Charte des valeurs: Marois attentive à l'appel de Bouchard et Parizeau

Pauline Marois ne s'offusque pas de l'incursion de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard dans le débat suscité par la Charte des valeurs québécoises
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Pauline Marois ne s'offusque pas de l'incursion de Jacques Parizeau et de Lucien Bouchard dans le débat suscité par la Charte des valeurs québécoises

La première ministre du Québec, Pauline Marois, n'est pas sourde à l'appel de ses prédécesseurs Jacques Parizeau et Lucien Bouchard d'assouplir la Charte des valeurs québécoises en limitant l'interdiction de porter des signes religieux uniquement à ceux qui exercent des fonctions coercitives de l'État.

«C'est intéressant ce que soulève M. Bouchard», a-t-elle fait valoir lors d'un point de presse vendredi avant-midi.

La chef du gouvernement ne s'offusque pas de l'incursion de M. Parizeau et de M. Bouchard dans le débat suscité par la Charte des valeurs québécoises. «J'apprécie beaucoup leur contribution», a-t-elle affirmé en marge d'une annonce dans les locaux de l'entreprise Jeux Warner Bros. Montréal. «J'apprécie aussi le ton qu'ils ont pris pour donner leur point de vue. Je crois qu'il est très respectueux du débat qui se tient maintenant», a-t-elle ajouté.

Le projet de loi à venir reflétera les consensus se dessinant autour de la proposition de Charte de son équipe, a souligné Mme Marois. «Il y a évidemment ces prises de position [celles de M. Parizeau et de M. Bouchard]. Vous savez aussi qu'il y a de nombreux citoyens qui se sont exprimés par la voie d'Internet et du téléphone... et tout le reste. [...] Nous sommes à faire tout le cumul de ces avis. Et nous reviendrons dans quelques temps pour déposer le projet [de loi] et toutes ses composantes», a-t-elle indiqué. Dans une réponse en anglais, la première ministre a dit «espérer» que l'éventuel projet de législation soit «accepté par la population du Québec».

Elle a également insisté sur l'importance de «prendre le temps de bien analyser tous les points de vue qui ont été exprimés et de prendre les meilleures décisions possible dans les circonstances».

La controverse entourant la proposition du Parti québécois n'ébranle pas la volonté du gouvernement péquiste de doter le Québec de balises encadrant les demandes d'accommodement religieux et le port de signes religieux de représentants de l'État. «Ce qui est sûr, c'est que nous allons aller de l'avant avec un projet qui va bien définir les règles du vivre ensemble. Et je crois, moi, que ça va nous unir plutôt que nous diviser», a conclu Mme Marois.
34 commentaires
  • Jeanne M. Rodrigue - Abonnée 4 octobre 2013 13 h 13

    Fonctions coercitives de l'État

    Fort bien pour les juges, policiers, et toutes personnes en autorité tels les juges, procureurs, gardiens de prison, policiers. Cela semble aller de soi.

    À ces fonctions de «personnes en contrainte», je joindrais également les puéricultristes en garderie de même que les institutrices du primaire.

    Les petits étant influençables, cela va de soi que tant et aussi longtemps que les enfants n’ont pas reçu de cours d’histoire des religions, ils ne sont pas en état de comprendre le pourquoi et le comment du «zèle» vestimentaire.

    • Danielle - Inscrit 4 octobre 2013 15 h 06

      J'ajoute à la lise et j'y tiens, toute personne exerçant dans la fonction publique (l'État) doit s'abstenir d'exposer sa religion par le port du hijab par exemple.

    • Eric Shannon - Inscrit 4 octobre 2013 15 h 55

      À Danielle Houle: mais les croix dans le cou seraient autorisées ? Et le crucifx, qu'en faites vous ? Il est intéressant de voir que vous avez choisi spécifiquement le hijab comme exemple.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 4 octobre 2013 16 h 35

      Les signes religieux visibles ne sont pas anodins dit Soeur Claire Dumont. Ils veulent signifier aux autres notre appartenance et nos pensées religieuses avant tout. Ils mettent également, un mur entre les personnes qui les portent et les autres.

      http://www.radio-canada.ca/emissions/medium_large/

    • Johanne St-Amour - Inscrite 4 octobre 2013 16 h 51

      L'interdiction des signes religieux pour les fonctionnaires de l'État (incluant éducatrices et enseignants) est un choix de société raisonnable.

      Dans le Devoir cette semaine et dans une entrevue à l'émission Médium Large le 3 octobre, Soeur Claire Dumont affirme que les signes religieux ne sont pas anodins et qu'ils établissent un mur entre les personnes qui les portent et les autres. Ça prend beaucoup de modestie et d'humilité pour renoncer à ces signes qui démontrent en premier lieu les pensées (religieuses) que veulent véhiculer les gens qui les portent.

      http://www.radio-canada.ca/emissions/medium_large/

  • Catherine Paquet - Abonnée 4 octobre 2013 13 h 33

    Quelle façon étonnante de gouverner !

    On rédigera un projet de loi qui "reflétera les consensus se dessinant" dans la population. Est-ce qu'on dirige ou est-ce qu'on suit?

    Est-ce qu'un ordinateur, légèrement sophistiqué, ne pourrait pas dégager les consensus sur une variété de sujets. On pourrait ainsi gouverner en faisant plaisir aun plusn grand nombre, et espérer remporter ainsi la prochaine élection.

    • Marthe Pouliot Duval - Abonné 4 octobre 2013 14 h 42

      Monsieur Paquet,
      Être à l'écoute de la population est la meilleure route à prendre pour en arriver à un consensus...
      il ne s'agit pas de"suivre" ou de "diriger" mais de tenir compte de l'opinion des uns et des autres et d'ajuster la loi en conséquence .
      C'est le contraire d'une dictature!!

    • Grace Di Lullo - Inscrit 4 octobre 2013 14 h 59

      Monsieur Paquet,

      La phrase prononcée par la Premiere Ministre Marois figurant dans l'article, nous révèle en quelque sorte une femme d'état, une démocrate. C'est comme cela que le lis cette phrase

      «....Vous savez aussi qu'il y a de nombreux citoyens qui se sont exprimés par la voie d'Internet et du téléphone... et tout le reste. [...] Nous sommes à faire tout le cumul de ces avis. Et nous reviendrons dans quelques temps pour déposer le projet [de loi] et toutes ses composantes»,

      Je suis heureuse de savoir qu'elle ne veut pas seulement nous consulter à tous les 4 ans, mais de cette manière davantage interactive, participative, démocratique.

      C'est rafraichissant, il faut le souligner.

    • Eric Shannon - Inscrit 4 octobre 2013 15 h 55

      C'est ce qu'on appelle une démocratie.

    • F. Georges Gilbert - Inscrit 4 octobre 2013 16 h 31

      Trè bien dit Mme Di Lullo.Une exemple digne d'une démocratie citoyenne.

    • Maxime Dion - Inscrit 4 octobre 2013 21 h 25

      @Eric Shannon

      <<C'est ce qu'on appelle une démocratie>>

      C’est plutôt ce que l’on appelle << callé un set carré >> : un pas en avant, un pas en arrière, mélangez-vous tout le monde ensemble, changez de partenaire puis <<swingnez>> votre compagnie!

      … Un vrai rigodon, que le mandat du PQ de Mme Marois ; aucune détermination : que du louvoiement au rythme des sondages et des tribunes téléphoniques…

  • Michel Lebel - Abonné 4 octobre 2013 14 h 21

    Électoralisme!

    Toute cette déclaration sent fortement l'électoralisme! En plus de voir tous ces ministres, première ministre incluse, se montrer à répétition en public à l'occasion d'une quelconque subvention à une entreprise ou pour un futur ou éventuel trajet de métro! Ainsi va la petite politique!


    Michel Lebel

    • Nestor Turcotte - Inscrit 4 octobre 2013 14 h 55

      Ils devaient faire «autrement».

      Ils font comme avant et en plus, à cause des médias.

      Nestor Turcotte

    • Frederick Soucy - Inscrit 4 octobre 2013 16 h 29

      Eh ben quoi! Qu'est-ce qui vous surprend tant ?

      Les tenants et aboutissants de l'électoralisme respectent tous les principes du clientélisme. Ce dernier est la condition d'existence de tout parti politique.

      De toute façon, la petite politique, c'est à quoi l'Administration coloniale a déterminé (pour ne pas dire condamné) l'Amérique du Nord Britannique depuis l'Acte Constitutionnel de 1791...

    • Michel Lebel - Abonné 4 octobre 2013 18 h 36

      @ Frederick Soucy,

      Je dis seulement qu'un gouvernement responsable ne doit pas jouer avec le feu. Et cette charte des valeurs, c'est du feu, inutile de le cacher. Si le gouvernement veut aller de l'avant avec son projet actuel et qu'il décide d'en faire un important enjeu électoral, il devra en assumer les conséquences. Si tel est son choix, je prédis des jours difficiles pour le Québec. Attendons!


      Michel Lebel

    • Jean-Marc Simard - Abonné 4 octobre 2013 23 h 09

      Un feu Monsieur Lebel ça brûle quand on fait exprès pour le toucher ou marcher dedans. Mais un feu, ça éclaire, réchauffe et rassemble aussi...Un maître soufis a demandé de bâtir une société de citoyens et non une société à multiples identités...Le soufisme est la pensée mystique de l'Islam...Je crois que ce maître soufiste a conclu notre débat en une seule phrase pleine de sagesse. Hier j'écoutais une vidéo de youtube sur la peur de l'Islam. Un vieux musulman a eu cette phrase pleine de bon sens:
      "La meilleure des religions est celle qui sème l'amour afin de récolter la vie"
      Ce Musulman a résumé en une seule phrase toute la philosophie chrétienne. Et ce dernier ne portait pas de signes religieux. La pratique religieuse c'est dans la tête et dans le coeur que ça se passe, nulle part ailleurs. Pas besoin de se revêtir d'accoutrements pour ce faire.

      Jean-Marc Simard

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 4 octobre 2013 14 h 41

    Non, la Charte ne va pas trop loin

    J'ai beaucoup d'estime pour M Parizeau, mais je constate ses lacunes en sociologie politique. Non, la Charte ne va pas trop loin, au contraire.

    Il faut être aveugle pour ignorer la montée de l’islamisme dans le monde, financée même ici par la Ligue islamique mondiale et les pétro-dollars de l'Arabie saoudite. Les dérives de l'islamisme envahisseur et intégriste en Europe et même dans les pays majoritairement musulmans sont particulièrement inquiétantes. Ce n'est pas cela que l'on veut ici.

    À ceux qui disent qu’il n’y a pas d’urgence et pas de problèmes, je leur dis : regardez ce qui se passe actuellement en Europe, et ce qui arrivera ici si on continue d’accueillir tant de musulmans qui ne veulent pas s’intégrer. La religion à la maison, et l’harmonie règnera en public.

    À ceux qui ont des doutes, écoutez le programme politique d’un élu islamiste en Belgique: http://www.youtube.com/embed/aNWeLZARCUI?feature=p

    C'est l'islam politique à l'oeuvre. Ils sont patients, et tenaces …

    Laisser les islamistes infiltrer impunément les organismes publics, c’est comme se mettre la main dans le tordeur. Il faut y mettre le holà !

    • Nestor Turcotte - Inscrit 4 octobre 2013 14 h 58

      Parfait. Mais c'est avec le nombre que les islamistes gagneront. Ici, au Québec, on ne fait plus d'enfants et on les tue par milliers avant qu'ils naissent.

      Qui prendra les emplois disponibles? Les ingénieurs venus d'ailleurs. Dans quelques décennies, les islamistes prendront le pouvoir, non seulement en Belgique, mais en Europe et en Amérique du Nord.

      Nestor Turcotte

    • Danielle - Inscrit 4 octobre 2013 15 h 10

      De toute évidence vous avez saisi l'essentiel de l'enjeux. Espérons que d'autres saisiront aussi.

    • Eric Shannon - Inscrit 4 octobre 2013 15 h 57

      Donc c'est une charte contre l'islam que vous voulez ? Mais le christianisme (qui a pourtant fait de nombreuses victimes au cours des siècles) lui serait autorisé ?

    • Martin Maynard - Inscrit 4 octobre 2013 19 h 03

      M. St-Arnaud
      En supposant que la menace islamiste que vous appréhendez soit vraie, il doit bien y avoir moyen de le prouver? Pourquoi le PQ ne veut pas faire les études sur la question?

      Ensuite, toujours en supposant la menace vraie, le problème en est un d'immigration, la charte n'y pourrait rien.
      Bref, mesurons vraiment le problème et prenons les mesures nécessaires s'il y a lieu.

  • Jean Duchesneau - Abonné 4 octobre 2013 15 h 08

    Non à l’ambiguïté!

    Le problème dans ce débat est dans l'ambiguïté des positions alors qu'un état véritablement laïque doit prévenir l'ambiguïté dans le traitement de ses citoyens, quel que soit leur sexe, leur orientation sexuelle ou leur religion. Paradoxalement, ce sont les citoyens d'appartenance religieuse visible qui sont les plus virulents opposants au projet de Charte des valeurs dite québécoise, alors que par définition, les religions monothéistes s'opposent les unes aux autres. L'union contre la Charte de ces antagonistes l'est sur la base des droits et libertés en matière de croyances religieuses. Toutefois, la plupart des religions sont promotrice de croyances et d'opinions, notamment en regard de l'égalité des sexes et de l'homosexualité, souvent en opposition aux connaissances scientifiques, aux lois et aux consensus sociaux en cours. Presque toutes les religions condamnent l'homosexualité, plusieurs la considèrent même comme une maladie. Un employé de l'État arborant un signe ostentatoire d'une telle religion offrira-t-il un traitement égal et sans préjugé à un homosexuel? Qui devrait répondre à cette question? Ceux et celles qui offrent le service au nom de l'État, ou ceux et celles qui reçoivent le service? Quoi qu'en disent les porteurs de signes ostentatoires, ils transportent des messages non verbaux ambigus envers ceux qui reçoivent les services, que ce soit des enfants dans une classe ou des malades dans le service de santé. Le droit des uns finit là où commence celui des autres. Travailler pour l’État est un privilège alors que le bénéficiaire a droit à l’équitabilité. J'opte pour le droit de tous à recevoir un traitement égal et non ambigu de la part de l'État. Ceci étant dit, le projet actuel est lui-même ambigu en ce qui a trait au crucifix de l'Assemblée nationale et en regard de l'idée de valeurs québécoises. Afin d'aplanir ces ambiguïtés, le crucifix de l'Assemblée nationale devrait y être retiré et entendons-nous sur une charte de la laïcité!