations pour les éducateurs, les témoins, les victimes d’intimidation et même les harceleurs eux-mêmes.

1 commentaire
  • Tony Arsenault - Inscrit 7 octobre 2013 14 h 25

    Mauvaise cible

    Ce ne sont pas de programmes interminables facultatifs (car non-consultés) de sensibilisation qui doivent coûter un bras dont les victimes d'intimidation ont besoin. Le "bullying" existera toujours, même si l'on s'acharne à dire que ce n'est pas bien. Ce genre de diatribe rentre par une oreille et sort par l'autre. Ce sont de véritables recours qui changeront la donne, ainsi que de l'éducation juridique dès le secondaire.

    J'ai moi-même été intimidé au secondaire, et lorsque par mon éducation universitaire, je découvre la réelle portée du Code Criminel et de la Charte québécoise, je me dis que j'aurais pu faire bien plus que de me plaindre ad vitam aeternam à des professeurs ayant bien peu de sympathie et un establishment administratif que se fout éperdument du problème.

    Pensez-vous que lorsque les élèves apprendront qu'une action juridique sous l'article 4, qui garantit le droit à son honneur, sa dignité, et sa réputation, et qui est passible de dommages-intérêts qui peuvent se situer dans les 4 chiffres ou plus via l'article 49 existe, que les intimidateurs n'y penseront pas à deux fois? Même 1000$, c'est long à rammasser avec une course de journaux. Ou encore la prohibition criminelle contre le libelle diffamatoire (qui s'applique aussi sur les conneries qu'on peut bien dire de quelqu'un en ligne)?

    Il faut armer les intimidés contre les intimidateurs et si rien d'autre ne marche, il faut insister sur les recours juridiques. Ces victimes souffrent de comportements criminels, et il faut que la société montre sa désapprobation face à l'intimidation à l'aide de gestes concrets. Les jeunes du secondaire sont assez matures pour subir les conséquences de leurs actions, qui, dans bien des cas, brisent des vies ou poussent certains jeunes au suicide.