L’UPAC soupçonne Applebaum d’avoir été au coeur d’un vaste système frauduleux

Michael Applebaum a démissionné de la mairie de Montréal après son arrestation en juin 2013.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Michael Applebaum a démissionné de la mairie de Montréal après son arrestation en juin 2013.

L’Unité permanente anticorruption (UPAC) soupçonne l’ancien maire de Montréal, Michael Applebaum, d’avoir été au coeur d’un système de corruption plus étendu que ce qui avait été révélé lors de son arrestation, en juin dernier. L’ancien chef de cabinet de l’ex-ministre Michelle Courchesne, Jean-Sébastien Marineau, serait impliqué.

 

Des extraits de dénonciation et les mandats de perquisition concernant M. Applebaum ont été en partie libérés jeudi, à la demande d’un consortium de médias comprenant notamment Radio-Canada, TVA et La Presse. Le Devoir ne participait pas au recours et n’a pu consulter les documents.

 

Les documents indiqueraient que l’enquête entourant l’ancien maire intérimaire concerne plusieurs grands projets immobiliers. En juin, l’UPAC avait indiqué que les 14 chefs d’accusation déposés contre Michael Applebaum ne touchaient que deux projets immobiliers, soit la construction d’un centre sportif dans Côte-des-Neiges et une tour à condos sur l’avenue Troie. Ce n’était qu’un aperçu, comprend-on quatre mois plus tard.

 

Les médias citaient jeudi le Centre universitaire de santé McGill, le projet de piscine publique de Côte-des-Neiges, la construction d’un édifice de neuf étages près de l’Université de Montréal, le site d’un orphelinat à l’angle du boulevard Décarie et du chemin de la Côte-Saint-Luc, différents projets de condominiums et le secteur Jean-Talon Ouest, de la Savane et Décarie.

 

Selon les documents dévoilés, les montants des pots-de-vin versés autour de ces projets seraient « considérables ». Les infractions auraient été commises entre 2002 et 2012. On évoque des stratagèmes de corruption lors du processus d’autorisation de permis et de changement de zonage avec différents promoteurs. Les transactions frauduleuses auraient été faites à la demande de Michael Applebaum, par le biais de son attaché politique, Hugo Tremblay, qui rencontrait les promoteurs.

 

Les noms de Jean-Sébastien Marineau (congédié en catimini par Mme Courchesne en janvier 2009, pour « bris de confiance ») et des entrepreneurs Tony Magi et Lee Lalli, de Marcel Tremblay (frère de l’ex-maire et conseiller municipal) sont aussi cités. Un interdit de publication - contesté par le même consortium de médias - empêche toutefois de préciser leur rôle.

 

Lors de son arrestation, Michael Applebaum avait affirmé n’avoir rien commis de répréhensible. « Je maintiens mon innocence. Je ne peux pas commenter les différentes accusations et les différentes rumeurs, mais […] je n’ai jamais pris un sou de personne », avait-il dit.

9 commentaires
  • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 4 octobre 2013 01 h 51

    Encore un autre

    Qui se prétendait hors de tout soupçon.

    L'affaire du logement en ville, conseillé par son fils de 15 ans, avait éveillé les doutes.

    L'UPAC confirme au jourd'hui que tous les maires de Montréal ont été complices.

  • Jean-Marc Simard - Inscrit 4 octobre 2013 06 h 43

    Conscience sociale où es-tu ?

    M.Applebaum affirmait son innocence, il n'y a pas si longtemps, jurant sur la tête de son dieu qu'il n'avait jamais trempé ses lèvres dans la coupe du vin corrompu. Comment peut-on ériger le mensonge et les faussetés à un degré si élevé ? Je ne comprends pas. Cela me dépasse. Comment des personnalités publiques peuvent-elles être si mal intentionnées? Je ne comprends pas...Cela me dépasse... Ces politiciens verreux se racontent des menteries et en plus ils se croient...Le comble de leur absurdité est qu'ils pensent berner la conscience sociale de leur population...Au secours! À l'aide! Crient les citoyens honnêtes. Éloignez de nous, Seigneur Charbonneau, cette coupe remplie de sang politique au goût vinaigré... Ma conscience n'en peut plus...

    • Gaston Bourdages - Inscrit 4 octobre 2013 17 h 17

      Mercis Monsieur Simard pour votre fort pertinente et, pour certaines gens, dérangeante question. Tout un rendez-vous que celui possible et disponible avec «SA» conscience ! Il m'en a pris plus de vingt-trois ans pour «m'asseoir» avec la mienne et que de combats intérieurs j'ai menés pour me soustraire à cette rencontre dont je soupçonnais...à raisons...certaines de ses fort troublantes révélations. Avant d'être «sociale», la conscience se doit d'être individuelle. Je corrige : les prises de conscience se doivent d'être individuelles. Je suis d'opinion que rendu à un certain niveau de corruption et de collusion, la conscience se «volatilise» faisant alors place à une caisse enregistreuse qui engrange et qui nourrit «LE» coffre-fort dont celui du pouvoir ou politique ou économique ou religieux. Beaucoup à dire, à écrire sur «LA» conscience...
      Gaston Bourdages
      Simple citoyen - ex-bagnard - conférencier - écrivain publié dont «Examens de conscience...»
      Saint-Mathieu de Rioux, Qc.
      http://www.unpublic.gastonbourdages.com

    • Jean-Marc Simard - Inscrit 5 octobre 2013 00 h 12

      Mille fois bravo Monsieur Bourdage. Vous êtes un exemple vivant d'une réhabilitation réussie. Vous avez compris, après de grandes souffrances, que pour récolter la vie il faut semer l'amour.Car la vie est la fleur de l'amour... Comme disait l'Autre, à quoi sert à l'homme de gagner l'univers, s'il vient à perdre son âme...Par là il faut entendre à quoi sert à un malfras d'accumuler tant de richesses dérobées de façon frauduleuse au détriment de l'essor de la vie socio-économique d'une population. De toute façon il ne pourra pas emporter cette richesse matérielle dans l'Au-Delà...Vaut mieux servir le bien que le mal. C'est plus enrichissant...

  • Pierre Lefebvre - Inscrit 4 octobre 2013 07 h 06

    Difficile

    Il est de plus en plus difficile de faire confiance à qui que se soit !

    L'eau a l'air bien claire dans la chaudière, mais prend un bâton et brasse un peu et elle s'embrouille du limon qui était au fond !

    Crier son innocence, on vois ce que ça donne.

    Je me demande si je vais croire à celui ou celle qui va crier sa culpabilité. Ça va me demander un tout aussi grand effort de confiance ! Et ma confiance commence à être à bout de souffle, elle a la langue à terre !

    PL

  • André Martin - Inscrit 4 octobre 2013 08 h 23

    Jumeler Montréal et Palerme?

    Récemment, j'ai croisé le regard fuyant de l'ineffable Applebaum dans l'ouest de l'Île, et je me suis demandé pourquoi le reste de sa personne n'était pas déjà en fuite?

    J'ai une suggestion: cela ne serait pas plus simple de jumeler Montréal et Palerme au lieu de perdre temps et argent à faire une élection?

  • Gaston Bourdages - Inscrit 4 octobre 2013 08 h 40

    Un être humain nait-il criminel...?

    À partir de mes propres vécues et assumées expériences de la criminalité, j'y réponds: «Non». Criminel je suis devenu et imaginez-vous que des AIDES j'ai reçues pour ce faire. Oui, des «collaborations» de d'autres gens qui avaient des intérêts dans certains de ces malpropres et malodorants millions$$$ de chiffre d'affaires brassés m'ont été complices. Un être humain ne devient pas meilleur seul et tout seul. Il a besoin d'un environnement propice pour ce faire. L'inverse est aussi vrai. Je suis le seul de ceux aux comportements malpropres ayant été condamné et ayant connu et expérimenté prison et pénitencier(S). Je suis heureux d'y être allé. DU TOUT pour ce que j'ai fait pour m'y retrouver. J'avais besoins...pas les goûts de l'emprisonnement. L'impunité, sorte de grangrène d'une certaine justice, me fait sourire. Dire aussi que, dans certains cas, cette impunité se transforme en immunité. «Ouache!»
    Pour en avoir fait aussi expériences: une conscience écrasée, bafouée, violée, lacérée finit TOUJOURS par exprimer, s'exprimer.
    Gaston Bourdages,
    Simple citoyen - ex-bagnard - conférencier - écrivain publié...«Examens de conscience....
    Saint-Mathieu de Rioux, Qc.
    http://www.unpublic.gastonbourdages.com

    • Jean-Marc Simard - Inscrit 5 octobre 2013 00 h 22

      Monsieur Bourdage, vous êtes devenu un grand philosophe. Je suis poète philosophe et j'ai quelques réflexions qui pourraient vous plaire. Merci de votre témoignage et de votre implication. Voir mon site web à l'adresse ci-jointe

      Jean-Marc simard

      www.jmcimart.com/accueil