Charte des valeurs - Parizeau a parlé

Jacques Parizeau est toutefois d'accord avec les autres propositions du gouvernement Marois, soit d’inscrire le principe de neutralité de l’État dans la Charte des droits et libertés et de baliser les accommodements raisonnables.
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Jacques Parizeau est toutefois d'accord avec les autres propositions du gouvernement Marois, soit d’inscrire le principe de neutralité de l’État dans la Charte des droits et libertés et de baliser les accommodements raisonnables.
Québec — Jacques Parizeau, qui estime que la Charte des valeurs québécoises va trop loin, est en contradiction avec la position qu’il défendait au moment de la publication du rapport Bouchard-Taylor en 2008. Dans un texte qu’il signe dans les journaux de Québecor, Jacques Parizeau se dit en accord avec la position du célèbre duo Gérard Bouchard et Charles Taylor sur la question du port des signes religieux, l’enjeu le plus litigieux du projet de charte du gouvernement Marois.

« Je pense qu’on devrait se limiter aux recommandations du rapport Bouchard-Taylor, c’est-à-dire de l’appliquer aux policiers, aux procureurs, aux juges et généralement à ceux qui ont le pouvoir de contraindre. Je n’irais pas plus loin pour le moment. »

Il est d’accord, toutefois, avec les autres propositions du gouvernement Marois, soit d’inscrire le principe de neutralité de l’État dans la Charte des droits et libertés et de baliser les accommodements raisonnables. « Je pense qu’il serait préférable de se limiter, dans la Charte, à l’affirmation des principes de la neutralité de l’État à l’égard des religions. Il faut aussi maintenir et peut-être encore préciser les règles applicables par toutes les administrations publiques à l’égard des accommodements pour raisons religieuses, en particulier celle en vertu de laquelle rien ne doit porter atteinte au principe de l’égalité des hommes et des femmes. »

«Abstrait et fumeux»

Pourtant, il y a quelques années à peine, l’ancien premier ministre avait une opinion beaucoup plus tranchée. En 2008, il affirmait que le rapport Bouchard-Taylor était « abstrait et fumeux » et qu’il fallait l’envoyer « dans la filière 13, le mettre dans un tiroir et l’oublier ». Il voyait, dans ce rapport, « une sorte de mépris du Canadien français qui [lui faisait penser] à Pierre Elliott Trudeau ».

Questionné à cet effet à l’émission 24/60 en fin de journée jeudi, Jacques Parizeau s’est défendu d’avoir changé d’idée. « Je suis d’accord avec une proposition de ce rapport qui me paraît utile pour essayer de régler le problème. Je ne veux pas revenir sur tout le rapport Bouchard-Taylor, c’est une autre paire de manches. Je prends un morceau, j’essaie de l’introduire dans une proposition générale raisonnable. »

Dans cette même entrevue, il a nié que sa sortie était une tentative de se racheter pour sa déclaration de 1995 sur l’argent et le vote ethnique, éclatant de rire lorsque la question lui a été posée. « Ça, c’était une déclaration. Mais je n’ai jamais été associé, ni comme ministre des Finances ni comme premier ministre, à une démarche pour interdire quoi que ce soit de religieux au Québec. »

Jacques Parizeau dit vouloir offrir une porte de sortie honorable au gouvernement Marois, qui s’empêtre dans une situation qui dégénère. « Il me paraît important de calmer le jeu, on s’excite un peu trop », a-t-il affirmé. Plus tôt jeudi matin, il affirmait sur les ondes du 98,5 que « le feu a commencé à prendre dans notre société ».

Contrairement au gouvernement du PQ, il estime que le crucifix n’a pas sa place au Salon bleu. Il croit enfin que le projet de charte, comme présenté par Bernard Drainville, nuira au mouvement souverainiste. « Pendant ce temps, à Ottawa, tous partis confondus, on proclame son appui aux minorités du Québec. En fait, le fédéralisme se présente comme leur vrai défenseur », écrit-il dans sa lettre ouverte.

 

Le citoyen Parizeau

À Québec, les députés du Parti québécois, Pauline Marois en tête, ont tenté de minimiser l’importance de la critique de l’ancien premier ministre. « M. Parizeau est un citoyen québécois, il a le droit de prendre position comme tous les citoyens du Québec et de contribuer au débat, a affirmé Pauline Marois. Alors, c’est dans ce sens que j’accueille son point de vue. »

Bernard Drainville nie être embarrassé par la position de Jacques Parizeau, qui s’éloigne de celle du gouvernement sur un certain nombre de points. « Il [M. Parizeau] a un poids certain, il a toute la crédibilité que lui donne son titre d’ancien premier ministre du Québec, mais encore une fois, je pense que c’est une participation qui est constructive, qui est positive, et on va prendre en considération ses commentaires, mais on va prendre en considération également les commentaires des autres citoyens, de tous les citoyens québécois qui nous ont écrit. »

Le ministre Drainville s’est dit ouvert à bouger sur un certain nombre de points, dont la clause de retrait, la présence du crucifix et la prière dans les assemblées municipales, mais « il n’est pas question de reculer sur les grands principes sur lesquels s’appuie la Charte », a-t-il affirmé.

Son collègue, responsable de la métropole et ancien conseiller de Jacques Parizeau, Jean-François Lisée, s’est amusé de la situation. « On pourrait dire que c’est non seulement une tradition, c’est presque une valeur québécoise contemporaine que de voir M. Parizeau donner son opinion. »

Selon lui, les positions de son ancien patron « transcendent les familles politiques » sur la question de la Charte. « Sur la question du balisage des accommodements religieux, il est d’accord avec le PQ. Sur les questions du port des signes religieux, il est plus ambitieux que les libéraux et moins ambitieux que la CAQ. Sur la question du crucifix, il est plutôt Femen. »

Oppositions

Du côté des oppositions, tous se réjouissaient de cette nouvelle sortie de l’ancien chef du Parti québécois et tentaient de faire des rapprochements avec la position de leur propre parti. « Lorsqu’on est en ces matières, on doit rechercher l’unanimité de la Chambre,a soutenu le chef de l’opposition officielle, Jean-Marc Fournier. Il y a là quand même beaucoup de matières avec lesquelles on s’entend, matières dans lesquelles M. Parizeau semble donner le signal qu’elles sont importantes. »

Nathalie Roy, de la CAQ, se disait pour sa part « ravie de constater que cet homme, ce matin, embrasse la totalité de [leur] position, outre les enseignants [qu’ils ajoutent]. »

Même du côté de Québec solidaire, Françoise David affirmait que « ce que M. Parizeau propose est exactement la position défendue par QS ».

95 commentaires
  • Pierre Valois - Abonné 4 octobre 2013 00 h 57

    Voltaire a aussi retraité sur le déclin de sa vie

    Parizeau émule de Voltaire. On le dirait bien.

    Et bien il ne restera plus qu'à un citoyen de réclamer un accomodement raisonnable pour ne pas être servi par un fonctionnaire portant ostensiblement un signe religieux et à ce citoyen de prendre toutes les disposition judiciaires et quasi-judiciaires pour faire respecter sa volonté d'être servi par un fonctionnaire neutre.

    Et pourquoi pas le téléphone avec vidéo pour le fonctionnaire qui veut afficher discrètement ses allégeances religieuses au citoyen avec lequel il échange, par téléphone.

    Ou encore ne petite étampe (style croix de Jérusalem, ou n'importe quoi d'autre, à apposer dans le coin inférieur gauche: oui, il faudra aussi régir cela)) pour le fonctionnaire qui veut afficher discrètement sa conviction religieuses au citoyen auquel il écrit puisse le faire par écrit.

    Parce que c'est bien de cela dont il est question. De la priorité de l'affichage des convictions religieuses d'un employé de l'état sur la priorité de la neutralité de l'état.

    C'est bien cela qu'il faut comprendre...une prémolaire a décidé de mettre au pas toute la mâchoire...

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 4 octobre 2013 07 h 47

      La politique : c'est l'art du possible. Ici, entre autres, pour la position que prend M. Parizeau, il s'assure que nous n'aurons pas a reculer, au point de vue juridique, à cause des chartes canadiennes et québécoise sur les droits et liberté.

    • Jérôme Brisson - Inscrit 4 octobre 2013 09 h 33

      @M. Tremblay

      "La politique n'est pas l'art du possible. C'est l'art de rendre possible ce qui est nécessaire." - Pierre Bourgault

    • Jacques Patenaude - Abonné 4 octobre 2013 09 h 57

      À lire les commentaires sur cet article je crois qu'on peut constater qu'il était plus que temps que quelqu'un calme le jeu avant qu'il ne soit trop tard. L'essentiel de la charte fait consensus et la question des signes religieux peut faire l'objet d'un compromis qui protégera le bien commun. Bravo à m. Parizeau qui pour une fois se montre mesuré et usant de jugement. Tant qu'à avoir une charte des valeurs plutôt qu'une charte de la laicité aussi bien qu'elle reflète les valeurs de tolérance propre à notre collectivité. Il y a eu trop d'excités dans les deux camps tels que les Martineau, Pelletier, Mulcair et compagnie. Le débat dérape de plus en plus et les partis politique doivent tous s'élever au dessus de la partisanerie. Un compromis est possible si tant les libéraux, les Caquistes les solidaires que les péquistes s'y mettent. Et SVP les excités, calmez-vous.

  • Carole Dionne - Inscrite 4 octobre 2013 01 h 01

    Cela me fait penser:

    " Rabi Jacob, il va parler...". Parizeau se voit toujours plus grand que nature. Regardez sa suggestion: pas comme le PQ, pas comme le PLQ, pas comme la CAQ et pas comme QS. Lui seul a toujours la solution. C'est du Parizeau tout craché et les étudiants capotent dessus. C'est un personnage.


    Quant à ma solution: comme il ne veut pas mettre de pôvres femmes à paorte à cause du port du voile, je suggère que ceux qui sont fonctionnaire présentement garde le droit d'avoir des signes religieux. par contre, tout nouvel employé devra signer un document dans lequel il accepte de ne porter aucun signe religieux. À la longue, ceux qui ont des signent vont s'éliminer.

  • Léandre Nadeau - Inscrit 4 octobre 2013 01 h 38

    M.Parizeau sacrifie les droits des parents sur l'autel de la souveraineté

    Selon moi, l'immense majorité des parents de toutes croyances religieuses au Québec ne veulent pas de signes religieux en éducation aux niveaux préscolaire (CPE), primaire et secondaire, pour la bonne raison qu'ils veulent offrir à leur enfant un terrain neutre pour son développement au moins jusqu'au seuil de l'âge adulte.

    Et cela ne date pas d'hier. Cette volonté existe depuis ce qu'on pourrait appeler le compromis historique conclu entre les religions, la société civile et l’État dans les années 60 en faveur d'une école neutre.

    Je considère que c’est là un droit fondamental qui doit être protégé par une loi et qu’une limite raisonnable aux droits individuels des éducateurs est nécessaire.

    S’il est vrai que l'État n'a pas eu à légiférer pour sortir les signes catholiques ostentatoires de nos écoles, l’État a agit rapidement dans la mise en place d'une école laïque avec la création d'un réseau d'écoles publiques neutres (de facto) et d'écoles confessionnelles où se sont retirés les religieux pour continuer leur oeuvre. Vatican II, le Mouvement laïc et le Rapport Parent sont d'autres éléments majeurs qui ont contribué à l'obtention du compromis historique.

    Ce compromis consenti par les catholiques était absolument nécessaire pour répondre aux demandes des parents des autres croyances religieuses et des parents qui réclamaient une école neutre.

    Or, voilà que 40 ans plus tard, certains éducateurs de minorités religieuses risquent de remettre ça en question de par leur volonté de porter leurs signes religieux ostentatoires dans l’école et les CPE.

    L’État ne doit-il pas intervenir pour préserver cet acquis important ? Que peuvent faire les parents qui veulent une école neutre pour leurs enfants ? Sans une loi claire à cet effet, les droits fondamentaux historiques de ces parents seront bafoués par la Charte canadienne des droits individuels et la Cour suprême. La dynamique injuste ainsi crée sera une menace à l’harmonie et la paix sociales.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 4 octobre 2013 07 h 14

      Vision Parizeau = Ménager la chèvre et le chou

      Complètement d'accord avec vous, M. Nadeau. L'éducation de nos enfants doit se faire dans un environnement laïque sans affichage idéologique, ni prosélytisme religieux. Peu importe qui ça dérange.

      M. Parizeau a parlé et on doit apprécier son point de vue, sans nécessairement le partager. Une partie de son commentaire me laisse entendre qu'il voudrait acheter la paix en n'allant pas trop loin «pour le moment».

      Ça fait plus de 250 ans qu'on a peur d'aller trop loin, de revendiquer ce que nous considérons juste et digne. Quand cesserons-nous de rechercher l'approbation des autres au lieu d'oser être ce que nous sommes i.e. du bin bon monde. Notre démarche vise, pour une fois, à prévenir plutôt que guérir. Notre vision est innovatrice.

      J'espère que le PQ se tiendra sereinement debout devant Bouchard, Taylor, Parizeau, David et les autres.

    • Nicole Bernier - Inscrite 4 octobre 2013 08 h 17

      Quand Parizeau dit "Mais je n’ai jamais été associé, ni comme ministre des Finances ni comme premier ministre, à une démarche pour interdire quoi que ce soit de religieux au Québec.", je pense que c'est l'essence de son message... Et, il y a eu plein d'arguments contre la transmission d'une éducation religieuse chez les pro-chartes et contre les parents qui veulent que les institutions d'éducation cesse de discréditer la religion pour valoriser la liberté sexuelle... Il faut une balance... qui va varier d'un milieu social à un autre... L'État n'a pas à tout contrôler... C'est le message de Parizeau

      Donc, M. Nadeau, quand vous voulez contrôler le contenu des valeurs de chaque CPE, vous niez le droit de ces lieux d'éducation de coller avec les familles qui fréquentent ces garderies. Si le CA décident d'embaucher une femme voilée ou un homme portant la kippa ou une catholique habillée humblement avec sa croix au cou, ce sont les parents qui décident de choisir une personne qui correspond aux valeurs dominantes de cette garderie...

      Vouloir placer les jeunes enfants dans le conflit de valeurs entre la famille et l'État est une "game" mise en place par des gens irresponsables qui ne comprennent rien à la psyché d'un jeune enfant qui a besoin de cohésion entre ses différents milieux de vie... Plus il y a de conflit de valeurs, plus l'enfant sera totalement déchiré et incapable de se développer... N'a-t-on rien appris des enfants du divorcent, des parents qui continuent à se chicaner même après la séparation? Notre génération n'a pas mis en place un mode de vie qui garantisse plus de bonheur à nos enfants que les générations antérieures... Nous avons offert de nouvelles opportunités mais aussi un grand nombre de nouvelles problématiques. Donc, laissons donc les jeunes familles décidées du genre de garderies qu'ils veulent mettre en place...

    • Léandre Nadeau - Inscrit 4 octobre 2013 10 h 29

      @ Mme Bernier. Vous écrivez "Si le CA décide d'embaucher une femme voilée ou un homme portant la kippa ou une catholique habillée humblement avec sa croix au cou, ce sont les parents qui décident de choisir une personne qui correspond aux valeurs dominantes de cette garderie..."

      Madame, il y a quelque chose de très important que vous ne comprenez pas. S'il n'y a pas de loi protégeant le droit fondamental à une école neutre en éducation, ce ne sont pas les parents dans un CPE ou une école qui vont décider, mais l'éducateur intransigeant qui n'aura qu'à aller en Cour suprême. Il suffira d'un seul jugement et le droit fondamental des parents sera balayé à jamais.

      Les religions transmettent des valeurs en effet. Les catholiques et les autres religions ont compris dans les années soixante que pour accueillir des enfants de diverses croyances dans un même lieu, il fallait offrir un terrain neutre. Cela ne veut pas dire dénigrer les religions, cela signifie de respecter les croyances des autres. Cela impose une obligation de réserve aux éducateurs, y incluant les signes religieux ostentatoires.

      Les éducateurs et les parents de croyances religieuses qui ont fait le compromis des années soixante ont appris à vivre ensemble en harmonie depuis tout ce temps. Ils savent l'importance de se comporter avec modération pour le respect des autres et pour préserver la paix sociale. Ils savent que l'enfant n'a pas à vivre de guerres de religions ou autres.

      Sans loi protégeant la neutralité en éducation, les éducateurs intransigeants ont le pouvoir de tout balayer ça. Or, on sait tous que ce sont ceux qui n'ont pas appris la modération qui vont nous faire ce cadeau empoisonné.

    • Nicole Bernier - Inscrite 4 octobre 2013 12 h 15

      Pour avoir travailler trente ans dans le milieu de l'éducation... d'abord comme éducatrice dans les garderies, puis, comme animatrice de projets dans les écoles primaires et secondaires et finalement comme étudiante, à 40 ans, à l'université pour obtenir un bac, une maitrise et avoir débuter un doctorat sans le finir... Une chose fondamentale que j'ai apprise, il n'y a pas de neutralité dans le travail des professeurs et des éducateurs...

      Tous les professeurs transmettent leurs valeurs avec plus ou moins d'espace pour ceux qui pensent différemment... Après le premier cours d'un prof, je pouvais prédire ma note selon le niveau de proximité entre mes valeurs et celle du prof et sa capacité ou non à prendre ne compte la diversité des points de vue étudiants.

      Du primaire à l'université, Il y a autant d'étudiants ostracisés actuellement dans les écoles par des professeurs athées qu'il y avait des enfants ostraciser par les religieux... Aujourd'hui, on ne les envoie plus en enfer, on les envoie chez le psys pour les médicamenter (respect?)...

      Vous développer des idées complètement désincarnées des problèmes actuels dans les écoles...

      Les comités de parents ont toujours été, à mon point de vue, un outil fondamental pour balancer la formation des professeurs qui vivent dans des quartiers différents où ils enseignent et qui ont reçu un contenu qu'ils doivent réussir à concilier avec les valeurs du milieu. Les professeurs savent bien que les enfants défendent les valeurs de leurs parents d'autant plus s'ils se sentent appuyer par lui.

      Au Québec, on cherche toujours à dissimuler les rapports de pouvoir qui existent entre les différentes visions de ce qu'est une bonne éducation... et comment cela s'articule au quotidien dans une classe... Les recherches portent trop souvent du présupposé que tout le monde est traité également par le professeur, alors qu'un même discours, qu'il soit religieux ou laic, n'a pas la même signification pour les enfants dans la class

    • Léandre Nadeau - Inscrit 4 octobre 2013 15 h 48

      @ Mme Bernier. J'ai été prof aussi au secondaire, au cegep et à l'université et ai été impliqué dans le développement des services à la petite enfance.

      Ceci pour vous dire que l'éducation m'a toujours grandement intéressée, pas seulement pour l'avenir de notre société comme il est dit souvent, mais peut-être davantage pour l'avenir de l'enfant lui-même.

      Chaque fois que je croise le regard d'un enfant, je me demande toujours si on s'occupe bien de lui à la maison, à l'école, si on le protège contre l'intimidation d'autres élèves, s'il développe les connaissances et les habiletés qui lui permettront de faire face à la vie plus tard, le genre de société dans laquelle il aura à vivre...

      On s'entend la dessus que l'éducation, c'est important. On s'entend aussi que les religions transmettent des valeurs. Que les profs ne sont pas toujours neutres, mais qu'il faut s'assurer qu'ils y tendent le plus possible. Qu'il faut absolument bannir de l’école les prosélytes religieux et/ou politiques, y compris les intégristes de toutes les religions.

      La députée Mme Fatima Houda Pepin ne disait-elle pas l’an dernier que " L’enjeu de notre siècle, ça va être de savoir se tenir debout face à la montée des extrémistes religieux, (…) qu’ils soient islamistes ou évangélistes "

      http://www.ledevoir.com/politique/quebec/388620/le
      http://zonevideo.telequebec.tv/media/3057/fatima-h

      Donc, principe de précaution nécessaire.

      Le point sur lequel je voulais attirer votre attention, c'est que quelque soit la volonté des parents, l'éducateur intransigeant aura toujours gain de cause dans notre système à moins qu'il ne représente un danger pour la sécurité ou l'ordre. Il n'a qu'à aller en Cour suprême. C'est pourquoi il faut une loi avec des balises raisonnables. Les intransigeants s'exclueront eux-mêmes de l'école...et c'est tant mieux.

  • Nephtali Hakizimana - Inscrit 4 octobre 2013 02 h 32

    M. Parizeau applaudi par les fédéralistes et les partis de l'opposition

    C'est le monde à l'envers!
    M. Parizeau, à quelle époque les immigrants ont-ils fait avancer la souveraineté?
    J'aimerais bien le savoir!

    Nephtali H.

    • Benoît Landry - Inscrit 4 octobre 2013 06 h 34

      Vous devriez posé cette question aux autochtones d'Amérique du Nord....

    • Pierre-R. Desrosiers - Inscrit 4 octobre 2013 07 h 03

      Faire évoluer une société est plus important que faire avancer la souveraineté.

      Desrosiers
      Val David

    • Fernand Lachaine - Inscrit 4 octobre 2013 08 h 20

      @monsieur Desrosiers,
      Vous savez très bien monsieur Desrosiers qu'un peuple souverain est plus évolué qu'un peuple à la remorque d'une autre nation. C'est l'évidence même.

    • Claude Lachance - Inscrite 4 octobre 2013 12 h 51

      M. Lachaîne. Pour devenir souverain un peuple doit être ""évolué"", qui dit "" évolué "" dit Identité solide un rêve commun de chacuns des citoyens qui la compose sur une lisse plage de neutralité religieuse.

  • Marco Fortin - Inscrit 4 octobre 2013 04 h 46

    Charte d'une certaine intolérance

    Je n'ai jamais été crains les étrangers... Cependant, depuis quelques mois il m'arrive d'aller sur le mur Facebook du parti québécois... Je ne suis pas d'allégeance péquiste mais j'y allais pour lire quelques commentaires, question de me faire une idée sur qui est l'électorat du parti québécois... À mon grand étonnement, j'ai fais la connaissance avec un genre de citoyens québécois que je ne connaissais pas. L'intolérance des différences. Je ne dis pas que tous les séparatistes sont comme ça mais à lire les commentaires qu'il y a sur ce mur, plusieurs pourraient être tenté de généraliser..Je me suis retiré de ce mur parce que je pense que je me serais mis moi aussi à détester les anglophones, les allophones, les arabes et les fédéralistes québécois dont je fais parti... L'idée de cette charte excessive ne me surprend pas... Merci M.Parizeau pour votre participation au débat, vous allez certes faire une différence...

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 4 octobre 2013 06 h 56

      Parlant de généralisation....

      Je ne voudrais pas en faire une, mais je crois que ce que vous avez vu sur ce mur, c'est un échantillon de la plus grande partie de l'électorat du P. q. constitué de gens d'un certain âge. Je n'ai rien contre eux, je serais très mal placée puisque j'en fais partie moi-même, pas de l'électorat, mais d'une quasi majorité veillissante, même si en dedans je suis ailleurs... D'ailleurs un autre article en faisait part hier: les jeunes de la loi 101 sont ailleurs. Mais peut-être que simplement les préjugés ne sont plus les mêmes?

      Je crois que c'est cet échec à aller chercher les jeunes qui a empêché le parti québécois d'avoir un mandat majoritaire: ceux ci sont allés du côté de Q s et l'O n et Marois avec ses casseroles et son carré rouge a perdu une partie de son électorat. Il ne faut pas oublier que pour des raisons tout à fait compréhensible les personnes âgées sont généralement du côté de... la loi et l'ordre, dit autrement, ils apprécient une certaine sécurité. Alors cette fois ci, miser sur cette fameuse charte risque de les confiner de nouveau dans le minoritaire...

      Et l'idée de gouverner par sondages interposés peut aussi s'avérer délétaire, politiquement et socialement.

    • Nicole Bernier - Inscrite 4 octobre 2013 12 h 49

      Les vieux qui sont intolérants l'étaient quand ils étaient jeunes... ceux qui étaient ouverts sur la diversité, l'étaient aussi jeunes... En vieillissant, de 30 ans à la mort, on ne change pas réellement son système de valeurs... encore de la discrimination pour discréditer les vieux...

      Par contre, entre 15 ans et 30 ans, on entretient souvent plein d'illusions sur ce que l'on souhaite et ce que l'on est prêt à faire pour atteindre cet idéal du soi et sur notre capacité à définir ce qui est important pour soi...

      D'ailleurs, la plupart des jeunes vont reproduire quelque chose qui ressemble étrangement aux patterns familiaux... ce qui devient évident quand ces jeunes ont des enfants... et s'ils ont pris de la distance de leur famille, ils vont souvent s'enraciner dans les patterns de leurs vieux professeurs... Il y a plein de jeunes à l'université qui reproduisent de vieilles idées du 19e siècle au niveau théorique...

      Alors, ma conclusion: En général, la majorité des gens préfèrent la reproduction ou des petits changements qui ne transforment aucunement les structures de base...