La charte va trop loin, estime Jacques Parizeau

Jacques Parizeau croit qu’il serait « préférable de se limiter, dans la Charte, à l’affirmation des principes de la séparation de l’Église et de l’État, et de la neutralité de l’État à l’égard des religions ».
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir Jacques Parizeau croit qu’il serait « préférable de se limiter, dans la Charte, à l’affirmation des principes de la séparation de l’Église et de l’État, et de la neutralité de l’État à l’égard des religions ».
Dans une chronique publiée ce jeudi dans Le Journal de Montréal, M. Parizeau écrit qu’il serait « préférable de se limiter, dans la Charte, à l’affirmation des principes de la séparation de l’Église et de l’État, et de la neutralité de l’État à l’égard des religions ».

Concernant l’interdiction du port des signes religieux, Jacques Parizeau pense « qu’on devrait se limiter aux recommandations du rapport Bouchard-Taylor, c’est-à-dire de l’appliquer aux policiers, aux procureurs, aux juges et généralement à ceux qui ont le pouvoir de contraindre. Je n’irais pas plus loin pour le moment ».

Le projet de Charte du ministre Bernard Drainville prévoit l’interdiction du port de signes religieux « facilement visibles et ayant un caractère démonstratif » pour le personnel des ministères, le personnel de l’État exerçant un pouvoir de sanction, le personnel des CPE, des commissions scolaires, des garderies privées subventionnées, des cégeps et universités, du réseau public de santé et des municipalités.

Le crucifix ailleurs

Jacques Parizeau pense également que le crucifix de l’Assemblée nationale devrait être déplacé. « Espérons que, l’été prochain, le président, après avoir consulté discrètement les partis, le fera déplacer ailleurs dans le Parlement, par exemple, dans la Galerie des présidents, sur lesquels il a veillé pendant tant d’années ».

Autrement, M. Parizeau estime qu’il « faut maintenir l’obligation et peut-être encore préciser les règles applicables par toutes les administrations publiques à l’égard des accommodements pour raisons religieuses », en particulier le principe de l’égalité entre homme femme ».

L’ancien chef du Parti québécois donne aussi son appui au maintien de l’obligation de ne donner ou recevoir des services publics qu’à visage découvert — « personnellement, j’irais plus loin que ça », écrit-il.

Islamisme

Dans sa chronique, l’ancien premier ministre rappelle que « le Québec est devenu une société laïque » au fil des ans et que cette transformation s’est faite « graduellement », sans heurts.

« Jusqu’à maintenant, la question vestimentaire à caractère religieux n’avait jamais donné lieu à des interventions réglementaires. Les soutanes des religieux et les coiffes des religieuses ont disparu, le col romain a suivi sans qu’on sente le besoin de faire des lois ou des règlements. Chez les juifs, la kippa est encore portée, de même que divers couvre-chefs pour certains orthodoxes. On n’a jamais demandé à l’État d’y voir ».

Pourquoi ce « large appui à l’interdiction de tous les signes ostentatoires à caractère religieux », demande-t-il ? « Je pense qu’il n’y a qu’une explication : l’islamisme », dit-il. Or, « à peu près le seul contact que la plupart des Québécois ont avec le monde islamique, c’est [une] image de violence », écrit M. Parizeau. La situation est différente à Montréal, où « on se côtoie davantage ». Mais il est normal dans ces conditions que les gens applaudissent lorsqu’un gouvernement pose « un geste pour commencer à limiter le soi-disant danger de l’invasion de l’extrémisme ».

Le PQ réagit

À l'entrée du caucus du Parti québécois jeudi matin, la première ministre Pauline Marois a réagi en disant que «M. Parizeau est un citoyen Québécois, il a le droit de prendre position comme tous les citoyens du Québec et de contribuer au débat. C'est en ce sens que j'accueillie son intervention.»

Le ministre responsable du projet, Bernard Drainville, a pour sa part salué la «contribution constructive» de Jacques Parizeau. «Monsieur Parizeau, c'est pas n'importe qui. Il a un poids certain. Il a toute la crédibilité que lui donne son titre d'ancien premier ministre du Québec», a reconnu M. Drainville, lors d'un bref point de presse.

Il a toutefois réaffirmé que «les principes proposés par la Charte sont très clairs et il n'est pas question de reculer sur les grands principes. Mais on va prendre en considération les commentaires, notamment sur la question du crucifix». 

Quant à Jean-François Lisée, ministre responsable de la région de Montréal, il a rappelé «qu'aucun grand débat d'importance au Québec ne peut se dérouler sans que M. Parizeau ne donne son avis, et il enrichit toujours le débat. C'est presque une valeur québécoise contemporaine, que d'avoir M. Parizeau qui donne son opinion». 

M. Lisée a remarque que le débat sur la Charte «transcende les familles politiques».  Concernant le balisage des accommodements raisonnables, «M. Parizeau est d'accord avec le PQ. Sur la question des signes religieux, il est plus ambitieux que les libéraux, moins ambitieux que la Coalition avenir Québec. Et pour le crucifix, il est plutôt Femen», a-t-il dit en faisant référence aux manifestantes qui, seins nus, scandaient «crucifix, décâlisse» cette semaine à l'Assemblée nationale.  

Pierre Duchesne (biographe de M. Parizeau et ministre de l'Enseignement supérieur) a quant à lui noté que M. Parizeau est «favorable à trois mesures sur quatre», et que «sa réflexion permet de continuer le débat. C'est éclairant.»

Avec la collaboration de Jessica Nadeau
Avec La Presse canadienne

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101 commentaires
  • Marc Bourdeau - Abonné 3 octobre 2013 09 h 18

    Les soutanes etc.

    Il faudrait rappeler à Monsieur Parizeau, ainsi qu'une religieuse l'a fait dans ces pages il y a quelques jours, que ce sont les autorités religieuses qui ont 'forcé' les religieux à abandonner les signes ostentatoires, parfois à leurs corps défendant.

    Dans les faits, cela ne s'est pas fait sans heurts, et plutôt rapidement et non graduellement, suite à des ordonnances précises du Cardinal de l'époque (Mgr. Léger je crois). Pour mieux correspondre aux valeurs de notre société.

    • Denis Marseille - Inscrit 3 octobre 2013 10 h 09

      Il le sait très bien. D'ailleurs, c'est ce qu'il dit:

      « Jusqu’à maintenant, la question vestimentaire à caractère religieux n’avait jamais donné lieu à des interventions réglementaires. Les soutanes des religieux et les coiffes des religieuses ont disparu, le col romain a suivi sans qu’on sente le besoin de faire des lois ou des règlements. Chez les juifs, la kippa est encore portée, de même que divers couvre-chefs pour certains orthodoxes. On n’a jamais demandé à l’État d’y voir ».
      «

    • Catherine Paquet - Abonnée 3 octobre 2013 10 h 42

      M. Bourdeau,
      Vous savez bien que les ordonnances des autorités religieuses locales étaient inspirées pour ne pas dire imposées par les décision du concile Vatican II. Il est fort probable que les "valeurs québécoises" n'aient pas beaucoup influencé le Pape Jean XXIII.

    • Claude Poulin - Abonné 3 octobre 2013 12 h 09

      L’affirmation selon laquelle les religieuses et les religieux dans les années 60 avaient abandonné leurs tenues traditionnelles pour se conformer à un processus de laïcisation de la société québécoise est une fausseté. Si ces communautés ont abandonné leurs tenues (avec leurs signes ostentatoires), c’est pour se conformer aux nouvelles règles en cette matière suite aux grandes réformes dans l’Église catholique à l’époque du concile Vatican II. La majorité de leurs membres (pas toujours facilement) se sont donc soumis à ces nouvelles règles par fidélité au mouvement de libération à l’intérieur de leur Église. Et ce, absolument pas pour s’ajuster à de nouvelles normes sociales ou étatiques québécoises! D’autres, très nombreux, ont choisi de quitter leurs communautés et de se vêtir comme tout le monde, et encore là, tout à fait librement. Déformer les faits de cette manière pour nous convaincre des mérites de cette charte relève de la pure démagogie. Claude Poulin Québec

    • André - Inscrit 3 octobre 2013 12 h 12

      @M.Bourdeau

      Vous faites allusion à Claire Dumont de la congrégation des Filles de la sagesse qui a écrit une lettre très intéressante sur sa vision du port des signes religieux. Il y a quelques minutes à peine, elle vient de donner une entrevue à l’émission Médium large de Catherine Perrin à la radio de Radio-Canada. Une entrevue où elle nous parle de son expérience vécue dans les années 60 et de la sagesse qui la guide dans sa vie avec ses concitoyens. Pour elle, ce qui est le plus important, c’est la paix et non pas la confrontation qui doit exister entre tous les hommes et, pour l’assurer cette paix, sa congrégation a décidé de ne plus porter de signe religieux et ce qu’elle souhaite c’est que notre société continue dans ce sens. C’est un message de sagesse et d’amour du prochain à l’image de la parole du Christ et non pas de l’Église qui l’a déformée par ses gestes au cours des deux derniers millénaires .

      Voici le lien pour accéder à cette émission qui débute à 10h06. Pour l’entrevue, il faudra vous positionner à 10h26.

      http://www.radio-canada.ca/audio-video/#urlMedia=h

    • Jean-Marc Simard - Abonné 3 octobre 2013 13 h 01

      Il ne faut pas oublier l'influence de Vatican 2 et du renouveau qu'il proposait au début des années 60, sous l'influence de Jean XX111, dans la décision du Clergé catholique québécois d'abandonner certains signes et vêtements religieux.

    • Fernand Lachaine - Inscrit 3 octobre 2013 14 h 00

      Et l'inverse monsieur Paquet-- Très souvent. D'ailleurs l'église québécoise faisait à sa tête-- foi de Duplessis.

  • Victor Raiche - Inscrit 3 octobre 2013 09 h 19

    ''L´espoir à nos fenêtres,


    L´espoir qu´un jour peut-être,
    Le soleil pourra se lever,
    Du côté de la Liberté.''

    Merci, MONSIEUR !

  • Michel Lebel - Abonné 3 octobre 2013 09 h 20

    Quelle "bonification"?

    Cette intervention devrait faire réfléchir certains péquistes! Il n'a pas que les méchants fédéralistes ou "tayloristes" qui ont des réserves à l'égard de la chartre des valeurs. Le ministre Drainville, énigmatique, mais avec l'oeil sur sa cueillette-maison d'opinions, nous parle toujours de "bonification" de son projet. Tout cela ne fait pas bien sérieux et responsable. Pourquoi jouer au strip-tease avec l'opinion? Il me semble que ce n'est pas cela bien gouverner. J'appelle plutôt cela suivre le courant populiste, voire électoralisre. Cela a commncé avec les fuites calculées du projet de charte des valeurs.


    Michel Lebel

    • Sylvain Auclair - Abonné 3 octobre 2013 09 h 38

      Évidemment, les libéraux et les caquéflistes*, eux, n'ont pas à réfléchir.

      * De CAQÉFL: Coalition avenir Québec - Équipe François Legault.

    • François Couture - Inscrit 3 octobre 2013 11 h 12

      Rainville fait la danse des sept voiles.

    • Solange Bolduc - Inscrite 3 octobre 2013 11 h 52

      Il me semble que le PQ, M. Lebel, est en consultation et à l'écoute des citoyens, au cas où vous l'auriez oublié, tant donné votre haine bien marquée à l'endroit de ce gouvernement !

      Vous dites : "Le ministre Drainville, énigmatique, mais avec l'oeil sur sa cueillette-maison d'opinions, nous parle toujours de "bonification" de son projet. Tout cela ne fait pas bien sérieux et responsable. Pourquoi jouer au strip-tease avec l'opinion?"

      Si vous décidez de consulter, allez-vous donner d'avance toutes les réponses ? Franchement !

      De plus, où se situe la responsabilité du gouvernement pour vous ? Dire exactement comme vous pensez les choses ? C'est vrai que l'on ne vous a pas consulté personnellement, hélas pour vous ! Mais il y des chances qu'il soit à l'écoute de M. Parizeau et même des trois membres féminines du Femen : du strep-tease à vos yeux, certainement !!

    • Michel Lebel - Abonné 3 octobre 2013 14 h 39

      @ Solange Bolduc,

      Je ne carbure pas à la "haine" de quiconque, Mme Bolduc. Ce n'est pas mon genre! Je suis seulement en désaccord avec le gouvernement sur le projet de charte des valeurs. Grosso modo, mais pour des motifs plutôt juridiques, je partage l'opinion de Jacques Parizeau.


      Michel Lebel

    • alain maronani - Inscrit 3 octobre 2013 15 h 40

      Le PQ n'est pas la pour régler un problème qui n'existe pas, il est la pour tenter de trouver une majorite à la prochaine election en attisant une haine inutile, en faisant mousser les sentiments xénophobes d'une partie de la population...

      S'adressant a une partie de la population, dont la majorite n'ont jamais vu ou parlé a un musulman, voire a un immigrant, je suppose que les bonifications vont constituer a imposer des le départ, un agenda maximaliste, afin de se prévaloir du droit de représenter le vrais Québécois, etc...menacés par les hordes islamistes et multi-culturelles.

      Si ce projet est rejeté par l'AN c'est bon pour eux, si il est accepté c'est bon aussi...

      Lamentable...

  • Benoît Evans - Inscrit 3 octobre 2013 09 h 25

    Monsieur a raison

    Enfin, on entend la voix authentique du Parti québécois, celle de René Lévesque et Gérald Godin.

    Sans doute, Monsieur sait que sa recommendation de garder l'interdiction du port de signes « ostentatoires » par les gens en position d'autorité (p. ex., les policiers et les juges) ne passera pas un test devant la Cour suprême, où la jurisprudence dans l'affaire de la GRC servira de balise. Néanmoins, réduisant la portée de cette interdiction, sans l'abandonner totalement, donnerait au gouvernement une sortie de l'impasse actuelle. Malheureusement, pour le moment, il semble que Mme Marois veut aller dans le sens opposé et éliminer le droit de retrait afin de rendre sa charte encore plus odieuse.

    Si René Lévesque pourrait nous parler d'outre-tombe, peut-être s'adresserait-il à Monsieur Parizeau dans les mots qu'un autre père a prononcé à l'égard de son envoyé :

    « Une voix retentit alors du ciel: Tu es mon Fils bien-aimé, tu fais toute ma joie. »

    C'est les gens comme Monsieur Parizeau et Jean Dorion qui, dans le présent débat, me permet de toujours être fier d'avoir milité pendant plus de 30 ans pour un Québec fort et indépendant.

    • Matthieu Jean - Inscrit 3 octobre 2013 10 h 27

      Le seul gros hic c'est que René Lévesque et Gérald Godin n'ont jamais eu affaire avec l'islam qui vient changer, voire bousculer toute la donne.

      On ne peut pas seulement être fier, nostalgique, la tête en l'air; il y a des pelures de bananes droit devant!

    • Pierre Samuel - Inscrit 3 octobre 2013 11 h 49

      @ M. Evans:

      Parfaitement d'accord avec vous. Pour une rare fois, où Monsieur réagit en adéquation avec l'époque actuelle en se permettant de desserrer un tant soit peu «sa ceinture fléchée tricotée serrée» à l'instar des René Lévesque et Gérald Godin qui représentaient si justement comme vous le mentionnez «la voix authentique du Parti Québécois» basée sur la modération et le bon sens au lieu de contribuer à exacerber un projet essentiellement électoraliste à défaut d'être incapable de résoudre les véritables problèmes du Québec actuel: inégalités sociales, création d'emplois, contrôle des dépenses gouvernementales, notamment évitant d'instaurer des commissions-bidons telles sur le «printemps érable» et l'assurance-emploi en guise de «retour d'ascenseur» aux «p'tits amis» qui préfèrent se tenir cois....

      Malheureusement, ce «Québec fort et indépendant» pour lequel j'ai également milité à l'époque de René Lévesque, ce démocrate exemplaire, n'est plus qu'illusion de «nostalgiques», pour ne pas dire plus, fortement teintée «d'ethnicité malsaine» n'ayant d'ailleurs jamais eu cours autant dans l'histoire du Québec que dans l'esprit de leur fondateur.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 3 octobre 2013 13 h 51

      Vous écrivez " il semble que Mme Marois veut aller dans le sens opposé et éliminer le droit de retrait afin de rendre sa charte encore plus odieuse.".

      Franchement, le droit de retait était un ajout pour tempérer la vague d'opposition, un possible retrait de ce retrait (ouf!) n'est rien de plus qu'une tentative pour sauver la face: comment peut-on proposer quelque chose qui ralliait au départ une courte majorité de Québécois, puis proposer ensuite une possibilité de retrait, là où ce quelque chose pouvait s'appliquer, Montréal et ses institutions, hôpitaux, écoles, et un retrait de 5 ans renouvelable? Cela enlevait toute apparence, pour rester dans le sujet, de sérieux. Ça n'a rien avoir avec l'odieux du projet lui même, ce sur quoi je suis assez d'accord avec vous.

    • Marc G. Tremblay - Inscrit 3 octobre 2013 14 h 11

      @ M. Evans
      Concernant "la jurisprudence dans l'affaire de la GRC", je pense que la proposition Bouchard-Taylor pourrait esquiver cette difficulté, en faisant en sorte de modifier le Code Civil, afin qu'au Québec, il soit interdit de "travestir" l'uniforme requis d'être porté par les gens en poste d'autorité jusqu'à la coercission.

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 3 octobre 2013 14 h 12

      M. Samuel, quel pessimisme! L'Algérie a mis 130 ans, de guerre entre autres, à obtenir son indépendance.

      L'ethnicité malsaine à laquelle vous vous reférez n'a rien de nouveau, c'est une question de circontances. Les guerres, les premières vagues d'immigrations ont provoqué de telles vagues, contre les Italiens, les Juifs. J'irais presque jusqu'à dire que quant un peuple est colonisé, qu'il n'a jamais pu avoir un pays qui lui ressemble c'est pratiquement normal: on est frileux, craintifs, et la meilleur façon de se faire croire que ce n'est pas le cas, c'est de ... varger sur les autres qui nous menaceraient. Et de ses faire acroire que les colonisés ce sont les fédéralistes: or ce n'est pas le cas, ils ont un pays, mais nous pas.

      De plus, il ne faut pas oublier que deux référendums perdus n'ont rien pour maintenir le moral des troupes et les multiplier. Le problème c'est que nos chefs nous ressemblaient ainsi ce n'est que dernièrement que M. Parizeau, aux grands reportagse Personnalité, a fini par avouer avoir perdu le réfédendum, non pas se l'être fait volé. En fait, les deux ont été faits pour de mauvaises raisons. J'y reviendrai peut-être,

      Mais pour le moment disons que je crois que rien n'est perdu: vous semblez ignorer le bouillonnement dans le mouvement indépendantiste, dont l'arrivée d'Option nationale, avec son ex chef qui a renouvelé le discours indépendantiste, et m'a redonné la foi en 2011. Même M. Parizeau, économiste comme Jean-Martin Aussant, n'avait jamais utilisé un discours énomique le laissant aux statuquoïstes, qui eux dorment aux gaz et ne publient jamais rien. Cet homme a aussi ralié les jeunes à la cause, on l'a vu lors du printemps étudiant: aucun drapeau du Canada. Et ce parti sans chef a maintenant + ou- 8000 membres, beaucoup plus que lors des dernières élections. Ça bouilonne.

      L'espoir fait vivre, j'y crois!

      Céline A. Massicotte, électron libre.

    • Pierre Samuel - Inscrit 3 octobre 2013 18 h 02

      @ Mme Céline A. Massicotte:

      Chère dame, je suis d'accord avec vous sur le fait que les «colonisés» ne sont pas ceux que l'on croit...

      Quant au «bouillonnement dans le mouvement séparatiste», j'ai encore en mémoire l'entretien accordé par Bernard Landry aux «Francs-Tireurs» de cette semaine, incapable de répondre à la question posée par Benoît Dutrisac à cet effet. Après un silence gênant, il laissa tomber les noms de Gérald Larose et de Gilbert Paquette (!?!) pour finalement murmurer celui de «la jeune Dorion», à titre de successeure potentielle de Jean-Marie Aussant, ce «chef si inspirant...», soudainement éclipsé du radar politique...

      Mon «pessimisme», comme vous dites, personnellement je dirais plutôt «mon réalisme», va même encore plus loin...

      Dans le contexte socio-culturel et politique du Québec actuel, accentué en plus par la présente dérive du PQ, cherchant sa planche de salut en attisant la sempiternelle «crainte identitaire», transformée en boomerang politique, autant par de présumés proches alliés que par ses «adversaires naturels», comment peut-on logiquement y déceler un référendum victorieux et sans ambiguïté concernant une hypothétique «indépendance-souveraineté-association ou n'importe quoi advienne que pourra» autrement remportée au mieux que par la peau des dents?

      Vous semblez apprécier les «électrons libres», je serai donc encore plus direct: si éventuellement nous sommes appelés à disparaître, ce n'est certainement pas grâce à une «indépendance de république de bananes», compte tenu de ce Québec plus «diversifié» que jamais pour les raisons mentionnées précédemment, que nous pourrons éviter le pire si ce n'est tout simplement l'acccélérer par un résultat aussi équivoque que dérisoire.

      Salutations cordiales!

  • Jean Lapointe - Abonné 3 octobre 2013 09 h 29

    A quel moment ça devient trop et pourquoi

    Pourquoi ça va trop loin? A quel moment ça devient "trop"?

    Est-ce que l'Etat ne doit pas être neutre un point c'est tout?

    Et si on veut que l'Etat soit neutre, est-ce qu'il ne faut pas que ceux qui représentent l' Etat s'abstiennent de montrer d' une façon trop voyante leurs préférences politiques et leurs préférences religieuses?

    Ils devraient tous en être fiers au lieu de de se sentir brimés dans leurs libertés. C'est aussi à leur avantage parce que ça va leur simplifier la vie.

    Et pourquoi ne le demander qu' à ceux et celles qui occupent des postes d'autorité?

    Cette distinction n'a pas sa raison d'être à mon avis.

    Il n' y a pas que ceux et celles qui occupent des fonctions d'autorité qui représentent l'Etat, c'est le cas de tous sans exception.

    Je trouve que monsieur Parizeau, comme bien d'autres, voit trop cela comme une "interdiction" ou comme une contrainte alors que cela devrait être vu comme une fierté à cause de l'importance qu' il y a à ce que l'Etat soit neutre dans ces deux domaines.

    Cela devrait même être considéré comme un devoir de la part de toutes les personnes concernées.

    Tous les employés de l'Etat devraient être fiers de travailler pour un Etat qui se veut neutre parce que, à ce moment-là, tous les gens seraient considérés comme des citoyens égaux. Il n' y aurait pas de discrimination. Et leurs rapports entre eux seraient exempts de tout prosélytisme.

    Tous les employés de l'Etat devraient comprendre pourquoi ils se doivent de s'abstenir de montrer leurs préférences politiques et leurs préférences religieuses et tous les empoyés de l' Etat devraient l'accepter de plein gré parce qu'ils en verraient les nombreux avantages.

    Les gens qui ne sont pas favorables à la neutralité de l'Etat devront alors tenter leur chance ailleurs.

    • Pelletier Simon - Inscrit 3 octobre 2013 10 h 12

      L'État doit être neutre. Ce qui veut dire qu'une personne doit être servie également quelque soit son sexe, sa couleur, sa religion , etc.

      Tout le monde est d'accord avec ça et on a cela depuis plus de 40 ans.

      Mais qui a fait la preuve qu'un médecin juif va me servir avec plus "neutralité" s'il enleve sa khipa à 8h00 du matin? Je trouve qu'il me sert déjà bien avec sa khipa sur la tête.

    • Jean-Guy Mailhot - Inscrit 3 octobre 2013 15 h 05

      Une juge vous servirait probablement de la même manière avec un voile ou pas. Un policier ne vous donnerait pas une contravention plus ou moins élevée avec un turban sur la tête ou pas. Le prof n'enseignerait pas différemment avec son kirpan ( couteau ) à la ceinture ou pas.

      Pauvre M. Pelletier, le problème discuté ici quant aux signes religieux n'est pas de cet ordre là. Ouais on part de loin !!!