Trois manifestantes de Femen perturbent l'Assemblée nationale

Une photo figurant sur la page Facebook du groupe.
Photo: Yannick Fornacciari - Photographe indépendant Une photo figurant sur la page Facebook du groupe.

Des militantes dénonçant la place du crucifix à l'Assemblée nationale ont perturbé la période des questions, mardi, en exhibant leurs seins nus couverts de slogans.

Les trois jeunes femmes, qui revendiquent leur affiliation au mouvement Femen, ont amorcé leur coup d'éclat alors que la première ministre Pauline Marois commençait à répondre à une question du chef parlementaire libéral Jean-Marc Fournier.

Dans les tribunes ouvertes au public, dans les hauteurs du Salon bleu, les militantes ont scandé leur slogan, «Crucifix décâlisse», aussi inscrit sur leur torse, suscitant aussitôt une intervention des services de sécurité.

Plusieurs agents ont maîtrisé les jeunes femmes et les ont expulsées hors de l'enceinte, dans un hall attenant, tandis que les travaux parlementaires étaient interrompus brièvement.

Stéphanie «Sun Art», Julie-Anne Beaulac et Xenia Chernyshova ont été forcées de se rhabiller, au moins deux d'entre elles avec des vestes que les agents leur ont données. Puis elles ont été escortées, à travers le Salon rouge, jusque dans les sous-sols du Parlement.

Libérées

En fin d'après-midi, Mme Beaulac a expliqué lors d'une entrevue qu'avec Stéphanie «Sun Art», elles avaient été relâchées une heure après leur manifestation en Chambre.

«Ils nous ont lu nos droits, nous ont dit que la police s'en venait, qu'ils nous mettraient les menottes parce que la police nous emmènerait au poste et finalement rien de ça est arrivé, ils nous ont libérées», a-t-elle dit.

Mme Beaulac a affirmé que les agents les ont avisées que des accusations criminelles de grossière indécence pourraient être déposées contre elles.

Il n'était pas encore possible de savoir ce qu'il est advenu de Xenia Chernyshova, qui a été séparée des deux autres militantes par les agents.

Des gardiens alertés

Selon Mme Beaulac, les services de sécurité de l'Assemblée nationale les avaient repérées et se tenaient prêts à intervenir au moment où elles retireraient leurs vêtements.

«Ils nous ont dit en partant qu'ils avaient eu des problèmes avec Femen, qu'ils ne voulaient pas qu'on fasse quelque chose, mais ils nous ont laissées assister quand même, a-t-elle dit. Mais ils sont restés postés directement à côté de nous.»

Mme Beaulac a expliqué que l'action des trois jeunes femmes visait à dénoncer la présence du crucifix derrière le trône du président de l'Assemblée nationale, où il a été installé dans les années 1930 par l'ancien premier ministre Maurice Duplessis.

«En ce moment, on parle de la charte, on parle de laïcité au Québec dans l'État et on vote ça sous un crucifix, a-t-elle dit. On pense que c'est complètement aberrant, c'est illogique pour l'égalité de toutes les religions, ce n'est pas logique qu'on vote ça en dessous d'un crucifix.»

La militante ne s'est pas prononcée sur les propositions du gouvernement, qui suggère notamment d'interdire les signes religieux ostentatoires aux fonctionnaires, insistant seulement pour le retrait du crucifix.

«Femen Québec ne va pas se prononcer là-dessus, on a toutes nos opinions personnelles. Pour l'instant on croit qu'il y a des améliorations à apporter, a-t-elle dit. On est ni pour ni contre.»

Mme Beaulac a affirmé qu'elle en était à sa sixième manifestation Femen, dont une s'est tenue au Parlement d'Ottawa, l'été dernier, afin de réclamer le retour au pays d'une Québécoise qui se trouve en Arabie saoudite.

«Ostentatoire»

Le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, a déposé au début de septembre ses propositions en matière de laïcité, qui ne visent toutefois pas le crucifix à l'Assemblée nationale.

M. Drainville a accueilli la manifestation par une pointe d'humour, mardi, la qualifiant d'«ostentatoire».
17 commentaires
  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 1 octobre 2013 16 h 48

    Les Évêques sont d'accord! Alors ...

    Les Évêques du Québec ont récemment annoncé qu’ils ne s’opposeront pas au retrait du Crucifix de l’Assemblée nationale. (
    http://www.radio-canada.ca/regions/mauricie/2013/0 )

    Les évêques précisent qu'ils ne lanceront pas non plus de campagne pour que le crucifix soit retiré. Selon eux, c'est aux élus de prendre la décision, parce que ce sont des élus qui l'ont fait entrer à l'Assemblée nationale en 1936.
    Il s’agit là d’un geste de bonne volonté qui honore ces évêques qui sont conscients que les dérives islamiques se repandront bientôt ici comme en Europe, où le militantisme islamiste intégriste fait des ravages et mine l’identité nationale de ces pays.

    Oui au retrait du Crucifix ! C’est une question de respect pour le Crucifix, qu’on ne peut pas mettre n’importe où, et de bienséance.

    Je prie le gouvernement de déplacer le Crucifix pour le mettre dans un endroit plus approprié.

    • alain maronani - Inscrit 1 octobre 2013 22 h 05

      Ce qui mine l'identité nationale pour autant que ceci existe, c'est le marché, la mondialisation, l'abolition des frontières au profit des firmes multinationales...et surement pas une bande de barbus, dont l'influence est en recul même dans les pays musulmans...

      Cette radicalisation de certains musulmans est une réaction aux conditions dictatoriales qu'ils subissent dans leurs pays, l'absence de démocratie, le tout supporté par les pays occidentaux...qui pillent les richesses de ces pays.

      Il n'y aura aucune dérive ici...pas la peine de raconter des histoires pour faire peur à belle-maman...les musulmans représentent moins de 3 % de la population du Québec et 90 % ne mettent jamais les pieds dans une mosquée...ils ne demandent que de s'intégrer, de travailler, et que l'on cesse de les discriminer en permanence...ce qui est fait en systématiquement quand ils envoient des cv...faits prouvés par des enquêtes indépendantes, une valeur québécoise surement...

      En passant les enquêtes sur les diplômes détenus par les musulmans montrent qu'ils sont bien plus diplomés que la population d'accueil, statistiques officielles du Québec, dont 40 % sont en situation d'illettrisme fonctionnel...

      Mais évidemment il faut réfléchir...et cessez de s'occuper d'un bout de chiffon...

  • Benoit Genest - Inscrit 1 octobre 2013 16 h 51

    S'attaquer à la racine plutôt qu'aux effets

    À noter que suite à ce coup d'éclat, les FEMEN ont annoncé leur support à la laïcité STRICTE, exactement comme Guy Breton.

    Rien à voir avec les soi-disants féministes multiculturalistes qui veulent protéger les signes religieux ostentatoires, y compris le crucifix.

  • Paul Gagnon - Inscrit 1 octobre 2013 16 h 52

    N’importe quoi…

    … pour que le progrès progresse!

    Un « décâlisse » bien senti pour l’identité québécoise, mais quoi pour la diversité culturelle ? On est bien loin de l’Ukraine, mais que cela ne nous empêche pas d’être des suiveux, pardon des suiveuses…

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 1 octobre 2013 18 h 37

    Le Crucifix et les Évêques

    Les Évêques du Québec ont récemment annoncé qu’ils ne s’opposeront pas au retrait du Crucifix de l’Assemblée nationale. (
    http://www.radio-canada.ca/regions/mauricie/2013/0 )


    Les évêques précisent qu'ils ne lanceront pas non plus de campagne pour que le crucifix soit retiré. Selon eux, c'est aux élus de prendre la décision, parce que ce sont des élus qui l'ont fait entrer à l'Assemblée nationale en 1936.
    Il s’agit là d’un geste de bonne volonté qui honore ces évêques qui sont conscients que les dérives islamiques se repandront bientôt ici comme en Europe, où le militantisme islamiste intégriste fait des ravages et mine l’identité nationale de ces pays.
    Oui au retrait du Crucifix ! C’est une question de respect pour le Crucifix, qu’on ne peut pas mettre n’importe où, et de bienséance.
    Je prie le gouvernement de déplacer le Crucifix pour le mettre dans un endroit plus approprié.

  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné 1 octobre 2013 18 h 38

    Le policier

    La femme sur la photo était-elle au point violente qu'elle méritât une prise étouffante de la part du policier?

    • Dominic Lamontagne - Inscrit 1 octobre 2013 21 h 17

      oui.

      Imaginez l'image de notre parlement et aujourd'hui on démontre assez facilement qu'on peut y aller pour faire n'importe quelle niaiserie... Elle n'aurait jamais dû se rendre là.

    • Alexis Lupien-Meilleur - Inscrit 1 octobre 2013 23 h 18

      À en voir la vidéo sur cyberpresse, je le crois, oui.

    • Matthieu Jean - Inscrit 2 octobre 2013 00 h 52

      Vous même, auriez vous mis vos mains ailleurs? La situation du moment est très délicate pour ce gardien de sécurité, veuillez en convenir.

    • Pierre Lefebvre - Inscrit 2 octobre 2013 05 h 47

      Y a une limite «où» tu peux accrocher une femme quand elle oublie de garder ses atouts pour elle-même. Et d'après les cris, j'ai l'impression qu'elle ne se laissait pas emmené paisiblement. Sa grimace me fait plutôt pense à une partie de bras de fer que d'inconfort.

      PL